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Tchernobyl, le drame qui a ébranlé l'humanité

La Rédaction


 Le bilan de la catastrophe de Tchernobyl reste l'enjeu d'un vif affrontement entre pro- et anti-nucl√©aires. En cause, des difficult√©s m√©thodologiques et des hypoth√®ses vari√©es qui entra√ģnent de grands √©carts entre les √©tudes.
Le 26 avril 1986, lors d'un test, le quatrième réacteur de la centrale nucléaire proche de Tchernobyl s'emballe, entre en fusion et s'enflamme dégageant de très importantes quantités de produits radioactifs dans l'atmosphère. Le déversement par hélicoptère de milliers de tonnes de sable, de bore et de plomb permet de stopper la fusion le 14 mai. Un sarcophage est ensuite construit afin d'isoler le réacteur. Les travaux s'achèvent fin 1988.

L'accident, class√© au plus haut de l'√©chelle internationale des √©v√©nements nucl√©aires (Ines), justifie l'√©vacuation de 116.000 habitants et la cr√©ation d'une zone strictement contr√īl√©e qui abrite 260.000 habitants. Au total, 5 millions de personnes vivent dans une zone moins contamin√©e s'√©talant sur 200.000 km² √† cheval sur la Bi√©lorussie, la Russie et l'Ukraine.

Quel bilan dresser de la catastrophe de Tchernobyl ? Mikha√Įl Gorbatchev, pr√©sident de l'URSS au moment de la catastrophe, estimait en mars 2011 que "nous n'avons pas encore pris toute la mesure de cette trag√©die qui nous rappelle de mani√®re choquante la r√©alit√© de la menace nucl√©aire." Les √©valuations actuelles donnent raison √† l'ancien dirigeant sovi√©tique et il semble qu'un bilan consensuel soit encore hors de port√©e.

Les limites des études épidémiologiques


En effet, l'évaluation des impacts de l'accident dépend de facteurs complexes et notamment de l'intensité et de la durée d'exposition aux éléments radioactifs. Les études de l'exposition de larges populations aux éléments radioactifs peuvent impliquer de grandes variations des résultats pour de légères modifications des hypothèses.

Par ailleurs, les √©tudes √©pid√©miologiques peine √† d√©terminer le r√īle jou√© par diff√©rents facteurs dans la survenue de certaines maladies. Un rapport sur la mesure des expositions √† la radioactivit√© et surveillance des effets sur la sant√©(1), r√©dig√© en 1999 pour le minist√®re de l'environnement et le secr√©tariat √† la sant√© pointe les difficult√©s de l'exercice. "D'un point de vue scientifique, [l'analyse des effets sur la sant√© de l'exposition aux rayonnements ionisants] pose des probl√®mes nouveaux qui concernent l'extrapolation aux faibles doses, la mise en √©vidence d'effets de faible ou tr√®s faible ampleur, les cons√©quences des expositions rares et h√©t√©rog√®nes dans la population pour des maladies rares" concluent les rapporteurs pr√©cisant que "les m√©thodes dont nous disposons actuellement n'ont pas √©t√© √©labor√©es pour aborder de telles situations." Un probl√®me commun √† "la plupart des expositions environnementales" car "nous atteignons l√† les limites m√™mes de ces m√©thodes." Des difficult√©s qui expliquent les √©carts particuli√®rement importants entre les divers bilans de la catastrophe.

De quelques milliers de morts à près d'un million

De 2003 à 2005, l'Agence internationale à l'énergie atomique (AIEA) a réalisé une étude sur l'accident. Il ressort que les personnes les plus touchées sont tout d'abord les travailleurs qui sont intervenus durant la catastrophe, environ un millier, et ceux qui ont travaillé à sécuriser le site au cours des années suivantes, jusqu'à 600.000 "liquidateurs". Parmi le millier d'hommes fortement contaminés, l'AIEA a dénombré près d'une trentaine de décès directs. Quant aux liquidateurs, ils ont été exposés à des doses relativement faibles que l'AIEA décrit comme "pas beaucoup plus élevées que le niveau naturel de radiation."
S'agissant des 5 millions d'habitants qui ont √©t√© expos√©s √† de faibles doses, l'impact le plus important est indiscutablement le nombre extr√™mement √©lev√© des cancers de la tyro√Įde chez les enfants. L'AIEA √©value √† 4.000 les cancers directement imputables √† la catastrophe.

Au-del√† de ce constat, l'Agence reste prudente et estime qu'"il n'y a pas de hausse clairement d√©montr√©e de l'incidence du nombre de cancers et de leuc√©mies dus aux radiations dans la population la plus affect√©e." N√©anmoins, elle juge que parmi les liquidateurs, les habitants de la zone √©vacu√©e et les r√©sidents de la zone la plus touch√©e, la mortalit√© li√©e aux cancers pourrait s'accro√ģtre de quelques pourcents et entra√ģner "plusieurs milliers" de d√©c√®s.

Ce bilan officiel est cependant fortement contesté par certains chercheurs. En 2010, l'Académie des sciences de New York a publié un dossier sur le sujet à partir de travaux publiés par des chercheurs de la région de Tchernobyl(2). Ils critiquent notamment le caractère conservateur de l'étude de l'AIEA, aussi bien s'agissant du nombre de personnes affectées que de l'importance des retombées radioactives. Ainsi, il y aurait eu en réalité 830.000 liquidateurs et 125.000 d'entre eux seraient morts. Quant aux décès attribués à la tragédie, le total irait de 600.000 à 900.000 et, étant donnée la dispersion des éléments radioactifs, il pourrait atteindre au niveau mondial près d'un million de morts au cours des 20 ans ayant suivi la catastrophe.

Toujours à l'occasion des 20 ans de la catastrophe, Greenpeace a elle aussi publié un rapport réalisé par 60 scientifiques de Biélorussie, d'Ukraine et de Russie(3). Le document précise que "les données les plus récentes indiquent qu'en Biélorussie, en Russie et en Ukraine l'accident a causé une surmortalité estimée à 200 000 décès entre 1990 et 2004."

Bilan environnemental

Sur le plan environnemental, là encore les études restent partagées. Pour l'AIEA, la radioactivité a maintenant très largement décru et la grande majorité des territoires touchés sont sains et peuvent accueillir des populations. Seules quelques précautions relatives à l'usage des sols sont préconisées.

Mais l√† aussi, les opposants sont nombreux et ils estiment que l'impact environnemental est bien plus important. Certains √©l√©ments radioactifs rel√Ęch√©s dans l'atmosph√®re ont des dur√©es de vie allant jusqu'√† 200.000 ann√©es. Par ailleurs, ils se seraient r√©pandus sur l'ensemble du Globe. En l'√©tat des connaissances, il semble que des traces de ces √©l√©ments aient √©t√© retrouv√©es en Europe du Nord, en Am√©rique du Nord et en Afrique.

Finalement, un aspect de la catastrophe environnementale est partagé par l'ensemble des analyses : de nombreux déchets radioactifs sont encore présents sur le site de la centrale et le sarcophage recouvrant le réacteur est en mauvais état. Dans ce contexte, rappelant qu'un nouveau sarcophage doit être construit, l'AIEA reconnaissait en 2006 qu'"aucune opération de démantèlement et de décontamination n'est pour l'instant prévue." L'Agence recommande donc à l'Ukraine d'améliorer la gestion du site et des déchets.

Une conférence s'est tenue à la veille du 25ème anniversaire afin de réunir les fonds nécessaires à la construction d'un deuxième sarcophage sensé résister 100 ans, reculant vraisemblablement la décontamination du site.

Faits en bref.

L'explosion initiale de vapeur a provoqu√© la mort de deux employ√©s. De plus, 134 employ√©s de la centrale et intervenants d'urgence furent atteints du syndrome d'irradiation aigu√ę (SIA) en raison des fortes doses de rayonnement re√ßues. De ce nombre, 28 sont d√©c√©d√©s.
Le nombre total de cas de cancer de la thyro√Įde enregistr√©s de 1991 √† 2015 chez les moins de 18 ans en 1986 (pour l’ensemble de la Bi√©lorussie et de l’Ukraine et pour les quatre oblasts les plus contamin√©s de la F√©d√©ration de Russie) s’√©l√®ve √† pr√®s de 20 000.
Environ 5 000 cas de cancer de la thyro√Įde sont attribuables √† l’exposition √† l’iode radioactif (iode 131) des personnes qui √©taient des enfants ou des adolescents au moment de l’accident.
Les 15 000 autres cas sont attribuables √† une gamme de facteurs, comme une augmentation du taux d’incidence spontan√©e li√©e au vieillissement de la population, la connaissance du risque de cancer de la thyro√Įde apr√®s l’accident et de meilleures m√©thodes diagnostiques pour d√©tecter ce type de cancer.
Aucune augmentation des taux de cancers solides, de leucémie ou de maladies non cancéreuses résultant de l'exposition au rayonnement n'a pu être démontrée.
Dans les trois pays les plus touchés Рla Biélorussie, la Fédération de Russie et l'Ukraine, les doses de rayonnement reçues par le grand public se sont avérées relativement faibles.
L'accident survenu le 26 avril1986 √† la centrale nucl√©aire de Tchernobyl, en Ukraine, a donn√© lieu au plus grand rejet radioactif non contr√īl√© de l'histoire.

Des explosions de vapeur et d'hydrogène à la tranche 4 de la centrale ont mené à une rupture de la cuve du réacteur et à un incendie qui a duré 10 jours. Les explosions et l'incendie ont causé le rejet de grandes quantités d'iode et de césium radioactifs dans l'atmosphère, principalement près de la centrale; cependant, certaines substances ont été transportées par le vent en Biélorussie, en République de Russie, en Ukraine et dans d'autres régions de l'Europe.

Les sections qui suivent r√©sument les √©valuations sur la sant√© publi√©es constat√©s dans le rapport au sujet des effets du rayonnement de l’accident de Tchernobyl sur la sant√© (intitul√© « Health effects due to radiation from the Chernobyl accident »), publi√© en 2008 par le Comit√© scientifique des Nations Unies pour l'√©tude des effets des rayonnements ionisants (UNSCEAR), et dans le livre blanc 2018 de l’UNSCEAR au sujet de l’√©valuation de donn√©es sur le cancer de la thyro√Įde dans les r√©gions touch√©es par l’accident de Tchernobyl (intitul√© « Evaluation of data on thyroid cancer in regions affected by the Chernobyl accident »). Ces rapports pr√©sentent des conclusions reposant sur plus de 30 ans d'√©tudes sur les cons√©quences pour la sant√© de l'exposition au rayonnement de l'accident de Tchernobyl. L’UNSCEAR reconna√ģt que le cancer de la thyro√Įde associ√© √† l’accident de Tchernobyl est un enjeu de taille, et qu’un examen plus approfondi est n√©cessaire afin de d√©terminer les cons√©quences √† long terme.

Effets sur la santé de la population

Les 115 000 personnes qui ont d√Ľ √™tre √©vacu√©es de la zone avoisinante ont re√ßu en moyenne une dose efficace de 30 mSv. Les doses de rayonnement re√ßues par le grand public dans les trois pays contamin√©s (Bi√©lorussie, F√©d√©ration de Russie et Ukraine) √©taient relativement faibles; la dose efficace a √©t√© en moyenne de 9 mSv, environ la m√™me dose qu'un tomodensitogramme (10 mSv). La dose efficace moyenne attribuable au rayonnement naturel est d'environ 2,4 mSv par ann√©e √† l'√©chelle mondiale. Au Canada, elle est de 1,8 mSv par ann√©e.

En date de 2015, plus de 20 000 cas de cancer de la thyro√Įde ont √©t√© signal√©s chez les r√©sidents de la Bi√©lorussie, de la F√©d√©ration de Russie et de l'Ukraine qui avaient √©t√© expos√©s au rayonnement au moment de l'accident, alors qu'ils √©taient enfants ou adolescents. Environ 5 000 de ces cas sont probablement attribuables √† l'ingestion d'iode radioactif par les enfants ayant bu du lait provenant des vaches qui avaient mang√© de l'herbe contamin√©e dans les quelques semaines suivant l’accident. Les autres 15 000 cas sont attribuables √† une gamme de facteurs, comme une augmentation du taux d’incidence spontan√©e li√©e au vieillissement de la population, la connaissance du risque de cancer de la thyro√Įde apr√®s l’accident et de meilleures m√©thodes diagnostiques pour d√©tecter ce type de cancer.

La dose de rayonnement liée à l'accident de Tchernobyl dans d'autres pays européens a été de moins de 1 mSv. Dans les pays plus éloignés, les doses de rayonnement dues à l'accident n'ont eu aucune incidence sur le rayonnement naturel annuel et furent considérées comme insignifiantes sur le plan de la santé publique.

Troubles psychologiques ou mentaux

Selon plusieurs √©tudes internationales, les personnes expos√©es au rayonnement issu de l'accident de Tchernobyl souffrent davantage d'anxi√©t√© et sont plus susceptibles de d√©montrer des probl√®mes de sant√© ou des sympt√īmes physiques inexpliqu√©s.

Préoccupations au sujet de la fertilité et des anomalies congénitales
Dans les r√©gions touch√©es, il n'existe aucune preuve de baisse de fertilit√© ni chez les hommes ni chez les femmes. √Čtant donn√© la faiblesse des doses re√ßues par le grand public, une hausse du nombre d'enfants mort-n√©s, de probl√®mes pendant la grossesse, de complications √† l'accouchement ou de r√©percussions n√©gatives sur la sant√© globale des enfants est peu probable. Malgr√© cela, la surveillance demeure importante et elle se poursuit.

Par Philippe Collet et d'autres sources https://nuclearsafety.gc.ca/fra/resources/health/health-effects-chernobyl-accident.cfm

1/ Consulter le rapport
http://lesrapports.ladocumentationfrancaise.fr/cgi-bin/brp/telestats.cgi?brp_ref=994000414&brp_file=0000.pdf
2/ Consulter le rapport
http://www.nyas.org/annalfulltext/jump.ashx?aid=f3f3bd16-51ba-4d7b-a086-753f44b3bfc1&isid=nyas.2009.1181.issue-1&code=1181&ref=9781573317573&doi=10.1111
3/ Consulter le document
http://www.greenpeace.org/raw/content/france/presse

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