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mardi 19 avril 2022

18 Avril 1943 : Il y a aujourd'hui 79 ans, l'incroyable interception et la mort de l'amiral Yamamoto.


 Au cours de la seconde guerre mondiale, le 18 avril fut souvent une date funeste pour le Japon impérial.

On se souvient tout d'abord du 18 avril 1942 : Seulement 4 mois et demi après que le Japon avait attaqué les États-Unis à Pearl Harbor et semblait avoir de bonnes raisons de se croire le maître sur l'océan Pacifique, 16 gros bombardiers bimoteurs North American B-25 "Mitchell" commandés par le lieutenant-colonel James Doolittle (pas du tout prévus pour un tel rôle) étaient parvenus à décoller, très loin de leurs bases, du pont exigu d'un porte-avions, le USS "Hornet" (CV-8) que les Japonais avaient manqué à Pearl Harbor, et à bombarder rien moins que Tokyo --la capitale et donc le coeur de l'empire. Raid insignifiant d'un pur point de vue tactique, il n'en demeurait pas moins un incroyable exploit aéronautique et il eut des conséquences énormes aussi bien sur le moral de la nation américaine en guerre (et qui ne connaissait jusqu'à présent que la défaite) que sur la conduite de la guerre par le Japon --celui-ci se voyant obligé de rapatrier nombre de ses chasseurs pour protéger le Japon métropolitain et, surtout, se mettant en tête de détruire les porte-avions américains, décision qui allait conduire deux mois plus tard à la fameuse bataille aéronavale de Midway et à une retentissante défaite japonaise.

Exactement un an plus tard, le 18 avril 1943, le même avantage tactique qui avait conduit à l'éclatante victoire américaine de Midway allait de nouveau coûter très cher au Japon : La marine américaine avait percé le code de la marine japonaise (à cette époque le JN-25D) et lisait ses communications (et donc ses intentions) à livre ouvert.

C'est ainsi que le 13 avril, un incroyable message est décodé par les services de renseignements américains : Intitulé NTF131755, il semble pourtant tout à fait quelconque. Mais il provient du quartier général de la marine à Rabaul, est adressé aux commandants de la 11ème Flotte et de la 26ème Flotte japonaises, et décrit par le menu une tournée d'inspection que le commandant en chef, l'amiral Isoroku Yamamoto, doit effectuer 5 jours plus tard, le 18 avril, dans les îles Solomons :

0600 : Départ de Rabaul - 0800 : Arrivée à Ballale - 1100 : Départ pour Buin - 1110 : Arrivée à Buin - 1400 : Départ de Buin - 1540 : Retour à Rabaul.

On connaît même la composition de son escorte : Alors que Yamamoto et son état-major voleront à bord de deux gros bombardiers bimoteurs Mitsubishi G4M "Betty" du 705ème kokutai de la marine impériale, ils seront escortés par 6 chasseurs monomoteurs Mitsubishi A6M "Zero" du 204ème kokutai. 

La précision des informations et la manie bien connue de Yamamoto de respecter les horaires à la minute près sont tentantes : Il est rare de savoir exactement où se trouvera le commandant en chef d'une force ennemie lorsque celui-ci est loin de ses terres, loin de tout soutien et donc particulièrement vulnérable. Mais, à plus de 500 kilomètres de distance de la prochaine base américaine (750 en comptant un inévitable détour pour éviter les radars et encore plus si on envisage de l'intercepter en mer), le lieu semble situé au delà de toute tentative d'interception. Le secrétaire d'état à la Maison Blanche range donc tout d'abord le message avec l'intention de le classer sans suite. Pendant sa pause déjeuner cependant, une conversation lui apprend que des nouveaux réservoirs supplémentaires largables de plus de 1.000 litres devraient incessamment être disponibles pour les chasseurs Lockheed et une idée naît donc : Et pourquoi pas, après tout ?...

En effet, les Américains disposent à Guadalcanal de chasseurs bimoteurs à très long rayon d'action : Des Lockheed P-38 "Lightning" du 347th Fighter Group, justement. De plus, Charles Lindbergh --oui, celui du vol New York-Paris de 1927-- est justement dans les parages et pourrait donc conseiller les pilotes pour leur navigation en mer et pour la gestion de l'essence pour une interception à si longue distance. Et puis surtout, surtout, la cible n'est pas n'importe laquelle : L'amiral Yamamoto est sans conteste le plus grand stratège non seulement de la marine mais de toute l'armée japonaise --l'amiral américain Chester W. Nimitz a d'ailleurs déclaré qu'il est son ennemi principal-- et... il est l'homme qui a préparé l'attaque de Pear Harbor ! Pour les deux côtés, les conséquences psychologiques, tactiques, voire stratégiques de sa mise hors de combat seraient incalculables. En revenant de déjeuner, la décision est prise : Même si le temps est compté --moins de 5 jours !--, même si les chances de trouver cette aiguille dans une botte de foin à 750 km de leurs bases sont minimes, il faut absolument que les P-38 de Guadalcanal essaient de trouver et de descendre l'avion de Yamamoto.

En 4 jours, tout est donc organisé : Aussi bien Lindbergh que les fameux réservoirs sont envoyés d'urgence à Henderson Field, au 347th Fighter Group, et les mécanos travaillent sans relâche --encore toute la nuit avant le décollage-- pour fixer les nouveaux réservoirs de 1.136 litres aux avions et pour modifier leurs conduites d'essence. Après d'âpres discussions (l'interception doit-elle avoir lieu à l'aller ou au retour de Yamamoto ? À quel endroit ? Près des côtes ou bien au large ? Quelle sera alors la position du soleil, qu'on préfère évidemment avoir dans le dos ? etc), le lieutenant-colonel Luther S. Moore (USMC) aidé du Major John W. Mitchell (USAAF), patron du 339th Fighter Squadron du 347th Fighter Group, mettent le plan d'attaque au point : L'interception aura lieu près des côtes à 0940 (0740 heure locale), soit 20 minutes avant l'arrivée de Yamamoto à Ballale. 

18 avions des types P-38F et P-38G, équipés chacun d'un réservoir de 625 litres (165 US gallons) et d'un autre de 1.136 litres (310 US gallons) au lieu des deux réservoirs de 625 litres habituels prendront part à l'opération baptisée fort à propos "Vengeance". Mais même avec ce surplus d'essence, la marge de rayon d'action reste vraiment très, très juste : À plus de 750 km de leur base, les appareils ne disposeront au maximum que de 15 minutes pour trouver l'avion de Yamamoto et l'abattre. À vrai dire, personne n'y croit vraiment mais les ordres sont les ordres --et cela reste malgré tout une chance à courir.

Les avions, conduits par le Major John Mitchell en personne, seront répartis en 2 groupes : un 1er groupe de 4 pilotes (Capt. Thomas G. Lanphier, Lt. Rex T. Barber, Lt. Jim McLanahan et Lt. Joe Moore) est chargé de l'attaque de l'avion de Yamamoto (c.a.d. des 2 bombardiers "Betty") pendant que les 14 autres (dont 2 servent de réserve en cas de défaillance technique d'un coéquipier) sont chargés de neutraliser l'escorte japonaise et d'empêcher les avions japonais basés à Kahili de s'approcher de la zone d'interception. Pour éviter d'être repérée par les radars japonais, la formation devra faire un très large détour au sud de l'archipel des Solomons et rester autant que possible à très basse altitude au-dessus de l'eau. Bien entendu, le silence radio complet est de rigueur.

Le plan de vol de la mission, censée durer 4 heures et 20 minutes et comprendre 3 changements de cap, est donc le suivant : 0725 : Décollage de Henderson Field (Guadalcanal) - 0730 : Mise en formation - Durée du vol : 2 h au régime de croisière à 338 km/h et à 10 mètres au-dessus de la mer, silence radio absolu - 0930 : Approche de l'objectif, montée rapide à 3.500 mètres pour les 4 avions d'attaque et à 6.000 mètres pour les 14 avions de couverture - 0935 : Visuel de l'objectif, prévu à 56 km au NO de Kahili - 0940 : Attaque des avions japonais par la patrouille d'attaque avec le soleil dans le dos, et éventuellement neutralisation des renforts japonais par la patrouille de couverture haute, soleil dans le dos elle aussi - 0945 : Regroupement au SO de Kahili et prise du 1er cap de retour - 1145 : Atterrissage à Henderson Field.

Au décollage, les choses ne se passent pas comme prévues : McLanahan est victime d'une crevaison et doit abandonner en bout de piste et, après seulement quelques minutes de vol, Moore s'aperçoit qu'il ne peut pas pomper l'essence de son nouveau réservoir de 1.136 litres. Sans pour autant rompre le silence radio, le capitaine Besby Holmes et le lieutenant Raymond Hine, les deux pilotes de réserve, remplacent donc McLanahan et Moore dans la patrouille d'attaque tandis que la patrouille haute est de ce fait réduite à 12 avions au lieu de 14.

Une demie-heure après le décollage des Américains, et malgré les réticences ou le pressentiment de certains de ses proches, Yamamoto décolle comme prévu de Rabaul. Les bombardiers volent à 2.000 mètres d'altitude, suivis de leurs 6 chasseurs d'escorte répartis en 2 formations en V de 3 appareils, placés env. 400 mètres plus haut que les bombardiers pour les couvrir. (À cette époque, le V de 3 appareils --c.a.d. un chef de patrouille et 2 ailiers-- constituait la formation de combat standard de la plupart des armées de l'air, seuls les Allemands volaient déjà par 2 et sans chef de patrouille en titre [le chef de patrouille momentané était simplement celui qui était devant], formation bien plus souple et bien plus efficace qui allait très bientôt remplacer le V bien trop rigide.) 

Les Américains, volant pendant plus de 2 heures au badin, à la montre et au compas, soignent leurs changements de cap et couvent leurs moteurs et leur essence, comme Lindbergh le leur a enseigné : Cette mission historique restera aussi la plus longue mission d'interception de toute la seconde guerre mondiale. Et à 0934, à la surprise de tous, le contact visuel avec l'ennemi est effectivement établi --juste une minute avant l'horaire prévu ! C'est proprement incroyable. De plus, la formation est bien celle qui leur a été décrite : 2 bombardiers bimoteurs "Betty" et 6 chasseurs monomoteurs "Zero". Pas de doute, c'est bien Yamamoto !

Mais on n'a guère le temps de s'émerveiller. Au signal de Mitchell, les 16 avions larguent leurs réservoirs supplémentaires, virent vers la droite et commencent leur montée plein gaz. Holmes, un des 2 pilotes remplaçants de la patrouille d'attaque, ne parvient pas à larguer ses réservoirs et ne peut donc pas suivre le reste des avions : Il décide de plonger en rase-mottes vers la mer, suivi de Hine (le 2ème remplaçant) pour le couvrir. Rompant le silence radio, Mitchell ordonne à la patrouille d'attaque réduite à deux avions (Lanphier et Barber) d'engager les "Betty". Lanphier et Barber se dirigent donc les premiers vers les 8 appareils japonais. Ceux-ci, ayant repéré les appareils américains, larguent eux aussi leurs réservoirs supplémentaires et essaient de faire face. Mais ils ont déjà le désavantage de l'altitude (et donc de la vitesse) et, alors que Lanphier fonce sur eux, Barber se jette plein gaz sur les deux bombardiers qui plongent à basse altitude, arrivent sur l'île de Bougainville et cherchent à se protéger en volant aussi bas que possible, à hauteur des arbres. Une fraction de seconde, leur camouflage se révèle efficace et Barber les perd de vue. Mais il les retrouve et, surtout, se retrouve en un clin d'oeil dans la queue d'un des bombardiers, observant du coin de l'oeil que l'autre vire à 90° et file vers la mer. Tirant de toutes ses armes (c.a.d. 4 mitrailleuses de 12,7 mm et un canon de 20 mm) sur le bombardier en face de lui, il observe des impacts sur l'empennage, l'arrière du fuselage puis le moteur gauche. Le "Betty" bascule brusquement à gauche et Barber, arrivant en trombe sur lui, évite la collision d'un cheveu. Regardant en arrière, par dessus son épaule, il aperçoit une colonne de fumée noire indiquant que le bombardier vient de s'écraser dans la jungle. Était-ce celui qui transportait Yamamoto ? Il ne peut pas encore le savoir. Barber revient alors vers la côte et lui et Lanphier commencent à chercher le 2ème bombardier, celui qui avait fui vers la mer, tout en tenant en respect 3 des 6 chasseurs japonais qui avaient accompagné les bombardiers dans leur fuite.

Barber finit par retrouver le 2ème bombardier, volant au ras des flots au sud de la pointe de Moila, alors qu'Holmes (qui a enfin réussi à larguer ses réservoirs) et Hine sont justement en train de l'attaquer. Holmes réussit à endommager le moteur droit du "Betty", qui commence à fumer. Barber l'attaque à son tour et achève le bombardier qui s'écrase en mer.

(Ce n'est qu'après la guerre que les Américains apprendront que le 1er bombardier, celui qui s'est abattu dans la jungle, était bien celui qui transportait Yamamoto, alors que le 2nd bombardier, celui qui s'écrasa en mer, transportait lui le vice-amiral Matome Ugaki.)

Ce n'est qu'alors --c.a.d. bien trop tard-- que les chasseurs japonais réussissent à engager Barber, Holmes et Hine. Au retour, on comptera plus de 140 impacts dans l'avion de Barber mais celui-ci et Holmes revendiquent chacun un chasseur japonais abattu. Par contre, personne ne voit ce qui arrive au Lt. Hine, qui sera le seul pilote américain porté disparu au cours de la mission. (Ni lui ni son appareil ne seront jamais retrouvés.) Il est possible qu'il ait été la victime de l'aspirant Kenji Yanagiya et du PO1/c Shoichi Sugita, les 2 seuls pilotes japonais à avoir revendiqué une victoire au cours de cet engagement.

Pendant ce temps, les 12 avions de la couverture haute engagent le combat avec des chasseurs japonais venus à la rencontre de Yamamoto depuis la base de Kahili en guise de garde d'honneur. Le combat est furieux mais se solde sans aucune perte ni victoire pour aucun des deux camps. Comprenant aux messages de Barber et à la vue des colonnes de fumée noire que la mission a pleinement réussi, Mitchell ordonne de rompre le combat afin de ne pas consommer inutilement le précieux carburant. (Au retour, Holmes sera d'ailleurs obligé de se poser en urgence, à court d'essence, sur un aérodrome de dégagement des îles Russells.)

Controverse typique de la confusion qui régnait pendant les combats aériens, alors qu'il est encore en vol et qu'il approche du terrain d'Henderson Field, à Guadalcanal, Lanphier annonce triomphalement à la radio qu'il a "descendu Yamamoto". À l'atterrissage, preuve supplémentaire de l'extrême limite à laquelle ont travaillé les avions, un de ses deux moteurs cale, en panne d'essence. Après l'atterrissage, Lanphier réitère sa revendication, indiquant avoir touché l'avion de Yamamoto à l'aile par le plus grand des hasards, en essayant ses armes, puis l'avoir aperçu s'écraser dans la jungle alors qu'il tournait pour faire face aux "Zero" de l'escorte japonaise. Qui, de Barber ou de Lanphier, a donc effectivement descendu le "Betty" de Yamamoto ? Sans doute les deux...

Même histoire avec le 2ème "Betty" que Holmes revendique pour lui-même alors que Lanphier confirme avoir vu Barber le descendre (et que Barber lui-même confirme avoir vu Holmes lui tirer dessus...) Pendant un temps, la confusion fut telle que les services de renseignement américains se demandèrent si en fait il n'était pas là question d'un 3ème "Betty"...

Quoi qu'il en soit, Yamamoto était bien mort, et en 1943 c'était là l'essentiel. Pour les Japonais, l'effet psychologique, outre la perte d'un tel stratège, était dévastateur mais les Américains ne s'en vantèrent pas trop --et surtout pas trop tôt !--, laissant la radio japonaise annoncer elle-même la nouvelle plus d'un mois plus tard, le 21 mai. Pour eux, il s'agissait en effet de laisser les Japonais croire que Yamamoto avait été victime d'un hasard, d'une rencontre aussi fortuite que malencontreuse avec des chasseurs américains et non d'une interception parfaitement ciblée : Il ne fallait pas dévoiler aux Japonais que leur fameux code JN-25D avait été percé. C'est d'ailleurs pourquoi Lanphier fut joliment engueulé pour avoir prononcé le nom de Yamamoto à la radio, à son retour. (Apparemment, aucun poste d'écoute japonais ne capta ou ne comprit cependant la signification de ce message.) Et c'est aussi la raison pour laquelle aucune enquête poussée ne fut alors menée en vue de l'attribution de la victoire historique : Lanphier l'ayant revendiquée le premier, elle lui fut d'abord accordée sans tambour ni trompette --même si, entretemps, on est à peu près sûr qu'elle revenait au moins pour moitié à Barber (qui fut d'ailleurs crédité plus tard d'une demi-victoire).

Le corps de Yamamoto ne fut découvert que le lendemain par les troupes japonaises parties à sa recherche. Blessé par 2 balles, il avait été éjecté de l'avion sans qu'on sache s'il était mort sur le coup ou bien après le crash, pendant la journée. Personne ne survécut au crash de ce 1er "Betty" dans la jungle.


Incroyablement, il y eut cependant 3 survivants au crash du 2ème "Betty" dans la mer, dont le vice-amiral Matome Ugaki.

Si les ailes, les moteurs, le train d'atterrissage et la partie avant du fuselage (comprenant le cockpit et les précieux instruments de vol) du 1er "Betty" qui transportait Yamamoto ont été déménagés pendant la guerre (le Japon souffrait alors d'une grave pénurie de métaux légers et récupérait donc tout ce qui pouvait l'être), la queue de l'avion se trouve par contre encore sur place, dans la forêt. Elle est entretemps devenue un lieu de pélerinage macabre pour amateurs d'histoire. 

Aujourd'hui --outre le côté éminemment tragique de cette histoire de temps de guerre-- il reste pour l'histoire un étonnant succès des services de renseignements américains et surtout un exploit aérien invraisemblable, une navigation parfaite, avec les moyens pourtant dérisoires de l'époque, sur plus de 750 km --et au bout de ces 750 km la découverte de cette fameuse aiguille dans une botte de foin qui, sans doute, changea au moins au plan tactique le cours de la guerre du Pacifique.


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