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Legendes et No√ęl : p√®re Janvier, Santa Claus et le p√®re Fouettard "Hans Trott, Rupprecht"

La Rédaction

Moins connu et loin d’√™tre aussi populaire que le p√®re No√ęl, le p√®re Fouettard fait pourtant partie int√©grante de la l√©gende de la f√™te de No√ęl. Zoom sur ce personnage malheureusement aujourd’hui laiss√© aux oubliettes.

Mais qui est le père Fouettard ?

Alors qu’√† notre √©poque, la majorit√© des enfants ignorent sans doute l’existence m√™me du p√®re Fouettard, ce personnage fictif jouait un r√īle tr√®s important dans la tradition et les f√™tes de No√ęl, du dix-septi√®me jusqu’au dix-neuvi√®me si√®cle. Accompagnant Saint-Nicolas dans sa tourn√©e de distribution de jouets et de cadeaux, le p√®re Fouettard a surtout pour r√īle principal de punir les gar√ßons et les filles qui n’√©taient pas sages. Ils pouvaient ainsi les emmener dans un sac (cf. illustration).

C’est pourquoi les enfants ont une peur bleue du p√®re Fouettard. Et d’ailleurs, tout est mis en Ňďuvre pour entretenir cette crainte et cette appr√©hension, √† commencer par son apparence. En effet, cette antith√®se du p√®re No√ęl au visage tr√®s maquill√© avec sa longue barbe tant√īt noire, tant√īt rousse est particuli√®rement effrayante avec son manteau noir et ses grosses bottes ou ses sabots, sans oublier son capuchon qui laisse volontairement d√©passer deux affreuses cornes.

Pire, le p√®re Fouettard aurait m√™me une queue, un appendice qui lui fait √©trangement ressembler au diable. Sinon, pour annoncer sa pr√©sence, ce sombre personnage ne se s√©pare jamais de son redoutable fouet qu’il n’h√©site pas √† faire claquer bruyamment √† chacun de ses d√©placements, d’o√Ļ son nom. Et ces attirails ne se r√©sument pas seulement √† son fouet ou √† son martinet, mais comprennent √©galement des cha√ģnes, des grelots et des cloches.

D’o√Ļ vient la l√©gende du p√®re Fouettard ?

L’origine du p√®re Fouettard reste un myst√®re dans la mesure o√Ļ jusqu’√† aujourd’hui, personne n’a d'id√©e pr√©cise de la naissance de cette l√©gende. Les versions changent d’un pays √† un autre, m√™me si la repr√©sentation du personnage reste sensiblement la m√™me. Toutefois, le plus ancien r√©cit qui relate ses p√©rip√©ties daterait du milieu du seizi√®me si√®cle.

Plus pr√©cis√©ment, l’histoire de ce personnage qui, avec son fouet, poursuit les adolescents et les adolescentes a √©t√© invent√©e en 1552 par la corporation des tanneurs de la ville de Metz. L’objectif √©tait ici de distraire les habitants de la cit√© alors occup√©e par l’arm√©e de Charles Quint. Par la suite, les pr√©cepteurs se seraient empar√©s de cette caricature et l’auraient associ√©e √† Saint Nicolas, pour encourager les enfants √† √™tre assidus et plus s√©rieux en classe.

Toutefois, en Alsace, l’histoire est toute autre puisque le p√®re Fouettard est inspir√© de Hans Von Trotha, un chevalier m√©di√©val notamment r√©put√© pour son caract√®re tr√®s sanguinaire. Le personnage est ainsi commun√©ment appel√© "Hans Trott" dans cette r√©gion de la France. Autrement, c’est Housecker chez les Luxembourgeois, Zwarpte chez les Hollandais. Rupprecht en Allemagne, ou encore Krampus en Autriche.

C'est qui "père Janvier"?

Le P√®re Janvier √©tait l'anc√™tre du P√®re Noel dans les ann√©es 1930 Journal du Centre Dans les ann√©es 1930 en Bourgogne, c'est le P√®re Janvier qui distribuait les cadeaux le 25 d√©cembre. 
Comme tous les enfants le savent, c'est le bon vieil ami "le p√®re No√ęl" qui a distribu√© les cadeaux le 25 d√©cembre, mais dans les ann√©es 1930 encore, en Bourgogne et en particulier en Nivernais et Morvan, la tradition du P√®re Janvier √©tait encore bien ancr√©e chez les anciens (le P√®re Janvier souvent accompagn√© du P√®re Fouettard a √©t√© l'anc√™tre du P√®re No√ęl). 
Pendant la p√©riode de transition, certains enfants ont b√©n√©fici√© des largesses des deux hommes myst√©rieux. 
Dans le livre Folklore du Nivernais et du Morvan, Jean Drouillet raconte que « le 31 d√©cembre au soir, les enfants mettaient leurs souliers ou sabots aux pieds de la chemin√©e », attendant la venue du P√®re Janvier qui avait les m√™mes attributions que le P√®re No√ęl : distribuer des cadeaux en passant par la chemin√©e. Le lendemain au r√©veil ils trouvaient alors des « soldats en sucre, chats, lapins, petits J√©sus bleus ou blancs soit dans des collerettes de papier d√©coup√© soit dans des boites en carton », tout ce que l'√©talage de l'√©pici√®re du bourg pouvait pr√©senter, ainsi que l'a not√© Jules Renard. Puis commen√ßait la tourn√©e des veux. 
Les enfants, par petits groupes, se rendaient chez les parents et les voisins pour souhaiter « bonne ann√©e, bonne sant√© et le paradis √† la fin de vos jours ». Toujours selon Jean Drouillet, « rendant visite aux gens ais√©s, « gazous et gazilles » glanaient sous, drag√©es ou fruits, surtout les gar√ßons s'ils √©taient matinaux, puisque ce jour de l'An, il fallait que le premier bonjour soit donn√© par une personne de sexe masculin pour porter bonheur. » Nagu√®re selon Antoine Desforges, aux environs de Luzy, fermiers m√©tayers et ouvriers agricoles offraient un chapon √† leur propri√©taire o√Ļ √† leur patron. Ils √©taient alors retenus √† d√©jeuner et copieusement abreuv√©s. 
De bon matin, les hommes n'avaient pas manqu√©, vers Corbigny, selon Achille Millien, de fouetter la servante de la charrette pour faire venir du beau froment et vers Fl√©ty, de traire eux-m√™mes les vaches pour avoir du lait toute l'ann√©e. « Si beaucoup, note Jean Drouillet, « bibaient » un 'uf cru, ce qui les gardait de toute maladie », les femmes du Bazois, selon Achille Millien, songeaient √† la lessive qu'elles devaient faire les premiers jours de l'ann√©e pour avoir des poulets de bonne heure ».

Le c√©l√®bre saint Nicolas; P√®re No√ęl ?

Le p√®re No√ęl n'a pas toujours √©t√© ce gros bonhomme rouge et joviale √† barbe blanche. Avant que Santa Claus s'introduise dans nos chemin√©es et que son image se fixe au cours du XIX√® si√®cle, de nombreux personnage religieux ou l√©gendaires distribuaient d√©j√† des pr√©sents au enfants en p√©riode hivernale. Des saints chr√©tiens aux lutins nordiques et aux f√©es inqui√©tantes en passant par le petit J√©sus en personne, ces √™tres distributeurs de cadeaux variaient  d'une r√©gion √† l'autre mais tous ont en partie inspir√© notre p√®re No√ęl avant de s'effacer devant son succ√®s. 

Certains folkloristes n'h√©sitent pas non plus √† voir de lointains anc√™tres du p√®re No√ęl dans quelques divinit√©s pa√Įenne qui r√©compensaient les bienfaiteurs su solstice d'hiver. Parmi elles, le dieu celte Gargan, avec sa hotte, fait un bon candidat, tout comme Odin, divinit√© scandinave parcourant les cieux sur son cheval √† huit pattes. Les origines du p√®re No√ęl remonte donc √† plusieurs si√®cles, mais la diversit√© de ses "anc√™tres" rend difficile une "g√©n√©alogie" pr√©cise. De toutes ces figures donatrices √† travers l'Histoire et les pays, en voici quelques-unes parmi celles qui influenc√®rent le plus de personnages et la l√©gende du p√®re No√ęl.

En Allemagne, avant que les enfants ne re√ßoivent leurs cadeaux de la part du p√®re No√ęl, cette fonction √©tait d√©volue √† Frau Holle au nord, et a Berchta au sud, deux f√©es vivant recluses dans une montagne et parcourant les foyers en hiver. 
En Suède, c'est un lutin à barbe blanche, le Jultomte, qui distribuait les cadeaux. En Suisse et en Savoie, le père Chaande visita les enfants jusqu'au XXè siècle, tandis que la Befana s'occupait de l'Italie et la Tante Arié de la Franche-Comté. Suite à la Réforme protestante, c'est le Christkindeln "l'Enfant Jésus" qui remplit cette fonction en Allemagne à la place de saint Nicolas "SinterKlaas".

En 1822, un th√©ologien New-yorkais du nom de Cl√©ment Clarke Moore s'inspira de la l√©gende de Sinterklaas  et d'autres l√©gendes pour composer un po√®me intitul√© " A visit from Saint Nicolas " paru dans le journal local The Sentinel le 23 d√©cembre. Dans cette oeuvre, Moore mettait en sc√®ne saint Nicolas, devenu Santa Claus, sous les traits d'un lutin jovial √† la barbe blanche allant de chemin√©e en chemin√©e pour distribuer ses pr√©sents, sorte de m√©tissage entre les diff√©rents personnages l√©gendaires export√©s par chaque communaut√©. C'en √©tait fini du p√®re Fouettard, de l'√Ęne et de la mitre du saint homme, place au tra√ģneau et au bonnet rouge : l'image la√Įcis√©e et d√©finitive du p√®re No√ęl se dessine. Le po√®me connut un tel succ√®s, chacun y reconnaissant un personnage familier mais plus amical, qu'il fut mainte fois √©dit√© et illustr√© au cours des d√©cennies qui suivirent. 

En 1837, le dessinateur Robert Weir repr√©senta Santa Claus tout de rouge v√™tu et chauss√© de larges bottes noires. En 1863, Thomas Nast, illustrateur d'un journal new-yorkais, accompagna le po√®me d'un dessin le repr√©sentant sous une forme plus humaine et, en 1885, il √©tablit son atelier au p√īle Nord. Jusqu'en 1886, Nast fut charg√© d'illustrer chaque article relatif aux festivit√©s de fin d'ann√©e, construisant petit √† petit le personnage dodu au manteau rouge et blanc que nous connaissons. Les principaux attribut de notre p√®re No√ęl se fix√®rent ainsi au cours du XIX√® si√®cle au gr√© de l'imagination des √©crivains et illustrateurs qui lui enlev√®rent tout caract√®re religieux et particip√®rent √† la construction d'un mythe. 

En 1831, Coca-Cola n'a fait que reprendre un personnage d√©j√† populaire et √† l'apparence fig√©e depuis la fin du XIX√® si√®cle pour promouvoir sa boisson aupr√®s des plus jeunes. La c√©l√®bre marque diffusa ainsi l'image de Santa Claus : l'h√©ritier de saint Nicolas fut de nouveau export, mais vers l'Europe cette fois. Progressivement, tous les personnages folkloriques distributeurs de cadeaux s'effac√®rent devant cette figure. Apr√®s la seconde guerre mondiale, la soci√©t√© de consommation r√©pandit cette image dans le monde entier et fit du p√®re No√ęl un personnage interculturel. D'un saint chr√©tien patron des enfant, les √©crivains et dessinateurs am√©ricains du XIX si√®cle sont pass√© √† un personnage la√Įque et jovial, finalement devenu symbole de la soci√©t√© de consommation. Entre sacr√© et profane, foi et marketing, l'histoire du p√®re No√ęl ne s'est pas √©crit en un jour. 

Sources: Festno√ęl, Stephane ,Giova35 Eklablog... internet

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