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vendredi 17 septembre 2021

jeudi 16 septembre 2021

septembre 16, 2021

"Le journaliste Robert Barrat et la militante anti-colonialiste Denise Barrat", témoignage de guerre d'Algerie


 Message de Patrice Barrot. #TÉMOIGNAGE #GUERRE_D_ALGERIE "đŸ‡©đŸ‡żđŸ‡«đŸ‡·

Le 3 octobre 1960, alors que ma mĂšre est jugĂ©e dans le cadre du procĂšs du rĂ©seau Jeanson, elle dĂ©clare au Tribunal : « je ne suis pas responsable des actes dont vous m’accusez mais je regrette de ne pas les avoir commis ». 

A la mĂȘme pĂ©riode, mon pĂšre qui est emprisonnĂ© Ă  Fresnes parce qu’il aurait Ă©tĂ© le rĂ©dacteur principal du Manifeste des 121, va Ă©crire une lettre Ă  ma grande sƓur Claire, tout juste 13 ans. 

Voici ce que dit la lettre : 

« ChĂšre Claire, Maman m’a dit que tu avais Ă©tĂ© trĂšs triste en apprenant mon arrestation. Evidemment, cela ne va pas ĂȘtre gai de ne pas me voir pendant plusieurs jours, d’autant que maman aura encore beaucoup Ă  faire Ă  Paris pendant mon absence. Mais tu es maintenant assez grande pour prendre les choses courageusement et comprendre que quand on veut dĂ©fendre la justice, cela ne va pas sans dĂ©sagrĂ©ments. J’aime mieux ĂȘtre en prison et demeurer d’accord avec ma conscience et mon sentiment du devoir que de demeurer en libertĂ© et me dire que je suis un poltron ou un lĂąche. Loin d’ĂȘtre dĂ©couragĂ©e, il faut au contraire que tu sois fiĂšre de ton pĂšre. Pense aussi Ă  aider maman au maximum. J’ai trouvĂ© Patrice trĂšs triste samedi dernier quand je suis revenu Ă  la maison. J’ai eu l’impression que tu songeais davantage Ă  t’amuser avec MichĂšle Commin et tes camarades que de t’occuper de tes frĂšres et sƓurs… Donc pendant toute cette pĂ©riode agitĂ©e qui va ĂȘtre celle de la fin de la Guerre d’AlgĂ©rie et oĂč nous allons ĂȘtre trĂšs occupĂ©s, maman et moi, tu dois ĂȘtre une seconde maman pour ton frĂšre… D’ailleurs, je ne pense pas ĂȘtre ici pour bien longtemps. J’ai retrouvĂ© beaucoup d’amis en prison, que tu as connu Ă  la maison ou que tu as visitĂ© Ă  la SantĂ© il y a deux ans. Tout le monde va bien, a bon moral et me demande de tes nouvelles. Peut-ĂȘtre aurez-vous l’autorisation de me rendre visite jeudi ou samedi. Vous verrez : c’est assez amusant, car on on se parle Ă  travers une vĂźtre. Mais il est possible Ă©galement que vous veniez me rendre visite Ă  l’hĂŽpital car je voudrais me faire soigner l’intestin. 

Bref, tout va bien. Ne te fais pas de souci pour moi. Nous allons sans doute avoir encore des mois un peu agitĂ©s jusqu’Ă  la paix. Mais quand la guerre sera terminĂ©e, nous aurons une vie plus dĂ©tendue : on tĂąchera d’aller tous passer 8 jours aux sports d’hiver Ă  la NoĂ«l ou Ă  PĂąques. Je t’embrasse bien fort et te dis Ă  bientĂŽt. Ton papa Robert » 

 Le journaliste et militant Robert Barrat (1919-1976) et Denise Barrat militante anti-colonialiste racontĂ©s par leur fils Patrice Barrat. Qu'ils reposent en paix tous les 3, leur vie ne fut que combat.

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septembre 16, 2021

L'un des plus grands guerriers vikings Ă©tait une femme


 De preuves de l'existence de femmes dans les rangs des guerriers vikings invitent les archĂ©ologues Ă  reconsidĂ©rer leur interprĂ©tation de l'histoire du peuple scandinave.

Il y a plus d'un millĂ©naire, dans le sud-est de l'actuel Royaume de SuĂšde, un riche guerrier viking a eu pour derniĂšre demeure une tombe resplendissante, remplie d'Ă©pĂ©es, de flĂšches et de deux chevaux sacrifiĂ©s. Le site funĂ©raire reflĂ©tait en tous points l'idĂ©al d'une vie de guerrier viking. Du moins c'est ce que pensaient les archĂ©ologues jusqu'Ă  prĂ©sent.

De nouvelles analyses ADN des os retrouvés ont révélé que la tombe était en fait occupée par une femme.

L'Ă©tude publiĂ©e dans l'American Journal of Physical Anthropology a surpris les historiens spĂ©cialisĂ©s dans la pĂ©riode et la culture vikings. La vision que nous avons des Vikings, fiers marins sans peur ayant parcouru l'Europe pendant des siĂšcles, pourrait bien en ĂȘtre changĂ©e. 

« Cette sĂ©pulture Ă©tait mise en exergue pour montrer Ă  quoi pouvait prĂ©tendre un guerrier viking exemplaire, » explique Davide Zori, archĂ©ologue Ă  l'UniversitĂ© Baylor, qui n'a pas pris part aux recherches. « [Cette Ă©tude a remis] en question l'interprĂ©tation archĂ©ologique que nous nous faisions de cette pĂ©riode : nous avons toujours pensĂ© que c'Ă©tait lĂ  des attributs masculins. »

Des fouilles antĂ©rieures ont montrĂ© depuis longtemps que tous les guerriers vikings n'Ă©taient pas des hommes. Un texte irlandais du 10e siĂšcle conte l'histoire d'Inghen Ruaidh (« La fille rouge »), une femme guerriĂšre qui a menĂ© une flotte viking jusqu'en Irlande. Davide Zori note par ailleurs que de nombreuses sagas vikings comme la lĂ©gendaire Volsunga saga dĂ©peint des jeunes filles armĂ©es se battant aux cĂŽtĂ©s des soldats. 

Mais certains archéologues considéraient ces guerriÚres comme des embellissements mythologiques créés pour satisfaire une description des genres plus moderne.

L'ASSUMATION MASCULINE
Depuis la fin des années 1880, les archéologues ne pouvaient envisager que cette sépulture viking découverte à Birka ne soit autre chose que la derniÚre demeure d'un grand guerrier. Non parce que les restes de l'inhumée le laissaient penser, mais parce que les artefacts découverts à ses cÎtés étaient, dans leur imaginaire, forcément des attributs masculins.

Comme National Geographic le reportait dans son magazine de mars 2017 consacrĂ© aux Vikings, cette perception change quelque peu depuis que la bio-archĂ©ologue Anna Kjellström de l'UniversitĂ© de Stockholm a procĂ©dĂ© Ă  un premier examen minutieux des os pelviens et mandibulaires du supposĂ© guerrier. Leur dimension correspondait sans Ă©quivoque Ă  l'ossature d'une femme.
DE MICHAEL GRESHKO, NATIONAL GEOGRAPHIC
septembre 16, 2021

PARIS protĂšge les muses, "Fluctuat nec mergitur"

✨ PARIS PROTÈGE LES MUSES 🎭 > Le Petit Palais est construit Ă  l’occasion de l’Exposition universelle de 1900 par l’architecte Charles Girault. Au centre de l’Ă©difice, le monumental porche d'entrĂ©e est sublimĂ© par une grille d'honneur recouverte de milliers de feuilles d'or, tandis que la façade est dĂ©corĂ©e de splendides groupes sculptĂ©s. Avant de pĂ©nĂ©trer dans le monument, on peut ainsi observer une Ɠuvre magistrale du sculpteur Jean-Antoine Injalbert sur le fronton central.

Elle reprĂ©sente une femme assise qui incarne la ville de Paris, tenant dans ses bras un petit navire, emblĂšme de la capitale. De par son imposante posture, elle assure Ă©galement la protection des arts et de la culture, symbolisĂ©s de chaque cĂŽtĂ© par des allĂ©gories des Muses. Sur la droite, on reconnaĂźt notamment Thalie, muse du thĂ©Ăątre, tenant le masque de la comĂ©die et Érato, Patronne de la PoĂ©sie lyrique et Ă©rotique, brandissant une couronne de roses.

Notez que l'on retrouve une autre reprĂ©sentation du navire de Paris au-dessus de la grille d'honneur, surmontĂ© de la fameuse devise de la Ville LumiĂšre : "Fluctuat nec mergitur", qui signifie "battue par les flots, mais ne sombre pas" ! 

🙌 sources: paris-insolite
đŸ“·crĂ©dit  @un_barbu_a_paname


mercredi 15 septembre 2021

septembre 15, 2021

Le Grange, le fleuve sacré de l'Inde

 Le fleuve sacrĂ©

"Le Gange" a des caractĂ©ristiques uniques au monde Les fidĂšles se pressent du pays entier pour s’immerger dans les eaux du fleuve mĂšre. les hindous, ligne de vie pour 450 millions d’Indiens qui vivent sur ses rives, le grand fleuve est asphyxiĂ© par les dĂ©chets qui s’y dĂ©versent.le «fleuve mĂšre», comme le surnomment les hindous,Sur les 2 500 kilomĂštres de leur cours, ces eaux seraient capables de guĂ©rir ceux qui s’y immergent et de les libĂ©rer du cycle des rĂ©incarnations. Elles irriguent 30 % du territoire indien, lavent et nourrissent 450 millions de personnes, soit 40 % des Indiens. Mais, aujourd’hui, le Gange est en sursis, plus prĂšs que jamais de l’asphyxie, souillĂ© par trois milliards de litres d’eaux usĂ©es par jour, reprĂ©sentant un taux de pollution 3 000 fois supĂ©rieur aux recommandations de l’Organisation mondiale de la santĂ©. la dĂ©pollution est une prioritĂ©, avant mĂȘme l’apaisement de l’Ăąme. 

"Les gens pensent que le Gange peut les purifier et se purifier lui-mĂȘme".

Vous ne vous ĂȘtes jamais demandĂ© pourquoi la plupart des hindous ne mangent pas de boeuf ? C'est parce que les vaches sont vĂ©nĂ©rĂ©es en Inde, elles sont choyĂ©es dans la religion hindouiste, pratiquĂ©e par une majoritĂ© d'Indiens, la vache est un animal sacrĂ©. Il est interdit de tuer ou de consommer du boeuf On rappelle que l'hindouisme recommande de manger vĂ©gĂ©tarien, et cela pour respecter la vie.

Texte Ă©crit par un de nos lecteurs contributeurs

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septembre 15, 2021

Une brĂšve histoire de l'Inde

 L'Inde et son histoire autour de 7 000 av. J.-C.

L'Inde connaĂźt une civilisation continue depuis le xvie siĂšcle av. J.-C., depuis que les habitants de la vallĂ©e de l'Indus ont dĂ©veloppĂ© une culture urbaine fondĂ©e sur l'agriculture et le commerce par mer et peut-ĂȘtre par terre avec la MĂ©sopotamie. sans oublier la conquĂȘte d'Alexandre le Grand (franchissement de l'Indus en 326) introduit dans l'histoire indienne la premiĂšre donnĂ©e chronologique sĂ»re par rĂ©fĂ©rence Ă  l'historique grecque.

La conquĂȘte musulmane dĂ©bute en 712 avec la prise du Sind par Muhammad ibn al-Qasim qui l'Ă©tablit comme sa base stratĂ©gique. Les hindous obtiennent la libertĂ© de pratiquer leur religion en payant la taxe nommĂ©e jizya. 

Le recensement de 2011 a comptabilisé 270 langues maternelles dans le pays, dont 122 langues importantes. La Constitution indienne reconnaßt 22 langues officielles. 77 % des Indiens parlent une langue indo-aryenne (dont la plus parlée du pays, le hindi, est la langue maternelle de 422 millions d'Indiens, soit 41 % de la population1), 20 % une langue dravidienne. Les autres familles représentées sont les langues austroasiatiques, sino-tibétaines et tai-kadai ainsi que quelques isolats. L'anglais, langue du colonisateur britannique, est parlé en premiÚre ou seconde langue par 12 % de la la langue officielle du gouvernement central est le hindi.

L'ourdou est principalement prĂ©sent dans les rĂ©gions oĂč les musulmans forment une importante part de la population, notamment l'Inde du Nord, le Maharashtra, le TĂ©langana, l'Andhra Pradesh et le Karnataka.

Texte Ă©crit par l'un de nos lecteurs contributeurs :) 

mardi 14 septembre 2021

septembre 14, 2021

MarginalitĂ© et citoyennetĂ©, de Sidi bĂ©mol Ă  Johnny Cash…

 Un quartier populaire de la veille ville d’Alger, fin des annĂ©es 80. Un jeune citoyen qui ne voulait qu’un garou Afras et un cafĂ© noir, commit l’irrĂ©parable Ă  l’aide d’une grosse matraque pour se les procurer. La police, Eddoula, ou bien encore Lahnoucha, n’ont pas tardĂ© Ă  avoir vent beli hssel, et viennent embarquer notre petit bandit b’ssnassel. Lui qui ne voulait que faire son devoir de citoyen, Ă  savoir se poster dans un cafĂ© du coin et fumer sa blonde, se retrouva face Ă  un tribunal qui le dĂ©choit presque, non pas seulement de sa citoyennetĂ©, mais Ă©galement de son humanitĂ© et le jette en prison.

Une corde autour du cou cette fois çi, un sourire en rictus et encore une envie de fumer. Puis voilĂ  la trappe qui s’ouvre soudainement et un cri qui retenti. « My name is Samuel and i’ll see you all in hell ». Samuel, ou Sam Hall pour les intimes, ne fut lui aussi dans son far west qu’un petit bandit de grands chemins, et qui pour les beaux yeux de sa bien aimĂ©e n’avait pas hĂ©sitĂ© a tuer un homme en flinguant sa tranche avant que le sheriff ne vienne l’embarquer direct vers la potence.

 Les deux histoires ne viennent pas d’une page de faits divers. La premiĂšre est tirĂ©e d’une chanson du cheikh sidi bĂ©mol, El Bandi, ou un portrait d’un petit bandit algĂ©rien est dĂ©peint avec une grande sensibilitĂ© et une subtile tendresse. La deuxiĂšme est un rĂ©sumĂ© sommaire de l’Ă©popĂ©e d’un certain Samuel hall, chantĂ©e entre autres par le grand Johnny Cash dans un morceau qui porte le mĂȘme nom et qui peut ĂȘtre considĂ©rĂ© comme un hymne Ă  tous les marginaux du monde. La ressemblance entre les deux chansons est frappante au point ou l’on pourrait ressentir que les deux hĂ©ros, dont la spĂ©cificitĂ© principale est celle d’ĂȘtre des marginaux, se valent et se font des clins d’Ɠil revotĂ©s, presque rĂ©volutionnaires, mais chacun Ă  sa maniĂšre.

Qu’il soit amĂ©ricain donc ou algĂ©rien, contemporain ou historique, le marginal est Ă  chaque fois une figure qui suscite des Ă©motions souvent contradictoires, de la mĂ©fiance pour certains mais de l’admiration pour d’autres, du mĂ©pris bien sur, mais souvent en forçant un tacite respect.

Ce qui est intĂ©ressant dans les deux chansons, c’est qu’elles ne s’arrĂȘtent pas Ă  l’image stĂ©rĂ©otypĂ©e d’un marginal, elles ne le dĂ©peignent pas de l’extĂ©rieur seulement, du point du vue de la sociĂ©tĂ© qui le nie, mais elles se mettent dans sa peau, elles parlent et chantent en son nom, et elles lui redonnent son humanitĂ© et sa citoyennetĂ©.

Bien que les deux protagonistes, Samuel Hall et notre Moh national, ne semblent en un aucun moment regretter leurs gestes, on constate que dans la version algérienne le bandit intÚgre son quartier et retrouve weld houmtou les bras grands ouverts pour lui souhaiter la bienvenue, ce qui nous éloigne de la fin tragique de Samuel Hall qui lui fut pendu.

 En effet, la marginalitĂ© peut ĂȘtre perçue de diffĂ©rentes maniĂšres par la loi et par la sociĂ©tĂ©, mais aussi par la sociologie. Elle peut ĂȘtre vue comme une consĂ©quence de plusieurs mĂ©canismes sociaux qui font d’elle un phĂ©nomĂšne subi par le marginal, ou du moins qui lui est imposĂ©, et c’est le cas d’el bandi ta3 bĂ©mol contrait par la pauvretĂ© Ă  agresser les passants. Mais la marginalitĂ© peut Ă©galement ĂȘtre un choix, un refus rĂ©flĂ©chi et surtout voulu des normes et des contraintes sociales, et c’est le cas de Samuel Hall.

Il est particuliĂšrement intĂ©ressant de se pencher sur la question des marginaux en Algerie et ce pour plusieurs raisons. La plus pertinente c’est celle qui fait que notre systĂšme de gouvernance soit un systĂšme autoritaire, et que les marginaux sont la bĂȘte noire de tout systĂšme de ce genre. On sait par exemple que LĂ©nine avait une peur bleue du LumpenProletariat, les sous-prolĂ©taires, ces Ă©lĂ©ments de seconde zone dans l’URSS comme les voyous, les mendiants et les voleurs. La deuxiĂšme raison c’est que la sociĂ©tĂ© algĂ©rienne est, et au delĂ  de ce qu’elle laisse voir, une sociĂ©tĂ© trĂšs diversifiĂ©e ou l’on peut croiser des spĂ©cimens trĂšs intĂ©ressants qui valent la peine de les Ă©tudier. Enfin, la troisiĂšme raison c’est que personne ne semble s’intĂ©resser aux sort de la marge f bladna, on sait d’ailleurs mĂȘme pas chkoun houma les marginaux en AlgĂ©rie, et on ne peut mĂȘme pas les dĂ©finir.

La prostituĂ©e algĂ©rienne que l’on dĂ©sire et que l’on mĂ©prise n’est elle pas une marginale au mĂȘme titre que l’intellectuel que l’on respecte mais que l’on ne comprend pas, L’artiste passionnĂ© n’est il pas lui aussi Ă  la marge tout autant qu’un voyou rĂ©cidiviste, une simple femme qui n’a pas envie de se marier, une « Bayra » ne devient elle pas une marginale aussi indĂ©sirable qu’un juif algĂ©rien. L’AlgĂ©rie enfin, n’est elle pas un pays Ă  la marge de lui-mĂȘme Ă  force de rejeter ses propres enfants.


Mais au lieu de se questionner, comme la majoritĂ© le font, sur les mĂ©canismes qui peuvent mettre une personne ou un groupe de cotĂ©, et sur ce qu’une sociĂ©tĂ© doit leur apporter en termes d’aide, on va plutĂŽt faire le contraire et nous demander ce que les marges sociales peuvent apporter Ă  leur sociĂ©tĂ©.

Parler de l’apport des marges c’est valoriser ces derniĂšres, les dĂ©diaboliser et faire d’elles des vrais acteurs dans leurs sociĂ©tĂ©. Bien sur, parler de ce qu’un voyou rĂ©cidiviste peut apporter Ă  son pays est une chose qui parait absurde Ă  premiĂšre vue, mais Ă  bien y creuser dans l’histoire on peut aisĂ©ment se rendre compte que le crime avait de tout temps Ă©tĂ© un Ă©nonciateur de grands Ă©vĂ©nements dans la sociĂ©tĂ©, et que les marginaux donc, par de subtiles dynamismes et transformations, sont souvent Ă  l’origine des plusieurs mouvements et bouleversements sociaux.

ConcrĂštement, et du fait mĂȘme de sa marginalitĂ© qui l’empĂȘche de s’inscrire dans sa sociĂ©tĂ© et d’obĂ©ir Ă  ses normes, la marge n’a d’autres choix que de mĂȘler Ă  son envie de s’intĂ©grer une sorte de force qui va faire d’elle un acteur par effraction, elle va bouleverser l’ordre rĂ©gnant et imposer son identitĂ© et ses aspirations. C’est ce qui s’est passĂ© d’ailleurs en AlgĂ©rie quand des groupes de fans de foot, des Ultras comme on les appelle, que le systĂšme avait mis Ă  la marge en restreignant leur expression aux stades, ont Ă©tĂ© annonciateurs du plus grand mouvement social citoyen que l’AlgĂ©rie avait connu. Les marginaux sont passĂ©s d’un rĂŽle pĂ©riphĂ©rique Ă  un rĂŽle central dans la dynamique sociale.

Outre les mouvements sociaux, les marges sont aussi une source intarissable de crĂ©ativitĂ© culturelle, scientifique et artistique. Qui aurait valorisĂ© le Gnawi si ce n’Ă©tait quelque individus marginaux fĂ©rus d’un style primitif qu’ils sont allĂ©s dĂ©terrer, et qui aurait fait et dĂ©clenchĂ© la rĂ©volution contre la troisiĂ©me puissance mondiale en 1954 si ce n’Ă©tait quelques jeunes timbrĂ©s comme Ali La Pointe ou Hocine Ait Ahmed dont on essaye de nous faire oublier le caractĂšre marginal de nos jours.

Alain Bashung Ă  fait lui aussi une superbe adaptation de la chanson de Sam Hall, il n’avait gardĂ© que le « je m’appelle Samuel Hall et je vous dĂ©teste tous » du texte original, pour le reste il avait bien compris la flexibilitĂ© de la peau du personnage et y avait insĂ©rĂ© de ce fait une Ăąme d’Ă©crivain torturĂ© qui n’arrive pas Ă  pondre « quelque chose qui marche », et c’est lĂ  aussi un exemple qu’un marginal n’est pas toujours une personne dĂ©linquante ou dangereuse, mais souvent un trĂ©sor inexploitĂ© qui peut transformer toute une sociĂ©tĂ©. EspĂ©rons que la notre ouvrira les bras Ă  ses marginaux comme wled l’houma ont ouvert les leurs au Bandi de Sidi bĂ©mol.

💣Article Ă©crit par Amine Ait

Pour Ă©couter la chanson de Sidi Bemol  


Pour Ă©couter la chanson de Johnny Cash

 

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lundi 13 septembre 2021

septembre 13, 2021

WEEKBOOK N°05: Tous les hommes sont mortels de Simone de Beauvoir



La vie éternelle, un thÚme usé jusqu'à la corde... Oui mais là, c'est Simone qui en parle ! Et ça vaut le détour.
On suit la vie de Fosca, né au 13e siÚcle à Carmona dont il devient le régent avant de se voir offrir un élixir qui rayera la mort de son horizon, devenant ainsi immortel.
Mais un homme qui n'est pas pressé par le compte à rebours funÚbre peut il conserver son élan vital et son envie d'agir ?
Si, comme le dit Saint Exupery, l'homme est un nƓud de relations alors un homme qui perd les siens les uns aprùs les autres et voit mourir jusqu'à sa descendance reste t il un homme ?
On le voit alors conseiller de Charles Quint, pionnier du nouveau monde, philosophe, scientifique, révolutionnaire...
Il connaßtra l'amour, la fougue, les idéaux avant de tout voir s'affadir et de tomber dans la léthargie et la lassitude.
Il raconte tout cela Ă  Regine, une actrice vaniteuse du vingtiĂšme siĂšcle cherchant en lui une admiration qui serait, de fait, Ă©ternelle.
On trouve de la philosophie, de la sociologie, de l'histoire, de la psychologie, du fantastique dans ce roman, le tout dans le style efficace et élégant de Simone de Beauvoir. Un vrai voyage dans le monde et le temps, une vraie réflexion sur l'Homme, la civilisation, le rapport à soi et au temps.
Une Ɠuvre brillante au vocabulaire et aux dialogues finement ciselĂ©s que je vous recommande chaudement !
Deux petites citations pour la route :
Si l'on vit assez longtemps, on voit que toute victoire se change un jour en défaite.
Un des moins hĂ©rĂ©tiques que nous avons fait brĂ»ler m a dit avant de mourir : il n y a qu'un seul bien, c'est d'agir selon sa conscience. Si cela est vrai il est vain de vouloir dominer la terre; on ne peut rien pour les hommes, leur bien ne dĂ©pend que d'eux mĂȘme.
 Simone de Beauvoir [simɔn də bovwaʁ], nĂ©e le 9 janvier 1908 dans le 6ᔉ arrondissement de Paris, ville oĂč elle est morte le 14 avril 1986, est une philosophe, romanciĂšre, mĂ©morialiste et essayiste française.
 

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