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Paulette LĂ©vy (1918-2005) : « On Ă©tait tous des innocents » Auschwitz

La RĂ©daction

#Histoire #femme #juive 

Paulette LĂ©vy (1918-2005) : « On Ă©tait tous des innocents »

Pauline LĂ©vy, surnommĂ©e Paulette, est nĂ©e le 10 octobre 1918 Ă  Hettange-Grande, en Moselle, alors en territoire allemand pour encore quelques semaines. Fille du marchand de bestiaux Lucien LĂ©vy et de RĂ©gine Cahen (1885-1944), tous deux juifs mosellans, elle est Ă©galement la sƓur de Florence LĂ©vy (1914-1944) et d’Adrien LĂ©vy (1917-1999). La famille part quelques annĂ©es plus tard Ă  Dijon et s’installe au 26 rue Nicolas Berthot, dans le quartier Montchapet.

A partir de 1940, la situation de la famille LĂ©vy vis-Ă -vis de l’Etat français et de l’armĂ©e d’occupation devient oppressante : les juifs sont recensĂ©s, le couvre-feu est instaurĂ© et des menaces de rafles se font pressantes, la premiĂšre ayant lieu en juillet 1942. Du 24 au 26 fĂ©vrier 1944, une seconde rafle a lieu Ă  Dijon. Paulette, sa mĂšre et sa sƓur sont arrĂȘtĂ©es Ă  domicile par la police. Son pĂšre et son frĂšre Ă©tant absents Ă  ce moment-lĂ  Ă©vitent le pire. Au total, sur les trois jours qu’a durĂ©e la Rafle de Dijon, 87 personnes ont Ă©tĂ© mis en Ă©tat d’arrestation, dĂ©tenues jusqu’au 3 mars dans l’Ă©cole Jules Ferry (utilisĂ©e comme centre de regroupement) puis envoyĂ©es au camp de Drancy.

Le 7 mars 1944, le convoi n°69, l’un des plus grands convois de dĂ©portation (1 501 dĂ©portĂ©s dont 1 311 seront gazĂ©s dĂšs leur terminus) emporte les LĂ©vy jusqu’au camp d’Auschwitz-Birkenau. RĂ©gine, la mĂšre de Paulette, est gazĂ©e dĂšs son arrivĂ©e. Elle avait 59 ans. 5 de ses frĂšres et sƓurs ont Ă©galement Ă©tĂ© victimes de la Shoah. Sa sƓur Florence sera quant Ă  elle victime du typhus le 12 mars. Elle avait 30 ans. Paulette, sĂ©parĂ©e de sa mĂšre et de sa sƓur dĂšs la sortie du convoi, et avec son matricule 75 940, se retrouve donc seule, et est chargĂ©e de creuser des tranchĂ©es et de travailler dans les champs de pommes de terre. MalgrĂ© les coups reçus tous les jours par les allemandes condamnĂ©es de droit commun, Paulette essaye de survivre, d’avoir la meilleure hygiĂšne possible. AprĂšs 9 mois passĂ©s Ă  Auschwitz, elle est transfĂ©rĂ©e dans une usine en TchĂ©coslovaquie.

La libĂ©ration des camps arrive enfin. Paulette, avec le train de dĂ©portĂ©s de la Croix Rouge, rentre alors Ă  Dijon en cette annĂ©e 1945. Elle est la seule survivante de la Rafle de Dijon. Sur le convoi n°69, seuls 20 personnes seront rescapĂ©es.

Conduite au Coin du Miroir, refuge pour les dĂ©portĂ©s de retour, comprenant un restaurant et un dortoir, elle se prend de sympathie avec la bĂ©nĂ©vole qui l’a accueillie et guidĂ©e. Celle-ci l’emmĂšne Ă  la rencontre de son pĂšre, Edmond Franck, qui possĂ©dait une liste sommaire de dĂ©portĂ©s, dans le but de retrouver son pĂšre et son frĂšre. Pendant 11 mois, elle rĂ©side chez les Franck, oĂč elle se rĂ©tablit et se rĂ©habitue lentement Ă  dormir dans un lit, prĂ©fĂ©rant le sol comme tant d’anciens dĂ©portĂ©s, et ayant l’obsession de se laver frĂ©quemment. Avant qu’Edmond Franck ne trouve un logement pour elle, son pĂšre et son frĂšre, enfin retrouvĂ©s : le premier a pu Ă©chapper aux rafles grĂące Ă  une homonymie. Le second, quand Ă  lui, a Ă©tĂ© prisonnier de guerre. Le foyer se reconstitue alors rue de Fontaine.

En 1948, trois ans aprĂšs son retour des camps, elle Ă©pouse Roland Leroy (anciennement Roland LĂ©vy, 1911-1980), ancien prisonnier de guerre qu’elle rencontre Ă  Dijon, et vice-prĂ©sident du Consistoire israĂ©lite de Lyon, ville oĂč ils s’installent dĂšs lors. Elle ouvre alors sa propre bonneterie tout en s’occupant de son fils Jean-Claude, avant de dĂ©velopper son activitĂ© sur la vente de tissus pour robes puis d’ameublement. En 1969, elle cesse d’exercer ses activitĂ©s pour s’occuper de son mari malade.

Paulette LĂ©vy meurt le 20 avril 2005 Ă  Saint-AndrĂ©-de-Corcy, dans l’Ain, Ă  l’Ăąge de 86 ans.

Ce n’est qu’aprĂšs sa mort que son parcours fut retracĂ©. Faisant silence total de ce lourd vĂ©cu, y compris auprĂšs de sa famille, il faut attendre le travail de l’association MĂ©moire vives et de la journaliste bourguignonne Anne-Françoise Bailly pour faire la lumiĂšre sur la vie de Paulette LĂ©vy. Seul un tĂ©moignage audio a Ă©tĂ© enregistrĂ©, en 1992, Ă  la seule condition qu’il ne soit Ă©coutĂ© qu’aprĂšs son dĂ©cĂšs : il est conservĂ© au Centre d’Histoire de la RĂ©sistance et de la DĂ©portation de Lyon.

En son honneur, l’Ă©cole Jules Ferry de Dijon, oĂč elle a Ă©tĂ© dĂ©tenue lors de la Rafle de Dijon, prend son nom en 2014.

Photo : France 3 Bourgogne

Sources : Wikipedia, France 3 Bourgogne, France Bleu, Amicale des Déportés Auschwitz et Birkenau, Judaisme.sdv.fr

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