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résumé

dimanche 24 octobre 2021

octobre 24, 2021

Chrétien de Troyes, le fondateur de la littérature arthurienne et l'un des premiers auteurs de romans de chevalerie.


 Chr√©tien de Troyes compte parmi les √©crivains les plus fameux de l’histoire litt√©raire fran√ßaise du Moyen √āge. Son importance se mesure par le r√īle qu'il a pris tant dans le d√©veloppement du genre romanesque, que dans l'√©volution de l'id√©ologie courtoise et chevaleresque. Son oeuvre, surtout, est √† l'origine d'une riche tradition mythique et litt√©raire.

Il demeure cependant plus renomm√© que connu. Son origine g√©ographique (Troyes) n'appara√ģt qu'au vers 9 d’Erec et Enide. Il √©crit probablement entre 1160 et 1185 √† la cour de Marie de Champagne, fille d'Ali√©nor d'Aquitaine et de Louis VII, √©pouse du comte de Champagne et grand m√©c√®ne des lettres. Puis, il exerce √† la cour de Philippe de Flandre jusqu'√† la fin de sa vie, vers 1181. Vraisemblablement clerc, il ma√ģtrise les arts lib√©raux et conna√ģt Virgile et Ovide, qu’il traduit et adapte. Sa culture classique fait de lui un acteur de la "Renaissance du XIIe si√®cle". Familier des modes litt√©raires contemporaines, il conna√ģt les l√©gendes celtiques, les lais bretons, l'histoire de Tristan et Iseut, mais aussi les vers lyriques de l'amour courtois.


Comme la biographie de Chr√©tien, ses travaux ne nous sont parvenus que de fa√ßon fragmentaire : une traduction d’Ovide, un "art d'aimer" et un roman "du roi Marc et d’Iseut la Blonde" ont √©t√© perdus. Son Ňďuvre se rattache aux romans antiques (r√©cits historiques prenant pour cadre l'antiquit√© gr√©co-romaine). Elle anticipe √©galement le d√©veloppement du genre romanesque. Ses romans allient une forme dense en vers octosyllabiques et une narration fluide. En situant les exploits de ses h√©ros dans les √ģles britanniques, Chr√©tien de Troyes fait revivre la lutte des Celtes romanis√©s contre les envahisseurs saxons. Il combine le merveilleux issu de la mati√®re celtique √† une attention au r√©el, voire √† un effort de rationalisation. L’originalit√© de Chr√©tien de Troyes consiste √† donner √† son sujet une forme nouvelle, celle du roman d’aventure et de la qu√™te d'identit√© o√Ļ le h√©ros prend une place primordiale.

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samedi 23 octobre 2021

octobre 23, 2021

Victor Hugo, Les feuilles d’automne


 Enfant ! si j’√©tais roi, je donnerais l’empire,

Et mon char, et mon sceptre, et mon peuple à genoux
Et ma couronne d’or, et mes bains de porphyre,
Et mes flottes, à qui la mer ne peut suffire,
Pour un regard de vous !

Si j’√©tais Dieu, la terre et l’air avec les ondes,
Les anges, les démons courbés devant ma loi,
Et le profond chaos aux entrailles fécondes,
L’√©ternit√©, l’espace, et les cieux, et les mondes,
Pour un baiser de toi !

Victor Hugo, Les feuilles d’automne

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mercredi 20 octobre 2021

octobre 20, 2021

Des vérités sur la mort de ces célébrités :Kurt Cobain, Coluche, Robin Williams,...

Des v√©rit√©s sur la mort de ces Celebrit√©s: 

 **Robin Williams** On apprend la mort de l’acteur am√©ricain le 11 ao√Ľt 2014. On retrouve un couteau pr√®s de lui et des entailles sur son poignet laissent penser qu’il a essay√© de se tailler les veines. L’autopsie r√©v√©lera qu’il est mort par asphyxie suite √† une pendaison. 

**Coluche** Le c√©l√®bre humoriste est mort d’un accident de moto en 1986, apr√®s avoir percut√© un camion. Mais certains pensent √† un complot car l’humoriste serait devenu g√™nant sur la sc√®ne politique avec sa candidature aux pr√©sidentielles…  


**Kurt Cobain** Le c√©l√®bre chanteur du groupe Nirvana est retrouv√© mort en 1994. Une hypoth√®se penche alors pour un meurtre command√© par sa femme, craignant un divorce qui l’aurait ruin√©e. Finalement, l’enqu√™te conclura que Kurt Cobain s’est suicid√© avec une carabine. 
**Bruce Lee** Le c√©l√®bre acteur Bruce Lee d√©c√®de en 1973. L’acteur avait confi√© √† un ami d’enfance qu’il se sentait menac√© quelques temps avant sa mort. Ce climat tendu alimentent les rumeurs qui pensent √† un complot notamment de la mafia chinoise. Mais une enqu√™te approfondie et des pr√©l√®vements montreront que Bruce Lee est mort suite √† une r√©action allergique √† un m√©dicament.

**Whitney Houston** La diva Whitney Houston a √©t√© retrouv√©e morte dans sa baignoire en 2012 √† l’√Ęge de 48 ans. S’il est dit qu’elle est d√©c√©d√©e suite √† une consommation importante de m√©dicaments, de drogue et d’alcool, d’autres pensent qu’elle s’est noy√©e dans son bain suite √† une crise cardiaque.

**David Caradine** David Carradine √©tait en tha√Įlande pour un tournage lorsqu’il est retrouv√© pendu en 2009. La police tha√Įlandaise annonce un suicide. D’autres √©l√©ments font appara√ģtre une mort accidentelle due √† un jeu sexuel qui aurait mal tourn√©. 

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mardi 19 octobre 2021

octobre 19, 2021

La prise du pouvoir en Corée après l'assassinat du président Park Chung He


 ➡️ L'assassinat du pr√©sident dictateur cor√©en Park Chung He (1961-1979) par le chef des services secrets sud-cor√©en, le 26 octobre 1979. 

➡️ Le 16 mai 1961, Park prit la t√™te de l'√©tat √† la suite d'un coup d'√Čtat militaire. 

➡️ Sous son r√©gime autoritaire, la Cor√©e du Sud prend son essor √©conomique pour se hisser parmi les vingt pays les plus riches de la plan√®te. 

➡️ Le 21 janvier 1968, 31 agents de la Cor√©e du Nord, connu comme l'Unit 24 attaquent le palais pr√©sidentiel mais √©chouent √† l'abattre. 28 Nord-cor√©ens, 68 Sud-cor√©ens et 3 Am√©ricains sont tu√©s. 

➡️ Le 15 ao√Ľt 1974, une nouvelle tentative d'assassinat (un agent nord-cor√©en selon S√©oul) √©choua, mais causa la mort de son √©pouse Yuk Yeong-su. 

➡️ En 1975, il ordonne de « lib√©rer » les rues de S√©oul des sans-abri. Des milliers de personnes sont captur√©es par la police et envoy√©es dans trente-six camps. 

➡️ Sous son r√©gime, les services secrets contr√īlent l'ensemble du pays et l'ensemble de la soci√©t√© est plac√©e sous une surveillance constante. 

➡️ En 1979, le climat de tension d√©g√©n√®re en √©meutes. √Ä l'aide de blind√©s, le gouvernement r√©prime s√©v√®rement la r√©volte. La loi martiale instaur√©e, la dissension se fait sentir chez les conseillers les plus proches de Park. 

 ➡️ Lors d'un repas, le 26 octobre 1979, le pr√©sident et cinq de ses proches sont assassin√©s par le chef de la police secr√®te cor√©enne, Kim Jae Kyu. Il sera par la suite ex√©cut√©. 

➡️ Les premiers gestes de son successeur sont la lev√©e de l'√Čtat d'urgence et la lib√©ration de plus de 1600 prisonniers. 

➡️ Le 19 d√©cembre 2012, sa fille Park Geun-hye remporte l'√©lection pr√©sidentielle avec 51,6 % des voix. 

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lundi 18 octobre 2021

octobre 18, 2021

Qui sont Jean de Carrouges et Jacques Le Gris, les chevaliers du Dernier Duel de Ridley Scott ?


 Le r√©alisateur am√©ricain s'est inspir√© de l'histoire de France et d'un des derniers duels judiciaires autoris√© en 1386, entre le chambellan et le favori du comte Pierre II d'Alen√ßon.

Ridley Scott aime faire revivre √† sa mani√®re les personnages de l'histoire. Dans Gladiator, il fait descendre dans l'ar√®ne pas moins que l'empereur de Rome en personne, le cruel Commode. Dans Le Dernier Duel (The Last Duel), il extrait des limbes de l'histoire de France, l'un des derniers duels judiciaires qui opposa √©p√©e et lance √† la main, en 1386 √† la fin du Moyen √āge, le chevalier Jean de Carrouges, (camp√© par Matt Damon) √† son rival, Jacques Le Gris (jou√© par Adam Driver) .

Le premier, en se soumettant à cette joute, à cette épreuve physique voulait devant la justice du roi Charles VI défendre l'honneur de son nom bafoué par l'accusation de viol proférée par son épouse Marguerite de Carrouges, née Thibouville, à l'encontre de Jacques Le Gris.

Le Chevalier Jehan IV de Carrouges, √† qui l'on doit la construction du donjon toujours visible dans son fief situ√© au nord-est d'Alen√ßon, avait √©pous√© en premi√®res noces Jeanne de Tilly. Devenu veuf il se remaria en 1380 √† Marguerite de Thibouville qui, d'apr√®s tous les chroniqueurs, √©tait jeune et belle (elle est incarn√©e dans le film par Jodie Comer).

En pleine guerre de Cent ans, Carrouges √©tait souvent absent du logis. Il devait servir le Comte d'Alen√ßon en exp√©dition dans les Flandres en 1383, puis, en 1385, il participait √† l'exp√©dition du Capitaine d'Honfleur, Jean de Vienne, sur les c√ītes d'Angleterre et d'√Čcosse. En 1383, son absence se prolongea pour le service du Roi. C'est pendant cette derni√®re absence qu'eut lieu le d√©lit en question.

Richelieu mettra définitivement fin à l'ordalie

Son auteur pr√©sum√© n'est autre que Jacques Le Gris, √©cuyer et chambellan du Comte d'Alen√ßon, parrain d'un enfant n√© du premier mariage de Jehan de Carrouges. L'amiti√© des deux hommes fut d√©truite par cette affaire qui fit grand bruit √† l'√©poque tant en Normandie qu'√† Paris o√Ļ eut lieu le duel. Le chroniqueur Jean Froissart (1337-1410), contemporain des faits, en donne un r√©cit si pr√©cis.

Le Gris nia le viol. Il avait un alibi. On l'avait vu √† Alen√ßon au ch√Ęteau √† 4 h du matin, puis √† 9 h au lever du Comte. L'√©pouse de Carrouges persistait dans son accusation. Le Comte prit fait et cause pour son √©cuyer, pensant qu'il √©tait impossible d'avoir parcouru √† cheval 23 lieues (soit 92 km) en quatre heures et demie.

Faute de preuves irr√©futables, le Parlement s'en remit √† Dieu pour trancher, et d√©termina par ordonnance qu'il y aurait « bataille jusques √† outrance entre le Chevalier Jehan de Carrouges et le Chevalier Jacques Le Gris ».



Ce syst√®me de jugement √©tait relativement courant au Moyen-√āge. Ce qu'on appelait l'ordalie bilat√©rale, ou plus simplement le duel judiciaire, permettait aux juges de s'en remettre √† une force sup√©rieure, le destin, c’est-√†-dire en ces temps religieux √† Dieu, pour d√©terminer l'issue d'un proc√®s. Loin de notre jurisprudence la√Įque qui s√©pare le temporel du spirituel, l'affaire qui opposa Jean de Carrouges √† Jacques Le Gris pouvait donc se r√©gler en pr√©sence du public, armes √† la main.

En racontant l'issue de ce duel √† mort nous sommes un peu forc√©s, sans le vouloir, de spoiler l'Ňďuvre de Ridley Scott. Jean de Carrouges, homme de guerre exp√©riment√© ayant appris √† se battre sous les ordres du l√©gendaire Bertrand du Guesclin lors de la bataille de Cocheret, remportera le combat face Jacques Le Gris.

Pour recouvrer son honneur bafoué, le chevalier Carrouges se battait non seulement pour défendre la vertu de son épouse mais aussi pour préserver la vie de celle-ci. Car s'il avait perdu le combat, la justice aurait alors reconnu Marguerite coupable de faux témoignage et donc aurait été de fait automatiquement condamnée à mort. Un homme capturé des années plus tard s'accusera du viol de l'épouse du chevalier. On ne saura jamais si celle-ci a menti.

Il faudra attendre Richelieu, c’est-√†-dire plus de deux si√®cles apr√®s le duel entre Carrouges et Le Gris pour que cette ordalie disparaisse compl√®tement de la pratique de notre droit.

Article √©crit Par Bertrand Guyard /Le Figaro

Le Dernier Duel (The Last Duel ) de Ridley Scott, avec Matt Damon, Adam Driver, Jodie Comer...


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vendredi 15 octobre 2021

octobre 15, 2021

Euripide, le Poète tragique


 #Histoire #po√®te #Grece #philosophie
"Pour un p√®re, il n'est rien de plus doux qu'une fille ; l'√Ęme d'un fils est plus haute, mais moins tendre et caressante"
-Euripide
⭕Po√®te tragique grec (Salamine 480-Pella, Mac√©doine, 406 avant J.-C.) .

D'apr√®s la tradition, Euripide serait n√© le jour m√™me de la bataille de Salamine. Fils de petites gens- √† en croire la malignit√© des po√®tes comiques, son p√®re √©tait boutiquier ou cabaretier, et sa m√®re marchande de l√©gumes-, il re√ßoit une √©ducation soign√©e et suit les le√ßons du philosophe Anaxagore et des sophistes, tels Protagoras et Prodicos. En 455 avant J.-C., il pr√©sente au concours tragique sa premi√®re pi√®ce, les P√©liades, et obtient le troisi√®me rang. D√®s lors il se consacre tout entier au th√©√Ętre. Mais le public boude ses drames, et ce n'est qu'√† pr√®s de quarante ans qu'il remporte sa premi√®re victoire (il sera cinq fois seulement couronn√© vainqueur, ce qui est peu en regard d'Eschyle ou de Sophocle). Malheureux en m√©nage, Euripide n'a pas l'humeur enjou√©e, et l'insucc√®s r√©p√©t√© de ses pi√®ces l'aigrit. Aussi cet homme peu sociable vit-il solitaire, pr√©f√©rant le calme de sa biblioth√®que √† l'exercice des fonctions publiques. Vers la fin de sa vie, il quitte Ath√®nes pour √©migrer en Mac√©doine √† la cour du roi Arch√©laos, o√Ļ il est accueilli avec √©gards. Il y meurt, peut-√™tre des suites d'un accident, √† l'√Ęge de soixante-quinze ans.

Conception de la tragédie

Euripide est loin d'avoir la rigueur dramatique de ses pr√©d√©cesseurs. Il y a chez lui une tendance √† la facilit√© et des complaisances √©trang√®res au g√©nie propre d'Eschyle et de Sophocle. On lui a souvent reproch√© un souci trop √©vident de l'actualit√©, qui l'am√®ne √† des fautes de ton, tout en affaiblissant la port√©e de son th√©√Ętre. On lui a fait grief de ses prologues, dans lesquels un dieu ou un h√©ros viennent raconter la pi√®ce (Alceste, Hippolyte, H√©cube ou Ion) ; on a critiqu√© ses d√©nouements, o√Ļ, trop souvent, une divinit√©, par son heureuse intervention, permet aux personnages de sortir d'une situation embarrassante (Andromaque , Iphig√©nie en Tauride, H√©l√®ne , Oreste). Au d√©pouillement de l'art sophocl√©en se substitue l'ing√©niosit√© : stratag√®mes, ruses, exp√©dients, reconnaissances sont monnaie courante dans l'Ňďuvre, m√™me dans les trag√©dies les plus fortes (ainsi l'arriv√©e opportune d'√Čg√©e dans M√©d√©e). L'exploitation et le perfectionnement de ces proc√©d√©s aboutiront √† l'intrigue : malheureusement trop d'analyses et d'argumentations, trop de tirades morales ou philosophiques, qui trahissent la pr√©sence du po√®te, g√Ętent l'adresse de ces combinaisons, accusent ce qu'elles peuvent avoir d'artificiel ou finissent souvent par totalement dissiper l'illusion dramatique.

Alors que, chez Sophocle, on rel√®ve la permanence d'un th√®me identique (la volont√© d'un √™tre d'accomplir son destin), il est malais√© de d√©couvrir chez Euripide la m√™me unit√©. Sur le canevas de la l√©gende, le po√®te brode des √©pisodes, des sc√®nes diverses qui sont le fruit de son imagination ou de sa sensibilit√©, sc√®nes touchantes, mais aussi parfois gratuites. De l√† la complication de l'intrigue ou son invraisemblance : la donn√©e irr√©elle et chim√©rique d'H√©l√®ne , par exemple, d√©bouche sur des incidents peu plausibles, et bien romanesques apparaissent les circonstances de l'enl√®vement d'H√©l√®ne et d'Hermione (Oreste), les aventures d'Oreste et de Pylade (Iphig√©nie en Tauride), les habilet√©s d'Ion. En fait, la trag√©die d'Euripide na√ģt moins de la nature profonde des personnages que des p√©rip√©ties de l'action ; des sc√®nes enti√®res ne d√©coulent pas de la logique des caract√®res, mais offrent une succession d'√©v√©nements g√©n√©ralement path√©tiques : des pi√®ces aussi achev√©es qu'H√©cube, Hippolyte et Iphig√©nie √† Aulis montrent bien cette fa√ßon de faire, pour autant qu'elles abondent en situations √©mouvantes qui ne proc√®dent pas d'une n√©cessit√© intime. √Ä cet √©gard, les Troyennes sont un cas limite : cette Ňďuvre n'est qu'une suite de tableaux dramatiques. √Ä l'oppos√©, une trag√©die, une seule et peut-√™tre la plus admirable, √©chappe √† cette conception : M√©d√©e, dont toute l'action repose sur la passion de l'h√©ro√Įne.

Le plus tragique des poètes

Dans sa Po√©tique (13), Aristote, tout en faisant des r√©serves sur la conduite de ses drames, appelle Euripide « le plus tragique des po√®tes » pour ses effets de terreur et de piti√©. Plusieurs r√©cits sont d'une violence saisissante, tels ceux des derniers moments d'Hippolyte (Hippolyte, 1197 sq.), de l'horrible fin de Cr√©√ľse et de Cr√©on (M√©d√©e, 1156 sq.), du meurtre de N√©optol√®me (Andromaque , 1085 sq.), du supplice de Penth√©e (les Bacchantes, 1063 sq.). Ces sc√®nes, gr√Ęce √† la transposition de l'art, ont leur valeur par elles-m√™mes et sont plus que des hors-d'Ňďuvre dramatiques. Il y a en effet chez Euripide un don de la vision, une pr√©cision √©trange dans le d√©tail qui s'apparentent aux imaginations des plus grands peintres. Le po√®te sait, mieux que quiconque, d√©crire le d√©lire des √Ęmes et des corps, que ce soit la folie d'H√©racl√®s (H√©racl√®s furieux), l'√©garement d'Agav√© (les Bacchantes), les hallucinations d'Oreste traqu√© par les √Črinyes (Oreste) ou les transports de Cassandre vaticinant sous les murs de Troie (les Troyennes). Spontan√©ment, il trouve les mots capables de traduire la douleur physique et d'√©voquer les alt√©rations de la chair qui naissent des d√©chirements du cŇďur : « √Ä travers ma t√™te passent des √©lancements douloureux ; en mon cerveau se d√©cha√ģnent les spasmes », g√©mit Hippolyte ; « Soulevez mon corps, redressez ma t√™te. Je sens bris√©es les articulations de mes pauvres membres », soupire Ph√®dre (Hippolyte, 1351 ; et 198-199). Cette pr√©sence sur la sc√®ne de l'√™tre souffrant atteint une v√©rit√© et une intensit√© sans √©gales.

Tout aussi path√©tiques, mais dans un autre registre, celui de la piti√©, sont les accents qu'Euripide pr√™te √† ses personnages lorsqu'il laisse la place aux cris qui jaillissent du plus profond du cŇďur. M√©d√©e d√©faille √† la pens√©e de tuer ses propres enfants. L'amour maternel est √† la fois √©moi de la chair et trouble de l'instinct : « √Ē main bien-aim√©e, l√®vres bien-aim√©es et nobles traits de mes enfants. […] √Ē douce √©treinte, tendre peau, suave haleine de mes enfants ! » (M√©d√©e , 1071-1075) ; Andromaque, √† qui l'on vient arracher son fils, use des m√™mes mots : « √Ē mon enfant, tu pleures ? Sens-tu donc tes maux ? Pourquoi, les mains crisp√©es sur moi, t'attaches-tu √† mes v√™tements et comme un poussin te jettes-tu sous mes ailes ? […] √Ē mon tout-petit que j'aimais tant √† presser dans mes bras ! √Ē parfum si doux de ton corps […]. » (les Troyennes, 749-758). On pense aussi √† H√©cube se jetant aux pieds d'Ulysse pour implorer la gr√Ęce de Polyx√®ne (H√©cube). La sensibilit√© d'Euripide trouve √©galement un sujet de pr√©dilection dans le th√®me du sacrifice. D'exquises figures jalonnent l'Ňďuvre : Iphig√©nie au d√©vouement h√©ro√Įque (Iphig√©nie √† Aulis), Polyx√®ne (« Ne m'arrache pas des pleurs de regret : mourir est ce qui peut m'arriver de meilleur » [H√©cube, 214-215]), Alceste, dont les derniers adieux √† la vie et √† son √©poux √©meuvent par leur dignit√© (Alceste). La d√©licatesse des sentiments exprim√©s rend encore plus sensible la cruaut√© de la l√©gende, support de l'action, mais aussi mati√®re √† de touchants d√©veloppements.

Un th√©√Ętre de l'instinct

Quels sont ces √™tres que nous voyons vivre devant nous, avec leurs haines et leurs amours, leurs souffrances et leurs angoisses ? Peut-on, comme chez Sophocle, apercevoir √† travers ce th√©√Ętre une identit√© des caract√®res ? Euripide cr√©e-t-il un type de personnage toujours le m√™me, quelle que soit la trag√©die ? Loin d'avoir la profondeur des h√©ros sophocl√©ens, chez qui tout tourne autour d'une volont√© forte, du d√©sir d'aller jusqu'au bout d'eux-m√™mes, les protagonistes d'Euripide se pr√©sentent comme mus par des instincts, par des pulsions. Et c'est l√† l'essentielle nouveaut√© de cette Ňďuvre : au lieu de mettre en sc√®ne des individus exceptionnels, prisonniers de leur intransigeance, le po√®te vise √† l'expression la plus naturelle des grands mouvements de l'√Ęme. Il est l'interpr√®te des contradictions du cŇďur, des √©lans irr√©fl√©chis, des sentiments obscurs et secrets qui, soudain, d√©bouchent sur des paroles et sur des actes. Tentative pour exprimer l'indicible, pour d√©voiler les zones d'ombre de la conscience, pour sugg√©rer les palpitations et les troubles cach√©s qui agitent chacun de nous ? La r√©sonance moderne de ces tendances explique peut-√™tre la p√©rennit√© de ces trag√©dies.

Ainsi Ph√®dre, victime d'un impossible amour, Ph√®dre aux traits ravag√©s. « Mes mains sont pures ; c'est mon cŇďur qui est souill√© » (Hippolyte, 317) : sentiment d'une faute, poignant conflit entre une passion folle et la volont√© de n'y pas c√©der, lutte √©puisante contre la tentation d'un aveu, tout cela aboutit √† la ruine d'un corps et d'une √Ęme. « Elle s'est montr√©e vertueuse, sans pouvoir l'√™tre », dira magnifiquement Hippolyte √† Th√©s√©e- cet Hippolyte lui-m√™me en dehors de la vie (Th√©s√©e : « Tu t'es exerc√© au culte de toi-m√™me », 1080). Ainsi M√©d√©e, amante d√©laiss√©e qui, pour se venger, est pr√™te √† sacrifier ce qu'elle a de plus cher, ses enfants : « La passion l'emporte sur mes r√©solutions » (M√©d√©e, 1079), dramatique combat de l'orgueil et de l'amour. Chez Ph√®dre comme chez M√©d√©e, Euripide fait surgir ce qu'il y a de plus profond dans l'√™tre : les tumultes de l'instinct. Disons que les personnages gagnent en humanit√© et en v√©rit√© ce qu'ils perdent en grandeur. Sans doute l'√Člectre du po√®te a-t-elle moins de force que l'√Člectre des Cho√©phores d'Eschyle ou l'√Člectre de Sophocle. Au moins les h√©ros du th√©√Ętre d'Euripide restent, pour la plupart, proches de nous.

« Les Bacchantes », testament d'Euripide ?

√Čcrites en Mac√©doine les Bacchantes sont, avec Iphig√©nie √† Aulis, la derni√®re pi√®ce du po√®te. Cette trag√©die sacr√©e, outre les probl√®mes qu'elle soul√®ve, a une hauteur d'inspiration et une √©l√©vation spirituelle uniques dans la trag√©die grecque. Ses donn√©es sont simples en apparence : Penth√©e, roi de Th√®bes, est ch√Ęti√© pour avoir refus√©, au nom de la raison humaine et de la raison d'√Čtat, les myst√®res de Dionysos. En vain il a cherch√© √† s'emparer par la force de la personne du dieu. Sa fatale obstination le conduit √† √™tre d√©chir√© par les Bacchantes et entra√ģnera la ruine du peuple th√©bain.

On s'interroge toujours sur le sens de cette Ňďuvre, o√Ļ les visions d'horreur alternent avec des tableaux d'une suavit√© incomparable. On y a vu une nouvelle manifestation du rationalisme irr√©ligieux d'Euripide : comment ce dieu, pr√©sent√© d'abord comme un sauveur, peut-il cruellement punir qui repousse son culte ? N'est-ce pas d√©j√† l'illustration du vers de Lucr√®ce « Tant la religion a pu conseiller de crimes » (De natura rerum, livre I, vers 101) ? La folie sanguinaire des Bacchantes, les proph√©ties de Dionysos (« Je ne cacherai pas les fl√©aux que ce peuple devra subir […] », 1668) sont horribles et iniques. La conclusion du po√®te n'est-elle pas « Dans leurs ressentiments les dieux ne doivent pas ressembler aux mortels » (1348) ? Nombreux sont, en revanche, les partisans d'une trag√©die d'inspiration essentiellement religieuse et m√™me d'une « conversion » d'Euripide. Les premiers √©crivains chr√©tiens avaient √©t√© frapp√©s par le souffle mystique des Bacchantes ils se sont nourris de sa lecture, ont emprunt√© des passages, ont relev√© des vers qui s'accordaient √† leur foi. « J'ai pris l'apparence mortelle et chang√© mon aspect divin du corps d'un homme », s'√©crie Dionysos (53-54), et Tir√©sias use de la formule eucharistique : « Ce Dieu, tout Dieu qu'il est, coule en offrande aux dieux » (284). En fait, cette divinit√© implacable et terrible ressemble plus au Dieu de l'Ancien Testament qu'√† celui du Nouveau.

Les ultimes croyances d'Euripide au seuil de la mort finalement nous √©chappent. Contentons-nous de supposer que le chŇďur, dans ses admirables parties lyriques, exprime les convictions intimes du po√®te. Il est une forme supr√™me de la sagesse proche de l'extase : « Heureux l'homme fortun√©, instruit du divin myst√®re, qui, sanctifiant sa vie, se fait l'√Ęme d'un fervent ! » (72-75). La vraie sagesse, cette folie sup√©rieure, est d'√™tre disponible aux appels du surnaturel et de se fondre en lui : « Que ma vie s'√©coule vers la beaut√©, que jour et nuit, dans la puret√©, avec pi√©t√©, j'adore les dieux, rejetant les pratiques contraires √† la justice » (1007-1010). Appliquons-nous √† atteindre une sorte de na√Įvet√© fondamentale, car le dieu « hait celui dont le d√©sir n'est point, dans la clart√© du jour, dans la douceur des nuits, de go√Ľter le bonheur et de vivre, de tenir, en sage, son cŇďur et son esprit bien loin des mortels trop subtils » (424-428). Bienheureux les cŇďurs purs, bienheureux les cŇďurs simples : seuls ils parviendront √† la paix de l'√Ęme, √† la b√©atitude, m√™me si « la puissance divine se meut avec lenteur ; mais elle est infaillible ». Derni√®re pi√®ce d'Euripide qui soit parvenue jusqu'√† nous, les Bacchantes, en d√©pit de sc√®nes atroces, invitent ainsi √† une radieuse f√©licit√©.

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octobre 15, 2021

un fossile de Crinoide estimé à environ 345 millions d'années


 

#science #Archeologie #Zoologie
Un magnifique fossile de Crino√Įde parfaitement conserv√©, dont l'√Ęge est estim√© √† environ 345 millions d'ann√©es ūüėģ

Les Crino√Įdes (Crinoidea) forment une classe d'animaux marins appartenant √† l'embranchement des √©chinodermes.

Les crino√Įdes sont des animaux sessiles (fixes) ou vagiles (mobiles) ressemblant √† des plantes, mais pourvus d'un squelette calcaire articul√©, d'une sorte de « racine » (√©ventuellement plac√©e au bout d'une « tige »), et d'un « calice » muni de longs bras flexibles qui leur permettent de filtrer dans l'eau le plancton dont ils se nourrissent.

√Čtant des √©chinodermes, leurs plus proches parents dans le monde vivant sont les oursins, les √©toiles de mer, les ophiures et les holothuries. Les premiers crino√Įdes sont attest√©s √† l'Ordovicien, p√©riode d√©butant il y a 500 millions d'ann√©es environ. Malgr√© une morphologie rappelant celle d'un v√©g√©tal — forme √† laquelle ils doivent le nom commun de « Lys de mer » — les crino√Įdes (du grec krinon, lys, et eidos, forme) sont des animaux (m√©tazoaires)ūüėĮ
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octobre 15, 2021

photo d'un √©l√©phant devant des spectateurs en Tha√Įlande, Prix wildlife photograph of the year


 Vainqueur cat√©gorie "Photojournalisme". Adam Oswell, pour sa photo d'un √©l√©phant devant des spectateurs en Tha√Įlande, afin de d√©noncer l'exploitation animale. ūüďł Adam Oswell, wildlife photograph of the year
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