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Comment un seul homme sauva une armée- 507 AVANT J.-C.

La Rédaction
Comment un seul homme sauva une arm√©e- 507 AVANT J.-C. 
Charlotte Mary YONGE,

Il y a eu des moments o√Ļ le d√©vouement d’un seul homme a sauv√© toute une arm√©e. D’apr√®s les anciennes histoires romaines, l’action d’Horatius Cocl√®s √©tait du nombre. C’√©tait en l’ann√©e 507 avant J.-C., peu apr√®s que les rois furent chass√©s de Rome, lorsqu’ils cherchaient √† y rentrer √† l’aide des √Čtrusques. Lars Porsenna, un des grands chefs √©trusques, avait embrass√© la cause du banni Tarquin le Superbe et de son fils Sextus, et il rassembla toutes ses forces pour s’avancer contre Rome. Les grandes murailles de la vieille architecture √©trurienne s’√©levaient d√©j√† probablement autour de la cit√© et de tous les environs. La population vint s’y abriter en foule mais le Tibre √©tait la meilleure d√©fense ; on ne pouvait le traverser que sur un pont de bois, dont l’extr√©mit√© √©tait d√©fendue par un fort appel√© le Janicule. Cependant l’avant-garde de l’arm√©e √©trusque prit bient√īt le fort. Alors, comme le dit √©loquemment la ballade de lord Macaulay :

« Dans tout le s√©nat il n’y avait cŇďur si hardi qui ne battit bien fort et ne souffrit am√®rement, quand on vint annoncer cette mauvaise nouvelle ; le consul se leva alors, tous les p√®res se lev√®rent, ils se ceignirent en toute h√Ęte et se dirig√®rent vers la muraille.

« Debout, ils tinrent conseil devant la porte de la rivi√®re ; le temps √©tait court, comme vous pouvez penser, pour r√©fl√©chir ou discuter. Le consul parla nettement : “Il faut que le pont soit abattu, puisque le Janicule est perdu ; il n’y a que ce moyen de sauver la ville.”

« Mais bient√īt un √©claireur accourut en criant, √©perdu de terreur et de h√Ęte : “Aux armes ! aux armes ! seigneur consul ! Lars Porsenna est ici !” Le consul fixa les yeux sur les collines de l’occident, et vit un nuage de poussi√®re noire qui s’√©levait rapidement vers le ciel.

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
« Mais le front du consul √©tait triste, le consul parlait bas ; il regardait le mur d’un air sombre, et d’un air sombre il regardait l’ennemi : “L’avant-garde sera sur nous avant que le pont soit abattu ; et s’ils emportent une fois le pont, quel espoir reste-t-il de sauver la ville ?”

« Alors parla le brave Horatius, le capitaine de la porte : “T√īt ou tard la mort arrive √† tout homme sur la terre, et comment mourir mieux qu’en affrontant un danger terrible pour les cendres de ses p√®res et l’autel de ses dieux ?

« “Pour la tendre m√®re qui nous a endormi dans ses bras, et pour la femme qui nourrit nos enfants √† son sein ? Et pour les vierges saintes qui alimentent le feu sacr√© ? il faut les prot√©ger contre le perfide Sextus, celui qui a commis une action inf√Ęme.

« “Abattez le pont, seigneur consul, le plus vite que vous pourrez ; moi et deux autres qui m’aideront nous tiendrons l’ennemi en respect : dans ce passage √©troit, il est ais√© √† trois hommes d’en arr√™ter mille ; maintenant, qui veut se tenir √† mes c√īt√©s et garder le pont avec moi ?” »

« Alors parla Spurius Lartius ; c’√©tait un fier Ramnien : “Voici, je me tiendrai √† ta main droite, dit-il, et je d√©fendrai le pont avec toi. » Puis s’√©cria le brave Herminius, du sang des Titus : “Je me tiendrai √† ta gauche et je garderai le pont avec toi.” »

Ces trois braves sortirent donc : Horatius, le neveu du consul, Spurius Lartius et Titus Herminius, pour garder le bout du pont, tandis que tout le reste des guerriers rompait les poutres derrière eux.

« Et les p√®res, m√™l√©s avec le vulgaire, saisirent la hache, les pieux et les pioches, pour frapper sur les planches en dessus et les d√©tacher en dessous.

« Cependant l’arm√©e toscane, glorieuse √† contempler, arrivait √©tincelante, refl√©tant l’√©clat de midi, rang apr√®s rang, comme les vagues scintillantes d’une vaste mer dor√©e. Quatre cents trompettes sonnaient un appel guerrier et joyeux, comme cette grande arm√©e d’un pas r√©gulier s’avan√ßait les lances en arr√™t et les enseignes d√©ploy√©es, se d√©roulant lentement vers la t√™te du pont, o√Ļ attendaient les trois braves guerriers.

« Tous trois restaient calmes et silencieux en regardant l’ennemi : un grand √©clat de rire partit des rangs de l’avant-garde. »

Ils riaient de voir trois hommes charg√©s d’affronter toute une arm√©e ; mais l’espace √©tait si √©troit, que trois ennemis seulement pouvaient les attaquer √† la fois, et il √©tait difficile de trouver leurs pareils. Ennemi apr√®s ennemi vint les assaillir, tous tombaient devant leurs lances et leurs √©p√©es, jusqu’√† ce qu’enfin :

« Il n’y eut plus personne qui voul√Ľt continuer un si dangereux assaut. Ceux de derri√®re criaient : “En avant !” mais ceux qui √©taient en avant criaient : “En arri√®re !” »

Cependant les supports du pont étaient rompus.

« Dans l’intervalle, la hache et le levier avaient vigoureusement travaill√©, et maintenant le pont restait suspendu sur les flots bouillonnants. “Reviens ! reviens, Horatius !” criaient ensemble tous les p√®res. “Reviens, Lartius ! reviens, Herminius ! revenez avant que le pont s’√©croule !”

« Spurius Lartius s’√©lan√ßa en arri√®re ; Herminius s’√©lan√ßa comme lui, et, comme ils passaient, sous leurs pieds ils entendirent craquer les poutres ; mais quand ils se retourn√®rent, lorsqu’ils furent sur l’autre rive et qu’ils virent le brave Horatius rest√© seul, ils eussent voulu repasser le pont.

« Mais, au m√™me instant, avec le bruit du tonnerre, toutes les poutres d√©tach√©es s’√©croul√®rent, et, comme une digue, les vastes ruines encombr√®rent le cours du fleuve. Un long cri de triomphe s’√©leva des murs de Rome, lorsque les tours les plus √©lev√©es furent arros√©es d’une √©cume jaun√Ętre ! »

Le seul champion de Rome, derri√®re son rempart de morts, resta √† son poste jusqu’√† ce que la ruine f√Ľt compl√®te.

« Le brave Horatius restait seul, son √Ęme √©tait in√©branlable, trois fois trente mille ennemis en face du lui, et le large fleuve derri√®re. »

Un dard lui avait crev√© un Ňďil, il √©tait bless√© √† la cuisse ; son Ňďuvre √©tait finie, il se retourna.

« Il vit sur le Palatin le portique blanc de sa maison, et il parla au noble fleuve qui coule sous les murs de Rome : “√Ē Tibre, Tibre, mon p√®re, toi que prient les Romains, je te confie aujourd’hui la vie et les armes d’un Romain. »

Apr√®s cette courte pri√®re, il se jeta dans le fleuve √©cumant. On raconta √† Polybe qu’il avait √©t√© noy√©, mais la ballade adopte la version de Tite-Live :

« Le courant √©tait rapide, il √©tait gonfl√© par la pluie de plusieurs mois ; le sang d’Horatius s’√©coulait √† grands flots, et il souffrait cruellement. Son armure √©tait pesante, il √©tait las d’√©changer des coups ; bien des fois ils le crurent perdu, mais il reparaissait toujours.

« Jamais, je crois, un nageur, dans une situation si funeste, ne lutta avec des flots si furieux jusqu’√† la rive secourable ; mais le brave cŇďur portait courageusement les membres, et notre bon p√®re le Tibre soutenait fermement son menton.

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« Et maintenant il sent le fond ; il se retrouve sur la terre ferme, les p√®res se pressent autour de lui pour toucher ses mains sanglantes. Et maintenant, avec des cris de joie, des battements de mains et des larmes abondantes, il entre par la porte de la rivi√®re, port√© par la foule joyeuse.

« Ils lui donn√®rent des terres √† bl√© appartenant au domaine public, autant que deux bŇďufs robustes pourraient labourer du matin au soir. Et ils firent une statue de fonte et la mirent haut √©lev√©e : elle est l√† encore aujourd’hui, pour rendre t√©moignage si j’ai menti.

« Elle est l√† sur le Forum, et tout le monde peut la voir : Horatius avec ses armes, appuy√© sur son genou ; et en bas il est √©crit, en lettres d’or, comment il a vaillamment d√©fendu le pont dans les braves jours d’autrefois. »

Jamais il n’y eut de surnom plus glorieux que le sien, Cocl√®s ou le Borgne ; et bien que son infirmit√© l’emp√™ch√Ęt de devenir consul, ou de conduire les arm√©es, il √©tait tellement aim√© et honor√© par ses concitoyens, qu’au moment d’une famine, chaque Romain, et ils √©taient 300 000, lui apporta la nourriture d’une journ√©e, de peur qu’il ne souffrit du besoin. La statue existait encore du temps de Pline, 600 ans apr√®s, et ne fut probablement d√©truite que lors du sac de Rome par les Barbares.

Le pont de Rome ne fut pas le seul d√©fendu par un homme contre une arm√©e enti√®re. En Angleterre, le pont de Stamford fut gard√© de la m√™me mani√®re par un brave Norv√©gien, apr√®s la bataille livr√©e en 1066 par le comte Tostig, fils de Godwin, qui avait persuad√© au vaillant Harald-Hardrade, le roi de la mer, d’envahir le pays. Harold, le roi √©lu par la nation anglaise, s’√©tait avanc√© en toute h√Ęte du comt√© de Sussex jusque dans le comt√© d’York, et il avait rencontr√© les ennemis marchant √† leur aise, ne s’attendant √† aucune r√©sistance. Ils avaient d√©pos√© leurs armures d√©fensives et se pr√©paraient √† recevoir les clefs de la ville d’York. Les Norv√©giens se battirent avec le sentiment que la bataille √©tait perdue. La banni√®re « landwaster » (destructeur des terres) fut plant√©e au milieu d’eux, et, comme un vaillant m√©nestrel qu’il √©tait, le roi, chantant pour la derni√®re fois, se pla√ßa dessous avec ses meilleurs guerriers en un cercle de mort. Il mourut l√† et tous ses meilleurs soldats avec lui ; mais un grand nombre prirent la fuite par le petit pont, qui permettait seul de traverser la rivi√®re Ouse. L√† se tint leur d√©fenseur, seul sur le pont, repoussant toute l’arm√©e anglaise dont les guerriers ne pouvaient l’attaquer que l’un apr√®s l’autre ; enfin, soit dit √† sa honte, un perfide ennemi se glissa le long de la rivi√®re, passa sous le pont, et fourrant sa lance entre les planches, il blessa mortellement le brave Norv√©gien, qu’il r√©ussit √† pr√©cipiter dans la rivi√®re ; mais un grand nombre de ses compatriotes avaient d√Ľ la vie √† sa bravoure, qui leur avait donn√© le temps de regagner les vaisseaux.

De m√™me, Robert Bruce, dans le temps de ses malheurs, en 1306, sauva toute sa troupe par la seule force de son bras. Il avait √©t√© battu √† Methven par les gens d’√Čdouard Ier, et il avait perdu un grand nombre de ses amis. Sa petite arm√©e errait dans les montagnes, campant parfois dans les bois, ou traversant les lacs dans de petites barques. Ils avaient avec eux beaucoup de femmes. En √©t√©, leur vie avait un certain charme romanesque ; les chevaleresques chasseurs apportaient les saumons, les chevreuils et les daims, qui formaient leur nourriture ; les dames cueillaient la bruy√®re en fleur, qu’on recouvrait ensuite de peaux pour servir de lits. Sir James Douglas √©tait le chevalier le plus courtois et le plus aimable de toute la troupe, et les √©gayait tous par son caract√®re joyeux et son esprit f√©cond. Le roi lui-m√™me emportait partout avec lui quelques pr√©cieux romans, qu’il lisait tout haut √† ses amis pendant qu’ils se reposaient dans leur retraite montagneuse.

Mais leur ennemi jur√©, le lord de Lorn, √©tait toujours √† leur poursuite, et, vers la t√™te du Tay, il atteignit cette petite arm√©e de 300 hommes avec 1 000 soldats des hautes terres, arm√©s de haches du Lochaber ; c’√©tait dans un endroit qu’on appelle encore Dalry ou le Champ du roi. Un grand nombre de chevaux re√ßurent des coups de hache ; James Douglas et Gilbert de la Haye furent tous deux bless√©s. Tout le monde e√Ľt √©t√© tu√© ou fait prisonnier, si Robert Bruce n’avait fait retirer tout ce qui lui restait de troupes par un sentier √©troit et raide, se pla√ßant lui-m√™me en travers du chemin sur son pesant cheval, avec sa lourde armure, pour prot√©ger la retraite √† lui tout seul. Il est vrai qu’un homme si grand et si fort, √† cheval et rev√™tu d’une armure, avait un grand avantage contre les sauvages soldats des hautes terres, couverts d’une chemise et d’un plaid et portant seulement un bouclier rond au bras gauche ; mais c’√©taient des hommes agiles, robustes, au pied s√Ľr, en √©tat de grimper comme des ch√®vres sur les rochers qui l’entouraient et faisant aussi peu de cas que lui de leur vie.

Lorn, qui regardait le combat d’une certaine distance, fut confondu d’admiration et s’√©cria : « Marthokson, il ressemble √† Gol Mak Morn prot√©geant ses soldats contre Fingal », comparant ainsi le roi √† l’un des guerriers les plus brillants que p√Ľt concevoir l’imagination √©cossaise. Enfin trois hommes, les MacAndrosser, s’√©lanc√®rent en avant, r√©solus √† d√©livrer leur chef de ce redoutable ennemi. D’un c√īt√© s’√©tendait un lac, et de l’autre un pr√©cipice, en sorte que le roi avait √† peine la place de manier son cheval, lorsqu’ils saut√®rent sur lui tous les trois √† la fois. L’un saisit sa bride, un autre s’empara de sa jambe et de son √©trier, et le troisi√®me, s’√©lan√ßant d’une petite √©minence, sauta √† cheval derri√®re lui. Le premier eut le bras abattu d’un coup de l’√©p√©e du roi, le second fut renvers√© et foul√© aux pieds, enfin le dernier, apr√®s une lutte d√©sesp√©r√©e, fut lanc√© contre terre, le cr√Ęne fendu par l’√©p√©e du roi ; mais sa main mourante s’√©tait tellement crisp√©e sur le plaid de Bruce qu’il fut oblig√© de d√©tacher la broche qui le retenait et de laisser l’un et l’autre dans l’√©treinte du mourant. Les MacDougals de Lorn conserv√®rent longtemps ce troph√©e, en souvenir du p√©ril de leur ennemi.

Nous ne pouvons quitter Robert Bruce sans citer cette autre action h√©ro√Įque, plus noble encore, parce qu’elle √©tait plus mis√©ricordieuse, lorsqu’en Irlande il arr√™ta sa petite arm√©e, en pleine retraite, en face de l’arm√©e ennemie sous les ordres de sir Roger Mortimer, afin qu’on p√Ľt donner les soins convenables √† une pauvre blanchisseuse malade et √† son petit enfant qui venait de na√ģtre. Son vieux chroniqueur √©cossais pouvait bien dire dans ses vers :
C’√©tait une grande courtoisie de la part d’un roi si puissant, que d’arr√™ter ses hommes en cette fa√ßon pour une pauvre lavandi√®re. »
Nous avons vu comment le vaillant Romain avait combattu pour sa cit√©, comment le farouche Norv√©gien √©tait mort pour prot√©ger le retour de ses camarades √† leur vaisseau apr√®s la perte de la bataille ; enfin, comment le chevaleresque Bruce, sous son armure, avait brav√© le p√©ril pour assurer la retraite de ses amis. Citons un exemple emprunt√© √† un temps bien plus rapproch√© de nous d’un soldat qui sauva une arm√©e enti√®re par le sacrifice volontaire de sa vie. C’√©tait dans le cours de la cruelle lutte, appel√©e la guerre de Sept Ans, entre Fr√©d√©ric le Grand, roi de Prusse, et Marie-Th√©r√®se d’Autriche. Le roi de France, Louis XV, avait pris parti pour l’Autriche et envoya une arm√©e en Allemagne dans l’automne de 1760. On en avait d√©tach√© le marquis de Castries, avec 25 000 hommes, dans la direction de Rheinberg, et il avait pris une forte position √† Clostercamp. Dans la nuit du 15 octobre, un jeune officier du r√©giment d’Auvergne, appel√© le chevalier d’Assas, fut envoy√© en reconnaissance et s’avan√ßa seul dans un bois, √† quelque distance de ses hommes. Tout d’un coup, il se trouva entour√© d’un certain nombre de soldats dont les ba√Įonnettes touchaient sa poitrine, et une voix murmura √† son oreille : « Si tu bouges, tu es mort ! » √Ä l’instant, il comprit tout. L’ennemi s’avan√ßait pour surprendre l’arm√©e fran√ßaise, et tomberait sur elle d√®s que la nuit serait plus avanc√©e. Ce moment d√©cida son sort. Il s’√©cria aussi haut que sa voix le lui permettait : « √Ä moi, Auvergne ! ce sont les ennemis » Avant que le cri f√Ľt parvenu aux oreilles de ses soldats, leur capitaine n’√©tait plus qu’un corps inanim√©, mais sa mort avait sauv√© l’arm√©e. La surprise avait √©chou√© et l’ennemi se retira.

Louis XV √©tait trop √©go√Įste et n’avait pas le cŇďur assez noble pour comprendre la beaut√© de cette courageuse action, mais lorsque Louis XVI monta sur le tr√īne, quatorze ans plus tard, il ordonna qu’une pension f√Ľt assur√©e √† la famille, tant qu’il resterait un repr√©sentant m√Ęle du nom d’Assas. Le pauvre Louis XVI ne conserva pas longtemps le contr√īle des finances de la France, mais une suite de changements, de guerres et de r√©volutions, n’a pas effac√© le souvenir du d√©vouement du chevalier.

par Charlotte Mary YONGE,Le livre d’or des bonnes actions, s. d.

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