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dimanche 11 septembre 2022

Mort d’Elizabeth II: dans certains pays du Commonwealth, le royaume honni


 La couronne britannique, qui assure l’unité des 56 territoires de l’organisation intergouvernementale, doit faire face à des désirs de divorce.

Avec la mort d’Elizabeth II, quatorze royaumes sous monarchies constitutionnelles couronnent un nouveau souverain, aux côtés de Royaume-Uni. Avec eux, 36 républiques perdent leur cheffe d’Etat, un titre honorifique sans responsabilité. Le Commonwealth est une organisation intergouvernementale, née le 19 novembre 1926, qui compte en tout 56 pays, principalement issus de l’ancien Empire britannique. Et donc de la (dé)colonisation. L’enjeu était de garder l’impression d’une forte puissance, d’une unité, de ne pas perdre les liens entre les pays, alors réunis sous la bannière du «libres et égaux». Lorsque Elizabeth II arrive sur le trône en 1952, le Commonwealth ne compte que neuf pays. L’organisation grandit au fur et à mesure que l’Empire rétrécit et son territoire finit par concentrer le tiers de la population mondiale. Mais cette unité pourrait se briser avec le décès de la monarque qui, selon les mots de l’ancien Premier ministre australien Bob Hawke, était «bien plus qu’une figure de proue».

Basculement «inévitable»

Si la couronne est héréditaire, le titre de «chef du Commonwealth» ne l’est pas – mais les Etats membres ont décidé de léguer le titre à Charles III lors d’un sommet à Windsor en avril 2018. Charles III devient ainsi le chef d’Etat de l’Australie, la Nouvelle-Zélande, la Papouasie-Nouvelle-Guinée, du Canada, des îles Salomon, d‘Antigua-et-Barbuda, des Bahamas, de Belize, Grenade, Saint-Christophe-et-Niévès, Sainte-Lucie, Saint-Vincent-et-les-Grenadines et Tuvalu. Depuis quelques mois, le quinzième pays, la Jamaïque, conteste vigoureusement le poids de la monarchie constitutionnelle. En mars, de nombreuses manifestations dénonçaient le rôle historique de la couronne britannique dans l’esclavagisme et le commerce d’esclaves. Une visite officielle du prince William, fils aîné du roi Charles et désormais héritier du trône, et de son épouse, Kate, avait été lourdement critiquée. Le 23 mars, devant le jeune couple royal, le Premier ministre jamaïcain, Andrew Holness, s’était alors prononcé en faveur d’une transition républicaine, un basculement selon lui «inévitable». «La Jamaïque passe à autre chose», avait-il déclaré.

Indépendante depuis 1962, la Jamaïque suivrait ainsi l’exemple de la Barbade, devenue une République en novembre. D’autres petites nations, comme le Guyana et Trinité-et-Tobago, ont choisi le camp républicain dès les années 70. Tout comme l’île Maurice, qui a divorcé de la couronne trente ans avant la Barbade. Ces changements sont certes avant tout symboliques, la Barbade était par exemple indépendante depuis 1966. En signe de bonne entente, celui qui n’était alors encore que le prince Charles s’était d’ailleurs rendu sur place en novembre pour la cérémonie.

Monde anglophone

Mais la décision de la nation caribéenne et les contestations récentes en Jamaïque auront peut-être instillé ou renforcé le doute dans d’autres royaumes. En Australie, la question s’était déjà posée en 1999 : la population avait été invitée à se prononcer lors d’un référendum. Elle avait alors choisi de garder la reine à la tête de l’Etat.

Paradoxalement, certains pays qui n’ont jamais fait partie de l’Empire britannique ont choisi de rejoindre le Commonwealth pour se rapprocher du monde anglophone, comme le Togo ou le Gabon en juin.

Par Julie Malfoy



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