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résumé

dimanche 22 mai 2022

mai 22, 2022

La Nième Chambre, le scandale d’abus sexuels qui a fait tremblé la Corée


Alors que l’humanité évolue vers un monde de plus en plus numérisé, les cybercrimes sont en augmentation et ne cessent d’empirer.

Il y a de fortes chances que vous n’ayez pas entendu parler de cette affaire. Situé au cœur de la Corée, Cyber Hell descend dans les entrailles de l’Internet pour nous livrer un cas choquant de chantage et de trafic sexuel en ligne.

Baptisé « The Nth Room« , ce scandale d’abus sexuels en Corée a été facilité par l’application Telegram pendant deux ans, de 2018 à 2020. Pendant cette période, un chef de file connu sous le nom de « Baksa », aux côtés d’une personne connue sous le nom de « Godgod », a traqué et contraint des dizaines de victimes à télécharger des photos nues d’elles-mêmes.

Le nom fait référence au fait que les auteurs aient ouvert plusieurs salons de discussion sur l'application de messagerie chiffrée Telegram pour distribuer des vidéos à caractère sexuel à un nombre signalé de 260 000 utilisateurs. L'auteur principal de ces rooms se nomme Cho Joo-Bin « Baksa » (docteur en coréen). Les auteurs de la Nth Room sont accusés d'avoir attiré des victimes, y compris des mineures, et de recourir au chantage pour forcer ces dernières à envoyer des photos et des vidéos sexuellement explicites dont des viols, des humiliations, des scarifications ou des violences faites à des femmes, des vidéos accessibles aux utilisateurs en échange d'argent. Sur les 103 victimes signalées, 26 étaient mineures.

Contexte:

Tout cela a commencé par un homme suspecté d'être le principal criminel et cerveau de cette affaire, un homme connu sous le nom de « Baksa » (« Docteur » en coréen). Ce dernier postait des messages sur Twitter Ã  de nombreuses filles, en leur disant : « Vos photos privées ont pu être exposées sur internet, alors vérifiez ce site pour voir si c’est vraiment vous. » Le lien redirigeait les victimes vers un faux Twitter, et lorsque les filles entraient leurs identifiants, ces données étaient ensuite transmises aux criminels. Grâce à ces données, les criminels avaient ensuite accès illégalement aux informations personnelles de ces dernières telles que le numéro de téléphone, leur adresse et le nom des membres de leur famille. Les criminels menaçaient ensuite les filles d'exposer tout ce qu'elles pouvaient avoir à cacher à leur famille et au reste du monde si elles n'acceptaient pas de devenir leurs esclaves pendant une semaine. À la fin de cette semaine et pour mettre un terme à tout cela, les malfaiteurs ont demandé aux victimes de leur envoyer des photos d'elles nues. Cependant, ces derniers les ont ensuite menacé à nouveau, cette fois-ci de révéler ces photos à leurs familles si elle refusaient de réaliser d'horribles actes et de rester des esclaves. Plus de 103 femmes, dont 26 filles mineures, ont ainsi accepté sous la contrainte, par peur de voir leurs malfaiteurs révéler leurs informations. Les filles se sont alors filmées où on les obligeait à commettre des actes horribles dont se faire violer par plusieurs hommes, se couper le mamelon, s'insérer une paire de ciseaux dans le vagin, manger des excréments, ou encore écrire « esclave » sur la peau avec un couteau. Deux autres moyens ont été utilisés par ces criminels, à savoir : la proposition d'offres d'emplois à temps partiel très bien rémunéré, où selon eux, le salaire promis est disponible seulement via un programme de parrainage, les victimes devaient être associées à un parrain. Seulement, pour bénéficier d'un parrain, il fallait qu'elles envoient des photos et des vidéos à caractère sexuel. Les criminels, ensuite, les ont fait chanter. L'autre est le fait que ces derniers usurpaient l'identité de la police et les menaçaient d'intenter une action en justice car elles postaient des contenus explicites.

Sur cette application, les personnes pouvaient s'inscrire à différents niveaux pour avoir accès aux différentes vidéos. Entrer sur une simple chat room coûtait 200 000 wons (soit 150 euros environ), tandis que pour avoir accès à l'intégralité du contenu, il fallait débourser 1,5 million de wons (soit 1 100 euros environ).

QUI EST GODGOD ?

Comme Baksa, GodGod faisait également chanter des femmes et des jeunes filles pour qu’elles accomplissent des actes sexuels désobligeants, puis vendait ces vidéos sur des groupes Telegram. De plus, GodGod, ou Moon, était également le créateur des Nth Rooms, des salons de discussion sur Telegram qui hébergeaient les vidéos et les images pour les membres du groupe.

Moon s’intéressait principalement aux femmes et aux jeunes filles mineures qui avaient mis en ligne des photos révélatrices d’elles-mêmes.

QUE DEVIENT MOON HYUNG-WOOK AUJOURD’HUI ?

Moon Hyung-Wook a été arrêté en mai 2020, et dans un premier temps, le nom de l’étudiant de 24 ans n’a pas été rendu public. Toutefois, il a été révélé après délibération d’un groupe consultatif composé de sept membres. L’agence de presse Yonhap a affirmé que Moon Hyung-Wook Ã©tait accusé de faire des profits en vendant des photos et des vidéos obscènes, et parfois macabres, produites en faisant chanter et en contraignant des victimes.

Un mois après son arrestation, Moon Hyung-Wook a été inculpé et ensuite accusé d’avoir produit et possédé des vidéos sexuellement explicites de 21 victimes entre début 2017 et début 2019 et d’avoir fait chanter trois parents de ses victimes en menaçant de publier les vidéos, selon la publication.

Un documentaire retraçant cette affaire est sorti sur Netflix le , intitulé Cyber Hell : Le réseau de l'horreur.



mai 22, 2022

Aliénor d’Aquitaine épouse Henri Plantagenet.


 870 ans jour pour jour, 18 mai 1152 :


Aliénor d’Aquitaine épouse Henri Plantagenet.

Ce dernier n’est alors qu’un modeste seigneur disposant des titres de Comte du Maine-Anjou et de Duc de Normandie.

Par ce mariage, Aliénor tient sa revanche sur Louis VII de France, son premier mari.

Elle apporte à l’Empire Plantagenet en gestation ses titres de duchesse d'Aquitaine et de comtesse de Poitiers.

Les dépendances d’Henri s’accroissent alors considérablement, toutefois ses ambitions se cantonnent encore à ses possessions dépendantes du royaume de France.

Avec son mariage avec Aliénor d’Aquitaine, Henri va revoir ses ambitions, cette fois à la mesure de l’Occident.

Deux ans après son mariage, Henri renverse en effet la maison de Normandie qui règne sur l’Angleterre depuis 1066.

C’est le lancement des hostilités entre les Capétiens et les Plantagenet. Le conflit entre les deux dynasties durera près de trois cent cinquante ans.

Les reliquaires d’Henri II d’Angleterre et d’Aliénor d’Aquitaine sont à visiter en l’abbaye Notre-Dame de Fontevraud (actuel département du Maine-et-Loire).

Illustrations : Représentation d'Aliénor d'Aquitaine et du roi Henri II d'Angleterre (artistes inconnus) © The Print Collector/Getty Images chiné sur https://www.parismatch.com/.../Alienor-d-Aquitaine-n-a...

Pour aller plus loin : Matthieu Paris (traduit du latin par A. Huillard-Bréholles et Éric de Bussac), « La grande chronique d'Henri II Plantagenêt (1154-1189) », Clermont-Ferrand, Éditions Paléo, 2011

vendredi 20 mai 2022

mai 20, 2022

Pierre-Victor de Besenval



#Histoire Cette année marque le tricentenaire de la naissance de Pierre-Victor de Besenval. Le baron suisse, officier mercenaire au service de l’armée française, collectionna avec passion les œuvres d’art et les plantes, autant que les conquêtes amoureuses.
Le 10 août 1795, les amateurs d’art du Tout-Paris eurent l’occasion d’acquérir des objets d’art exceptionnels parmi une collection soigneusement établie. Dans le catalogue de la vente aux enchères, il y avait de quoi satisfaire tous les goûts: des tableaux de peintres contemporains et de grands maîtres, de délicates porcelaines de Chine et du Japon, des statues antiques, des bustes, des tabatières en or et des meubles somptueux. Près de trois siècles plus tard, on retrouve certaines de ces pièces dans des musées de renommée mondiale ou lors de ventes aux enchères, où elles sont adjugées pour des millions. Tous ces trésors appartenaient à une époque à Pierre-Victor de Besenval. Cet officier mercenaire issu d’une influente famille de patriciens soleurois n’a jamais cessé d’agrandir sa collection qui, de son vivant, faisait déjà l’admiration de ses contemporains. Passionné d’art, Besenval incarnait toutes les qualités attribuées au XVIIIe siècle aux amateurs dignes de ce nom: un esprit raffiné, un goût très sûr pour la beauté et de nombreuses relations amicales dans le monde de l’art. Le général de métier fut d’ailleurs nommé «amateur honoraire» à l’Académie royale de peinture et de sculpture. Le Soleurois, né au château de Waldegg mais vivant en France dès sa sixième année, devait sa fortune à divers héritages, ainsi qu’à sa carrière militaire. En 1767, alors lieutenant de la Garde suisse, il acquit au cœur du très chic Faubourg Saint-Germain un hôtel particulier pour y loger sa collection d’art, plus importante chaque année. L’imposante bâtisse porte aujourd’hui encore le nom de Besenval et accueille depuis 1938 l’ambassade de Suisse en France.
Besenval fit aménager sa nouvelle demeure à son goût. Il sollicita pour cela les services du célèbre architecte Alexandre-Théodore Brongniart, qui agrandit le bâtiment et aménagea pour la collection de tableaux une galerie éclairée par le haut – une nouveauté à l’époque. Mais surtout, au rez-de-chaussée, Brongniart construisit pour le baron un nymphée, sorte de grand bassin «Ã  l’antique». Claude Michel, dit Clodion, se chargea de la décoration, sculptant entre autres deux bas-reliefs de nymphes au bain, des vases ornés de bacchantes et de faunes ainsi qu’une statue de naïade. Ce lieu inspiré des nymphées antiques et décoré avec raffinement devint vite célèbre et compta bientôt parmi les curiosités de la capitale. Conçu comme un temple de l’amour et de la beauté, orné de scènes érotiques, il contribua beaucoup à la légende de séducteur de Besenval.
De fait, ses bonnes fortunes auprès des dames et ses innombrables aventures amoureuses faisaient jaser tout le royaume. S’il ne se maria jamais, le baron eut de multiples historiettes, et quelques histoires plus sérieuses. Louise-Anne de Véron, marquise de Ségur, fut ainsi sa maîtresse durant des années. Mais elle était aussi l’épouse d’un de ses amis et compagnons d’armes, Philippe-Henri de Ségur. Cependant, sa relation avec Louise-Anne, qui dura jusqu’à la mort de celle-ci et donna naissance à un fils illégitime, ne troubla jamais les rapports des époux ni l’amitié des deux hommes.
Au contraire, le trio se retrouvait volontiers. Besenval fit de nombreux séjours au château des Ségur, à Romainville, où il pouvait s’adonner à une autre de ses passions: l’art des jardins. Très en vogue au XVIIIe siècle, cette passion avait en effet saisi Besenval. Aidé par l’architecte Brongniart, il transforma le parc de ses amis de Romainville en un jardin anglo-chinois. Parsemé de petites «folies», dont un pavillon romain et un autre chinois, une statue égyptienne et une cascade, il correspondait parfaitement au goût de l’époque!
Quant au jardin de son propre hôtel particulier parisien, Besenval le réaménagea à l’anglaise et cultiva dans les serres installées par ses soins des plantes exotiques rares. Il pouvait compter sur son réseau bien fourni pour se procurer des graines et des spécimens d’orchidées, de tulipes ou de jasmins. C’est ainsi que vers 1785, le colonel neuchâtelois Charles-Étienne de Meuron lui ramena des bulbes d’une fleur inconnue du Cap de Bonne Espérance, en Afrique du Sud. Besenval transmit sa passion pour les plantes rares à son entourage, dont la reine Marie-Antoinette. Il lui suggéra notamment de planter de précieuses espèces de plantes dans les jardins du Trianon. Besenval était un mécène aussi bien en art qu’en botanique. Une plante fut même baptisée de son nom en signe de remerciement pour son engagement. Malheureusement, elle avait déjà reçu son nom scientifique quelques années auparavant. C’est pourquoi, nous parlons aujourd’hui d’Oncoba spinosa, et non de Besenvalia senegalensis...
En illustration: 1. Le portrait de Pierre-Henri Danloux représente Pierre-Victor de Besenval entouré de tableaux et d’objets d’art. Sur le manteau de la cheminée, on reconnaît des vases chinois en céladon ornés de décorations de bronze et au fond à droite, sur un meuble, la collection de porcelaines japonaises. «Le Baron de Besenval dans son salon de compagnie», 1791.

mai 20, 2022

𝐋𝐞 𝐭𝐞𝐬𝐭𝐚𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐝’𝐮𝐧 𝐞𝐬𝐩𝐫𝐢𝐭 𝐠𝐞́𝐧𝐢𝐚𝐥 et 𝐋𝐚 𝐦𝐞́𝐦𝐨𝐢𝐫𝐞 𝐝𝐞 𝐦𝐨𝐧𝐮𝐦𝐞𝐧𝐭𝐬 𝐞𝐬𝐭𝐨𝐦𝐩𝐞́𝐬 de Jean-François Champollion

 

Feuilleter les dessins, brouillons et notes de travail de la main de Jean-François Champollion a quelque chose de magique. On y assiste à la mise en marche de la « méthode Champollion » et on découvre l’aventure savante et humaine de ce très jeune homme, qui s’est lancé dans l’entreprise monumentale du déchiffrement des hiéroglyphes.


📜 𝐋𝐞 𝐭𝐞𝐬𝐭𝐚𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐝’𝐮𝐧 𝐞𝐬𝐩𝐫𝐢𝐭 𝐠𝐞́𝐧𝐢𝐚𝐥
Conservés à la BnF, les « Papiers Champollion » datent de 1804 jusqu’à la veille de la mort de Champollion, en 1832. Ces brouillons de textes, fiches de lecture, dessins, calques, planches découpées dans d’anciennes publications, rendent compte de la progression du savant, qui en vingt ans accumule une somme de connaissances phénoménale.
Pour la plupart inédits, les « Papiers Champollion » laissent entrevoir le génie, l’intuition, la personnalité et le travail encyclopédique de leur auteur. Ils témoignent de sa maîtrise des langues - le latin et le grec, bien sûr, mais aussi l’hébreu, le syriaque, l’arabe, le copte, le sanscrit, l’araméen, l’étrusque, le gaulois, les hiéroglyphes mexicains et même le chinois ! – et de ses premières traductions de l’égyptien en copte, puis en français.
📸 𝐋𝐚 𝐦𝐞́𝐦𝐨𝐢𝐫𝐞 𝐝𝐞 𝐦𝐨𝐧𝐮𝐦𝐞𝐧𝐭𝐬 𝐞𝐬𝐭𝐨𝐦𝐩𝐞́𝐬
A l’affut de tout ce qu’il peut lire, noter, comparer et classer, Champollion recopie également toutes les inscriptions hiéroglyphiques sur lesquelles il peut mettre la main. Lors de ses voyages en Italie au musée égyptien de Turin (1824-1825) et en Égypte (1828-1829) à la tête d’une expédition franco-toscane, il est confronté à des objets et des monuments sur lesquels il peut éprouver son système de déchiffrement. Et il revient en France avec des milliers de relevés de hiéroglyphes et de dessins, qui lui servent à compléter ses publications.
Ces papiers sont d’autant plus exceptionnels puisque des monuments qu’il étudie, Champollion note scrupuleusement les couleurs employées, qui ont parfois perdu leur éclat ou ont été effacées depuis. Permettant de restituer l’état aujourd’hui disparu de monuments et inscriptions antiques, ces copies effectuées par le déchiffreur demeurent donc une source précieuse, même pour les chercheurs contemporains.


📚 𝐋𝐞𝐬 « 𝐏𝐚𝐩𝐢𝐞𝐫𝐬 𝐂𝐡𝐚𝐦𝐩𝐨𝐥𝐥𝐢𝐨𝐧 » 𝐚̀ 𝐥𝐚 𝐁𝐧𝐅
Champollion meurt en 1832, à l’âge de 42 ans. C’est son frère Jacques-Joseph, à l’époque en poste au cabinet des Manuscrits de la Bibliothèque royale (ancêtre de la BnF), qui milite pour la reconnaissance de son travail et insiste auprès du roi pour faire acheter les papiers de son cadet, afin de fournir une pension à sa veuve et sa fille. Ces papiers sont alors reliés en 88 volumes

mercredi 18 mai 2022

mai 18, 2022

L'incroyable histoire de Sam l'insubmersible


 18 Mai 1941 : "Sam l'insubmersible" prend la mer. Marin de la Kriegsmarine puis de la Royal Navy, il va survivre à 3 naufrages en 6 mois !

"Sam l'insubmersible" est un chat, sans doute le chat le plus célèbre de la 2nde GM. Probablement né fin 1940, en fait il ne s'appelle pas Sam. À vrai dire, on ne connait même pas son nom alors qu'il prend la mer, ce 18 mai 1941, à bord du cuirassé allemand "Bismarck".

Cette opération (l'opération "Rheinübung"), destinée à affirmer la suprématie allemande dans l'Atlantique en démantelant les convois ravitaillant l'Angleterre depuis les États-Unis,  est restée célèbre car elle sera la première et la dernière patrouille du "Bismarck": Après avoir coulé l'orgueil de la Royal Navy, le cuirassé HMS "Hood" --une tragédie innommable qui choquera tout le monde et qui en 3 minutes ne laissera que 3 survivants parmi son équipage de 1.418 hommes--, il sera lui même immobilisé par les avions du porte-avions HMS "Ark Royal" à l'issue d'une poursuite épique. Puis il sera coulé le 27 mai 1941 par HMS "Rodney", HMS "King George V", HMS "Norfolk" et HMS "Dorsetshire" après une bataille où, à mon avis, le courage le dispute au fanatisme le plus absurde. Quoi qu'il en soit, après avoir encaissé 13 torpilles et plus de 300 coups directs (!), le "Bismarck" coule et seuls 115 de ses 2.221 membres d'équipage survivent au naufrage.

115 hommes... et un chat !

Blotti sur un morceau de bois flottant à la dérive, il est recueilli par HMS "Cossack", un destroyer de la Royal Navy --il fut d'ailleurs le seul survivant du "Bismarck" que HMS "Cossack" parvint à trouver et à recueillir. Dans l'ignorance de son véritable nom, les marins anglais baptisent le chat "Oscar" et l'adoptent comme mascotte. Oscar navigue donc maintenant dans la Royal Navy. Mais, le 24 octobre 1941, HMS "Cossack" est torpillé par le sous-marin allemand U-563. Toute la proue est démolie par la torpille et 159 marins sont tués. On essaie bien de remorquer le destroyer vers Gibraltar mais, le 27 octobre, il coule à l'ouest du détroit.

Toutefois, Oscar survit encore une fois à ce nouveau naufrage. Par une ironie du destin, il est alors transféré sur le porte-avions britannique HMS "Ark Royal" : C'est justement le porte-avions dont, en mai 1941, étaient partis les antiques avions biplans Fairey "Swordfish" qui, à l'issue d'une traque de plusieurs jours, avaient immobilisé le "Bismarck" en plaçant une torpille dans son gouvernail, le condamnant de fait à tourner en rond pendant que la flotte britannique se ruait à la curée. Oscar, ancien marin du "Bismarck", navigue donc maintenant justement sur ce porte-avions-là !



Mais, le 14 novembre 1941, HMS "Ark Royal" est à son tour torpillé par le sous-marin allemand U-81. Alors qu'on pense un moment pouvoir le sauver en l'amenant lui aussi à Gibraltar, HMS "Ark Royal" chavire lentement et finit lui aussi par couler juste avant d'atteindre son but, seulement 30 milles à l'ouest du détroit. Fort heureusement, son évacuation se fait dans l'ordre et on ne déplore la perte que d'un seul de ses 1.580 marins.



À nouveau, Oscar survit à ce qui est maintenant son 3ème naufrage. Fort heureusement, c'est aussi le dernier : Transféré sur le destroyer HMS "Lightning", il est d'abord remis au gouverneur de Gibraltar, dans les bureaux duquel il passe quelque temps, avant d'être envoyé au Royaume-Uni. Cette fois, c'est seulement une retraite bien méritée qu'il coule à Belfast, au domicile d'un ancien marin qui l'a adopté. Et c'est là qu'il termine sa petite mais peu banale vie de chat, en 1955. 

C'est toutefois sous le sobriquet de "Unsinkable Sam" (soit donc "Sam l'insubmersible") qu'Oscar est resté célèbre dans toute la Royal Navy. Mais c'est sous son vrai nom --tout du moins son nom anglais, puisqu'on ne connaît pas son nom allemand d'origine-- que comme tout grand marin de la couronne Oscar a son portrait au "National Maritime Museum" de Greenwich : "Oscar, the Bismarck's Cat", un portrait au pastel réalisé par Georgina Shaw-Baker. 

mercredi 11 mai 2022

mai 11, 2022

L'affaire de la joggeuse de Central Park - un scandale de la justice américaine


 L'affaire de la joggeuse de Central Park est une affaire criminelle concernant le viol et les graves blessures infligées à Trisha Meili, une Américaine blanche de 28 ans, qui faisait du jogging, ainsi que l'agression de huit autres personnes dans la partie supérieure de Central Park, à Manhattan, dans la nuit du . L'agression de Trisha Meili, qui travaillait dans une banque d'investissement, la laisse dans le coma pendant 12 jours et elle en ressort avec de graves séquelles physiologiques et psychologiques. En 1990, The New York Times Ã©crit que cette affaire est l'« un des crimes les plus médiatisés des années 1980 ».

Ce crime est rapidement présenté dans les médias comme un acte effectué par un gang. La violence et la sauvagerie sont exposés avec le terme wilding, un supposé passe-temps à la mode d'agresser gratuitement les passants dans la rue. Cinq des adolescents arrêtés dans les heures suivant ces agressions passent devant un jury populaire et sont condamnés à des peines de prison. Ils sont connus sous le nom de Central Park Five. Leurs aveux enregistrés ont été l'élément clef de l'affaire. Pourtant, ils ne sont pas les agresseurs de la joggeuse de Central Park. En 2002, Matias Reyes avoue être le seul coupable de l'agression de Trisha Meili. Les cinq de Central Park ont obtenu un dédommagement de la ville de New York à hauteur de 41 millions de dollars.

La série Dans leur regard (2019) s’inspire de l’histoire des cinq jeunes de Central Park.

Contexte

À la fin des années 1980, la ville de New York est sous tension, les peurs grandissent. Le crack a débarqué quelques années auparavant. Rapidement, il a détruit des familles et fait augmenter la criminalité, le nombre d'homicides atteint un niveau record en 19892. Les tensions raciales sont vives et se cristallisent autour d'affaires judiciaires comme les meurtres de Michael Griffith à Belt Parkway en  puis du jeune Yusef Hawkins, 16 ans, tué à Bensonhurst en 

Parallèlement, New York développe dans ses beaux quartiers du centre-ville une culture de l'argent. Deux ans après le krach d'octobre 1987 et la sortie du film Wall Street, la finance prospère sous l'impulsion du président Ronald Reagan. Les écarts de richesse grandissent, accentuant les divisions et les tensions sociales. Donald Trump fait partie des hommes incarnant ce renouveau financier de la Grande Pomme, il fait en  la couverture du magazine Time.

La course pour l'élection municipale prévue en  fait rage entre les démocrates Ed Koch et David Dinkins. Le maire sortant, Ed Koch, qui brigue un quatrième mandat, n'hésite pas à dire à la télévision que « le système judiciaire criminel ne marche pas ». L'activiste afro-américain Al Sharpton déclare que « New York est désormais la capitale des violences raciales »

Agression de coureurs et de cyclistes

Le mercredi , n'ayant pas de classes le lendemain du fait de vacances de la côte Est des États-Unis, un groupe d'une dizaine de jeunes se retrouvent en bas des tours du Schomburg Plaza pour sortir ensemble, parmi lesquels Raymond Santana et Kevin Richardson. Le père de Santana a peur que son fils ait des problèmes dans le quartier et lui dit d'aller à Central Park, un endroit réputé plus calme6. En direction du parc, le groupe récupère différents amis qu'il croise, comme Korey Wise qui est en train de manger au Kennedy Fried Chicken avec sa petite amie. À l'entrée nord-est de Central Park, les jeunes retrouvent un autre groupe d'une dizaine d'individus de leur âge. Aux environs de 21 h, en descendant dans le parc, le groupe commence à frapper et agresser des passants. Il rencontre d'abord un vieil homme, certains membres le frappent et lui volent un sandwich, puis le tandem de Patty Dean et Gerry Malone qui roule à vive allure, à leur tour agressés et chassés. Attaqué à son tour, le coureur David Good approche un officier en scooter pour lui faire part de son agression. Répondant à des appels pour des agressions et vols, des patrouilles de police sont dépêchées sur place vers 21 h 30. Lorsqu'ils aperçoivent ces patrouilles, les jeunes se divisent. Vers 22 h, le coureur John Loughlin est frappé à la tête par derrière avec un tube, au nord du réservoir du parc, il est la dernière personne victime du groupe d'agresseurs


Agression de Trisha Meili

Le , Patricia Ellen Meili, dite Trisha Meili, banquière d'investissement de 28 ans travaillant pour Salomon Brothers, quitte son appartement de la 83e rue pour effectuer son jogging Ã  Central Park. À 20 h 55, elle bouscule son voisin James Lansing dans le hall de l'immeuble et ils parlent quelques instants des meilleurs endroits pour courir. Après 21 h, alors qu'elle court au nord du parc, elle est violemment agressée. Frappée par derrière, traînée par terre sur près de 90 mètres, agressée physiquement et sexuellement, violée et battue. L'heure exacte de l'agression n'est pas définie mais elle est estimée entre 21 h 10 et 21 h 15, d'après le lieu de l'agression et le trajet habituel de Trisha Meili, qui court toujours le même circuit de 40 minutes six soirées par semaine.

Quatre heures plus tard, vers h 30, en pleine nuit, elle est retrouvée par Vinicio Moore, ouvrier de construction sans emploi et Carlos Colon, soudeur, presque entièrement nue, hormis son soutien-gorge, les mains ligotées avec son T-Shirt, la bouche recouverte, pleine de sang et de boue. Au moment où elle est trouvée, Trisha Meili a perdu trois quarts de son sang. Les deux hommes trouvent le policier Joseph Walsh qui appelle une ambulance. Cette dernière arrive à h 8. La victime a de nombreuses et importantes blessures : une double fracture cérébrale, des hématomes à la tête, aux bras, aux jambes, à la poitrine ainsi que les coupures. Alors non identifiée, ne pouvant respirer par elle-même, la victime est intubée et emmenée au Metropolitan Hospital. Trisha Meili est placée dans le coma pendant douze jours. Lorsqu'elle sort de l'hôpital sept semaines après l'agression, elle est incapable de parler, de lire et de marche

« Crime du siècle »

Le directeur des policiers Robert Colangelo déclare à la presse que les agressions ne sont ni liées à l'argent, ni à la race, ni à la drogue, ni à l'alcool mais à un passe-temps appelé wilding (à partir de wild, sauvage en français). Les médias reprennent ce terme pour désigner un phénomène d'agressions de bande de jeunes. Alors que la joggeuse est toujours entre la vie et la mort, son agression fait les gros titres de la presse. Convaincue par les aveux des accusés, une large majorité des médias fait fi de la présomption d’innocence et présente les accusés en coupables sans l'utilisation du moindre conditionnel. Le New York Daily News ou encore The New York Times Ã©voquent « une meute de loups ».

Le , l'homme d'affaires new-yorkais Donald Trump demande dans les principaux journaux new-yorkais le retour de la peine de mort avec des publicités en pages pleines. Interrogé par Larry King sur CNN quelques jours après ces publicités, Trump confirme et déclare : « Le problème dans notre société est que la victime n'a absolument aucun droit et que le criminel a d'incroyables droits ».

Dans le documentaire de Ken Burns intitulé The Central Park Five, le maire de New York de l'époque, Ed Koch affirme : « C'était pour tout le monde, pas seulement pour moi, le crime du siècle »

Aveux de Reyes

En 2002, Matias Reyes, déjà en prison pour quatre viols et le meurtre d'une femme enceinte, confesse être le seul et unique agresseur de l'affaire de la joggeuse de Central Park. L'ADN correspond à ce nouveau suspect. Dans un premier temps, ces aveux n'innocentent pas les cinq jeunes condamnés mais permettent la réouverture de l'enquête. En août, la défense des accusés en fait la demande sur le fondement de ces deux éléments nouveaux.

Yusef Salaam en 2009.

La nouvelle enquête de police entraîne l'interrogation de deux des condamnés, d'une douzaine de témoins et des anciens enquêteurs entre autres. Les confessions des cinq jeunes et la chronologie des événements soulèvent des questionnements. Alors qu'ils sont censés attaquer la joggeuse, le groupe des jeunes est vu au même moment à un autre endroit du parc. L'étude des confessions au regard des nouveaux éléments fait apparaître de nombreuses contradictions, sur les lieux, les vêtements de la victime et les détails du crime. Dans le même temps, l'enquête lie Reyes à huit affaires de viols dans une période de sept mois, y compris un le , deux jours avant l'affaire des 5 de Central Park.

Le soir du crime, Matias Reyes est interpellé par deux policiers en civil dans un faux taxi jaune qui le reconnaissent, Reyes travaille dans une bodega en face du commissariat. Après lui avoir demandé s'il avait vu quelque chose, les deux membres des forces de l'ordre le laissent quitter le parc.

Plus de dix ans après les aveux de Reyes, les « cinq de Central Park » obtiennent réparation des années d'emprisonnement pour un crime qu'ils n'ont pas commis. Le juge fédéral américain Ronald Ellis approuve le versement de 41 millions de dollars. Le montant est réparti de la manière suivante, 12,25 millions de dollars pour Korey Wise et 7,125 millions de dollars pour les quatre autres condamnés à tort et plaignants : Antron McCray, Kevin Richardson, Yusef Salaam et Raymond Santana. Le maire de New York Bill de Blasio salue cette décision : « une action de justice qui aurait dû intervenir depuis longtemps pour ces cinq hommes. Grâce à l'accord d'un juge fédéral, nous pouvons enfin classer cette affaire et ces cinq hommes et leurs familles commencer à guérir leurs blessures et aller de l'avant »

dimanche 8 mai 2022

mai 08, 2022

Ce n'est qu'en 1956 que l'alcool est interdit aux enfants de moins de 14 ans


 #1953. Image complètement irréelle de nos jours : cet enfant assis sur le comptoir d'un bar est bel et bien en train de descendre une chope de bière ! Les premières lois qui visaient à protéger les mineurs de l’alcool seront créées uniquement l'année suivante, il a fallu attendre #1956 pour que le gouvernement  interdise les boissons alcoolisées à la cantine pour les moins de 14 ans.

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mai 08, 2022

4  Mai 1924 : Étienne Œhmichen et le 1er record homologué d'un hélicoptère

Connaissez-vous Étienne Edmond Œhmichen ? Non n'est-ce pas ? Hé bien, c'est bien injuste...  :/

Né à Châlons-sur-Marne le 15 octobre 1884, il était le fils du colonel Frédéric Edmond Œhmichen, du 25ème régiment d'artillerie, qui deviendra directeur de l’école d'application de l'artillerie de Châlons à partir de 1891. La mort de celui-ci, en 1892, affecte énormément le petit Étienne et, pour le consoler, un de ses oncles l'emmène à l'exposition internationale de 1894 de Lyon. Il y voit des ballons et a même l'occasion de faire un vol à bord d'un de ces engins merveilleux. Et une passion naît. Jeune homme, Étienne Œhmichen monte à Paris pour y faire ses études et, en 1908, il est diplômé de l'École centrale. Éclectique, il s'intéresse surtout à l’aérodynamique, à la cinématographie, à la zoologie ou encore à la paléontologie.

Il travaille alors auprès de la Société Alsacienne de Constructions Mécaniques, à Belfort, puis chez Peugeot à Beaulieu-Valentigney. Il y met au point une dynamo d'éclairage pour automobiles ainsi qu'un système de démarrage des moteurs à explosion, le système "Peugeot-Oehmichen". En seulement 2 ans, de 1912 à 1914, il dépose pas moins de 12 brevets avec Peugeot.

Pendant la 1ère guerre mondiale, il est d'abord mobilisé dans l'artillerie. Mais il est vite appelé auprès du général Estienne pour résoudre le problème du manque de puissance des nouveaux chars d'assauts dont le poids du blindage est trop élevé pour les moteurs de l'époque. Il développe alors le "char Peugeot" équipé d'un nouveau type de suspension et d'une transmission électrique. Mais son char reste à l'état de prototype. Toutefois, c'est dans le cadre de cette étude qu'il développe un des appareils auxquels on associe encore son nom : Le stroboscope permettant l'étude et le réglage optique (et pas seulement acoustique) de tous les mouvements périodiques, donc bien sûr aussi des moteurs à explosion. Le brevet est déposé le 3 mars 1917 avec la SA des Automobiles & Cycles Peugeot. De lui dérivent directement les stroboscopes électriques et électroniques que nous connaissons aujourd'hui.

Il applique ensuite cette technique, combinée à la radiologie, à l'étude du vol des oiseaux et des insectes et publie en 1920 un livre révolutionnaire sur la mécanique du vol animal : "Nos maîtres les oiseaux".

La combinaison du tout l'amène aussi à étudier le vol à l'aide de surfaces portantes rotatives : En un mot, les hélicoptères !

"L'hélicoptère n° 1" de 1921 est en fait plus un hélicostat qu'un hélicoptère : Doté de de 2 grands rotors contrarotatifs pour annuler les effets de couple, l'engin consiste en fait en un canot Zodiac gonflé à l'hydrogène assurant sa stabilité et... absorbant le choc en cas de chure. Avec cet "hélicoptère n°1", Étienne effectue en 1921 un vol d'une minute à 10 mètres de hauteur. C'est un début, mais les 2 rotors à pas fixe ne permettent que la montée ou la descente : On ne peut pas encore diriger l'engin dans le plan horizontal.



Ce sera donc chose faite ce 4 mai 1924 --il y a donc aujourd'hui 98 ans ! Certes, on est encore loin des commandes de pas cyclique que nous connaissons aujourd'hui et "l'hélicoptère n° 2" n'est pas un modèle de simplicité : Il s'agit d'une grande structure tubulaire en forme de croix dont la sustentation est assurée par 4 rotors situés à chacune de ses extrémités. S'y ajoutent pas moins de 5 hélices assurant la stabilité transversale de l'engin. Et 2 hélices pour la propulsion horizontale... Et il y a enfin une 8ème hélice --outre les 4 rotors !-- qui, elle, fait office de commande de direction ! Le tout (sauf la commande de direction qui dispose de son propre moteur) est entraîné par un moteur Rhône 9R de 118 chevaux qu'on imagine légèrement surmené...

Quoi qu'il en soit, ce 4 mai 1924 à Arbouans (pays de Montbéliard, dans le Doubs), devant la presse et des représentants du ministère de l'air, Étienne parcourt en 7 minutes et 40 secondes le 1er kilomètre en circuit fermé (un triangle plus ou moins équilatéral) en hélicoptère.

Ce faisant, il établit le tout 1er record homologué par la FAI (Fédération Aéronautique Internationale) pour un "hélicoptère". Il empoche aussi au passage l'appréciable prix de 90.000 francs que celle-ci avait mis en jeu.

En tout, Étienne développera 7 hélicoptères jusqu'en 1937.

Pionnier de la biomécanique, il se verra alors confier la chaire d’aérolocomotion mécanique et biologique du Collège de France à partir de 1939. Il l'occupera jusqu'à sa mort survenue à Paris, le 10 juillet 1955.

Étienne Œhmichen, l'homme qui se défendait d'être l'inventeur de l'hélicoptère (il disait bien trop modestement : "Je ne suis pas l'inventeur de l'hélicoptère. Le seul, c'est Léonard de Vinci lorsqu'il dessina sa machine volante à aile tournante, en 1486.") est inhumé à Arbouans, le lieu de son vol historique si injustement oublié.

Par Marged Iaessour .source:fb/La petite histoire du jour

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