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vendredi 15 juillet 2022

Algérie : la crise de l’été 1962 (l'armée des frontières menée par Boumédiène)


 Après 8 ans de guerre d’indépendance, cette dernière s’officialise le 5 juillet 1962 dans la joie des Algériens mais aussi dans une violence inouïe depuis le cessez-le-feu du 19 mars. En raison, notamment, des actions terroristes de l’OAS  (Organisation de l’armée secrète) qui mène une politique de la « terre brûlée » comme l’avait fait Bugeaud 130 ans plus tôt.

Très vite les choses s’accélèrent : comment organiser le pouvoir après l’indépendance acquise ?

Pendant le conflit, le FLN (Front de Libération National) avait mis en place un principe fondamental au congrès de la Soummam en 1956. Le FLN intérieur a le dernier mot sur toutes les décisions vis-à-vis du FLN extérieur. A ce moment là, le FLN intérieur est représenté par les maquisards et leurs chefs comme le colonel Amirouche ou Larbi Ben M’hidi pour ne citer qu’eux. A l’étranger, on retrouve essentiellement le FLN de la diplomatie chargé de promouvoir l’indépendance auprès de l’ONU et des différents gouvernements. C’est ainsi qu’est créé le GPRA (Gouvernement provisoire de la République algérienne) installé à Tunis qui est, à titre d’exemple, reconnu par la Chine pendant la guerre.


Néanmoins, cette organisation devant se poursuivre après l’indépendance est brisée en mai-juin 1962. Un conflit latent naît entre ces deux « partis » du FLN. Le colonel Boumediene, à la tête de 30 000 hommes, installés aux frontières est et ouest veut prendre le pouvoir. Celui-ci obtient de l’un des chefs historiques du FLN : Ben Bella, son soutien politique et civil. C’est la naissance du fameux « clan d’Oujda ».

Ainsi tous les chefs du FLN, se réunissent à Tripoli en Libye lors d’un congrès exceptionnel pour la mise en oeuvre d’un bureau politique censé dirigé l’Algérie nouvelle. C’est un échec cuisant, Ben Bella s’oppose à ses confrères tels Ait Ahmed ou Boudiaf. Il souhaitait que les chefs historiques du FLN soient les seuls légitimes à participer au bureau. La division est totale y compris dans les maquis dépassés par la situation.


Le 20 juillet 1962, Ben Bella tente donc un coup de force et refuse tout compromis. Il lance une offensive terrestre sous la houppe de Boumediène, à partir du Maroc et de la Tunisie, pour écraser toute résistance au sein de l’ALN (Armée de Libération nationale). Il reçoit le soutien de Ferhat Abbas (qui était pourtant dans le GPRA – Gouvernement provisoire de la République algérienne- balayée par Ben Bella) et des Oulémas.


L’armée des frontières marche sans grands obstacles sur Alger, si ce n’est à Constantine où elle affronte les membres de l’ALN locale. De même, à Alger, le clan d’Oujda s’oppose aux maquisards de la casbah tels Yacef Saadi. Ben Bella arrive dans la capitale triomphalement. Cependant l’opposition avec la wilaya d’Alger se maintien tout au long du mois d’août.

C’est par la violence que l’armée des frontières fait plier toutes les résistances début septembre. C’est la naissance d’un pouvoir autoritaire dont la colonne vertébrale est l’armée. Boumediene est vraiment le maitre du jeu, ministre de la Défense dans le gouvernement de Ben Bella, il fait un coup d’Etat le 19 juin 1965.

L’Algérie contemporaine est la fille de la crise de l’été 1962, puisque Bouteflika n’est autre que le bras droit historique de Boumediene. De nombreux leaders indépendantistes furent obligés de fuir tels Ait Ahmed en 1966, Mohamed Boudiaf qui ne reviendra en Algérie (après avoir participé un temps au bureau politique de Ben Bella) qu’en 1992 ou encore Krim Belkacem, mort assassiné en Allemagne.

Tous compagnons d’armes avant la lutte fratricide pour le pouvoir.

Par Mehdi Benchabane

Sources :

  • Benjamin Stora, Histoire de la guerre d’Algérie, Paris, La Découverte, 2004.
  • Mahfoud Kaddache, Et l’Algérie se libéra, Paris, Paris Meditera, 2003.
  • « La prise du pouvoir par le FLN », Amar Mohand Amer, Les collections de L’Histoire, juin 2012.

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