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mercredi 26 décembre 2018

Ras el Ghoul l'ennemi de Batman et sayedna Ali

Peinture sous verre datant du 19ème siècle, Tunisie. Weltmuseum Wien (Musée d’ethnologie) à Vienne, Autriche.
لا سيف إلاّ ذو الفقار، ولا فتى إلاّ علي !

Il n’y a pas d’épée pareille à Dhou el Fiqkar !

Il n’y pas de héros comparable à Ali !
article de  Karim ABDELLATIF

Jadis le tableau d’un valeureux guerrier terrassant un ogre (le « Ghoul » en arabe) était accroché aux murs de nombreuses demeures tunisiennes. Le guerrier se trouvait sur le dos d’un cheval noir et transperçait de son sabre à deux pointes le torse d’un ogre cornu et armé d’une massue (La massue de l'ogre ou « dabbous el ghoul » désigne sous nos cieux la pomme d’amour inventée au New Jersey en 1908). Le sang qui s’écoulait du sabre ne pouvait manquer de marquer l’imagination des petits trublions qui voyaient dans cette représentation naïve la personnification de leur plus grande hantise, le terrible « Ghoul » !


  A l’intérieur du halo jaune entourant la tête du guerrier, il était écrit « Sayedna Ali » (Notre maître Ali). Le guerrier en question était donc Ali Ibn Abi Taleb, le cousin, disciple et gendre du prophète Mouhamed. Ali occupe une place majeure dans l’islam tant chiite que sunnite. Le « Ghoul » ou l’ogre qu’il affrontait était un seigneur yéménite idolâtre qu’il aurait combattu lors de la conquête du Yémen. Cette légende attribuée à Abou el Hassan el Bakri (13ème siècle) fait partie de la littérature des conquêtes (les « Maghazi ») et a rencontré un vif succès durant la période mamelouke. Sur le tableau, entre les cornes rouges du monstre, était inscrite la mention « Ras el ghoul », la « tête de l’ogre ».


 John Renard, un spécialiste des études islamiques médiévales écrit que « les images de Ali combattant le démon à l’aspect affligeant, « Ras el Ghoul », figurent parmi les exemples les plus importants d’images de héros religieux en Afrique du Nord. Ici, le beau-fils de Mouhamed affiche la qualité essentielle du héros religieux : la volonté de combattre les forces du mal et l’injustice. Généralement, Ali abat le démon d’un coup de son épée fourchue, « Dhou el fiqar » (le couperet), qu’il a héritée de Mouhamed. L’épée apporte un indice iconographique naturel en faveur de l’identité du héros ». (In :  Les sept portes de l’islam).


  Dans son article « Truth, Justice, and the Spiritual Way: Imam Ali as Muslim Super-hero », Hussein Rashid écrit que « le super-héros [des bandes dessinées américaines] est héroïque en raison de ses super-pouvoirs, tandis que le super-héros [islamique] obtient ses super-pouvoirs en raison de son héroïsme. »


  Hussein Rashid cite un livre de Jan Knappert sur les sagas épiques islamiques en swahili : « Dans une autre histoire, un Musulman est capturé par le démon Rasi Li Ghouli, la version swahili du nom arabe Ra’s al-Ghul (ou « tête du démon »). Ali vainc le démon, sauve le Musulman et d’autres captifs. Il montre sa ruse et accomplit des prouesses en vainquant de nombreux ennemis. »


  Mais Ras el Ghoul, c’est aussi un système stellaire composé de trois étoiles et situé au sein de la constellation de Persée. Chez les Grecs, ces étoiles étaient associées à la tête de la Méduse, aussi appelée Gorgone. Les Musulmans préférèrent lui substituer le nom « Ras el Ghoul », plus adapté à leur culture. Le 20 juillet 2016, « Algol » devint enfin le nom officiel de ces étoiles et fut approuvé par l’Union Astronomique Internationale.


  Ra’s al Ghul est aussi un super-vilain, un personnage créé par Neal Adams et Dennis O'Neil pour DC Comics. Il s’agit du beau-père et de l’ennemi le plus redoutable de Batman. Selon la bande dessinée « Birth of the Demon », Ra’s al Ghul serait un Amazigh issu d’une tribu bédouine marocaine établie dans la péninsule arabique. Il serait né au 14ème siècle et fut au début de sa vie, un scientifique et un médecin rêvant de trouver un remède contre la maladie ultime. Il réussit à ressusciter un patient qui devient fou et assassina son épouse, d’où son passage vers le « côté obscur de la force ».


  Notons enfin qu’en Libye, à 10 kilomètres de Ghadamès, une colline en haut de laquelle se trouvent les ruines d’un ancien fort byzantin porte aussi le nom de Ras el Ghoul.

par Karim ABDELLATIF

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