ELMESMAR

Think-Tank pour vous ūüėĀ Jeune Presse irresponsable, participative avec un regard d√©cal√© sur l'actu et l'histoire -depuis 2013ūüôąūüôČūüôä

résumé

samedi 27 février 2021

février 27, 2021

La légende de Luis de Torres, l'interprète et explorateur juif de Christophe Colomb


 Le saviez-vous ? Langue du commerce et du savoir jusqu'√† la fin du Moyen √āge, l'arabe a pendant longtemps √©t√© la langue internationale par excellence. 

Quand Christophe Colomb arrive en 897H (1492G) aux Bahamas, en Am√©rique centrale, il pense alors √™tre devant des sujets du Grand Khan de Chine. Face, en r√©alit√©, √† des Am√©rindiens, Luis de Torres, son interpr√®te juif et arabisant r√©cemment converti au christianisme, leur adresse ainsi un discours r√©dig√© √† l'occasion en arabe. La sc√®ne est cocasse : les premiers mots officiellement exprim√©s par les chr√©tiens aux Am√©riques l'ont √©t√© dans la langue du Qur ĺńĀn.

La synagogue Luis de Torres √† Freeport (Bahamas) a √©t√© nomm√©e en l'honneur de Luis de Torres.

De nombreuses l√©gendes circulent le concernant. La plus r√©pandue, et reprise dans l'Encyclopaedia Judaica et d'autres livres de r√©f√©rence, affirme qu'il n'a pas p√©ri lors de l'attaque des Indiens, et qu'il devint un riche et renomm√© propri√©taire au Cara√Įbe. Cette version a pour origine le livre de Meyer Kayserling (1829-1905) Christophe Colomb et la participation des Juifs dans les d√©couvertes espagnoles et portugaises de 1894. En r√©alit√©, Kayserling confond de Torres avec un autre explorateur espagnol qui en 1514 se voit accorder un domaine et des esclaves indiens √† Cuba.

L'histoire de Torres s'adressant en h√©breu √† une foule indienne dont certains fument du tabac lors du premier accostage de Christophe Colomb √† San Salvador (Bahamas), est le produit de l'imagination de romanciers. On attribue aussi √† de Torres la d√©couverte de la dinde, qu'il aurait nomm√© Tukki, d'apr√®s le nom du perroquet dans la Bible. Une autre l√©gende raconte qu'il serait retourn√© en Espagne et que l'Inquisition l'aurait accus√© de sorcellerie pour avoir fum√© du tabac.

Sans mentionner l'origine juive de de Torres, certains sites web islamiques, relay√©s par des livres plus s√©rieux, donnent comme preuve de l'anciennet√© de l'implantation arabe en Am√©rique, le fait qu'un Espagnol parlant arabe ai particip√© √† la premi√®re travers√©e de l'Atlantique par Christophe Colomb. Le discours l√©gendaire √† San Salvador d'apr√®s eux aurait √©t√© fait en arabe √† des indiens parlant arabe.. Ces suppositions sont √©tay√©es par un article de Phyllis McIntosh dans la revue du D√©partement d'√Čtat des √Čtats-Unis Washington File du : « Il est probable que Christophe Colomb, qui a d√©couvert l'Am√©rique en 1492, a navigu√© √† travers l'Oc√©an Atlantique avec l'aide d'un navigateur arabe ».

jeudi 25 février 2021

février 25, 2021

Catherine Deshayes dite La Voisin, prétendue sorcière et empoisonneuse impliquée dans la célèbre Affaire des Poisons


 Il y a 341 ans, le 22 f√©vrier 1680, Catherine Deshayes dite La Voisin, pr√©tendue sorci√®re et empoisonneuse impliqu√©e dans la tristement c√©l√®bre Affaire des Poisons, √©tait br√Ľl√©e vive en place de Gr√®ve √† Paris.

Née d'un milieu très modeste, La Voisin est mariée très jeune à un bijoutier de Paris, le sieur Antoine Montvoisin qui lui donna une fille Marie-Marguerite, et de qui elle devint vite veuve.

Entre-temps, elle amasse une fortune consid√©rable avec ses activit√©s de chiromancienne et de vente de poisons. Tr√®s connue par ses contemporains (principalement des femmes) dans ces domaines, elle est suspect√©e d'√™tre √† la t√™te d'un r√©seau d'environ 100 empoisonneurs qui s√©virent pour le compte de la haute soci√©t√© √† la fin du XVIIe si√®cle, ce qui la fit m√™ler √† l'« affaire des poisons ». Elle est √©galement connue pour sa pratique d'avortements, ill√©gaux et s√©v√®rement punis √† l'√©poque.

 

La v√©racit√© historique des messes noires impliquant Mme de Montespan, d√©crites ci-dessous, est fortement sujette √† caution, les documents issus des proc√®s men√©s dans le cadre de l'affaire des poisons ayant √©t√© volontairement d√©truits sur ordre du roi. 

La Voisin se serait livr√©e √† la pratique de messes noires. Selon elle, la c√©l√®bre Mme de Montespan lui demanda d'en organiser une pour qu'elle puisse revenir dans les faveurs du roi en √©liminant sa rivale, Mlle de Fontanges, La Voisin accepta et fit appel √† l'abb√© √Čtienne Guibourg pour l'aider.

Pour plus de résultats, la messe devait être récitée trois fois.

 

 La Voisin et le pr√™tre √Čtienne Guibourg en train de c√©l√©brer une messe noire pour Madame de Montespan (allong√©e sur l'autel). Gravure de 1895 par Henry de Malvost.

La premi√®re fois, Mme de Montespan les rejoignit √† Villebouzin dans un ch√Ętelet isol√© entre Paris et Orl√©ans. Elle se d√©v√™tit et se coucha sur les dalles froides et humides du ch√Ęteau, les bras en croix, un cierge dans chaque main, et l’abb√© d√©clama la messe sur son corps, un calice sur son ventre. Puis, Guibourg souleva un nourrisson, lui trancha la gorge et r√©colta son sang dans le calice. Guibourg et la Voisin r√©cit√®rent ces paroles :
« Astaroth, Asmod√©e, princes d'amour, je vous conjure d'accepter le sacrifice de cet enfant. En √©change, je voudrais conserver l'affection du roi, la faveur des princes et des princesses de la cour et la satisfaction de tous mes d√©sirs ».

Le deuxi√®me office eut lieu de la m√™me mani√®re, mais dans les ruines d’une cabane retir√©e en pleine campagne.

Le troisi√®me se d√©roula dans une maison chic de la rue Beauregard, √† Paris, la demeure de la Voisin en personne. On a conserv√© le t√©moignage de la fille de la Voisin obtenu sous la torture, qui raconte comment elle aida sa m√®re √† pr√©parer la c√©r√©monie. Elle √©tendit un matelas sur des si√®ges, un tabouret √† chaque bout. La Voisin avait accroch√© des tentures sur les fen√™tres, rendant la pi√®ce sombre. Elle avait aussi dispos√© un ou deux chandeliers dans les coins. L’abb√© Guibourg portait une chasuble blanche, brod√©e de pives noires. Mme de Montespan √©tait entr√©e nue et s’√©tait allong√©e sur le matelas. On lui mit un napperon sur le ventre, un crucifix et un calice dessus. On raconte aussi que durant ce culte, le sang du nourrisson ne coulait pas car il √©tait n√© pr√©matur√©ment, et Guibourg avait d√Ľ transpercer son cŇďur pour recueillir un peu de son sang. Mme de Montespan en rapporta un petit peu pour en mettre dans la nourriture du roi.

La fin

Jug√©e avec 36 complices, La Voisin raconta lors des interrogatoires qu'elle avait « br√Ľl√© dans le four, ou enterr√© dans son jardin, les corps de plus de 2 500 enfants n√©s avant terme », fut condamn√©e √† mort et br√Ľl√©e vive en place de Gr√®ve le . Quant √† Mme de Montespan, elle ne fut pas inqui√©t√©e, par protection du roi, et continua √† fr√©quenter la Cour. 

Témoignage

« Je ne vous parlerai que de Madame Voisin ; ce ne fut point mercredi, comme je vous l'avais dit, qu'elle fut br√Ľl√©e, ce ne fut qu'hier. Elle savait son arr√™t d√®s lundi, chose fort extraordinaire. Le soir elle dit √† ses gardes : « Quoi ? Nous ne faisons pas m√©dianoche ? » Elle mangea avec eux √† minuit, par fantaisie, car ce n'√©tait point jour maigre ; elle but beaucoup de vin, elle chanta vingt chansons √† boire.
√Ä cinq heures on la lia ; et, avec une torche √† la main, elle parut dans le tombereau, habill√©e de blanc : c'est une sorte d'habit pour √™tre br√Ľl√©e. Elle √©tait fort rouge, et on voyait qu'elle repoussait le confesseur et le crucifix avec violence.
√Ä Notre-Dame, elle ne voulut jamais prononcer l'amende honorable, et devant l'H√ītel-de-Ville elle se d√©fendit autant qu'elle put pour sortir du tombereau : on l'en tira de force, on la mit sur le b√Ľcher, assise et li√©e avec du fer. On la couvrit de paille. Elle jura beaucoup. Elle repoussa la paille cinq ou six fois ; mais enfin le feu augmenta, et on l'a perdue de vue, et ses cendres sont en l'air actuellement. Voil√† la mort de Madame Voisin, c√©l√®bre par ses crimes et son impi√©t√©. »

— Madame de S√©vign√© √† sa fille, 23 f√©vrier 1680

 

 

sources :Wikipedia,archive.wikiwix ,cercle zeltique

 

mercredi 24 février 2021

février 24, 2021

Il était une fois, les frères Grimm et leurs contes pas si féeriques

 

La collection la plus célèbre au monde de contes pour enfants était au départ une étude académique destinée aux adultes. Jacob et Wilhelm Grimm s'étaient mis en tête de constituer un recueil du folklore allemand du 19e siècle.

article de De Isabel Hern√°ndez

Les contes populaires se racontent depuis les pr√©mices de la civilisation humaine. Une synth√®se du parler et de l'√©crit, une fusion entre diff√©rents r√©cits d'une m√™me histoire. L'histoire de Cendrillon, par exemple, appara√ģt en Chine et en √Čgypte antiques. Certains d√©tails changent en fonction des origines culturelles du narrateur. En √Čgypte, ses souliers sont en cuir rouge alors qu'aux Antilles, ce n'est pas une citrouille qui se transforme en carrosse mais le fruit de l'arbre √† pain. L'histoire de Cendrillon telle qu'elle appara√ģt dans la collection de contes germaniques publi√©e en 1812 par Jacob et Wilhelm Grimm pourrait bien choquer les adeptes de la version actuelle qui raconte avec f√©erie comment une humble domestique devint une merveilleuse princesse.

Dans la version des fr√®res Grimm, l'h√©ro√Įne se pr√©nomme Aschenputtel et ses vŇďux ne sont pas exauc√©s par la baguette magique d'une marraine-f√©e mais par un noisetier qui pousse sur la tombe de sa m√®re et qu'elle arrose d'un torrent de larmes. Lorsque le prince se met en qu√™te du pied dont la forme d√©licate correspondra √† celle du soulier orphelin (en or et non pas en verre), les belles-sŇďurs n'essaient pas simplement de l'enfiler avec insistance mais se mutilent, l'une coupant son gros orteil et l'autre une partie de son talon pour pouvoir y glisser leur pied. Enfin, alors que l'histoire se termine, le mariage de Cendrillon et du prince fait intervenir deux oiseaux blancs qui, au lieu d'accompagner gaiement Cendrillon en sifflotant sur le chemin du vivre heureux, s'attaquent aux yeux des deux belles-sŇďurs.

 

Les frères Grimm ont publié ce qui allait devenir l'une des collections de folklore les plus influentes au monde. Leur ouvrage Contes de l'enfance et du foyer (Kinder und Hausmärchen), plus tard intitulé Contes des frères Grimm, renferment des histoires qui ont bercé notre enfance. Cependant, les Grimm avaient organisé leur collection comme une anthologie académique destinée à ceux qui étudient la culture germanique et non pas comme une collection d'histoires à lire aux plus jeunes avant de s'endormir.

Dans le contexte social et politique perturb√© des guerres napol√©oniennes (1803 - 1815), √† l'heure o√Ļ la France envahissait les contr√©es germaniques, Jacob et Wilhelm √©taient empreints d'un nationalisme qui les incita √† faire la lumi√®re sur leur patrie et leur h√©ritage. Ils tiraient leur inspiration des philosophes et des auteurs du romantisme allemand qui √©taient convaincus que les formes les plus pures de la culture, celles capables de rassembler une communaut√©, se trouvaient dans les histoires transmises de g√©n√©ration en g√©n√©ration. C'√©tait dans la narration que r√©sidait l'essence de la culture germanique et c'est gr√Ęce √† elle que son peuple retrouverait ses valeurs fondamentales et spirituelles. En fouillant dans les traditions orales germaniques, les fr√®res n'avaient qu'une h√Ęte, « les emp√™cher de dispara√ģtre… de tomber √† jamais dans le silence dans le tumulte de notre √©poque. » 
 Comme Cendrillon et bien d'autres personnages de leurs contes, le parcours de Jacob et Wilhelm Grimm a quelque chose du conte de f√©e. Les fr√®res sont n√©s √† un an d'√©cart √† Hanau, une ville de l'√Čtat du Saint-Empire romain germanique de Hesse-Cassel, √† proximit√© de Francfort dans l'Allemagne actuelle. En 1796, quelques jours apr√®s que Jacob, l'a√ģn√©, eut f√™t√© ses 11 ans, le p√®re des jeunes gar√ßons succomba √† une pneumonie et c'est ainsi que la petite famille passa de la classe moyenne √† la pauvret√©. Deux ans plus tard, Jacob et Wilhelm quitt√®rent leur foyer pour fr√©quenter l'√©cole secondaire de Kassel, un privil√®ge qui leur avait √©t√© octroy√© gr√Ęce au soutien financier de leur tante. Les deux fr√®res ins√©parables partageaient les m√™mes habitudes de travail assidu et √©tudiaient jusqu'√† 12 heures par jour.

Apr√®s avoir obtenu son dipl√īme, Jacob quitta Kassel pour Marburg en 1802 pour √©tudier le droit √† l'universit√© ; Wilhelm lui embo√ģta le pas un an plus tard. La plupart des √©tudiants issus de familles plus ais√©es n'avaient gu√®re √† se soucier de leurs frais de scolarit√© mais le changement radical de situation financi√®re et donc de statut des fr√®res Grimm les obligeait √† payer eux-m√™mes leur √©ducation. Un revers qui allait plus tard se r√©v√©ler √™tre une chance. Comme l'√©crivait Jacob dans son autobiographie, « le d√©nuement stimule l'assiduit√© et l'amour du travail. »

Les deux frères avaient intégré l'université avec l'ambition de reproduire la carrière de leur père au service de la loi et de la fonction publique. Cependant, alors qu'ils s'identifiaient aux travailleurs acharnés dont ils allaient plus tard préserver et publier le verbe, ils se découvrirent une tout autre vocation qui allait définir leur vie et leur héritage.

Par De Isabel Hern√°ndez/ source: National Geographic

 

mercredi 27 janvier 2021

janvier 27, 2021

Spider-man est le super-héros le plus écolo, Ironman le plus Pollueur


 ūüĆć Eco-fact ūüĆć


Un fournisseur d’√©nergie britannique s’est amus√© √† classer le bilan carbone de 30 super-h√©ros ! ūü¶łūüŹĹ‍♂️ūü¶łūüŹĹ

Si l'on pourrait penser qu'Iron Man arriverait en t√™te de classement gr√Ęce √† son √©nergie propre, il n'en est rien. C'est m√™me tout l'inverse puisqu'il arrive dernier du classement.. Wonderwoman en revanche elle est plut√īt bien class√©e, appartenant √† la tribu des amazones tr√®s impliqu√©e dans la d√©fense des √©cosyst√®mes ūüĆć

Le super-h√©ros ayant le meilleur bilan carbone serait donc Spider-Man. Notre cher Peter Parker n'a pas de gadgets, ne d√©truit pas tous les b√Ętiments alentours lors de combats et se d√©place en m√©tro ou en toile d'araign√©es ūüēł️

Source : France Inter


lundi 25 janvier 2021

janvier 25, 2021

Quel regard sur la colonisation d'Algérie, d'après Benjamin Stora et Jean-Michel Apathie


Dans ses propositions, Benjamin Stora ne recommande pas une loi m√©morielle qui «entraverait tout exercice critique de l’histoire», pr√©cise-t-il. De m√™me, il ne recommande pas un «grand discours» pr√©sidentiel mais il pense qu’il est «n√©cessaire d’emprunter d’autres chemins» pour b√Ętir «une juste m√©moire». Il demande que nous regardions les enjeux dans d’autres pays √† cet √©gard, comme au Japon ou en Afrique du Sud. Aucune r√©ponse simple √† un sujet intimement complexe. Et il a raison.

Pour guider ce travail majeur et massif, il propose de cr√©er – comme axe central de ses propositions – une «Commission M√©moire et V√©rit√©» (s’inspirant directement de l’Afrique du Sud), avec pour priorit√© de soutenir les comm√©morations (19 mars, 25 septembre, 17 octobre) et le recueil des m√©moires. Dans ce cadre, il propose une st√®le de l’Emir Abdelkader pour comm√©morer le 60e anniversaire de l’ind√©pendance de l’Alg√©rie en 2022, d’√©tablir un guide des disparus (des deux camps et notamment ceux d’Oran en juillet 1962), de dresser un inventaire des lieux des essais nucl√©aires en Alg√©rie et leurs cons√©quences, de partager les archives (avec un travail en profondeur et de num√©risation dans la continuit√© de l’accord de coop√©ration datant du 6 mars 2009 entre nos deux pays), de faciliter le d√©placement des Harkis et de leurs familles entre la France et l’Alg√©rie, de faire l’histoire des camps d’internement en France des Alg√©riens (il y en a 4), de soutenir l’id√©e que des noms de rues mettent en exergue des Fran√ßais d’Alg√©rie, de restituer les corps et restes de nos mus√©es, de d√©velopper la coop√©ration universitaire, de restituer plusieurs objets symboliques, de faire un travail foncier dans les manuels scolaires mais aussi la colonisation (le message est clairement √† l’intention du ministre actuel de l’Education nationale !) et, m√™me, de relancer le projet de mus√©e √† Montpellier. Un v√©ritable programme…

Il propose, √©galement, de faire un travail commun de m√©diation (r√©√©dition de livres, films de cin√©ma ou documentaires) car pour l’historien «l’outil audiovisuel est un instrument d√©cisif pour la pr√©servation des m√©moires» comme cette ann√©e l’a d√©montr√© le succ√®s sur France 2 du documentaire D√©colonisations : du sang et des larmes. Et de mani√®re tr√®s sp√©cifique, il insiste sur des gestes politiques forts, touchant en particulier les personnalit√©s politiques du nationalisme alg√©rien assassin√©es (comme l’avocat Ali Boumendjel) – mais il ne parle pas de l’action secr√®te de la Main rouge.

Enfin, et surtout, actes forts et symboliques, il propose d’organiser d√®s cette ann√©e au Mus√©e national de l’histoire de l’immigration (qui va comm√©morer le 90e anniversaire de l’Exposition coloniale) une grande exposition sur le pass√© colonial avec un colloque sur les d√©colonisations. Et, enfin, de faire entrer au Panth√©on une personnalit√© symbole de la r√©conciliation des m√©moires (Gis√®le Halimi).

Beaucoup de choses donc dans ce rapport. Plus qu’un discours, Benjamin Stora recommande donc des actes concrets qui au final «fabriquent» une politique pour aller au-del√† des guerres de m√©moires, au-del√† du conflit entre la France et l’Alg√©rie (parce que √©crit-il joliment, «l’histoire n’a pas de nationalit√©»), pour qu’enfin la «r√©conciliation attendue» ouvre sur la possibilit√© du passage d’une m√©moire communautaris√©e √† une m√©moire commune.


Colonisation fran√ßaise de l'Alg√©rie Jean-Michel Apathie r√©pond au rapport de Stora : "On a vol√© les terres aux alg√©rien" 

 La r√©action au rapport de Benjamin Stora sur le dossier de m√©moire n’a pas tard√©. Elle vient cette fois-ci de Jean-Michel Apathie ancien journaliste politique de Canal+. 

 Dans son intervention sur la cha√ģne LCI, Jean-Michel Apathie, a estim√© que la colonisation alg√©rienne ne ressemble √† aucune autre colonisation. Sans directives de Paris, l’arm√©e fran√ßaise va mener une violente r√©pression en Alg√©rie. 

 “Nous ne savon pas pourquoi la France a conquis l’Alg√©rie en 1830”, s’est notamment interrog√© le journaliste fran√ßais, tuant dans l'Ňďuf la th√®se de l’exportation de la civilisation et de l’installation des droits de l’homme. 

 Expert des questions historiques et politiques, le journaliste fran√ßais note que la conqu√™te fran√ßaise d’Alg√©rie le 5 juillet 1830 avait √©t√© men√©e par Charles X, qui perd le pouvoir 25 jours plus tard et le nouveau souverain fran√ßais Louis Philippe lui succ√®de mais les troupes fran√ßaises d√©j√† en Alg√©rie ne savent pas quoi faire. Sans directives de Paris, l’arm√©e fran√ßaise va mener une violente r√©pression en Alg√©rie.

 Jean-Michel Apathie souligne encore qu’en 1845, une campagne de presse est men√©e en France pour d√©noncer la violence en Alg√©rie et surtout le massacre men√© par le mar√©chal Thomas Bugeaud qui s’est comport√© comme un boucher. 

 √Ä ce propos Apathie qualifie la baptisation d’une avenue √† Paris en son nom comme un scandale. Le journaliste fran√ßais ajoute en substance : “On a vol√© les terres aux alg√©riens, on a emp√™ch√© la scolarisation de cinq g√©n√©rations d’alg√©riens et on les a condamn√© √† l’ignorance et √† l’analphab√©tisme.” 

Source: Libération(par pascal Blanchard, Ag...)


vendredi 22 janvier 2021

janvier 22, 2021

Jack l'éventreur, la famille royale d'Angleterre et la Franc-maçonnerie

 

Jack l'√Čventreur (en anglais Jack the Ripper) est le surnom donn√© √† un tueur en s√©rie ayant s√©vi dans le district londonien de Whitechapel en 1888. L'affaire √† laquelle le personnage est li√©, depuis l'√©poque de son d√©roulement jusqu'√† aujourd'hui, donna lieu √† maintes hypoth√®ses et inspira bon nombre d'Ňďuvres en tous genres, lui conf√©rant un statut de mythe moderne.

Le nom du tueur, dont l'identit√© est toujours inconnue, apparut pour la premi√®re fois dans la lettre « Dear Boss », re√ßue en  par une agence de presse. Elle fut largement mentionn√©e dans les journaux de l'√©poque parce que son auteur s'y accusait des meurtres et signait « Jack the Ripper ». La police et les journaux re√ßurent de nombreuses lettres li√©es √† l'affaire. La couverture m√©diatique de l'affaire finit par √™tre internationale, lui assurant une notori√©t√© durable.

En septembre et octobre 1888, des rumeurs plus persistantes laiss√®rent croire que plusieurs assassinats dans Whitechapel √©taient reli√©s ; cependant, seuls cinq sont imputables √† Jack l'√Čventreur : ceux de Mary Ann Nichols, Annie Chapman, Elizabeth Stride, Catherine Eddowes et Mary Jane Kelly. Parce que ces meurtres pr√©sentent plusieurs similitudes, ils sont qualifi√©s de « canoniques ». Le tueur aurait surtout agress√© des prostitu√©es vivant dans les bas-fonds de Londres. Elles eurent la gorge tranch√©e avant de subir des mutilations abdominales. L'extirpation d'organes internes d'au moins trois victimes conduisit √† l'hypoth√®se que le meurtrier ma√ģtrisait des notions d'anatomie ou de chirurgie. Celle-ci sembla confirm√©e lorsqu'un membre du Whitechapel Vigilance Committee (« Comit√© de vigilance de Whitechapel ») re√ßut, en octobre 1888, la lettre « From Hell » accompagn√©e de la moiti√© d'un rein ayant peut-√™tre appartenu √† l'une des victimes.

Les l√©gendes entourant l'affaire s'inspirent d'√©tudes historiques approfondies, du folklore et de la pseudohistoire. Le terme ripperology — qui pourrait se traduire par « √©ventrologie » — fut cr√©√© pour d√©signer l'ensemble des √©tudes concernant Jack l'√Čventreur et ses victimes.

Stephen Knight essayiste et journaliste,  plus connu pour ses livres The Brotherhood et Jack the Ripper : The Final Solution. Ces deux ouvrages sugg√®rent qu'il existe une conspiration ma√ßonnique derri√®re la plupart des aspects de la soci√©t√© britannique.

Son livre sur Jack l'√Čventreur d√©clare que ses crimes firent partie d'une conspiration entre la franc-ma√ßonnerie et la famille royale britannique. Une d√©claration qui n'est pas accept√©e par les historiens. Ce livre fut une inspiration pour des Ňďuvres de fiction dont le film Meurtre par d√©cret de Bob Clark en 1978 et la bande dessin√©e From Hell d'Alan Moore. Cette derni√®re fut adapt√©e au cin√©ma par les fr√®res Hughes en 2001 sous le m√™me nom de From Hell.

Il √©tait un adepte de Bhagwan Shree Rajneesh et prit le nom de Swami Puja D√©bal. Il souffrait d'√©pilepsie et fut atteint d'une tumeur c√©r√©brale en 1980 tandis qu'il prenait part √† une s√©rie documentaire t√©l√©vis√©e pour la BBC Horizon . La tumeur fut extraite mais revint en 1984. Knight mourut en 1985 √† l'√Ęge de 33 ans. Martin Short, journaliste et essayiste antima√ßonnique, s'est interrog√© sur les possibilit√©s que sa tumeur du cerveau soit induite par des moyens non-naturelsPour Henry Makow, Knight a √©t√© empoisonn√©, il souligne par ailleurs que la ma√ßonnerie britannique a interdit aux ma√ßons de lire son livre The Brotherhood.


Cette theorie selon laquelle les assassinats faisaient partie d'une conspiration ma√ßonnique pour dissimuler la naissance d'un enfant ill√©gitime de la famille royale, et dont le p√®re serait le prince Albert Victor, duc de Clarence.

Dans la postface de l'√©dition reli√©e, Alan Moore √©crit qu'il n'a jamais pris la th√©orie de Stephen Knight pour argent comptant, mais qu'il la consid√®re comme un point de d√©part int√©ressant pour son propre travail sc√©naristique sur les meurtres de Jack l'√Čventreur, l'√®re victorienne et l'impact qu'ils ont eu sur la soci√©t√©.

Si From Hell est une fiction, Alan Moore et Eddie Campbell ont fait d'importantes recherches pour que leur histoire soit cr√©dible. L'√©dition reli√©e compte plus de 40 pages de notes et de r√©f√©rences, indiquant les sc√®nes qui sortent de l'imaginaire des deux auteurs et celles qui sont tir√©es de leurs recherches. Alan Moore nous y donne aussi son opinion sur la cr√©dibilit√© de ces sources, un avis souvent en opposition avec celui des experts.

L'histoire en elle-m√™me est une analyse en profondeur du personnage de Sir William Gull. On y explore sa philosophie personnelle, ses motivations et le d√©doublement entre le m√©decin royal et le tueur en s√©rie.

Le vrai William Gull a souffert d'une attaque, qu'Alan Moore a transform√©e en une de manifestation divine, lors de laquelle il voit une apparition de Jahbulon, une figure mystique de la franc-ma√ßonnerie. C'est cet √©v√©nement qui va s√©rieusement perturber sa perception du monde ext√©rieur.

Au d√©but du r√©cit, William Gull va faire faire √† son aide et cocher John Nettley un tour des principaux monuments de Londres, en lui r√©v√©lant leur signification mystique, qui a disparu avec le monde moderne. D'apr√®s Alan Moore, ce passage lui aurait en grande partie √©t√© inspir√© par Iain Sinclair, un √©crivain et cin√©aste anglais. De nombreuses figures c√©l√®bres du Londres de l'√©poque font d'ailleurs de br√®ves apparitions. C'est le cas d'Oscar Wilde, d'Aleister Crowley, de William Butler Yeats ou de Joseph Merrick, plus connu sous le nom d'« Elephant Man ».

M√™me si l'auteur n'adh√®re pas √† la th√®se du complot « royalo-ma√ßonnique » dans cette affaire, l'angle de la fiction lui permet de placer sa propre critique sociale du Londres de la fin du xixe si√®cle. Il est en effet ind√©niable que les auteurs se servent de From Hell pour s√©v√®rement critiquer l'√®re victorienne et ses in√©galit√©s sociales. On y voit souvent la comparaison directe entre le style de vie des nantis (comme Sir William Withey Gull par exemple) et celui des plus mis√©rables. Dans sa postface, Alan Moore dit regretter que l'Angleterre n'ait pas connu une r√©volution sanglante comme celle qui frappa la France.

Il faut enfin souligner le discours profond√©ment f√©ministe qui sous-tend toute l'Ňďuvre, les meurtres √©tant notamment pr√©sent√©s comme des actes symboliques visant √† r√©affirmer l'ascendant de l'homme sur la femme.


Sources: livres, films, wikipedia ...

janvier 22, 2021

Disney censure Peter Pan, Les Aristochats, Dumbo et La Belle et le Clochard


 Le monde √† l'envers :

 C'est mieux les anges de la t√©l√© r√©alit√© et les influenceuses Instagram qui font la promotion de faux livres Chanel ou YSL pour faire joli dans son dressing ūü§°ūü§°ūü§°ūü§°ūü§° quel monde probl√©matique et anxiog√®ne.

 Jug√©s probl√©matiques car comportant des sc√®nes aux clich√©s racistes, les dessins anim√©s Peter Pan, Les Aristochats, Dumbo et La Belle et le Clochard ne sont plus disponibles dans le catalogue enfant de Disney+ ūüė≤

 D√©j√† affubl√©s d'une mise en garde sur le contexte de l'√©poque, les 3 films ont √©t√© d√©plac√©s dans le catalogue adulte classique. Tu comprends ce choix de Disney ? 



dimanche 17 janvier 2021

janvier 17, 2021

l’imagerie d’√Čpinal


 L'expression « image d'√Čpinal » d√©signe une vision qui ne montre que le bon c√īt√© des choses. Mais savez-vous que cela vient de « l’imagerie d’√Čpinal », une fabrique en s√©rie situ√©e dans la ville vosgienne d’√Čpinal !


Jean-Charles Pellerin, marchand de cartes √† jouer, est le premier √† imprimer √† et vendre en s√©rie de telles images. Il reprend les techniques du bois grav√© et les associe √† la presse de Gutenberg. Il compose ses premi√®res images d√®s la R√©volution et les imprime √† partir de 1800. C’est ainsi qu’est n√©e l’imagerie d’√Čpinal.

Si ces images sont d’abord religieuses, elles traitent sous Napol√©on de th√®mes politiques et de soci√©t√©. Au fil du temps, elles deviennent un puissant v√©hicule id√©ologique et peuvent √™tre consid√©r√©es comme le premier m√©dia de masse.

Elles ont jou√© un r√īle primordial dans la transmission du savoir populaire en illustrant des √©v√©nements politiques et historiques, allant jusqu’√† l’√©ducation des enfants et les loisirs.

Autour de 1840, l’introduction de la lithographie, proc√©d√© plus rapide et moins co√Ľteux, marque l’abandon de la gravure en bois de fil et les d√©buts de l’industrialisation. La fabrique Pellerin, reprise par les fils et petit-fils de Jean-Charles Pellerin, n’est plus seule, d’ailleurs, √† produire l’image d’√Čpinal. La concurrence, certes install√©e √† Nancy ou √† Metz, n’en produit pas moins de tr√®s beaux exemples, comme ceux de la « Fabrique d’images Dembour et Gangel », repreneur de la maison Lacour.

L’imagerie d’√Čpinal conna√ģt son apog√©e pendant la seconde moiti√© du XIXe si√®cle, vers 1880. √Ä cette √©poque, une image est tir√©e en moyenne √† 400 000 exemplaires. Aux sc√®nes religieuses et aux suites de costumes militaires jusque-l√† √©dit√©s, viennent s’ajouter par la suite des s√©ries √† d√©couper et √† monter, comme « Le petit architecte », les « Constructions » ou les « Abat-jour ».

�D’abord artisanale, l’imagerie d’√Čpinal se transforme ainsi en v√©ritable industrie dont la production est diffus√©e dans de nombreux pays. √Čpinal est rest√©e la capitale de l’imagerie, malgr√© l’ouverture de nouveaux ateliers.

Pour explorer les collections d’imagerie d’ √Čpinal de la BnF, c’est ici : https://gallica.bnf.fr/html/und/litteratures/imagerie-pellerin-depinal?mode=desktop


© Copyright EL-MESMAR 2013-2018 "Tous droits r√©serv√©s" -Design: Aghiles AZZOUG-CREAGHI STUDIO. Fourni par Blogger.