Notre petite revue, gratuite et indĂ©pendante, fait du bruit grĂące Ă  vous ! Soutenez-nous, car mĂȘme les petites Ă©tincelles peuvent allumer de grandes idĂ©es🚀 Soutenir!

Colonel Lotfi, " Ces mercenaires ont ruiné l'Algérie" dit-il à Ferhat Abbes en parlant de ceux qui visaient le pouvoir aprÚs l'independance

La RĂ©daction


Benali Dghine BoudghĂšne (en arabe ŰŻŰșين ŰšÙ† Űčلي ŰšÙˆŰŻŰșن) connu sous le nom du Colonel Lotfi, nĂ© le dans l'ouest de l’AlgĂ©rie, fils de Abdelkrim dit « Abdellah Dghine » (descendant de la famille turque BoudghĂšne al-Istanbuli), employĂ© de mairie et de Mansouria Lokbani. À la mort de sa mĂšre, il est Ă©levĂ© par la seconde Ă©pouse de son pĂšre, une europĂ©enne convertie Ă  l'Islam dite Hadja Zohra. Il grandit dans l’AllĂ©e des Sources du quartier d'El KalaĂą de Tlemcen. Pour mĂ©moire, cette rue de moins de 100 mĂštres a donnĂ© plus de vingt Chahids (RĂ©fĂ©rences ?). C’Ă©taient non seulement des voisins de Benali, mais des amis et plus tard des compagnons d’armes. Il effectue ses Ă©tudes primaires dans sa ville natale de Tlemcen et obtient le certificat d’Ă©tudes primaires en 1948. Parti au Maroc pour poursuivre ses Ă©tudes secondaires, il revient au bout d’une annĂ©e Ă  Tlemcen pour rejoindre l'Ă©cole franco-musulmane oĂč il commence Ă  se forger son esprit rĂ©volutionnaire Ă  travers ses lectures mais aussi ses discussions politiques avec son entourage. Rapidement, il cherche Ă  Ă©tablir des contacts avec les militants des mouvements nationalistes, pour mieux s’imprĂ©gner des idĂ©es et des projections patriotes.

Tout pour lui a Ă©tĂ© d’une trĂšs grande rapiditĂ©, qui dĂ©notait une maturitĂ© prĂ©coce et une volontĂ© d’engagement nationaliste chez ce jeune militant.

En octobre 1955, alors qu’il n’a que 21 ans il s’engage dans les rangs militaire de l'ALN dans la Wilaya V. Alors reprĂ©sentĂ© par Larbi Ben M'hidi et Abdelhafid Boussouf, il occupe le poste d'adjoint particulier du Commandant Si Djaber. Il sera ensuite amenĂ© Ă  s’occuper de la section de Tlemcen et Sebdou et Ă  installer les cellules clandestines du FLN naissant.

RepĂ©rĂ© pour son intelligence et son sens de l’organisation, il est dĂ©signĂ© dĂšs 1956 pour un travail de structuration des rĂ©seaux de fedayins dans toute l'Oranie, dans une conjoncture marquĂ©e par l’intensification de la lutte armĂ©e, dĂ©cidĂ©e par le commandement de la RĂ©volution. DĂšs la fin des travaux du congrĂšs de la Soummam du 20 aoĂ»t 1956, auxquels les reprĂ©sentants de l'Oranie ont eu une part active, grĂące Ă  la prĂ©sence de Larbi Ben M'hidi qui en Ă©tait l’un des principaux animateurs, Si Brahim, c’Ă©tait son premier nom de guerre, se porte volontaire pour diriger les opĂ©rations militaires dans le Sud et mĂšne plusieurs batailles dĂ©cisives qui se solderont par de lourdes pertes dans les rangs de l’ennemi.

Il ne sera, toutefois, promu au grade de capitaine et chef de zone qu’en janvier 1957. Son ascension se fera de plus en plus rapide, en devenant commandant de la zone d'Aflou sous le nom de Lotfi, et membre du Conseil de direction de la Wilaya V.

En mai 1958, Lotfi est promu au grade de Colonel et dĂ©signĂ© Ă  la tĂȘte de la Wilaya V comme Commandant. Historiquement ce fut le plus jeune Colonel de la guerre de LibĂ©ration. Cette pĂ©riode est marquĂ©e par l'intensification des opĂ©rations françaises contre les maquis, et surtout par la construction des lignes Challe et Morice aux frontiĂšres est et ouest, visant essentiellement Ă  empĂȘcher l'acheminement des armes pour les maquis Ă  travers les frontiĂšres tunisiennes et marocaines. Ce qui devait alourdir la responsabilitĂ© du Colonel Lotfi, et l'obliger Ă  redoubler d’effort pour contrer ce blocus infernal tout en veillant Ă  la poursuite du combat.

Au dĂ©but de 1960, il assiste aux travaux du Conseil national de la RĂ©volution algĂ©rienne (CNRA) tenus Ă  Tripoli. À son retour dans le maquis, il est pris dans un traquenard dans les montagnes de BĂ©char aux cĂŽtĂ©s de son plus fidĂšle Lieutenant le TlemcĂ©nien (Louedj Mohammed) dit "Le Commandant Ferradj". Ces deux moudjahidines accompagnĂ©s de leurs frĂšres d'armes Aissa Benaroussi, Cheikh Zaoui et Brik Ahmed. Lotfi et Ferradj ont rejoint le maquis pour affronter une grosse armada de l'armĂ©e coloniale qui avait dĂ©jĂ  mis sa machine de guerre en marche, oĂč l’ennemi dĂ©ploie une artillerie trĂšs lourde pour encercler toute la Wilaya V. Ils sont tous mort dans le maquis Ă  l'exception d'Aissa Benaroussi gravement blessĂ© dans le combat puis emprisonnĂ© par l'armĂ©e coloniale. C’Ă©tait le 27 mars 1960 Ă  Djebel BĂ©char. Il ne restait pourtant plus que deux ans pour la signature des accords du cessez-le-feu en mars 1962. Le Colonel Othmane prit le relais Ă  la tĂȘte de la Wilaya V jusqu'Ă  l'indĂ©pendance de l'AlgĂ©rie.

Sur le plan politique, le Colonel Lotfi est surtout connu pour sa loyautĂ© exemplaire, son intĂ©gritĂ© et sa perspicacitĂ©. Il s’est trĂšs vite dĂ©marquĂ© des querelles de chapelles et autres « intrigues politiciennes » qui Ă©maillaient les conclaves auxquels il avait eu l’occasion d’assister, Ă  Tunis, au Caire et enfin Ă  Tripoli. Il est mĂȘme allĂ© jusqu’Ă  dĂ©noncer, auprĂšs de Ferhat Abbas, alors prĂ©sident du GPRA, ce qu'il qualifiait de « tendances fascistes » chez certains chefs militaires sans les dĂ©signer, qui, selon ses termes, «rĂȘvent d’ĂȘtre des sultans au pouvoir absolu. » Plus incisif encore, il ajoutait : «DerriĂšre leurs querelles, j’aperçois un grave danger pour l'AlgĂ©rie indĂ©pendante. Ils conservent du commandement qu'ils exercent le goĂ»t du pouvoir et de l'autoritarisme. » Il prĂ©voyait en fait la guerre fratricide entre le GPRA et les wilayas qui lui Ă©taient loyales d'un cĂŽtĂ© et l'État-major gĂ©nĂ©ral de l'autre qui va Ă©clater Ă  l'annonce de l'IndĂ©pendance et prĂ©disait dans le mĂȘme temps le dĂ©sarroi du peuple qui accĂ©dait enfin Ă  la paix.

C’est Ferhat Abbas qui a notĂ© toutes les impressions du jeune colonel, dĂ©pitĂ© par la tournure prise par les Ă©vĂ©nements : « L'atmosphĂšre au sein de la DĂ©lĂ©gation extĂ©rieure, Ă©crit-il, lui faisait peur. Les luttes sourdes des colonels ne lui avaient pas Ă©chappĂ©. Il en Ă©tait Ă©pouvantĂ© : j'aime mieux mourir dans le maquis que de vivre avec ces loups. » Cette attitude chevaleresque d'un homme dĂ©vouĂ© pour sa cause, celle de sa patrie, fera de lui un symbole du martyre.

Lettre du Colonel Lotfi Ă  Ferhat Abbas .
«Notre AlgĂ©rie va Ă©chouer entre les mains des colonels, autant dire des analphabĂštes. J’ai observĂ© chez un grand nombre d’entre eux une tendance aux mĂ©thodes fascistes. Ils rĂȘvent tous d’ĂȘtre des Sultans au pouvoir absolu. DerriĂšre leurs querelles, j’aperçois un grave danger pour l’AlgĂ©rie indĂ©pendante. Ils n’ont aucune notion de la dĂ©mocratie, de la libertĂ© et de l’Ă©galitĂ© entre citoyens. Ils conserveront du commandement qu’ils exercent le goĂ»t du pouvoir et de l’autoritarisme. Que deviendra l’AlgĂ©rie entre les mains de pareils individus ? Il faut que tu fasses quelque chose pendant qu’il est encore temps… », a-t-il prĂ©dit.(Le Colonnel Lotfi s’adressant Ă  Ferhat Abbas)
 
Vous trouverez un extrait d'un texte de Ferhat Abbes sur ce lien https://www.elmesmar.fr/2021/07/semant-des-cadavres-sur-sa-route-vers.html

🔔Si vous aimez notre contenu, vous pouvez nous soutenir sur Tipeehttps://fr.tipeee.com/elmesmar đŸ€—đŸ€—

Getting Info...

Enregistrer un commentaire

Consentement Cookie
Nous utilisons des cookies đŸȘ sur ce site pour analyser le trafic, mĂ©moriser vos prĂ©fĂ©rences et optimiser votre expĂ©rience.
Oops!
It seems there is something wrong with your internet connection. Please connect to the internet and start browsing again.
AdBlock Detected!
Salut super-hĂ©ros de la navigation ! 🚀 On a dĂ©tectĂ© ton super-pouvoir anti-pubs, mais notre site a besoin de tes super-pouvoirs pour briller. 🌟 Peux-tu le mettre sur la liste blanche de ton plugin ? Ensemble, on sauve l'internet ! đŸŒđŸ’„ Merci, hĂ©ros ! 🙌 #TeamAwesome
Site is Blocked
Oops ! DĂ©solĂ© ! Ce site n'est pas disponible dans votre pays. 🌍😔
-->