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samedi 12 novembre 2022

Paulette Lévy (1918-2005) : « On était tous des innocents » Auschwitz

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Paulette Lévy (1918-2005) : « On était tous des innocents »

Pauline Lévy, surnommée Paulette, est née le 10 octobre 1918 à Hettange-Grande, en Moselle, alors en territoire allemand pour encore quelques semaines. Fille du marchand de bestiaux Lucien Lévy et de Régine Cahen (1885-1944), tous deux juifs mosellans, elle est également la sœur de Florence Lévy (1914-1944) et d’Adrien Lévy (1917-1999). La famille part quelques années plus tard à Dijon et s’installe au 26 rue Nicolas Berthot, dans le quartier Montchapet.

A partir de 1940, la situation de la famille Lévy vis-à-vis de l’Etat français et de l’armée d’occupation devient oppressante : les juifs sont recensés, le couvre-feu est instauré et des menaces de rafles se font pressantes, la première ayant lieu en juillet 1942. Du 24 au 26 février 1944, une seconde rafle a lieu à Dijon. Paulette, sa mère et sa sœur sont arrêtées à domicile par la police. Son père et son frère étant absents à ce moment-là évitent le pire. Au total, sur les trois jours qu’a durée la Rafle de Dijon, 87 personnes ont été mis en état d’arrestation, détenues jusqu’au 3 mars dans l’école Jules Ferry (utilisée comme centre de regroupement) puis envoyées au camp de Drancy.

Le 7 mars 1944, le convoi n°69, l’un des plus grands convois de déportation (1 501 déportés dont 1 311 seront gazés dès leur terminus) emporte les Lévy jusqu’au camp d’Auschwitz-Birkenau. Régine, la mère de Paulette, est gazée dès son arrivée. Elle avait 59 ans. 5 de ses frères et sœurs ont également été victimes de la Shoah. Sa sœur Florence sera quant à elle victime du typhus le 12 mars. Elle avait 30 ans. Paulette, séparée de sa mère et de sa sœur dès la sortie du convoi, et avec son matricule 75 940, se retrouve donc seule, et est chargée de creuser des tranchées et de travailler dans les champs de pommes de terre. Malgré les coups reçus tous les jours par les allemandes condamnées de droit commun, Paulette essaye de survivre, d’avoir la meilleure hygiène possible. Après 9 mois passés à Auschwitz, elle est transférée dans une usine en Tchécoslovaquie.

La libération des camps arrive enfin. Paulette, avec le train de déportés de la Croix Rouge, rentre alors à Dijon en cette année 1945. Elle est la seule survivante de la Rafle de Dijon. Sur le convoi n°69, seuls 20 personnes seront rescapées.

Conduite au Coin du Miroir, refuge pour les déportés de retour, comprenant un restaurant et un dortoir, elle se prend de sympathie avec la bénévole qui l’a accueillie et guidée. Celle-ci l’emmène à la rencontre de son père, Edmond Franck, qui possédait une liste sommaire de déportés, dans le but de retrouver son père et son frère. Pendant 11 mois, elle réside chez les Franck, où elle se rétablit et se réhabitue lentement à dormir dans un lit, préférant le sol comme tant d’anciens déportés, et ayant l’obsession de se laver fréquemment. Avant qu’Edmond Franck ne trouve un logement pour elle, son père et son frère, enfin retrouvés : le premier a pu échapper aux rafles grâce à une homonymie. Le second, quand à lui, a été prisonnier de guerre. Le foyer se reconstitue alors rue de Fontaine.

En 1948, trois ans après son retour des camps, elle épouse Roland Leroy (anciennement Roland Lévy, 1911-1980), ancien prisonnier de guerre qu’elle rencontre à Dijon, et vice-président du Consistoire israélite de Lyon, ville où ils s’installent dès lors. Elle ouvre alors sa propre bonneterie tout en s’occupant de son fils Jean-Claude, avant de développer son activité sur la vente de tissus pour robes puis d’ameublement. En 1969, elle cesse d’exercer ses activités pour s’occuper de son mari malade.

Paulette Lévy meurt le 20 avril 2005 à Saint-André-de-Corcy, dans l’Ain, à l’âge de 86 ans.

Ce n’est qu’après sa mort que son parcours fut retracé. Faisant silence total de ce lourd vécu, y compris auprès de sa famille, il faut attendre le travail de l’association Mémoire vives et de la journaliste bourguignonne Anne-Françoise Bailly pour faire la lumière sur la vie de Paulette Lévy. Seul un témoignage audio a été enregistré, en 1992, à la seule condition qu’il ne soit écouté qu’après son décès : il est conservé au Centre d’Histoire de la Résistance et de la Déportation de Lyon.

En son honneur, l’école Jules Ferry de Dijon, où elle a été détenue lors de la Rafle de Dijon, prend son nom en 2014.

Photo : France 3 Bourgogne

Sources : Wikipedia, France 3 Bourgogne, France Bleu, Amicale des Déportés Auschwitz et Birkenau, Judaisme.sdv.fr

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