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samedi 14 septembre 2019

Les synagogues, eglises et mosquées qui n'ont pas survécus dans le patrimoine algérien


Ce témoignage poignant sur l'état du patrimoine Algérien. Par David MDN
Abandonnée depuis des décennies, la synagogue Chaloum-Lebhar dont le nom est souvent «latinisé» en Samuel Lebar est en piteux état. Son toit, par exemple, menace ruine. Ce temple israélite a été fondé en 1894 à la rue de Dijon, aujourd’hui la rue Hattab Bey Slimane, à Bab El-Oued, à un jet de pierre de la mer.
Avant 1830, il y avait beaucoup de synogogues à Alger et dans le reste du pays.
« L’occupation progressive du territoire algérien par la France à partir de 1830 modifie en quelques années le paysage des synagogues. En effet, la première action du génie militaire a consisté à remodeler les villes conquises pour faciliter les manœuvres de l’armée ; c’est là l’origine des nombreuses ‘’places d’armes’’ du pays et des ‘’champs de manœuvre’’. Bien plus, le percement de rues assez larges et rectilignes pour le passage des troupes a impliqué la destruction de très nombreux bâtiments, souvent même de quartiers entiers. Ni les mosquées ni les synagogues ne furent épargnées par ces démolitions massives. Ainsi, la synagogue de Bône fut supprimée pour l’ouverture de la porte Saint-Augustin, une autre à Mostaganem pour le percement de la rue Porte-Neuve», écrit Valérie Assan dans son livre Les synagogues dans l'Algérie coloniale du XIXe siècle (2004).
«À Alger, l’ampleur des destructions est saisissante. Une liste dressée en 1848 par le Consistoire algérien, organe tout juste créé par l’État français, révèle qu’au moins onze «temples» juifs ont été démolis (...) On peut penser que presque toutes les synagogues de la ville ont disparu en quelques années. Beaucoup d’entre elles constituaient des témoignages du judaïsme algérien dont on peine aujourd’hui à imaginer la richesse : telle la synagogue Siari, aux murs ornés des textes de son propriétaire, le poète Abraham Siari, disparu en 1714 (...) D’après cette liste, il semble que le seul lieu de culte appartenant à la communauté qui n’ait pas été détruit soit la synagogue Hara, rue Bab El-Oued», révèle encore Assan.
Pour revenir à la synagogue du quartier de Bab El-Oued, en 1891, Chaloum Lebhar avait cèdé au consistoire d’Alger un terrain de 180 mètres carrés, rue Dijon, pour qu’une synagogue y soit construite. En échange, il demande, notamment, l’inscription de son nom sur la façade et à l’intérieur du temple.
Il resterait aujourd’hui en Algérie une trentaine d'édifices religieux israélites. Mais aucun d'entre eux n'abrite d'office juif. Les plus célébres sont La Grande Synagogue d'Oran et La Grande Synagogue d’Alger. La première est une des plus grandes synagogues d'Afrique du Nord et l'une des plus imposantes du monde. Elle aurait été construite avec des pierres de taille importées de Jérusalem. La Grande synagogue d’Oran a été transformée en mosquée en 1972 et porte le nom de Abdallah Ben Salem, un juif converti à l'Islam. La grande synagogue d’Alger, dite de la place du Grand rabbin Bloch, est elle aussi aujourd’hui une mosquée. Les Algérois appellent maintenant tout le quartier «Djamaâ Li houd» qui signifie dans le parler local «la mosquée des juifs» !
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