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samedi 28 avril 2018

L'histoire du Titanic que l'on vous a cachée

Sur huit Chinois embarqués sur le Titanic lors du départ, il en resta six: l'histoire (raciste) des États-Unis a effacé leur trace
 Le film Titanic a fixé dans les mémoires la tragédie qu'a connue le paquebot en avril 1912. Le couple formé par Rose et Jack est devenu le visage des victimes, jeunes premiers rayonnants dans un casting somme toute très blanc. Il y avait pourtant des passagers de pas moins de trente-trois nationalités différentes, dont certaines sont tombées dans l'oubli de l'histoire ou, plus exactement, en ont été effacées.
«Ce n'était pas un accident»

Parmi les passagers qui ont embarqué à Southampton le 10 avril 1912, il y avait huit Chinois, dont le nom avait été griffonné sur un même ticket de troisième classe. Cinq jours plus tard, lors du naufrage, il restait six survivants. Arrivés aux États-Unis, ils ont pourtant disparu des registres comme de la mémoire collective.

«Six hommes chinois sont sortis vivants du Titanic et vingt-quatre heures plus tard ils étaient effacés de l'histoire. Ce n'était pas un accident. C'était délibéré. C'est quelque chose dû à la culture de l'époque», raconte Steven Schwankert, qui participe à l'élaboration du documentaire The Six cherchant à réhabiliter l'histoire des passagers chinois du Titanic.

La «culture de l'époque», de fait, est teintée d'une politique raciste qui s'impose à coups de lois anti-immigration visant à empêcher la seule venue de Chinois sur le sol américain, comme le Chinese Exclusion Act voté par le Congrès en 1882 (qui ne sera abrogé qu'en 1943).

Dans la nuit du naufrage, quatre des passagers chinois réussissent à embarquer sur le dernier canot de sauvetage, un cinquième en emprunte un autre, et le sixième rescapé, Fang Lang, est aperçu flottant sur un débris ressemblant vaguement à une porte. L'officier Harold Lowe, alors à bord du canot 14, aurait hésité à lui porter secours:

«Quel est l'intérêt? Il est mort, probablement, et s'il ne l'est pas il y en a d'autres qui méritent mieux d'être sauvés qu'un Jap!», se souvient l'avoir entendu dire Charlotte Collyer, une autre rescapée, avant que l'officier ne change finalement d'avis.





Calomniés puis expulsés

Chinois ou Japonais, la distinction ne changeait pas grand-chose à l'affaire, les Asiatiques étant alors considérés comme des personnes indistinctes que l'on affublait naturellement des traits de fourberie.

«La presse de l'époque qualifiait les survivants chinois de lâches qui se déguisaient en femmes pour se faufiler dans les canots de sauvetage. Il n'y avait aucun fondement à cela», raconte Schwankert à Quartz.

Appelés tantôt «créatures», tantôt «coolies», on les dit encore s'être cachés sous les sièges des canots pour survivre.

À leur arrivée à New York, les six survivants sont retenus et placés sous surveillance par des officiers de l'immigration américaine à Ellis Island. Quelques jours plus tard, on les envoyait à Cuba, à bord du bateau à vapeur Anetta.

Leur trace se perd, et les journaux, qui fourmillent de récits et d'anecdotes sur les passagers du Titanic, les oublient à leur tour. Depuis 2015, l'équipe de The Six s'est mise à enquêter pour retrouver la trace de leurs descendants et reconstituer leur histoire. Cette plongée dans des archives fragmentées et des témoignages difficiles à récupérer l'a amenée à retrouver des traces de la diaspora aux États-Unis, au Canada, en Angleterre, en Chine et à Hong Kong. Le documentaire devrait sortir dans l'année. Il est particulièrement attendu en Chine.
Repéré sur South China Morning Post /Kylie Knott

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