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résumé

vendredi 22 janvier 2021

janvier 22, 2021

Jack l'éventreur, la famille royale d'Angleterre et la Franc-maçonnerie

 

Jack l'√Čventreur (en anglais Jack the Ripper) est le surnom donn√© √† un tueur en s√©rie ayant s√©vi dans le district londonien de Whitechapel en 1888. L'affaire √† laquelle le personnage est li√©, depuis l'√©poque de son d√©roulement jusqu'√† aujourd'hui, donna lieu √† maintes hypoth√®ses et inspira bon nombre d'Ňďuvres en tous genres, lui conf√©rant un statut de mythe moderne.

Le nom du tueur, dont l'identit√© est toujours inconnue, apparut pour la premi√®re fois dans la lettre « Dear Boss », re√ßue en  par une agence de presse. Elle fut largement mentionn√©e dans les journaux de l'√©poque parce que son auteur s'y accusait des meurtres et signait « Jack the Ripper ». La police et les journaux re√ßurent de nombreuses lettres li√©es √† l'affaire. La couverture m√©diatique de l'affaire finit par √™tre internationale, lui assurant une notori√©t√© durable.

En septembre et octobre 1888, des rumeurs plus persistantes laiss√®rent croire que plusieurs assassinats dans Whitechapel √©taient reli√©s ; cependant, seuls cinq sont imputables √† Jack l'√Čventreur : ceux de Mary Ann Nichols, Annie Chapman, Elizabeth Stride, Catherine Eddowes et Mary Jane Kelly. Parce que ces meurtres pr√©sentent plusieurs similitudes, ils sont qualifi√©s de « canoniques ». Le tueur aurait surtout agress√© des prostitu√©es vivant dans les bas-fonds de Londres. Elles eurent la gorge tranch√©e avant de subir des mutilations abdominales. L'extirpation d'organes internes d'au moins trois victimes conduisit √† l'hypoth√®se que le meurtrier ma√ģtrisait des notions d'anatomie ou de chirurgie. Celle-ci sembla confirm√©e lorsqu'un membre du Whitechapel Vigilance Committee (« Comit√© de vigilance de Whitechapel ») re√ßut, en octobre 1888, la lettre « From Hell » accompagn√©e de la moiti√© d'un rein ayant peut-√™tre appartenu √† l'une des victimes.

Les l√©gendes entourant l'affaire s'inspirent d'√©tudes historiques approfondies, du folklore et de la pseudohistoire. Le terme ripperology — qui pourrait se traduire par « √©ventrologie » — fut cr√©√© pour d√©signer l'ensemble des √©tudes concernant Jack l'√Čventreur et ses victimes.

Stephen Knight essayiste et journaliste,  plus connu pour ses livres The Brotherhood et Jack the Ripper : The Final Solution. Ces deux ouvrages sugg√®rent qu'il existe une conspiration ma√ßonnique derri√®re la plupart des aspects de la soci√©t√© britannique.

Son livre sur Jack l'√Čventreur d√©clare que ses crimes firent partie d'une conspiration entre la franc-ma√ßonnerie et la famille royale britannique. Une d√©claration qui n'est pas accept√©e par les historiens. Ce livre fut une inspiration pour des Ňďuvres de fiction dont le film Meurtre par d√©cret de Bob Clark en 1978 et la bande dessin√©e From Hell d'Alan Moore. Cette derni√®re fut adapt√©e au cin√©ma par les fr√®res Hughes en 2001 sous le m√™me nom de From Hell.

Il √©tait un adepte de Bhagwan Shree Rajneesh et prit le nom de Swami Puja D√©bal. Il souffrait d'√©pilepsie et fut atteint d'une tumeur c√©r√©brale en 1980 tandis qu'il prenait part √† une s√©rie documentaire t√©l√©vis√©e pour la BBC Horizon . La tumeur fut extraite mais revint en 1984. Knight mourut en 1985 √† l'√Ęge de 33 ans. Martin Short, journaliste et essayiste antima√ßonnique, s'est interrog√© sur les possibilit√©s que sa tumeur du cerveau soit induite par des moyens non-naturelsPour Henry Makow, Knight a √©t√© empoisonn√©, il souligne par ailleurs que la ma√ßonnerie britannique a interdit aux ma√ßons de lire son livre The Brotherhood.


Cette theorie selon laquelle les assassinats faisaient partie d'une conspiration ma√ßonnique pour dissimuler la naissance d'un enfant ill√©gitime de la famille royale, et dont le p√®re serait le prince Albert Victor, duc de Clarence.

Dans la postface de l'√©dition reli√©e, Alan Moore √©crit qu'il n'a jamais pris la th√©orie de Stephen Knight pour argent comptant, mais qu'il la consid√®re comme un point de d√©part int√©ressant pour son propre travail sc√©naristique sur les meurtres de Jack l'√Čventreur, l'√®re victorienne et l'impact qu'ils ont eu sur la soci√©t√©.

Si From Hell est une fiction, Alan Moore et Eddie Campbell ont fait d'importantes recherches pour que leur histoire soit cr√©dible. L'√©dition reli√©e compte plus de 40 pages de notes et de r√©f√©rences, indiquant les sc√®nes qui sortent de l'imaginaire des deux auteurs et celles qui sont tir√©es de leurs recherches. Alan Moore nous y donne aussi son opinion sur la cr√©dibilit√© de ces sources, un avis souvent en opposition avec celui des experts.

L'histoire en elle-m√™me est une analyse en profondeur du personnage de Sir William Gull. On y explore sa philosophie personnelle, ses motivations et le d√©doublement entre le m√©decin royal et le tueur en s√©rie.

Le vrai William Gull a souffert d'une attaque, qu'Alan Moore a transform√©e en une de manifestation divine, lors de laquelle il voit une apparition de Jahbulon, une figure mystique de la franc-ma√ßonnerie. C'est cet √©v√©nement qui va s√©rieusement perturber sa perception du monde ext√©rieur.

Au d√©but du r√©cit, William Gull va faire faire √† son aide et cocher John Nettley un tour des principaux monuments de Londres, en lui r√©v√©lant leur signification mystique, qui a disparu avec le monde moderne. D'apr√®s Alan Moore, ce passage lui aurait en grande partie √©t√© inspir√© par Iain Sinclair, un √©crivain et cin√©aste anglais. De nombreuses figures c√©l√®bres du Londres de l'√©poque font d'ailleurs de br√®ves apparitions. C'est le cas d'Oscar Wilde, d'Aleister Crowley, de William Butler Yeats ou de Joseph Merrick, plus connu sous le nom d'« Elephant Man ».

M√™me si l'auteur n'adh√®re pas √† la th√®se du complot « royalo-ma√ßonnique » dans cette affaire, l'angle de la fiction lui permet de placer sa propre critique sociale du Londres de la fin du xixe si√®cle. Il est en effet ind√©niable que les auteurs se servent de From Hell pour s√©v√®rement critiquer l'√®re victorienne et ses in√©galit√©s sociales. On y voit souvent la comparaison directe entre le style de vie des nantis (comme Sir William Withey Gull par exemple) et celui des plus mis√©rables. Dans sa postface, Alan Moore dit regretter que l'Angleterre n'ait pas connu une r√©volution sanglante comme celle qui frappa la France.

Il faut enfin souligner le discours profond√©ment f√©ministe qui sous-tend toute l'Ňďuvre, les meurtres √©tant notamment pr√©sent√©s comme des actes symboliques visant √† r√©affirmer l'ascendant de l'homme sur la femme.


Sources: livres, films, wikipedia ...

janvier 22, 2021

Disney censure Peter Pan, Les Aristochats, Dumbo et La Belle et le Clochard


 Le monde √† l'envers :

 C'est mieux les anges de la t√©l√© r√©alit√© et les influenceuses Instagram qui font la promotion de faux livres Chanel ou YSL pour faire joli dans son dressing ūü§°ūü§°ūü§°ūü§°ūü§° quel monde probl√©matique et anxiog√®ne.

 Jug√©s probl√©matiques car comportant des sc√®nes aux clich√©s racistes, les dessins anim√©s Peter Pan, Les Aristochats, Dumbo et La Belle et le Clochard ne sont plus disponibles dans le catalogue enfant de Disney+ ūüė≤

 D√©j√† affubl√©s d'une mise en garde sur le contexte de l'√©poque, les 3 films ont √©t√© d√©plac√©s dans le catalogue adulte classique. Tu comprends ce choix de Disney ? 



dimanche 17 janvier 2021

janvier 17, 2021

l’imagerie d’√Čpinal


 L'expression « image d'√Čpinal » d√©signe une vision qui ne montre que le bon c√īt√© des choses. Mais savez-vous que cela vient de « l’imagerie d’√Čpinal », une fabrique en s√©rie situ√©e dans la ville vosgienne d’√Čpinal !


Jean-Charles Pellerin, marchand de cartes √† jouer, est le premier √† imprimer √† et vendre en s√©rie de telles images. Il reprend les techniques du bois grav√© et les associe √† la presse de Gutenberg. Il compose ses premi√®res images d√®s la R√©volution et les imprime √† partir de 1800. C’est ainsi qu’est n√©e l’imagerie d’√Čpinal.

Si ces images sont d’abord religieuses, elles traitent sous Napol√©on de th√®mes politiques et de soci√©t√©. Au fil du temps, elles deviennent un puissant v√©hicule id√©ologique et peuvent √™tre consid√©r√©es comme le premier m√©dia de masse.

Elles ont jou√© un r√īle primordial dans la transmission du savoir populaire en illustrant des √©v√©nements politiques et historiques, allant jusqu’√† l’√©ducation des enfants et les loisirs.

Autour de 1840, l’introduction de la lithographie, proc√©d√© plus rapide et moins co√Ľteux, marque l’abandon de la gravure en bois de fil et les d√©buts de l’industrialisation. La fabrique Pellerin, reprise par les fils et petit-fils de Jean-Charles Pellerin, n’est plus seule, d’ailleurs, √† produire l’image d’√Čpinal. La concurrence, certes install√©e √† Nancy ou √† Metz, n’en produit pas moins de tr√®s beaux exemples, comme ceux de la « Fabrique d’images Dembour et Gangel », repreneur de la maison Lacour.

L’imagerie d’√Čpinal conna√ģt son apog√©e pendant la seconde moiti√© du XIXe si√®cle, vers 1880. √Ä cette √©poque, une image est tir√©e en moyenne √† 400 000 exemplaires. Aux sc√®nes religieuses et aux suites de costumes militaires jusque-l√† √©dit√©s, viennent s’ajouter par la suite des s√©ries √† d√©couper et √† monter, comme « Le petit architecte », les « Constructions » ou les « Abat-jour ».

�D’abord artisanale, l’imagerie d’√Čpinal se transforme ainsi en v√©ritable industrie dont la production est diffus√©e dans de nombreux pays. √Čpinal est rest√©e la capitale de l’imagerie, malgr√© l’ouverture de nouveaux ateliers.

Pour explorer les collections d’imagerie d’ √Čpinal de la BnF, c’est ici : https://gallica.bnf.fr/html/und/litteratures/imagerie-pellerin-depinal?mode=desktop


vendredi 15 janvier 2021

janvier 15, 2021

Mary: L'éléphant pendu à Erwin


Erwin, la ville qui a pendu un éléphant (Mary) le 13 septembre 1916

C'est une petite bourgade du Tennessee, nichée dans la forêt nationale de Cherokee aux pieds de la montagne de Buffalo. Elle est tristement célèbre pour avoir, le 13 septembre 1916, exécuté Mary, l'éléphant vedette d'un cirque, dans des circonstances effroyables.

En cette fin d'été 1916, des affiches annonçant l'arrivée du Sparks Brother's Circus ont fleuri un peu partout sur les murs de Saint-Paul, en Virginie (Etats-Unis). Ces publicités promettent un spectacle "divertissant, instructif et moral" : des hommes statues, des lions de mer dressés, mais surtout ce qui doit être l'attraction principale : une troupe d'éléphants.

Un homme, en arrêt devant l'image des pachydermes, semble fasciné. Walter Eldridge, un vagabond surnommé "Red" (Rouge) en raison de ses cheveux roux, cherche du travail et il vient d'avoir une idée. Quelques instants plus tard, il tente sa chance auprès de Charlie Sparks, le directeur du cirque. Coup de chance - ou de malchance comme nous le verrons plus tard - Sparks a justement besoin de quelqu'un pour s'occuper des éléphants.

Walter Eldridge apprend vite les ficelles du métier auprès des autres soigneurs. Ses collègues, cependant, remarquent que le nouveau venu manque de patience avec les animaux. S'il s'entête à terroriser les bêtes avec la baguette cinglante qu'il a toujours à la main, il finira par avoir des problèmes. Cela ne fait un pli.

Deux jours apr√®s son embauche seulement, le 12 septembre, un premier incident √©clate alors que les √©l√©phants, qui ont besoin de se rafra√ģchir, sont conduits jusqu'√† une r√©serve d'eau o√Ļ ils pourront s'asperger. Les √©v√©nements tragiques de cette journ√©e peuvent √™tre reconstitu√©s gr√Ęce √† des t√©moignages enregistr√©s sur bandes audio et conserv√©es aux Archives de l'East Tennessee State University. Eldridge conduit le leader du troupeau, une femelle d'une trentaine d'ann√©es baptis√©e Mary, le plus grand animal vivant sur Terre, selon la publicit√© du cirque Sparks. Soudain, celle-ci aper√ßoit un melon sur le bord du chemin. Elle s'arr√™te et allonge la trompe pour attraper le fruit, sans doute tomb√© d'un camion. Aussit√īt, Eldridge tente de la faire repartir en lui tapant sur la t√™te avec sa trique. Mary lance un barrissement de douleur, saisit Eldridge avec sa trompe, le soul√®ve dans les airs et le balance au loin.

Le dresseur se relève furieux et les autres soigneurs doivent s'interposer.

L'apr√®s-midi, un spectacle est donn√©. L'arriv√©e de la troupe des √©l√©phants est salu√©e par un tonnerre d'applaudissements. Eldridge, qui rumine toujours sa rancŇďur, m√®ne Mary durement. Les animaux font le tour de la piste, dansent d'un pied sur l'autre, s'alignent comme √† la parade, avec toujours Mary en t√™te de file. Au moindre √©cart de cette derni√®re, Eldridge en profite pour lui donner un coup de trique rageur.

Tant et si bien que l'√©l√©phante s'√©nerve et montre des signes d'agitation. Eldridge frappe de plus belle. Jusqu'au moment o√Ļ Mary, une nouvelle fois, saisit son dresseur et pour le projeter dans la sciure de la piste. Cette fois, avant que les autres cornacs n'aient le temps d'esquisser le moindre geste, et avant m√™me qu'Eldridge ne puisse se relever, l'√©l√©phant fonce droit sur lui. Sous les yeux du public, Mary pose son √©norme patte sur la t√™te de son dresseur et appuie de tout son poids. Eldridge meurt √©cras√© sous la pression de cinq tonnes de muscles.

Tandis que le personnel du cirque évacue les éléphants dans la panique, la foule hurle : "A mort l'éléphant tueur !"

Dans le public, un forgeron dégaine son revolver et fait feu à cinq reprises sans blesser l'animal. Charlie Sparks, le directeur, alors que d'autres spectateurs braquent également leurs armes en direction de Mary. "Sa peau est si épaisse que vous n'arriverez qu'à la blesser", prévient-il.

Les vengeurs, cependant, ne renoncent pas et réclament, à corps et à cris, la mort de l'animal. Le directeur du cirque, comme il l'expliquera plus tard, commence à craindre qu'on lui retire l'autorisation de produire des éléphants, ce qui compromettrait l'avenir de son cirque. Il comprend qu'il n'a pas d'autre solution que de livrer Mary et suggère qu'on la pende, comme un bandit de grand chemin. Cette dernière idée fait finalement l'unanimité.

Pendre un animal aussi imposant semble impossible, mais quelqu'un a une id√©e : Erwin, une ville voisine du Tennessee poss√®de une grue qui sert √† d√©charger les trains de charbon. L'engin, d'une centaine de tonnes, est capable de soulever Mary…

Une pendaison hors du commun

Le lendemain du drame, 13 septembre 1916, le cirque Sparks se met donc en route pour Erwin. Pour rentabiliser le voyage, une représentation - dont Mary est dispensée - a lieu en début d'après-midi.

A 16 heures, sous une pluie fine, Mary et quatre autres √©l√©phants sont conduits du c√īt√© de la gare. Mary ne se laisserait mener nulle part seule. Arriv√©e sur les lieux de son supplice, les dresseurs attirent leurs pachydermes en leur donnant de la nourriture tandis qu'on entra√ģne Mary jusqu'au au pied de la grue. Tous les spectateurs ayant pay√© leur entr√©e au spectacle, ont √©t√© invit√©s gracieusement √† la pendaison de l'√©l√©phant. 3000 personnes, dont une majorit√© d'enfants, sont venues assister √† la mise √† mort de "Mary la meurtri√®re", comme on la surnomme.

On entrave les pattes arri√®re de l'animal pour l'emp√™cher de s'enfuir. C'est un pompier de la ville, Sam Harvey, surnomm√© Harvey-N'a-qu'un-Ňďil, qui a √©t√© d√©sign√© pour faire office de bourreau. Avec l'aide d'un dresseur, il passe une autre cha√ģne autour du cou de Mary dont l'autre extr√©mit√© est reli√©e √† l'√©norme crochet de la grue.

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Dans un silence de cath√©drale, Harvey-N'a-qu'un-Ňďil met le treuil en marche. La cha√ģne se tend puis l'√©l√©phante est soulev√©e du sol… Quelques secondes plus tard, dans un sinistre bruit de craquement, la cha√ģne c√®de et Mary s'effondre sur le sol. Voyant l'√©l√©phant tueur libre de ses cha√ģnes, les spectateurs s'affolent et courent se mettre √† l'abri. Mary, cependant, la hanche bris√©e, est incapable de faire le moindre mouvement. Sonn√©e, elle reste assise sur son post√©rieur. Un employ√© du cirque se pr√©cipite et grimpe sur son pour lui passer une cha√ģne plus solide autour du cou. Le treuil est remis en action et Mary est soulev√©e une nouvelle fois. L'animal se d√©bat d√©sesp√©r√©ment, √©trangl√©, suffoquant, au bout de la cha√ģne sous les vivats de la foule.

Trente minutes plus tard, la grue redescend le corps qui s'affaisse sur le sol. Mary ne bouge plus. Elle est morte.

On a racont√© que le corps de Mary avait √©t√© enterr√© √† l'endroit o√Ļ se trouve aujourd'hui le tribunal d'Erwin. C'est faux. Il aurait fallu pour cela la transporter de plus d'un kilom√®tre et demi du lieu de son ex√©cution. Ce qui n'√©tait pas envisageable. On s'est donc content√© de creuser, √† l'aide d'une pelle m√©canique, une fosse "grande comme une grange" selon un t√©moin de l'√©poque, tout √† c√īt√© de la voie de chemin de fer, d'y faire rouler la d√©pouille de Mary avant de la recouvrir de terre. Aucune marque, aucune st√®le, rien n'indique cependant l'endroit exact de la tombe de la condamn√©e √† mort qui pesait cinq tonnes.

 Par Cyril  Guinet 

Source : GEO :https://www.geo.fr/histoire/erwin-la-ville-qui-a-pendu-un-elephant-le-13-septembre-1916-197475



jeudi 14 janvier 2021

janvier 14, 2021

Le Grand Hiver de 1709

 


L'hiver de 1709, appel√© grand hiver de 1709, fut un √©pisode de froid intense en Europe, qui marqua durablement les esprits car il provoqua une crise de subsistance qui entra√ģna une famine. Cet √©pisode commen√ßa brutalement le jour de l'√Čpiphanie 1709, par une soudaine vague de froid qui frappa l'Europe enti√®re.

En France cet hiver fut particuli√®rement cruel. √Ä Paris, les temp√©ratures furent tr√®s basses (Paris n'en conna√ģtrait de plus basses que bien plus tard notamment en d√©cembre 1879). Les r√©gions du Sud et de l'Ouest de la France furent s√©v√®rement touch√©es avec la destruction quasi compl√®te des oliveraies et de tr√®s gros d√©g√Ęts dans les vergers. De plus, l'√©v√©nement prit la forme de vagues de froid successives entrecoup√©es de redoux significatifs. Ainsi, en f√©vrier, un redoux de deux semaines fut suivi d'un froid assez vif qui d√©truisit les bl√©s et provoqua une crise frumentaire.

Certaines chroniques sont sujettes √† caution, car il est parfois affirm√© que le gel fut continu pendant plus d'un mois, ce qui est inexact car survinrent aussi des d√©gels prononc√©s et des pluies importantes. Les observations pr√©cises de Louis Morin de Saint-Victor confirment que le froid ne fut pas continu. Globalement, l'ann√©e enti√®re 1709 fut fra√ģche, certains auteurs allant jusqu'√† affirmer qu'il gela tous les mois de l'ann√©e. Certains hivers post√©rieurs furent encore plus rigoureux mais ne marqu√®rent pas autant les esprits car les conditions historiques √©taient diff√©rentes.

Le ‘‘grand hyver’’ du Roi-Soleil

Jadis, les manuels scolaires faisaient la part belle √† un √©v√©nement m√©t√©orologique exceptionnel : le ‘‘grand hyver » de 1709. Une page d’histoire qui fait froid dans le dos !
L’appel du 12 juinLe ‘‘grand hyver’’ du Roi-Soleil
Jadis, les manuels scolaires faisaient la part belle √† un √©v√©nement m√©t√©orologique exceptionnel : le ‘‘grand hyver » de 1709. Une page d’histoire qui fait froid dans le dos !


L’appel du 12 juin

Le Grand Hyver survint dans une p√©riode dramatique pour le pouvoir. Depuis 1701, le pays √©tait engag√© dans la guerre de succession d’Espagne, premi√®re v√©ritable guerre mondiale. Le cataclysme climatique frappait donc de plein fouet un pays d√©j√† aux abois : le 12 juin 1709, Louis XIV dut lancer un appel au peuple pour le soutenir en ces temps difficiles. Dans une ambiance surr√©aliste, le texte fut lu dans toutes les √©glises du royaume. √Čv√©nement consid√©rable, date maudite, le ‘‘grand Hyver’’ avait grandement menac√© le pays. Pourtant, d’une mani√®re incompr√©hensible, √† partir des ann√©es 1970, il disparut pratiquement des le√ßons d’histoire
Le Grand Hyver survint dans une p√©riode dramatique pour le pouvoir. Depuis 1701, le pays √©tait engag√© dans la guerre de succession d’Espagne, premi√®re v√©ritable guerre mondiale. Le cataclysme climatique frappait donc de plein fouet un pays d√©j√† aux abois : le 12 juin 1709, Louis XIV dut lancer un appel au peuple pour le soutenir en ces temps difficiles. Dans une ambiance surr√©aliste, le texte fut lu dans toutes les √©glises du royaume. √Čv√©nement consid√©rable, date maudite, le ‘‘grand Hyver’’ avait grandement menac√© le pays. Pourtant, d’une mani√®re incompr√©hensible, √† partir des ann√©es 1970, il disparut pratiquement des le√ßons d’histoire.

Comptes rendus des contemporains

Le jour de l'√Čpiphanie 1709 fut marqu√© par une chute tr√®s brutale de la temp√©rature dans le Sud de la France. Le matin √©tait ensoleill√© et agr√©able puis subitement dans l'apr√®s midi le temps se couvrit et un froid mordant prit place. Ainsi Pierre Billion √† Avignon note :

« Le dimanche 6e janvier 1709, le temps parut beau et beau soleil jusques environ les trois heures apr√®s midy qu'il se couvrit par une bize froide qui augmenta si fort que dans la nuit, touts les bords du Rhosne et de la Sorgues qui traverse notre ville, furent glac√©s ; lequel froid violent et sec le fut tellement que le dit Rhosne et Sorgues furent glac√©s jusques au jeudy 17e dudit mois... »

Le livre de raison de la famille Paris d'Arles affirme que :

« Le sixi√®me janvier 1709, ce jour-l√† estoit fort beau, et dans la nuit, fit une sy grande froid que le Rosne fut pris avant qu'il feut le lendemain √† midy et augmenta si fort d'un jour √† autre pendant quinse jours, que homme vivant n'avoit pas veu un hiver si rude. On passoit sur la glace du Rosne avec des cal√®ches et charrettes, et nous cousta bien cher car tous les bleds, tant de nostre terroir que des autres pays, feurent tous morts aussy bien que les olliviers, orangers, figuiers et les ortolailles des jardins. On escrivoit de par tout que ce froid avoit √©t√© g√©n√©ralle". »

Le 9 d√©cembre lors de la vague de froid de d√©cembre 1879, Le Petit Marseillais rappelle les affres de l'hiver 1709. Il √©crit:

« Le Constitutionnel rappelle les rigueurs exceptionnelles de l'hiver 1709. C'est tout ce qu'il y a de plus en situation [...]. L'hiver avait √©t√© ti√®de comme le printemps : les arbres √©taient en s√®ve, la plupart portaient des bourgeons et quelques-uns m√™me des fleurs, lorsque la veille de la f√™te des Rois, 5 janvier, la neige tomba en abondance. Le froid eut une dur√©e de 15 jours ; [...] »

De m√™me, le p√®re Giraud √† Marseille rel√®ve que :

« Le 7e jour du mois de janvier 1709, il neigea un peu, le vent fondit d'abord la neige, mais le temps fut incontinent vif et si froid qu'il seroit difficile de pouvoir l'exprimer : je tenterai cependant de vous en donner quelque id√©e. [...] Le froid s'augmenta chaque jour de plus en plus. »

Ainsi, le Rh√īne gela dans la nuit du 6 au 7 janvier. √Ä M√Ęcon, un ph√©nom√®ne similaire se produisit sur la Sa√īne. Ainsi, B√©net √©crivit que :

« Mais, le jour des Rois de la pr√©sente ann√©e. sur les trois √† quatre heures du soir, il s'y √©leva une bise si forte, qui causa un froid si cuisant, que la terre, tremp√©e par des pluies presque continuelles, fut gel√©e dans vingt-quatre heures de trois pieds de profondeur. Les bl√©s, qui commen√ßoient √† peine √† paro√ģtre, furent surpris de cette gel√©e sans √™tre couverts de neige, qui ne tomba en petite quantit√© que trois ou quatre jours apr√®s. Tout c√©da √† la violence de ce froid, qui dura dix-sept jours avec la m√™me √Ępret√©; la rivi√®re fut glac√©e presque de toute sa profondeur; les ch√™nes se fendirent du haut en bas; [...] »




Sources: Wikipedia, David Carrette (jsl), ...le net


mercredi 13 janvier 2021

janvier 13, 2021

Palmarès des meilleures ventes littéraires- fin 2020 début 2021

 

Apr√®s les deux confinements compliqu√©s pour le commerce des livres, l'ann√©e s'est achev√©e en fanfare pour l'√©dition. Les Fran√ßais ont en effet fondu sur les librairies pour offrir des livres, privil√©giant avant tout les prix litt√©raires (L'Anomalie, Goncourt 2020, avait largement d√©pass√© les 600 000 exemplaires le 3 janvier) et les auteurs confirm√©s, d'o√Ļ un top 20 sans grand mouvement. √Ä noter, clin d'oeil du moment, que les deuxi√®mes places de nos deux palmar√®s sont occup√©es par des femmes aux univers tr√®s diff√©rents. Avec, d'un c√īt√©, la youtubeuse L√©na Situations (L√©na Mahfouf, de son vrai nom), 23 ans, et, de l'autre, la Camerounaise Dja√Įli Amadou Amal, militante f√©ministe et Goncourt des lyc√©ens, 45 ans. Deux auteures totalement inattendues. La premi√®re, forte de plus de 1,7 million d'abonn√©s √† sa cha√ģne, r√©ussit le coup de force de demeurer depuis quatorze semaines au firmament des ventes (jusqu'√† cumuler quelque 250 000 exemplaires √©coul√©s de Toujours plus + = +), alors que les succ√®s de ses homologues ont souvent √©t√© tr√®s √©ph√©m√®res. La seconde est de ces personnalit√©s qui marquent les esprits. Venue √† deux reprises soutenir en France son roman choral d√©crivant l'effroyable situation des femmes mari√©es √† des polygames, elle doit repartir courant janvier faire la tourn√©e des librairies avec ses Impatientes (150 000 exemplaires vendus). 



mardi 12 janvier 2021

janvier 12, 2021

Le secret derrière "Into the wild"


 C'est un film-culte des ann√©es 2000. Vous vous souvenez s√Ľrement d'Into the wild, ce film hypnotique de Sean Penn, sorti en 2007, qui racontait le destin tragique de Christopher McCandless, cet √©tudiant √©pris d'absolu retrouv√© mort en Alaska, en 1992. Une sorte d'Easy Rider sans la coca√Įne ni Harley, port√© par la rocailleuse bande-son d'Eddy Vedder. 

Mais pourquoi le jeune homme a-t-il rompu aussi brutalement avec son milieu pour aller p√©rir, sans doute intoxiqu√© par des baies, seul, dans un bus d√©saffect√©, perdu du c√īt√© de Fairbanks ? L'explication arrive aujourd'hui avec la publication en France du livre de sa soeur, Carine McCandless, tout simplement intitul√© Into the wild, l'histoire de mon fr√®re (Arthaud, 360 pages, 19,90 euros). Un livre qui jette une lumi√®re crue sur l'aventure de celui qui s'√©tait rebaptis√© "Supertramp" et permet de d√©couvrir son v√©ritable visage, √©clips√© dans notre imaginaire par le com√©dien Emile Hirsch, qui l'interpr√©ta √† l'√©cran. En clair, Chris McCandless ne poursuivait pas seulement une qu√™te un peu id√©aliste nourrie de sa lecture de Thoreau, il a litt√©ralement fui un milieu familial hautement toxique. 

Chris et Carine McCandless avec leurs parents.

Flammarion

Un père violent et tyrannique
"Quand je me suis retrouv√©e enceinte de Chris, j'√©tais pi√©g√©e !" Cet aveu de sa m√®re traumatisera le jeune Chris √† vie. Il √©tait donc un enfant non d√©sir√©, qui a pr√©cipit√© le mariage de ses parents. Or, son p√®re, violent et pervers, ne cessait de frapper son √©pouse et de se comporter de mani√®re tyrannique avec ses enfants. Bref, Christopher nourrissait une terrible culpabilit√©: si toute la famille souffrait, c'√©tait de la faute de sa naissance. Il s'est jur√© tr√®s jeune de quitter ce milieu √©touffant d√®s qu'il le pourrait. Seule sa soeur et confidente Carine √©tait au courant, notamment √† travers de longues lettres, d√©voil√©es ici pour la premi√®re fois. Avec son livre, on plonge donc dans les coulisses sordides de l'avant Into the wild

Chris avec ses parents, à la fin de ses études secondaires.

Flammarion

Un beau jour, les parents McCandless, qui croient que leur fils poursuit toujours ses √©tudes √† Atlanta, re√ßoivent une liasse de lettres qui lui √©taient destin√©es frapp√©es de la mention: "Retour √† l'envoyeur". Christopher a disparu. On retrouvera sa vieille Datsun sur un parking de l'Arizona avec ce mot sous le pare-brise: "Ce tas de ferraille est abandonn√©. Si quelqu'un peut le sortir d'ici, il est √† lui." La suite, le film Into the wild la raconte admirablement -le long p√©riple √† travers le Texas, la Californie, le Montana, l'Alaska, jusqu'√† cette agonie atroce, √† 24 ans. 

Le livre de sa soeur poursuit l'histoire apr√®s sa mort. C'est elle qui aura la lourde tache de convoyer ses cendres fun√©raires. Elle qui finira, des ann√©es plus tard, par r√©cup√©rer son sac √† dos, qu'un trappeur alaskan avait cach√©. Elle, √©galement, qui travaillera avec Jon Krakauer, le remarquable journaliste qui retracera toute l'histoire de son fr√®re dans Into the wild, l'enqu√™te qui servira de base au film de Sean Penn (c'est √©galement lui qui signe la pr√©face de l'ouvrage de Carine McCandless). On savait que Krakauer √©tait un excellent journaliste (sa Trag√©die √† l'Everest, parue en 10/18, est un chef d'oeuvre de la litt√©rature de montagne), on d√©couvre ici qu'il est aussi un homme aux immenses qualit√©s morales, qui avait promis de ne pas r√©v√©ler les dessous familiaux des McCandless. Jamais le journaliste ne marchandera son soutien et son temps √† Carine. 


Le chemin de croix de Carine

Et Dieu sait si elle en a eu besoin ! C'est le dernier versant de ce livre en grande partie autobiographique. Apr√®s avoir subi les violences de son p√®re, apr√®s avoir perdu ce fr√®re ador√© et seul soutien sur terre, Carine, comme mue par une fatalit√© h√©las bien connue des psychologues, va reproduire √† son tour les malheurs qui l'avaient frapp√©e plus jeune. Elle va se marier avec un homme qui se r√©v√©lera √™tre un drogu√© violent. Mettra au monde une fille trisomique. Tirera le diable par la queue. Ira de gal√®re en gal√®re. 

Jon Krakauer puis Sean Penn, qui en fera sa consultante sur Into the wild, l'aideront √† remonter la pente. Le livre de Carine McCandless, pour √©prouvant qu'il soit, ne conte donc pas seulement la vie revisit√©e de son fr√®re. Il dessine aussi le portrait d'une certaine Am√©rique blanche qui, derri√®re les fa√ßades de pavillons biens align√©s avec leur Subaru gar√©e dans l'all√©e, peut se r√©v√©ler tr√®s tr√®s wild

J√©r√īme Dupuis
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