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samedi 4 novembre 2023

La majestueuse saga de la CathĂ©drale de Strasbourg đŸ‡«đŸ‡· : Un joyau de l'histoire


La célÚbre cathédrale, classée Monument historique, construite à partir de 1015 sur les vestiges d'une cathédrale plus ancienne, ayant été pendant plus de deux siÚcles le bùtiment le plus haut du monde par son exceptionnelle flÚche de 142 mÚtres de hauteur achevée en 1439.


Histoire et dates clés :

Autour de l’an mil, Strasbourg est dĂ©jĂ  une ville importante en Alsace. La CathĂ©drale ancienne est dĂ©truite en 1002, lors d’une guerre qui oppose les partisans du nouvel empereur Henri (dont l’Ă©vĂȘque de Strasbourg) et son compĂ©titeur le duc de Souabe. La nouvelle CathĂ©drale, Ă©rigĂ©e Ă  partir de 1015, est victime de plusieurs incendies, qui entraĂźnent finalement sa complĂšte reconstruction.

AprĂšs l’incendie de 1176, on dĂ©cide de reconstruire la CathĂ©drale sur les fondations de l’Ă©vĂȘque Wernher.

La crypte, le chƓur, le croisillon nord, le premier niveau du croisillon sud, la double arcade de l’entrĂ©e de la chapelle Saint-AndrĂ© ainsi que la chapelle du mĂȘme nom sont construits dans le style roman. Les vitraux du transept nord et sud ainsi que ceux du bas-cĂŽtĂ© nord sont de la mĂȘme Ă©poque.


Vers 1225, un nouveau maĂźtre d’Ɠuvre Ă©lĂšve le Pilier des Anges dans le style gothique d’Ile-de-France.
MalgrĂ© la guerre qui oppose l’Ă©vĂȘque et les bourgeois de la ville et qui se termine en 1262 par la victoire des Strasbourgeois, le chantier de construction de la CathĂ©drale connaĂźt un total renouveau avec l’arrivĂ©e soudaine du style gothique nĂ© en Ile-de-France.

Construction de la chapelle Saint-Jean-Baptiste, dite Ă  tort Chapelle Saint-Jean, sur le cĂŽtĂ© nord du chƓur.
Début de la construction de la nef, édification du jubé.

1275 : AchÚvement de la nef, élevée dans le style gothique rayonnant.
Début de la construction du massif occidental ou façade.

1318 : Mort de maßtre Erwin, qui a conçu les trois portails et la rosace.
AchĂšvement des deux tours du massif occidental.
Mise en place des portes de bronze (disparues Ă  la RĂ©volution).
                                                

1349 : Consécration de la chapelle Sainte-Catherine.
Réalisation des verriÚres du bas-cÎté sud.

Vers 1390 : AchĂšvement du beffroi entre les deux tours.

Le beffroia ajoutĂ©,  jusqu’alors vide, entre les deux tours.


Le beffroi qui abrite dix cloches sur seize, est situĂ© au-dessus de la galerie des apĂŽtres, entre les deux tours de la façade. Il ne figurait pas sur le plan original. Il a Ă©tĂ© conçu par les maĂźtres d’Ɠuvre Michel de Fribourg et Claus de Lohr entre 1365 (date de l’achĂšvement des deux tours jusqu’Ă  la hauteur de la plate-forme) et 1383. Sa rĂ©alisation n’est entreprise qu’entre 1384 et 1390, car le grave incendie survenu le 16 mars 1384 n’a laissĂ© de traces visibles que sur les clochers.
Seule la face ouest du beffroi est dĂ©corĂ©e ; le thĂšme de l’iconographie est le Jugement dernier. Entre les gĂąbles des ouvertures, le Christ est reprĂ©sentĂ© assis, une Ă©pĂ©e pointant vers sa bouche. En dessous de lui deux personnages (peut-ĂȘtre les prophĂštes ÉzĂ©chiel et IsaĂŻe). Encadrant les ouvertures, quatre statues avec une tĂȘte d’homme, d’aigle, de taureau et de lion (les Zoomorphes) reprĂ©sentent selon les uns, les Ă©vangĂ©listes, selon d’autres, les Vivants dĂ©crits par ÉzĂ©chiel et IsaĂŻe dans l’Ancien Testament et par saint Jean dans L’Apocalypse.
Dans les gĂąbles, la Vierge Marie et Saint Jean intercĂšdent pour les ressuscitĂ©s que l’on voit sortir des cercueils le long des gĂąbles. À la droite du Christ, les Ă©lus, Ă  sa gauche, les rĂ©prouvĂ©s. Deux anges portent les symboles de la Passion ; la croix, la couronne d’Ă©pines, la lance et les trois clous. Quatre anges rĂ©veillent les morts en soufflant dans des trompettes. Au sommet du gĂąble, Ă  la gauche du Christ, un dĂ©mon emporte en enfer un rĂ©prouvĂ©, Ă  sa droite, un personnage emmĂšne un Ă©lu au Paradis.



Le XVĂšme siĂšcle voit l’essor de l’imprimerie, grĂące aux travaux que Gutenberg accompli lors de son sĂ©jour Ă  Strasbourg, de 1434 Ă  1445. Au cours de ce siĂšcle l’Alsace connaĂźt plusieurs occupations ou tentatives d’annexion (Armagnacs 1444, Bourguignons 1470).

Mise en place des fonts baptismaux.

1459 : AchĂšvement de la flĂšche.
Érection de la chaire pour Jean Geiler. À la mĂȘme Ă©poque, sculpture de l’homme accoudĂ© sur la galerie de la Cantoria.
CrĂ©ation de l’ensemble du Mont des Oliviers, qui provient de l’Ă©glise Saint-Thomas
                                                 


Le XVIĂšme siĂšcle voit la CathĂ©drale dotĂ©e de ses derniers joyaux gothiques. L’Alsace connaĂźt plusieurs bouleversements.
Une révolte paysanne éclate en 1525, qui se soldera par un échec.
En 1521, la rĂ©forme protestante commence Ă  s’imposer Ă  Strasbourg et amĂšne l’instauration du culte en langue allemande Ă  partir de 1524.

1505 : AchĂšvement du portail Saint-Laurent.
Consécration de la chapelle Saint-Laurent (destinée à la paroisse).

La Paroisse prend dĂšs lors le nom de Paroisse Saint-Laurent. C'est en la Paroisse Saint-Laurent que, de nos jours, sont cĂ©lĂ©brĂ©es et enregistrĂ©es les sacrements (BaptĂȘmes, premiĂšres Communion, Confirmations, Mariages, ObsĂšques).

Le culte catholique est remplacé par le culte protestant.
Construction de l’Horloge astronomique.

En 1681, le roi de France restitue la CathĂ©drale au culte catholique. Dans la foulĂ©e, l’amĂ©nagement ancien, qui avait Ă©tĂ© prĂ©servĂ© jusque-lĂ , est remplacĂ© par un dĂ©cor baroque au goĂ»t du jour, et adaptĂ© Ă  la liturgie post-tridentine.

Sous la RĂ©volution, les saccages restent limitĂ©s : les Strasbourgeois veillent Ă  mettre Ă  l’abri les statues gothiques.

Acquisition des tapisseries de la vie de la Sainte Vierge Marie, réalisées au XVIIÚme siÚcle.
Construction des galeries abritant des boutiques, en style néo-gothique, autour de la Cathédrale.
La CathĂ©drale devient «temple de la Raison » . Un bonnet phrygien est placĂ© sur la flĂšche.
La Cathédrale est rendue au culte catholique.
Installation du tĂ©lĂ©graphe Chappe sur la tour de croisĂ©e jusqu’en 1852.

À partir du concordat, en 1801, la CathĂ©drale bĂ©nĂ©ficie des soins attentifs des architectes qui la prennent en charge. L’Ă©difice est restaurĂ© et entretenu dans un esprit de restitution des formes anciennes.

À partir de 1838 :

Restauration de l’Horloge astronomique par Jean-Baptiste SchwilgĂ©.
Restauration progressive de l’Ă©difice par l‘architecte Gustave Klotz.

La CathĂ©drale est classĂ©e « monument historique ».
Incendie de la toiture pendant le bombardement.
Reconstruction de la tour de croisée.
DĂ©coration de l’abside.

Redevenue française en novembre 1918, annexĂ©e au TroisiĂšme Reich de 1940 Ă  1944, l’Alsace souffre des conflits opposant la France et l’Allemagne. Mais, dĂšs 1949, elle devient le symbole de la construction europĂ©enne, avec la fondation Ă  Strasbourg du Conseil de l’Europe puis l’installation du Parlement europĂ©en. En 1956, Le Conseil de l’Europe offre Ă  la CathĂ©drale le grand vitrail du choeur.

La CathĂ©drale est affectĂ©e au culte catholique, et la rĂ©novation liturgique, nĂ©e du Concile Vatican II, entraĂźne la restructuration du chƓur, en 2004. L’Ă©difice connaĂźt toujours des campagnes de restauration.


Voici quelques secrets:

  • Camille le cul nu est un des personnages sculptĂ©s au dessus de la porte centrale.
  • Ces sculptures sont une allusion Ă  un fait divers, un Ă©vĂȘque qui abusait de ses enfants de choeur.
  • Sur le portail droit de la façade occidentale, un groupe de 10 vierges est reprĂ©sentĂ©, 5 sages Ă  cĂŽtĂ© du Christ et 5 folles Ă  cĂŽtĂ© du tentateur.
  • Le tentateur est un jeune homme Ă©lĂ©gant tenant une pomme mais son dos est couvert de crapauds et de serpents.
  • A la base du premier pilier en entrant dans la cathĂ©drale se trouve l'homme le plus fort du Monde. Ce petit personnage symbolise l'architecte qui a consolidĂ© la cathĂ©drale au dĂ©but du XXe siĂšcle.
  • Le rayon vert Ă©clairant le christ de la chaire aux Ă©quinoxes est provoquĂ© par le soleil traversant le vitrail et le pied vert de Juda*.
  • Le chien du prĂ©dicateur pleure son maĂźtre, le caresser porte bonheur. Le petit chien est encastrĂ© dans le garde corps de l'escalier montant sur la chaire.
  • AccoudĂ© Ă  la balustrade, un homme attend, observe et veut ĂȘtre prĂ©sent lorsque le pilier des Anges et la grande voĂ»te s'Ă©crouleront.
  • Le Christ BĂ©nissant est un vitrail contemporain de 2015. Il est constituĂ© de 150 visages visiteurs de la cathĂ©drale, photographiĂ©s par VĂ©ronique Ellena, l'artiste qui a rĂ©alisĂ© ce vitrail de 9 m de haut.

L'horloge astronomique 

L'horloge astronomique est contemplée chaque année par 3 millions de visiteurs.
Ce sont les automates qui la composent qui les attirent tous les jours à 12 h 30, sauf les dimanches et jours fériés.
Tout au dessus, le coq automate est un des rares vestiges de l'horloge initiale, il chantera et battra des ailes au passage des 4e, 8e et 12e apĂŽtres.

Pilier des Anges

Le pilier des Anges est aussi appelé pilier du jugement dernier, il est situé devant l'horloge astronomique.
Le pilier des Anges, haut de huit mÚtres, supporte la voûte du transept*.
Dressé au XIIIe siÚcle, il est agrémenté de 12 statues disposées sur 3 niveaux. Juste au dessus, un homme accoudé à la balustrade attend toujours sa chute.

Rosace

La rosace est unique, elle est composée d'épis de blé et non de saints, elle est constituée de 16 pétales et non de 12.
Erigée dans la façade Ouest en 1290, la rosace a un diamÚtre de 13,6 mÚtres.

Orgue

L'orgue de la cathédrale est considérée comme l'une des plus belles du monde.
Le buffet construit en nid d'hirondelle est de style gothique et date de 1489. Le pendentif est plus ancien, il date de 1385, les décors sculptés sont plus récents, ils sont de l'époque de sa reconstruction au début du XVIIIe siÚcle.

Hommages de Victor Hugo :


Tout Ă  coup, Ă  un tournant de la route, une brume s’est enlevĂ©e, et j’ai aperçu le munster. Il Ă©tait six heures du matin. L’Ă©norme cathĂ©drale, le sommet le plus haut qu’ait bĂąti la main de l’homme aprĂšs la grande pyramide, se dessinait nettement sur un fond de montagnes sombres d’une forme magnifique, dans lesquelles le soleil baignait çà et lĂ  de larges vallĂ©es. L’Ɠuvre de Dieu faite pour les hommes, l’Ɠuvre des hommes faite pour Dieu, la montagne et la cathĂ©drale, luttaient de grandeur.

Je n’ai jamais rien vu de plus imposant.

Victor Hugo, Le Rhin, 1838-1842

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