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vendredi 1 janvier 2021

Legendes et Noël : père Janvier, Santa Claus et le père Fouettard "Hans Trott, Rupprecht"

Moins connu et loin d’être aussi populaire que le père Noël, le père Fouettard fait pourtant partie intégrante de la légende de la fête de Noël. Zoom sur ce personnage malheureusement aujourd’hui laissé aux oubliettes.

Mais qui est le père Fouettard ?

Alors qu’à notre époque, la majorité des enfants ignorent sans doute l’existence même du père Fouettard, ce personnage fictif jouait un rôle très important dans la tradition et les fêtes de Noël, du dix-septième jusqu’au dix-neuvième siècle. Accompagnant Saint-Nicolas dans sa tournée de distribution de jouets et de cadeaux, le père Fouettard a surtout pour rôle principal de punir les garçons et les filles qui n’étaient pas sages. Ils pouvaient ainsi les emmener dans un sac (cf. illustration).

C’est pourquoi les enfants ont une peur bleue du père Fouettard. Et d’ailleurs, tout est mis en œuvre pour entretenir cette crainte et cette appréhension, à commencer par son apparence. En effet, cette antithèse du père Noël au visage très maquillé avec sa longue barbe tantôt noire, tantôt rousse est particulièrement effrayante avec son manteau noir et ses grosses bottes ou ses sabots, sans oublier son capuchon qui laisse volontairement dépasser deux affreuses cornes.

Pire, le père Fouettard aurait même une queue, un appendice qui lui fait étrangement ressembler au diable. Sinon, pour annoncer sa présence, ce sombre personnage ne se sépare jamais de son redoutable fouet qu’il n’hésite pas à faire claquer bruyamment à chacun de ses déplacements, d’où son nom. Et ces attirails ne se résument pas seulement à son fouet ou à son martinet, mais comprennent également des chaînes, des grelots et des cloches.

D’où vient la légende du père Fouettard ?

L’origine du père Fouettard reste un mystère dans la mesure où jusqu’à aujourd’hui, personne n’a d'idée précise de la naissance de cette légende. Les versions changent d’un pays à un autre, même si la représentation du personnage reste sensiblement la même. Toutefois, le plus ancien récit qui relate ses péripéties daterait du milieu du seizième siècle.

Plus précisément, l’histoire de ce personnage qui, avec son fouet, poursuit les adolescents et les adolescentes a été inventée en 1552 par la corporation des tanneurs de la ville de Metz. L’objectif était ici de distraire les habitants de la cité alors occupée par l’armée de Charles Quint. Par la suite, les précepteurs se seraient emparés de cette caricature et l’auraient associée à Saint Nicolas, pour encourager les enfants à être assidus et plus sérieux en classe.

Toutefois, en Alsace, l’histoire est toute autre puisque le père Fouettard est inspiré de Hans Von Trotha, un chevalier médiéval notamment réputé pour son caractère très sanguinaire. Le personnage est ainsi communément appelé "Hans Trott" dans cette région de la France. Autrement, c’est Housecker chez les Luxembourgeois, Zwarpte chez les Hollandais. Rupprecht en Allemagne, ou encore Krampus en Autriche.

C'est qui "père Janvier"?

Le Père Janvier était l'ancêtre du Père Noel dans les années 1930 Journal du Centre Dans les années 1930 en Bourgogne, c'est le Père Janvier qui distribuait les cadeaux le 25 décembre. 
Comme tous les enfants le savent, c'est le bon vieil ami "le père Noël" qui a distribué les cadeaux le 25 décembre, mais dans les années 1930 encore, en Bourgogne et en particulier en Nivernais et Morvan, la tradition du Père Janvier était encore bien ancrée chez les anciens (le Père Janvier souvent accompagné du Père Fouettard a été l'ancêtre du Père Noël). 
Pendant la période de transition, certains enfants ont bénéficié des largesses des deux hommes mystérieux. 
Dans le livre Folklore du Nivernais et du Morvan, Jean Drouillet raconte que « le 31 décembre au soir, les enfants mettaient leurs souliers ou sabots aux pieds de la cheminée », attendant la venue du Père Janvier qui avait les mêmes attributions que le Père Noël : distribuer des cadeaux en passant par la cheminée. Le lendemain au réveil ils trouvaient alors des « soldats en sucre, chats, lapins, petits Jésus bleus ou blancs soit dans des collerettes de papier découpé soit dans des boites en carton », tout ce que l'étalage de l'épicière du bourg pouvait présenter, ainsi que l'a noté Jules Renard. Puis commençait la tournée des veux. 
Les enfants, par petits groupes, se rendaient chez les parents et les voisins pour souhaiter « bonne année, bonne santé et le paradis à la fin de vos jours ». Toujours selon Jean Drouillet, « rendant visite aux gens aisés, « gazous et gazilles » glanaient sous, dragées ou fruits, surtout les garçons s'ils étaient matinaux, puisque ce jour de l'An, il fallait que le premier bonjour soit donné par une personne de sexe masculin pour porter bonheur. » Naguère selon Antoine Desforges, aux environs de Luzy, fermiers métayers et ouvriers agricoles offraient un chapon à leur propriétaire où à leur patron. Ils étaient alors retenus à déjeuner et copieusement abreuvés. 
De bon matin, les hommes n'avaient pas manqué, vers Corbigny, selon Achille Millien, de fouetter la servante de la charrette pour faire venir du beau froment et vers Fléty, de traire eux-mêmes les vaches pour avoir du lait toute l'année. « Si beaucoup, note Jean Drouillet, « bibaient » un 'uf cru, ce qui les gardait de toute maladie », les femmes du Bazois, selon Achille Millien, songeaient à la lessive qu'elles devaient faire les premiers jours de l'année pour avoir des poulets de bonne heure ».

Le célèbre saint Nicolas; Père Noël ?

Le père Noël n'a pas toujours été ce gros bonhomme rouge et joviale à barbe blanche. Avant que Santa Claus s'introduise dans nos cheminées et que son image se fixe au cours du XIXè siècle, de nombreux personnage religieux ou légendaires distribuaient déjà des présents au enfants en période hivernale. Des saints chrétiens aux lutins nordiques et aux fées inquiétantes en passant par le petit Jésus en personne, ces êtres distributeurs de cadeaux variaient  d'une région à l'autre mais tous ont en partie inspiré notre père Noël avant de s'effacer devant son succès. 

Certains folkloristes n'hésitent pas non plus à voir de lointains ancêtres du père Noël dans quelques divinités païenne qui récompensaient les bienfaiteurs su solstice d'hiver. Parmi elles, le dieu celte Gargan, avec sa hotte, fait un bon candidat, tout comme Odin, divinité scandinave parcourant les cieux sur son cheval à huit pattes. Les origines du père Noël remonte donc à plusieurs siècles, mais la diversité de ses "ancêtres" rend difficile une "généalogie" précise. De toutes ces figures donatrices à travers l'Histoire et les pays, en voici quelques-unes parmi celles qui influencèrent le plus de personnages et la légende du père Noël.

En Allemagne, avant que les enfants ne reçoivent leurs cadeaux de la part du père Noël, cette fonction était dévolue à Frau Holle au nord, et a Berchta au sud, deux fées vivant recluses dans une montagne et parcourant les foyers en hiver. 
En Suède, c'est un lutin à barbe blanche, le Jultomte, qui distribuait les cadeaux. En Suisse et en Savoie, le père Chaande visita les enfants jusqu'au XXè siècle, tandis que la Befana s'occupait de l'Italie et la Tante Arié de la Franche-Comté. Suite à la Réforme protestante, c'est le Christkindeln "l'Enfant Jésus" qui remplit cette fonction en Allemagne à la place de saint Nicolas "SinterKlaas".

En 1822, un théologien New-yorkais du nom de Clément Clarke Moore s'inspira de la légende de Sinterklaas  et d'autres légendes pour composer un poème intitulé " A visit from Saint Nicolas " paru dans le journal local The Sentinel le 23 décembre. Dans cette oeuvre, Moore mettait en scène saint Nicolas, devenu Santa Claus, sous les traits d'un lutin jovial à la barbe blanche allant de cheminée en cheminée pour distribuer ses présents, sorte de métissage entre les différents personnages légendaires exportés par chaque communauté. C'en était fini du père Fouettard, de l'âne et de la mitre du saint homme, place au traîneau et au bonnet rouge : l'image laïcisée et définitive du père Noël se dessine. Le poème connut un tel succès, chacun y reconnaissant un personnage familier mais plus amical, qu'il fut mainte fois édité et illustré au cours des décennies qui suivirent. 

En 1837, le dessinateur Robert Weir représenta Santa Claus tout de rouge vêtu et chaussé de larges bottes noires. En 1863, Thomas Nast, illustrateur d'un journal new-yorkais, accompagna le poème d'un dessin le représentant sous une forme plus humaine et, en 1885, il établit son atelier au pôle Nord. Jusqu'en 1886, Nast fut chargé d'illustrer chaque article relatif aux festivités de fin d'année, construisant petit à petit le personnage dodu au manteau rouge et blanc que nous connaissons. Les principaux attribut de notre père Noël se fixèrent ainsi au cours du XIXè siècle au gré de l'imagination des écrivains et illustrateurs qui lui enlevèrent tout caractère religieux et participèrent à la construction d'un mythe. 

En 1831, Coca-Cola n'a fait que reprendre un personnage déjà populaire et à l'apparence figée depuis la fin du XIXè siècle pour promouvoir sa boisson auprès des plus jeunes. La célèbre marque diffusa ainsi l'image de Santa Claus : l'héritier de saint Nicolas fut de nouveau export, mais vers l'Europe cette fois. Progressivement, tous les personnages folkloriques distributeurs de cadeaux s'effacèrent devant cette figure. Après la seconde guerre mondiale, la société de consommation répandit cette image dans le monde entier et fit du père Noël un personnage interculturel. D'un saint chrétien patron des enfant, les écrivains et dessinateurs américains du XIX siècle sont passé à un personnage laïque et jovial, finalement devenu symbole de la société de consommation. Entre sacré et profane, foi et marketing, l'histoire du père Noël ne s'est pas écrit en un jour

Sources: Festnoël, Stephane ,Giova35 Eklablog... inyernet

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