ELMESMAR

Think-Tank pour vous ūüėĀ Jeune Presse irresponsable, participative avec un regard d√©cal√© sur l'actu et l'histoire -depuis 2013ūüôąūüôČūüôä

résumé

jeudi 26 mai 2022

mai 26, 2022

Quand on d√©terre les statues de l'√éle de P√Ęques


 Quand on d√©terre les statues de l'√éle de P√Ęques

P√Ęques avec leur grosse t√™te, mais elles ont en fait pour la plupart un corps entier avec des bras et des mains ainsi qu’avec des inscriptions sous terre.
Si l’ile a √©t√© d√©couverte par le navigateur n√©erlandais Jakob Roggeveen, le jour de P√Ęques de l’an 1722, c’est en 1916 que l’exploratrice britannique Katherine Routledge a r√©alis√© la premi√®re √©tude de ces statues et que ses corps ont √©t√© r√©v√©l√©s.

Récemment, une étude scientifique a dénombré 1042 statues et en en fouillant plus de 90 ils se sont également aperçus de la présence des écritures sur leurs corps.
ūüĆŹ Photo : EISP



mai 26, 2022

le PSG de Mustapha Dahleb recevait le Cosmos New York de Pelé au Parc des Princes


 Le 14 septembre 1976, pour une rencontre amicale au Parc des Princes, le PSG de Mustapha Dahleb recevait le Cosmos New York de Pel√©. C'est Mireille Mathieu qui donna le coup d'envoi fictif de ce match, que le PSG remporta 3-1

Mustapha Dahleb demeure le joueur alg√©rien le plus aim√© et appr√©ci√© par ses compatriotes. Plus de 30 ans apr√®s sa fin de carri√®re internationale, il demeure une ic√īne pour tous les admirateurs et supporters alg√©riens du joueur et de la s√©lection nationale.
mai 26, 2022

« Briser l'exploitation de l'homme par l'homme » - Discours de Fran√ßois Mitterrand aux ASSISES DU SOCIALISME


 

INTERVENTION AUX ASSISES DU SOCIALISME – 12 octobre 1974

FRAN√áOIS MITTERRAND. – Quel est l’objet des Assises ? Construire un parti pour les socialistes, sur un projet de soci√©t√©. Chacun dira, au cours des mois √† venir, comment il envisage sa place dans cette maison commune. Ma t√Ęche aujourd’hui, avant que ne s’engagent nos d√©bats, est de r√©unir les √©l√©ments principaux de r√©flexion.

II a fallu du temps, et beaucoup d’√©v√©nements, pour en arriver l√†. Que d’√©checs pour quelques victoires ! Que d’esp√©rances pour combien d’amertume ! Les circonstances veulent que ces Assises se r√©unissent au moment o√Ļ le monde capitaliste conna√ģt des difficult√©s presque sans pr√©c√©dent depuis la Premi√®re Guerre mondiale. Ce n’est pas un hasard. Cette rencontre t√©moigne de l’attraction croissante qu’exerce le mouvement socialiste sur des millions d’hommes et de femmes soumis √† l’injustice quotidienne et √† l’incoh√©rence du syst√®me. Mais nous ne pourrons √©tendre notre influence et faire face aux responsabilit√©s qui sont maintenant les n√ītres si nous ne proc√©dons pas √† un effort parall√®le de r√©√©valuation doctrinale : c’est ce que l’on appelle, grosso modo, le projet de soci√©t√©. Ensuite, nous devons d√©finir notre strat√©gie, et demain, √† l’int√©rieur d’une seule et m√™me organisation; appr√©cier ensemble les donn√©es quotidiennes de l’action.

R√©√©valuation doctrinale : les efforts dans ce sens ont √©t√© nombreux au cours des quinze derni√®res ann√©es. Cela ne s’est pas fait sans faux pas, sans malentendus, ni m√™me sans affrontements. Mais, de ces oppositions, na√ģt, peu √† peu, une plus grande certitude. L’essentiel est de comprendre – et je croie que tous ceux qui se trouvent ici l’ont compris – que rien n’est possible hors d’une r√©flexion en commun, rien, non plus, si l’on n’harmonise pas pratique et th√©orie, si l’on ne r√©alise pas la synth√®se entre le combat quotidien dans une d√©mocratie parlementaire et l’action militante sur le terrain des luttes.

La pens√©e socialiste de la fin de ce si√®cle ne se reconna√ģt ni dans le socialisme fossile ni dans le socialisme de la table rase. Il y a ce qui dure : quelles que soient les apparences changeantes, l’affrontement entre le capital et le travail continue de commander notre devenir historique. La longue d√©marche de l’humanit√© a toujours tendu, √† travers des structures √©conomiques diff√©rentes, √† briser l’exploitation de l’homme par l’homme. Depuis le d√©but de l’√®re industrielle, il a fallu assurer l’organisation des travailleurs contre les modernes seigneurs qui, gr√Ęce √† l’accumulation du capital, sont devenus les ma√ģtres des moyens de production et d’√©change. Le plus frappant, dans ce processus, est peut-√™tre de voir avec quelle justesse un petit nombre de th√©oriciens et de militants, √©cras√©s ct moqu√©s, r√©duits √† la mis√®re, ont su l’annoncer. La seule r√©ponse au monde industriel, depuis cent cinquante ans, ce sont les socialistes qui la donnent, et nous avons le droit de nous en √©merveiller.

Il s’agit maintenant de d√©finir des solutions appropri√©es √† la nature nouvelle du combat. A c√īt√© de ce qui dure, il y a ce qui bouge, et c’est l√† que nos Assisses prennent leur v√©ritable sens.

Du c√īt√© du capital, je retiendrai trois points qui me paraissent essentiels. D’abord, la super-concentration qui permet √† quelques soci√©t√©s multinationales de disposer d’un pouvoir infiniment plus √©tendu que n’importe quelle puissance politique dans le monde. Le profit √©tant une ponction sur le prix du travail et la croissance du capitalisme d√©pendant de l’augmentation du pouvoir d’achat des masses, on approche peu √† peu d’une situation de rupture. C’est une premi√®re contradiction. J’en vois une seconde, non moins fonda· mentale, dans la bataille pour les mati√®res premi√®res : les plus grandes puissances capitalistes doivent aujourd’hui aligner leurs strat√©gie sur la r√©volte du tiers monde, c’est-√†-dire de ces centaines de millions d’hommes et de femmes qui sont en m√™me temps producteurs et consommateurs et qui lancent contre elles le d√©fi de leur pauvret√© et de leur intelligence.

Enfin, le gaspillage des ressources mondiales, la croissance pour la croissance mettent en p√©ril l’humanit√©. Les socialistes ne peuvent nier la n√©cessit√© de J’abondance. Chacun constate, pourtant qu’au moment o√Ļ la science et la technique multiplient les richesses, le foss√© se creuse entre le plus riche et le plus pauvre, entre les individus, les r√©gions, les pays, et que le capitalisme n’a pas su dominer son propre d√©veloppement. Si nous voulons emp√™cher l’irr√©m√©diable d√©chirement, il nous appartient de montrer que la croissance peut √™tre ma√ģtris√©e.

Du c√īt√© du travail, les m√©thodes de combat, les structures int√©rieures ont, elles aussi, chang√©. Notre devoir fondamental, aujourd’hui comme hier, est de nous adresser √† l’ensemble des travailleurs, √† commencer par ceux dont on ne parle jamais hors d’ici : les travailleurs immigr√©s, les femmes, qui forment la plus grande partie du sous-prol√©tariat, les personnes isol√©es de la production, qui ne b√©n√©ficient d’aucune garantie. Mais nous n’avons pas non plus le droit d’oublier cette foule de gens qui n’appartiennent pas au monde des travailleurs, qui, dans Je pass√©, ont le plus souvent rejoint les exploiteurs jusqu’√† faire le lit du fascisme, mais qui, √† pr√©sent, se retrouvent soumis au m√™me monde dur, √©go√Įste, insensible, celui des poss√©dants. Nous devons leur tendre la main pour les aider √† franchir l’√©tape historique actuelle et pour que se d√©veloppe avec eux un v√©ritable front de classe. Tant que le socialisme ne l’aura pas emport√©, la lutte des classes subsistera. Il faut beaucoup insister l√†­ dessus, car on rencontre, ici ou l√†, et parfois dans nos propres textes, des formules id√©alistes qui supposent le probl√®me r√©solu. Le probl√®me ne sera r√©solu que lorsqu’un pouvoir socialiste aura mis un terme au pouvoir des exploiteurs.

Cela suppose une strat√©gie. Dans un certain nombre de pays, les conditions inh√©rentes au sous-d√©veloppement ont d√©vi√© le socialisme de ses v√©ritables objectifs, en l’√©touffant sous la centralisation et la bureaucratie. Le socialisme ne sera celui auquel nous pensons que si l’organisation collective permet √† chacun de devenir davantage lui-m√™me, que si, par l’information et les techniques de contr√īle du pouvoir, elle lui fournit les moyens d’appr√©cier ce qui convient aussi bien √† son bonheur personnel qu’√† l’harmonie de la collectivit√©. C’est le refus d’un socialisme distributeur de p√©nurie, et donc √† base de contrainte, qui, sous la pouss√©e de divers courants et gr√Ęce √† la r√©flexion de quelques-uns d’entre nous, a conduit √† rechercher les moyens d’√©chapper √† nos propres d√©mons et d’imaginer de nouvelles structures de pouvoirs.

Certains pensent que le courant autogestionnaire s’oppose, sur tous les points, au courant traditionnel du socialisme. Je ne me rangerai pas parmi eux. L’autogestion, √† mes yeux, ne contredit pas nos analyses fondamentales, elle en est le prolongement. Si nous voulons pr√©server les chances du socialisme, il faut maintenant d√©velopper, aussi bien dans la cit√© que dans l’entreprise – avec cette force formidable de contagion qu’une exp√©rience fran√ßaise aura √† l’Ouest, et peut-√™tre aussi √† l’Est de l’Europe – la d√©marche qui vise √† rendre l’individu responsable de son propre destin, sans jamais perdre de vue que, isol√©, il lui faudra encore longtemps pour √™tre maitre de lui-m√™me et que, si l’on refuse de d√©l√©guer, tout cependant doit √™tre ordonn√©.

Comme l’a dit Jeanson 1, il n’y a pas de temps √† perdre. Aussi, sans y mettre la moindre vanit√© de boutique, en tenant simplement compte de ce qui est d√©j√† acquis et du fait que le peuple fran√ßais se reconna√ģt dans un certain nombre de structures, allons-nous √©tudier les moyens de r√©unir les socialistes au sein d’un m√™me parti. Ces Assises n’ont pas pour objet de se substituer √† l’ensemble des socialistes qui seront nos mandants. Elles marquent un point de d√©part. Nous lan√ßons un signal : √† chacun de r√©pondre. Ceux qui sont ici ont pris l’engagement de d√©fendre le projet de soci√©t√©. Certains risquent de briser des affections, des camaraderies peut-√™tre tr√®s ch√®res ; tous, nous devrons renoncer √† quelque chose, √† une part de nous-m√™mes, pour que la construction nouvelle soit plus belle et plus forte.

Les rendez-vous sont proches. Il suffit de regarder autour de nous, de confronter cette extraordinaire accumulation de pouvoir et de richesses avec cette incapacit√© √† pr√©senter aux hommes un projet convenable, il suffit d’observer ce sens de l’universel qui commence √† poindre, au-del√† de toutes les contradictions d’un monde dont les grands partages sont, aujourd’hui, remis en question. J’ai dit « commence » la liste de ceux qui nous ont pr√©c√©d√©s est immense. Mais ils √©taient seuls. Et voici que, sur toute la surface du globe, les hommes sentent que le socialisme, aux prises, lui aussi, avec ses contradictions, c’est tout de m√™me l’espoir de voir un jour l’intelligence et le cŇďur s’opposer √† la rigueur des choses. Rien ne sera possible tant que nous n’aurons pas renvers√© la dictature de l’argent et des monopoles, √©tendu les secteurs publics, et proc√©d√© aux n√©cessaires appropriations sociales. Mais l’homme serait-il libre des tyrannies √©conomiques qu’il ne ferait que commencer la longue route. C’est pourquoi, ici et l√†, partout, nous voyons poindre l’aspiration √† ce que l’on appelle, dans un langage un peu maladroit, la lib√©ration culturelle. L’homme n’est pas objet, il est sujet. Objet, nous en sommes l√†; sujet, ce sera notre conqu√™te.

Je ne dirai qu’un mot, pour finir, des probl√®mes de l’heure. Le pouvoir, sous les diverses formes qu’il a prises depuis quinze ans, arrive au bout de sa course. En face de lui, la gauche est maintenant une r√©alit√© qui a pris force √† partir de sa r√©union. Ceux qui ont √©t√© les instigateurs, les artisans, les militants de cette Union de la gauche group√©e autour du programme commun ont, je le dis hautement, contribu√© de fa√ßon d√©cisive au succ√®s possible du socialisme en France. Ils n’en font pas une arme de combat contre des militants socialistes qui ont eu une analyse diff√©rente, et ne rejettent la main ni l’amiti√© d’aucun d’entre eux. Mais l’Union de la gauche, c’est clair, va continuer, renforc√©e, enrichie par les Assises et par un projet qui va plus loin que jamais. Le programme commun, s’il s’attaque aux structures m√™mes de notre soci√©t√©, n’a pas tout r√©solu ; et je suis personnellement le premier √† me r√©jouir que les r√©flexions des uns et des autres aboutissent aujourd’hui √† un projet qui mobilise tous les ressorts de l’action, les capacit√©s de l’intelligence et – pourquoi pas ? – les puissances du r√™ve, d√®s lors que Je r√™ve permet √† l’homme d’avancer, de dessiner les contours des futures r√©alit√©s. La victoire de la gauche sera la victoire de chacun de ceux qui la composent, chacun y trouvera force et renouvellement. Et puis, il incombe aussi aux socialistes d’assumer le fait national, les responsabilit√©s d’un pays qui s’appelle la France et de communaut√©s qui doivent se prot√©ger contre toute menace susceptible de d√©naturer la substance m√™me de la nation. Ce langage peut √™tre entendu bien au-del√† des hommes et des femmes qui se reconnaissent dans nos combats. N’ayons pas une attitude frileuse de repli sur nous-m√™mes ! Ne consid√©rons pas que le socialisme est une gr√Ęce suffisante, voyons-le plut√īt comme une d√©marche large, et ouverte √† tant d’√™tres humains qui ne sont pas encore r√©veill√©s d’une longue suj√©tion.

Alors, les communistes, je le dis amicalement, doivent savoir que nous sommes fid√®les, et que nous ne nous lancerons pas dans des comptes, j’allais dire « d’apothicaires ». Les d√©faillances mutuelles ont √©t√© peu nombreuses ; elles sont insignifiantes √† c√īt√© de ce qui rassemble et des disciplines consenties. Il fallait rassurer : je le fais, car je sais trop ce que repr√©sentent l’esprit de d√©vouement et la capacit√© d’organisation, l’immense part prise par les communistes dans la lutte pour la lib√©ration des travailleurs. Ne nous soumettons pas √† des humeurs ou √† des besoins dialectiques de circonstance. Pourquoi perdre son temps ? II m’est arriv√©, voici dix-huit mois, de parler de r√©√©quilibrage de la gauche. Il y a un an que je ne le r√©p√®te plus, puisque c’est fait !

Chers camarades, nous devons aborder la phase qui s’ouvre avec la joie de la fraternit√© et l’assurance de la r√©ussite. L’√©lection pr√©sidentielle n’a jamais √©t√© pour moi qu’une p√©rip√©tie ; et je sais bien que les v√©ritables r√©ussites sont celles qui pr√©parent l’avenir et non pas celles qui se limitent √† la gestion du pass√©, Je ne ferai pas le compte des nombreuses familles d’esprit qui se trouvent rassembl√©es -dans cette salle. Pensons √† ces √©coles, √† ces th√©oriciens fran√ßais, allemands, britanniques, russes, √† tous ces hommes qui, √† travers les combats d√©sesp√©r√©s, mais admirables de la Commune, dans un monde hostile o√Ļ le christianisme avait trahi sa mission en se s√©parant du peuple des pauvres, ont d√Ľ d’abord faire effort sur eux-m√™mes, ensuite s’unir en petites √©quipes pour devenir le monde du socialisme vivant. Pour vous tous ici, les Assises sont le confluent o√Ļ se rejoignent des fleuves. Qui avait raison ? D’o√Ļ venait la source ? L’histoire le dira. A nous, maintenant, de justifier tous ces efforts. Le fleuve va vers la mer. Quel est cet oc√©an ? Les hommes lib√©r√©s, au travail !

  1. André Jeanson (1911-1994), Président (et co-fondateur) de la CFDT de 1967 à 1970

mai 26, 2022

La bataille d’Ha√Įti n’est pas finie


 « La France et les √Čtats-Unis ont, dans les faits, orchestr√© un coup d’√Čtat » contre le pr√©sident ha√Įtien Jean-Bertrand Aristide en 2004, vient d’expliquer l’ambassadeur de France dans le pays √† l’√©poque, M. Thierry Burkard, au New York Times.

Cette r√©v√©lation importante confirme l’analyse pr√©sent√©e dans nos colonnes par Jake Johnston en d√©cembre dernier. « Le 29 f√©vrier 2004, un coup d’√Čtat soutenu par Washington, Paris et Ottawa contraint le pr√©sident ha√Įtien Jean-Bertrand Aristide √† la d√©mission. Il avait √©t√© √©lu quatre ans plus t√īt avec une majorit√© √©crasante (et avec un taux de participation de pr√®s de 70 %). Bien que la France ait d√©cid√© de cesser toute coop√©ration militaire avec les √Čtats-Unis pour protester contre l’invasion de l’Irak, elle collabore avec Washington en Ha√Įti. Une fois M. Aristide √©vinc√© et forc√© √† l’exil en R√©publique centrafricaine, des forces fran√ßaises d√©barquent aux c√īt√©s des marines am√©ricains avant de c√©der la place √† plusieurs milliers de casques bleus dans le cadre de la Mission des Nations unies pour la stabilisation en Ha√Įti (Minustah), une nouvelle entreprise de nation building. »

Des milliers de r√©fugi√©s expuls√©s par Washington apr√®s l’assassinat du pr√©sident Mo√Įse


La bataille d’Ha√Įti n’est pas finie

√Čtat min√© par la violence des gangs et souvent consid√©r√© comme « failli », Ha√Įti n’a pas son destin en main, compte tenu de l’interventionnisme constant des institutions internationales, mais aussi des grandes puissances, dont les √Čtats-Unis. Mascarades √©lectorales, inefficacit√© des aides et marasme √©conomique poussent les Ha√Įtiens √† prendre le chemin de l’exil.


Apriori, tout s√©pare Ha√Įti et l’Afghanistan, √† commencer par plusieurs oc√©ans. Mais le fl√©au des interventions √©trang√®res a transform√© ces deux nations en jumelles. Le 7 juillet 2021, le pr√©sident de la R√©publique d’Ha√Įti, Jovenel Mo√Įse, √©tait assassin√© par un commando probablement compos√© d’anciens officiers de l’arm√©e colombienne. Apr√®s plusieurs mois d’enqu√™te et l’incarc√©ration d’une quarantaine de personnes, les cerveaux de l’op√©ration n’ont toujours pas √©t√© identifi√©s. Le pr√©c√©dent assassinat d’un chef d’√Čtat ha√Įtien remonte √† 1915. Dans la foul√©e, les marines am√©ricains avaient envahi le pays et s’y √©taient maintenus pendant dix-neuf ans. Au lendemain de la mort de Mo√Įse, M. Claude Joseph, alors premier ministre par int√©rim, a sollicit√© le retour des √Čtats-Unis, tandis qu’un √©ditorial du Washington Post avait soulign√© l’urgence de d√©ployer en Ha√Įti une force de maintien de la paix des Nations unies « afin d’√©viter une situation de chaos qui pourrait avoir des cons√©quences terribles » (7 juillet 2021).

Un peu plus d’un mois plus tard, le 14 ao√Ľt, un s√©isme de magnitude 7,2 a d√©vast√© la p√©ninsule de Tiburon, dans le sud-ouest de l’√ģle. Le lendemain, la capitale afghane tombait aux mains des talibans. Si la dur√©e de la pr√©sence militaire am√©ricaine a conduit certains observateurs √† √©tablir un parall√®le entre les deux pays — l’Afghanistan ayant r√©cemment d√©pass√© Ha√Įti pour d√©crocher la palme de la plus longue occupation de l’histoire par les √Čtats-Unis —, les similitudes sont encore plus profondes qu’on ne pourrait le penser au premier abord.

Mission militaire
Les attentats du 11 septembre 2001 avaient offert au pr√©sident am√©ricain George W. Bush et √† sa coterie de n√©oconservateurs l’occasion dont ils r√™vaient. Lanc√©es sous la banni√®re de la lutte contre le terrorisme, les incursions de l’arm√©e am√©ricaine en Irak et en Afghanistan furent des exemples classiques de nation building, la construction d’une nation depuis l’√©tranger. Mais l’administration Bush ne s’est pas arr√™t√©e en si bon chemin. Le 29 f√©vrier 2004, un coup d’√Čtat soutenu par Washington, Paris et Ottawa contraint le pr√©sident ha√Įtien Jean-Bertrand Aristide √† la d√©mission. Il avait √©t√© √©lu quatre ans plus t√īt avec une majorit√© √©crasante (et avec un taux de participation de pr√®s de 70 %). Bien que la France ait d√©cid√© de cesser toute coop√©ration militaire avec les √Čtats-Unis pour protester contre l’invasion de l’Irak, elle collabore avec Washington en Ha√Įti. Une fois M. Aristide √©vinc√© et forc√© √† l’exil en R√©publique centrafricaine, des forces fran√ßaises d√©barquent aux c√īt√©s des marines am√©ricains avant de c√©der la place √† plusieurs milliers de casques bleus dans le cadre de la Mission des Nations unies pour la stabilisation en Ha√Įti (Minustah), une nouvelle entreprise de nation building.

Officiellement, l’op√©ration vise √† r√©former les institutions, b√Ętir un syst√®me judiciaire fonctionnel, mettre sur pied une force de police, superviser les √©lections et garantir la stabilit√© politique. Mais il s’agit bien d’une mission militaire. Pendant des ann√©es, les unit√©s de la Minustah multiplient les descentes contre des secteurs de la capitale connus pour leur soutien au pr√©sident Aristide, dans l’objectif d’√©craser la r√©sistance au coup d’√Čtat de 2004. Lors d’un raid contre la commune de Cit√© Soleil en f√©vrier 2007, les soldats de l’Organisation des Nations unies (ONU) tirent plus de vingt mille munitions, tuant plusieurs civils. Il ne s’agit pas d’un √©pisode isol√©.

Certains commentateurs sugg√®rent que la double crise ha√Įtienne de l’√©t√© 2021 justifie de qualifier Ha√Įti d’« √Čtat d√©faillant » (failed state), au m√™me titre que l’Afghanistan. Mais il est avant tout un « √Čtat assist√© » : fa√ßonn√© par des interventions ext√©rieures qui, √† travers l’« aide », perp√©tuent une forme d’occupation. Comme en Afghanistan √† partir de 2001 — quand les √Čtats-Unis ont d√©pens√© des milliards de dollars pour porter √† bout de bras des dirigeants afghans impopulaires —, tous les scrutins ha√Įtiens depuis 2004 sont plac√©s sous le contr√īle de puissances √©trang√®res, √† commencer par Washington, et d’institutions internationales (Nations unies et Organisation des √Čtats am√©ricains [OEA]). Au lendemain du violent s√©isme du 12 janvier 2010, par exemple, le gouvernement ha√Įtien d√©cide de reporter les √©lections g√©n√©rales, initialement pr√©vues pour f√©vrier et mars. Mais les pays donateurs ne tardent pas √† faire pression pour qu’elles se tiennent d√®s le mois de novembre, alors qu’un million de personnes se trouvent toujours sans abri. Le premier tour se d√©roule dans des conditions catastrophiques. Au lieu de pr√©coniser un report en attendant que la situation s’am√©liore, ou m√™me un recomptage des voix, une mission de l’OEA conduite par des experts am√©ricains, fran√ßais et canadiens recommande de modifier les r√©sultats officiels, sans justification, afin de qualifier pour le second tour le chanteur Michel Martelly, marqu√© √† droite. L’administration de M. Barack Obama ayant menac√© de suspendre l’aide humanitaire dont le pays avait d√©sesp√©r√©ment besoin, les autorit√©s ha√Įtiennes c√®dent et acceptent la « recommandation ».

Inaugur√© en f√©vrier 2017, le mandat du pr√©sident Mo√Įse s’av√®re tout aussi fragile. S’il remporte le scrutin de l’automne 2016 (organis√© apr√®s l’annulation de l’√©lection pr√©sidentielle de 2015, soup√ßonn√©e d’√™tre vici√©e par une fraude massive), la participation n’atteint pas 20 % : le nouveau chef d’√Čtat recueille 590 000 voix sur environ 6 millions d’√©lecteurs (le pays compte 11 millions d’habitants). Des manifestations et des appels √† la d√©mission, accompagn√©s d’all√©gations de corruption au sommet de l’√Čtat, suivent l’annonce des r√©sultats. Sans surprise, le nouvel homme fort du pays rencontre une vive r√©sistance.

Contrairement au r√©gime afghan soutenu par Washington, le pr√©sident ha√Įtien survit toutefois facilement au d√©part des troupes √©trang√®res √† la fin du mandat de la Minustah, en octobre 2017. Il n’existe pas en Ha√Įti de mouvement d’opposition arm√© de l’envergure des talibans. Lorsque arrive la fin de son mandat, le 7 f√©vrier dernier (date fix√©e par la Constitution pour l’investiture des pr√©sidents √©lus), Mo√Įse peut compter sur le soutien du trio √Čtats-Unis - Nations unies - OEA pour se maintenir au pouvoir. L’√©pisode renforce la conviction, d√©j√† bien ancr√©e dans la population, que ce sont les donateurs, et non les Ha√Įtiens, qui choisissent les dirigeants du pays.

Or, √† la suite du s√©isme de 2010, les promesses de dons affluent du monde entier, atteignant les 10 milliards de dollars (l’√©quivalent du produit int√©rieur brut ha√Įtien √† l’√©poque). Le nombre de casques bleus stationn√©s dans le pays est alors port√© d’un peu moins de sept mille, en 2004, √† douze mille. Les d√©cideurs am√©ricains estimant qu’un √Čtat moderne ne se construit pas sur la seule force militaire, l’aide humanitaire est mobilis√©e pour tenter de « reconstruire » Ha√Įti… sans les Ha√Įtiens. Aux yeux des organisations non gouvernementales (ONG), des industriels du d√©veloppement et des agences internationales qui d√©ferlent apr√®s la catastrophe, seuls des « experts » form√©s en Occident jouissent des connaissances et des ressources n√©cessaires pour « reconstruire, en mieux », un pays jug√© instable et arri√©r√©…

Ainsi, au cours des dix ann√©es √©coul√©es depuis le s√©isme, moins de 3 % de l’aide √©trang√®re am√©ricaine est all√©e √† des organisations ha√Įtiennes ; plus de la moiti√©, √† une poign√©e d’entreprises gravitant dans l’orbite de l’√Čtat f√©d√©ral, entre Washington, le Maryland et la Virginie. De sorte que des milliers d’Occidentaux vivent d√©sormais d’une « aide » dont le pays qui devrait en b√©n√©ficier ne voit que peu la couleur. Que les projets r√©ussissent ou √©chouent, l’argent continue de couler √† flots.

En √©vin√ßant les organisations locales, l’aide internationale finit par affaiblir l’√Čtat qu’elle est cens√©e contribuer √† « construire ». En Ha√Įti, environ 80 % des services publics de base, comme la sant√© ou l’√©ducation, sont assur√©s par des ONG, des associations religieuses ou des entreprises priv√©es. Quant aux industries nationales, elles p√Ętissent de la d√©pendance du secteur humanitaire aux importations. Dans le domaine agricole, les b√©n√©ficiaires de fonds am√©ricains n’ont pas le droit d’acheter des produits locaux. Autrement dit, l’argent que le Congr√®s destine √† l’aide humanitaire sert √† subventionner des producteurs am√©ricains. Apr√®s pr√®s de vingt ans de nation building, la moiti√© des Ha√Įtiens sont encore en situation d’ins√©curit√© alimentaire — autant qu’avant le d√©but du processus. Comment s’√©tonner qu’ils soient si nombreux √† tenter de fuir leur pays en qu√™te d’une vie meilleure ?

Expulsion de demandeurs d’asile
Quand, en septembre 2021, plus de dix mille Ha√Įtiens sont arriv√©s √† la fronti√®re sud des √Čtats-Unis dans l’espoir de d√©poser une demande d’asile, ils esp√©raient sans doute profiter du m√™me statut de r√©fugi√©s que celui accord√© √† trente-sept mille Afghans par le pr√©sident Joseph Biden √† la suite de la d√©b√Ęcle li√©e au retrait des troupes am√©ricaines de Kaboul. Une erreur. Des images ont montr√© des agents de la police mont√©e des fronti√®res chargeant les familles qui venaient de traverser le Rio Grande, certains brandissant leurs r√™nes en guise de fouets, comme au temps de l’esclavage. En l’espace d’une semaine, l’administration Biden a ainsi proc√©d√© √† l’une des plus vastes op√©rations d’expulsion de demandeurs d’asile de ces derni√®res d√©cennies, renvoyant dans leur pays plus de quatre mille Ha√Įtiens.

M. Daniel Foote, l’envoy√© sp√©cial des √Čtats-Unis en Ha√Įti, a r√©agi en quittant ses fonctions, deux mois seulement apr√®s sa nomination. « Je refuse d’√™tre associ√© √† la d√©cision inhumaine, contre-productive du gouvernement am√©ricain d’expulser des milliers de r√©fugi√©s ha√Įtiens », a-t-il √©crit dans sa lettre de d√©mission (1). Il n’est pas anodin que M. Foote, comme nombre de diplomates posant leurs valises √† Port-au-Prince, soit aussi pass√© par l’ambassade am√©ricaine √† Kaboul, o√Ļ il supervisait la distribution de l’aide civile √©trang√®re. L’analogie entre les deux pays, parfois invisible aux yeux du public, √©chappe rarement aux officiels √©trangers.

M. Foote ne protestait pas uniquement contre les expulsions. Regrettant que ses recommandations aient √©t√© ignor√©es ou d√©form√©es, il √©tablissait un lien direct entre les milliers de demandeurs d’asile ha√Įtiens et la politique de Washington sur l’√ģle : « Je pense qu’Ha√Įti ne conna√ģtra jamais la stabilit√© tant que ses citoyens ne seront pas jug√©s dignes de choisir leurs dirigeants en toute √©quit√© et honn√™tet√©. » Il appelait √©galement √† cesser de consid√©rer le pays comme une « marionnette aux mains d’acteurs internationaux ». « On ne peut qu’√™tre effar√© par cette illusion de toute-puissance qui nous persuade que ce serait √† nous, une fois de plus, de d√©signer le vainqueur », concluait-il.

L’envoy√© am√©ricain faisait ici allusion √† la derni√®re ing√©rence √©trang√®re en date dans les affaires politiques ha√Įtiennes. Juste apr√®s l’assassinat du pr√©sident Mo√Įse, M. Joseph a pris la succession en tant que premier ministre. Il avait pourtant d√©missionn√© deux jours plus t√īt, le pr√©sident ayant annonc√© sa d√©cision de le remplacer par le docteur Ariel Henry, lequel n’√©tait pas encore officiellement entr√© en fonctions. Dans la mesure o√Ļ la l√©gitimit√© de Mo√Įse lui-m√™me √©tait sujette √† caution, ces deux pr√©tendants ne pouvaient qu’√™tre controvers√©s. Toujours est-il que Washington et l’ONU ont tranch√© pour les Ha√Įtiens, en apportant leur soutien √† M. Henry.

Il y a plus de deux cents ans, une population d’esclaves est parvenue √† chasser le colonisateur fran√ßais et √† √©tablir la nation ha√Įtienne. Depuis lors, des puissances √©trang√®res alli√©es √† une petite √©lite locale n’ont cess√© de chercher √† contr√īler le pays — une volont√© dont les vingt derni√®res ann√©es et l’« √Čtat assist√© » auquel elles ont donn√© naissance ne sont que la manifestation la plus r√©cente. Mais ces efforts ont toujours rencontr√© une vive r√©sistance. En 1915, quand les soldats am√©ricains sont venus occuper le pays, ils se sont heurt√©s √† une milice paysanne, les Cacos. Apr√®s le coup d’√Čtat de 2004 et le d√©ploiement cons√©cutif de casques bleus, des groupes civils arm√©s ont men√© une gu√©rilla urbaine dans la capitale pour lutter contre l’envahisseur. Les √Čtats-Unis, l’ONU, l’Union europ√©enne ont perdu tout cr√©dit √† leurs yeux. D√©sormais, m√™me ceux qui soutenaient l’intervention am√©ricaine en 2004 d√©noncent les ing√©rences et r√©clament une solution d√©cid√©e par les Ha√Įtiens. Tandis que les nations donatrices se pr√©cipitaient pour soutenir M. Henry, des centaines d’organisations repr√©sentant les forces vives du pays — de la paysannerie aux associations de quartier, en passant par le secteur priv√© — s’unissaient autour d’un programme commun pour se dresser contre le pouvoir des acteurs internationaux et refuser la perp√©tuation de l’√Čtat assist√©. La bataille d’Ha√Įti n’est pas finie.

Jake Johnston
Chercheur au Center for Economic and Policy Research (CEPR), Washington, DC.

mai 26, 2022

Djimon Hounsou; de SDF à star d'Hollywood

 


Djimon Hounsou; de SDF à star d'Hollywood
Il arrive tr√®s t√īt en France. Il n'a alors que 13 ans. Il se retrouve √† Lyon chez ses fr√®res, actuellement l'un √† Brest et l'autre √† Brive-la-Gaillarde. Mais ses √©tudes ne marchant pas, il se lance dans le mannequinat. En mai 1987, il monte √† Paris, √† l'aventure. Apr√®s des semaines difficiles √† dormir dans la rue, il est rep√©r√© un matin en train de se laver dans la fontaine en face du centre Beaubourg, par une personne travaillant pour Thierry Mugler. Il devient photographe, pour Thierry Mugler. C'est gr√Ęce √† cette collaboration qu'il travaille pour un album de couturier, et tourne dans trois clips r√©alis√©s par David Fincher : Roll With It (de Steve Winwood), Express Yourself (de Madonna) et Straight Up (de Paula Abdul). Il pose √©galement pour le livre de photos d'Herbert Ritts Men and women et participe √† la vid√©o de Janet Jackson, Love Will Never Do Without You.
Devenu acteur en 1990, il tient son premier r√īle cette m√™me ann√©e dans Without You I'm Nothing, mais ne parlant pas encore l’anglais (il parle d√©j√† le fran√ßais et plusieurs langues gbe : le fon-gbe, le gungbe et le mina), il a quelques probl√®mes lorsque les dialogues sont modifi√©s la veille du tournage. On le retrouve deux ans plus tard dans le thriller de Jonathan Kaplan, Obsession fatale, puis en 1994 dans Stargate de Roland Emmerich. Steven Spielberg, en lui offrant le r√īle de Cinque dans Amistad, lui fournit l'occasion de tenir un premier r√īle, pour lequel il est nomm√© aux Golden Globes dans la cat√©gorie Meilleur acteur.
Il interpr√®te des r√īles de combattant, co√©quipier de Russell Crowe, dans Gladiator (2000), de policier dans Le Boulet (2002), de soldat soudanais dans Fr√®res du d√©sert, de motard dans Biker boyz (2003) et de chef tribal dans Lara Croft : Tomb Raider, le berceau de la vie. Jim Sheridan lui permet de varier son jeu d'acteur en lui confiant le r√īle d'un myst√©rieux artiste peintre, voisin d'une famille irlandaise fra√ģchement d√©barqu√©e √† New York, dans In America (2004). Il a jou√© sous la direction de Michael Bay dans le film de science-fiction The Island (2005), ainsi que dans Eragon, un film d'heroic fantasy, sorti sur les √©crans en 2006, et dans lequel il incarne le leader d'une communaut√© se rebellant contre un roi tyrannique. Il joue √©galement en 2006 dans Blood Diamond, un film engag√© d'Edward Zwick sur le trafic de pierres pr√©cieuses issues de conflits africains, aux c√īt√©s de Leonardo DiCaprio et Benu Mabhena.
source: Wikipedia


mai 26, 2022

C'est quoi un Sanatorium Russe?

 

Un sanatorium dans les pays de l'ex-Union soviétique est une résidence de villégiature avec des équipements médicaux pour les travailleurs modestes.
Les sanatoriums participaient à la culture .soviétique qui incitait les personnes à avoir une activité physique et une bonne santé pour être plus productives. Ils étaient généralement situés dans la nature (en forêt ou au bord d'un lac ou de la mer) ou près d'une source thermale. Depuis la chute de l'Union soviétique, nombre de sanatoriums sont abandonnés.
Image: Palace de la Princesse Anastasia Gagarina , aujourd'hui le centre administratif du sanatorium Utes au bord de la mer en Crimée.

dimanche 22 mai 2022

mai 22, 2022

La Ni√®me Chambre, le scandale d’abus sexuels qui a fait trembl√© la Cor√©e


Alors que l’humanit√© √©volue vers un monde de plus en plus num√©ris√©, les cybercrimes sont en augmentation et ne cessent d’empirer.

Il y a de fortes chances que vous n’ayez pas entendu parler de cette affaire. Situ√© au cŇďur de la Cor√©e, Cyber Hell descend dans les entrailles de l’Internet pour nous livrer un cas choquant de chantage et de trafic sexuel en ligne.

Baptis√© « The Nth Room« , ce scandale d’abus sexuels en Cor√©e a √©t√© facilit√© par l’application Telegram pendant deux ans, de 2018 √† 2020. Pendant cette p√©riode, un chef de file connu sous le nom de « Baksa », aux c√īt√©s d’une personne connue sous le nom de « Godgod », a traqu√© et contraint des dizaines de victimes √† t√©l√©charger des photos nues d’elles-m√™mes.

Le nom fait r√©f√©rence au fait que les auteurs aient ouvert plusieurs salons de discussion sur l'application de messagerie chiffr√©e Telegram pour distribuer des vid√©os √† caract√®re sexuel √† un nombre signal√© de 260 000 utilisateurs. L'auteur principal de ces rooms se nomme Cho Joo-Bin « Baksa » (docteur en cor√©en). Les auteurs de la Nth Room sont accus√©s d'avoir attir√© des victimes, y compris des mineures, et de recourir au chantage pour forcer ces derni√®res √† envoyer des photos et des vid√©os sexuellement explicites dont des viols, des humiliations, des scarifications ou des violences faites √† des femmes, des vid√©os accessibles aux utilisateurs en √©change d'argent. Sur les 103 victimes signal√©es, 26 √©taient mineures.

Contexte:

Tout cela a commenc√© par un homme suspect√© d'√™tre le principal criminel et cerveau de cette affaire, un homme connu sous le nom de « Baksa » (« Docteur » en cor√©en). Ce dernier postait des messages sur Twitter √† de nombreuses filles, en leur disant : « Vos photos priv√©es ont pu √™tre expos√©es sur internet, alors v√©rifiez ce site pour voir si c’est vraiment vous. » Le lien redirigeait les victimes vers un faux Twitter, et lorsque les filles entraient leurs identifiants, ces donn√©es √©taient ensuite transmises aux criminels. Gr√Ęce √† ces donn√©es, les criminels avaient ensuite acc√®s ill√©galement aux informations personnelles de ces derni√®res telles que le num√©ro de t√©l√©phone, leur adresse et le nom des membres de leur famille. Les criminels mena√ßaient ensuite les filles d'exposer tout ce qu'elles pouvaient avoir √† cacher √† leur famille et au reste du monde si elles n'acceptaient pas de devenir leurs esclaves pendant une semaine. √Ä la fin de cette semaine et pour mettre un terme √† tout cela, les malfaiteurs ont demand√© aux victimes de leur envoyer des photos d'elles nues. Cependant, ces derniers les ont ensuite menac√© √† nouveau, cette fois-ci de r√©v√©ler ces photos √† leurs familles si elle refusaient de r√©aliser d'horribles actes et de rester des esclaves. Plus de 103 femmes, dont 26 filles mineures, ont ainsi accept√© sous la contrainte, par peur de voir leurs malfaiteurs r√©v√©ler leurs informations. Les filles se sont alors film√©es o√Ļ on les obligeait √† commettre des actes horribles dont se faire violer par plusieurs hommes, se couper le mamelon, s'ins√©rer une paire de ciseaux dans le vagin, manger des excr√©ments, ou encore √©crire « esclave » sur la peau avec un couteau. Deux autres moyens ont √©t√© utilis√©s par ces criminels, √† savoir : la proposition d'offres d'emplois √† temps partiel tr√®s bien r√©mun√©r√©, o√Ļ selon eux, le salaire promis est disponible seulement via un programme de parrainage, les victimes devaient √™tre associ√©es √† un parrain. Seulement, pour b√©n√©ficier d'un parrain, il fallait qu'elles envoient des photos et des vid√©os √† caract√®re sexuel. Les criminels, ensuite, les ont fait chanter. L'autre est le fait que ces derniers usurpaient l'identit√© de la police et les mena√ßaient d'intenter une action en justice car elles postaient des contenus explicites.

Sur cette application, les personnes pouvaient s'inscrire √† diff√©rents niveaux pour avoir acc√®s aux diff√©rentes vid√©os. Entrer sur une simple chat room co√Ľtait 200 000 wons (soit 150 euros environ), tandis que pour avoir acc√®s √† l'int√©gralit√© du contenu, il fallait d√©bourser 1,5 million de wons (soit 1 100 euros environ).

QUI EST GODGOD ?

Comme Baksa, GodGod faisait √©galement chanter des femmes et des jeunes filles pour qu’elles accomplissent des actes sexuels d√©sobligeants, puis vendait ces vid√©os sur des groupes Telegram. De plus, GodGod, ou Moon, √©tait √©galement le cr√©ateur des Nth Rooms, des salons de discussion sur Telegram qui h√©bergeaient les vid√©os et les images pour les membres du groupe.

Moon s’int√©ressait principalement aux femmes et aux jeunes filles mineures qui avaient mis en ligne des photos r√©v√©latrices d’elles-m√™mes.

QUE DEVIENT MOON HYUNG-WOOK AUJOURD’HUI ?

Moon Hyung-Wook a √©t√© arr√™t√© en mai 2020, et dans un premier temps, le nom de l’√©tudiant de 24 ans n’a pas √©t√© rendu public. Toutefois, il a √©t√© r√©v√©l√© apr√®s d√©lib√©ration d’un groupe consultatif compos√© de sept membres. L’agence de presse Yonhap a affirm√© que Moon Hyung-Wook √©tait accus√© de faire des profits en vendant des photos et des vid√©os obsc√®nes, et parfois macabres, produites en faisant chanter et en contraignant des victimes.

Un mois apr√®s son arrestation, Moon Hyung-Wook a √©t√© inculp√© et ensuite accus√© d’avoir produit et poss√©d√© des vid√©os sexuellement explicites de 21 victimes entre d√©but 2017 et d√©but 2019 et d’avoir fait chanter trois parents de ses victimes en mena√ßant de publier les vid√©os, selon la publication.

Un documentaire retra√ßant cette affaire est sorti sur Netflix le , intitul√© Cyber Hell : Le r√©seau de l'horreur.



mai 22, 2022

Ali√©nor d’Aquitaine √©pouse Henri Plantagenet.


 870 ans jour pour jour, 18 mai 1152 :


Ali√©nor d’Aquitaine √©pouse Henri Plantagenet.

Ce dernier n’est alors qu’un modeste seigneur disposant des titres de Comte du Maine-Anjou et de Duc de Normandie.

Par ce mariage, Aliénor tient sa revanche sur Louis VII de France, son premier mari.

Elle apporte √† l’Empire Plantagenet en gestation ses titres de duchesse d'Aquitaine et de comtesse de Poitiers.

Les d√©pendances d’Henri s’accroissent alors consid√©rablement, toutefois ses ambitions se cantonnent encore √† ses possessions d√©pendantes du royaume de France.

Avec son mariage avec Ali√©nor d’Aquitaine, Henri va revoir ses ambitions, cette fois √† la mesure de l’Occident.

Deux ans apr√®s son mariage, Henri renverse en effet la maison de Normandie qui r√®gne sur l’Angleterre depuis 1066.

C’est le lancement des hostilit√©s entre les Cap√©tiens et les Plantagenet. Le conflit entre les deux dynasties durera pr√®s de trois cent cinquante ans.

Les reliquaires d’Henri II d’Angleterre et d’Ali√©nor d’Aquitaine sont √† visiter en l’abbaye Notre-Dame de Fontevraud (actuel d√©partement du Maine-et-Loire).

Illustrations : Repr√©sentation d'Ali√©nor d'Aquitaine et du roi Henri II d'Angleterre (artistes inconnus) © The Print Collector/Getty Images chin√© sur https://www.parismatch.com/.../Alienor-d-Aquitaine-n-a...

Pour aller plus loin : Matthieu Paris (traduit du latin par A. Huillard-Br√©holles et √Čric de Bussac), « La grande chronique d'Henri II Plantagen√™t (1154-1189) », Clermont-Ferrand, √Čditions Pal√©o, 2011
© Copyright EL-MESMAR 2013-2018 "Tous droits r√©serv√©s" -Design: Aghiles AZZOUG-CREAGHI STUDIO. Fourni par Blogger.