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Le développement durable

La Rédaction

Le développement durable : définition

Le d√©veloppement durable est aujourd’hui l’un des concepts les plus souvent mentionn√©s dans le d√©bat public, non seulement en France mais, d’une mani√®re g√©n√©rale, dans les pays d√©velopp√©s.D√©fini en 1987 par le rapport Brundtland comme le d√©veloppement qui r√©pond aux exigences pr√©sentes sans hypoth√©quer le bien-√™tre des g√©n√©rations futures, il a pris de plus en plus d’importance au cŇďur des politiques publiques actuelles.


Pourtant, peu nombreux sont ceux qui pourraient le d√©finir pr√©cis√©ment, √©noncer ses trois piliers √©cologique, social et √©conomique ou expliquer en d√©tails des actions visant √† le concr√©tiser. D√®s lors, il est n√©cessaire d’analyser la mont√©e en puissance du d√©veloppement durable en √©tudiant son histoire, tout en s’attachant √† expliquer son r√īle croissant dans l’√©laboration de mod√®les √©conomiques aussi bien que dans les politiques des √Čtats.
Le développement durable : une prise en compte tardive
La raréfaction des ressources naturelles
La soutenabilit√© de la croissance, durant la majeure partie du XXe si√®cle, ne tenait gu√®re compte de certains √©l√©ments fondamentaux comme le capital naturel, l’environnement ou le bien-√™tre des populations. L’analyse √©conomique se fondait largement sur des indicateurs relevant largement de la production de valeur (marchande) comme le produit int√©rieur brut, la productivit√© des facteurs de productions ou encore l’emploi.
Pourtant, √† partir des ann√©es 1970, la question de la rar√©faction des ressources naturelles commence √† se poser. Alors que la croissance du PIB ralentit dans les pays d√©velopp√©s du fait des chocs p√©troliers, elle acc√©l√®re dans les pays √©mergents, en Asie orientale notamment. Elle est toutefois tr√®s consommatrice de mati√®res premi√®res dont la quantit√© est limit√©e comme le p√©trole ou le gaz mais aussi le charbon, bien que ses r√©serves soient abondantes.
Le rapport Meadows
https://www.youtube.com/watch?v=ouYi1yQDY-w
Le rapport Halte √† la croissance du club de Rome, publi√© en 1972, fait d√©j√† un constat alarmant : alors que la population mondiale cro√ģt de mani√®re exponentielle, les ressources alimentaires et en mati√®res premi√®res permettant d’assurant sa prosp√©rit√© risquent de s’√©puiser.
Ce rapport raisonne largement en termes de quantit√© de ressources disponibles pour la croissance et n’aborde gu√®re en d√©tail la question de la d√©gradation de l’environnement. En outre, il adopte un point de vue pessimiste et estime que le progr√®s technique ne peut suffire √† produire un d√©veloppement √©conomique moins intensif en ressources naturelles. D√®s lors, seul l’arr√™t de la croissance s’impose. Malgr√© ses limites, le rapport Meadows, du nom de deux de ses auteurs, rev√™t une importance capitale : pour la premi√®re fois, la question environnementale investit le d√©bat public.

La d√©couverte de la « trag√©die des communs »

La théorie des biens publics
La r√©flexion sur le d√©veloppement durable rejoint largement celle sur les biens publics mondiaux. La th√©orie des biens publics a notamment √©t√© √©labor√©e par l’√©conomiste Paul Samuelson √† la fin des ann√©es 1940. Elle a depuis connu un succ√®s croissant, tout en soulevant un certain nombre de probl√®mes √©conomiques.

Selon Samuelson, les biens publics ont pour caract√©ristiques d’√™tre ni rivaux ni exclusifs : leur consommation par un agent n’emp√™che pas celle d’autres agents et il est impossible d’en emp√™cher l’usage. Certains de ces biens publics peuvent √™tre impurs et n’avoir qu’une seule de ces caract√©ristiques. Ils ont en commun de b√©n√©ficier √† tous sans que personne n’ait int√©r√™t √† les fournir d’un point de vue marchand.
Les biens publics sources d’externalit√©s positives
Comme ils procurent de forts b√©n√©fices sociaux, les biens publics sont en g√©n√©ral sources d’externalit√©s positives. D√®s lors, ils justifient une intervention de l’√Čtat mais celle-ci ne s’applique pas √† l’√©chelle mondiale. Seule une coordination des diff√©rents gouvernements peut alors, dans l’architecture globale actuelle, apporter des solutions ad√©quates. Quant √† ces solutions, elles ont √©t√© expos√©es par plusieurs √©conomistes renomm√©s. Elles ne se limitent pas √† la fourniture des biens publics par l’√Čtat lui-m√™me, potentiellement financ√©e par une taxe permettant d’internaliser les externalit√©s selon le mod√®le pr√īn√© par Arthur Pigou.
La théorie des droits de propriété
Ainsi, Ronald Coase a √©labor√© une th√©orie originale pour les pr√©server, avec sa th√©orie des droits de propri√©t√©. Il s’agit d’accorder un droit de propri√©t√© √† un √©l√©ment, le plus souvent un bien public, g√©n√©rateur d’externalit√©s. Il peut √™tre donn√© √† une rivi√®re. Une entreprise qui voudrait installer une usine polluante et d√©verser ses d√©chets dans ce cours d’eau devrait payer une somme compensant la perte du bien public en question.
La n√©cessit√© d’une coordination mondiale pour le d√©veloppement durable
Parmi les principaux biens publics mondiaux, on peut citer la stabilit√© financi√®re, la sant√©, la connaissance et l’information et surtout l’environnement. En effet, un environnement sain profite √† tous, dans tous les pays, mais aucun d’entre eux n’a int√©r√™t √† prendre en charge sa pr√©servation individuellement car cela p√©naliserait son √©conomie.
D√®s lors, la coordination mondiale a rapidement √©t√© identifi√©e comme le moyen id√©al de r√©soudre ce probl√®me jug√© essentiel. Le sommet de la terre de Rio en 1992 a ainsi inaugur√© une p√©riode de coop√©ration croissante entre les √Čtats en mati√®re de d√©veloppement durable. Pour autant, chacun d’eux continue d’avoir un int√©r√™t √† se comporter en « passager clandestin » et √† ne pas contribuer √† l’effort en faveur de l’environnement, voire √† saboter celui-ci.

Le d√©veloppement durable : progr√®s limit√©s & r√©ticence des √Čtats 

La prise en compte du réchauffement climatique
Dans les ann√©es 1990, la plupart des pays de la plan√®te se sont concentr√©s sur leur croissance √©conomique – celle-ci ayant consid√©rablement acc√©l√©r√© dans les pays en voie de d√©veloppement –  n√©gligeant par l√† m√™me les imp√©ratifs de protection de l’environnement. √Ä la fin de la d√©cennie, ceux-ci ont toutefois resurgit √† l’occasion des n√©gociations ayant abouti au protocole de Kyoto au sujet du r√©chauffement climatique.
En effet, la communaut√© scientifique est alors de plus en plus convaincue que les gaz √† effet de serre et en premier lieu le dioxyde de carbone contribuent √† augmenter la temp√©rature moyenne de l’atmosph√®re, un ph√©nom√®ne aux cons√©quences potentiellement d√©vastatrices. √Ä terme, il accro√ģtrait en effet le risque de s√©cheresses mais aussi d’inondations tandis que la fonte des glaces et la mont√©e du niveau des oc√©ans pourraient submerger certains pays proches des oc√©ans. Le r√©chauffement climatique pourrait aussi perturber l’agriculture dans de nombreuses r√©gions du globe.
Malgr√© des d√©bats assez vifs sur la r√©alit√© de ce ph√©nom√®ne et la responsabilit√© des activit√©s humaines dans celui-ci, la communaut√© internationale s’empare de ce probl√®me d√®s la fin des ann√©es 1990 avec les n√©gociations sur le protocole de Kyoto.
Le mécanisme du protocole de Kyoto
Celui-ci met en place, conform√©ment aux th√©ories de Coase, un « march√© du droit √† polluer ». Le dispositif repose sur l’id√©e que le co√Ľt social de la pollution doit √™tre pay√© par ceux qui en sont √† l’origine. Plut√īt qu’une taxe, c’est un m√©canisme de march√© qui a √©t√© choisi. Chaque pays dispose d’un droit limit√© √† l’√©mission de dioxyde de carbone. Pour pouvoir d√©passer son quota, il doit acheter des droits √† un autre √Čtat, qui peut lui vendre si lui-m√™me n’atteint pas son quota. Ce m√©canisme doit √©galement permettre de faciliter le d√©veloppement des pays du Sud, ceux-ci √©tant financ√©s par l’achat de droits √† polluer par les nations les plus riches, qui sont alors, et de loin, les principaux pollueurs de la plan√®te.
Les défaillances du protocole de Kyoto
Pour autant, l’accord de Kyoto illustre √† merveille la difficult√© √† obtenir un v√©ritable consensus sur le r√©chauffement climatique et les efforts √† fournir pour prot√©ger l’environnement.
En effet, d√®s 1997, le S√©nat am√©ricain refuse √† l’unanimit√© de ratifier le protocole, emp√™chant sa mise en Ňďuvre par les √Čtats-Unis alors le premier pollueur de la plan√®te. Dans le m√™me temps, certains autres pays b√©n√©ficient de conditions tr√®s favorables comme la Russie, qui ratifie l’accord en 2004, et se voit autoriser une part des √©missions mondiales de gaz √† effet de serre tr√®s sup√©rieure √† celle qu’elle √©met en r√©alit√©, du fait de la prise en compte des chiffres datant de 1990, avant l’effondrement industriel du pays. Enfin, le prix de la tonne de carbone appara√ģt faible et n’incite gu√®re la plupart des √©conomies √† diminuer leur consommation de cette mati√®re polluante. Pire, ce prix baisse fortement √† la suite de la crise √©conomique de 2008.
Si le protocole de Kyoto ouvre indiscutablement une √®re de meilleure prise en compte de l’imp√©ratif de protection de l’environnement par les √Čtats, il reste nettement insuffisant au vu de l’ampleur du d√©fi du r√©chauffement climatique.

Relance incertaine du développement durable : fin des années 2000

Le rapport Stern de 2006
Les ann√©es 2000 sont marqu√©es par un ph√©nom√®ne √©conomique majeur : le rattrapage sans pr√©c√©dent des pays d√©velopp√©s par les pays √©mergents, ces derniers √©tant men√©s par la Chine avec des taux de croissance du PIB de 10% (pour lire un article complet sur le sujet). Dans ces conditions, les nations en d√©veloppement ne sont gu√®re enclines √† ralentir leur expansion √©conomique en adoptant des objectifs environnementaux trop ambitieux.
La communaut√© scientifique est pourtant de plus en plus alarmiste. Le rapport Stern en 2006 estime ainsi que le r√©chauffement climatique pourrait co√Ľter vingt points de PIB √† l’√©conomie mondiale √† long terme. 60% des √©cosyst√®mes de la plan√®te sont jug√©s d√©grad√©s et la moiti√© des fleuves mondiaux fortement pollu√©s. L’augmentation de la population mondiale, s’il ralentit, accro√ģt encore la pression sur des milieux naturels d√©j√† s√©v√®rement affect√©s par les activit√©s humaines.
Des sommets peu convaincants
La crise de 2008-2009, bien qu’elle soit peu li√©e aux questions environnementales, fait pourtant resurgir ces derni√®res √† travers le discr√©dit du mod√®le √©conomique capitaliste et consum√©riste qui semblait jusqu’alors s’√©tendre √† travers la plan√®te.
Dans ces conditions, il n’est pas √©tonnant de constater que les sommets sur la protection de l’environnement se sont multipli√©s √† partir de cette p√©riode, avec des r√©sultats divers et souvent d√©cevants. On peut ainsi √©voquer l’accord de Copenhague de 2009 ou la conf√©rence de Canc√ļn en 2010 (COP 16). Si le premier √©voque la n√©cessit√© de limiter le r√©chauffement climatique √† 2 degr√©s Celsius au cours du XXIe si√®cle et la mise en place d’un fonds vert de 100 milliards de dollars pour l’environnement, il ne pose aucune contrainte sur les √Čtats. En 2010, le sommet de Canc√ļn r√©affirme certaines des stipulations de l’accord pr√©c√©dent en leur donnant une plus grande port√©e mais il reste assez vague sur un certain nombre de sujet donc celui du fonds vert.

L’impossible consensus et la r√©ticence des √Čtats √† freiner leur croissance √©conomique

Une « rivalit√© » entre pays d√©velopp√©s et √©mergents
Souvent critiqu√©, le manque d’allant des gouvernements dans leur effort contre la d√©gradation de l’environnement est ais√©ment compr√©hensible.
√Ä court terme au moins, cet effort peut en effet lourdement hypoth√©quer la croissance de leur PIB ce qui, dans de nombreux pays, peut avoir des cons√©quences sociales et politiques impr√©visibles. Pour les nations √©mergentes, o√Ļ la pauvret√©, le manque de nourriture, le faible niveau d’√©ducation et l’esp√©rance de vie trop basse restent des probl√®mes majeurs, la lutte contre le r√©chauffement climatique, l’√©puisement des ressources ou la pollution n’apparaissent pas toujours comme une priorit√©.
Selon leur gouvernement, du fait de leur pollution pass√©e √† l’√©poque de leur r√©volution industrielle, ce sont les pays d√©velopp√©s qui ont une responsabilit√© particuli√®redans la situation actuelle. Leurs efforts doivent donc √™tre sup√©rieurs √† leur contribution pr√©sente √† la d√©gradation de l’environnement.
Des situations contrastées
Cet argument est mal accept√© dans des pays affect√©s par la r√©cession mondiale de 2009 et qui voient la mont√©e en puissance des grands pays √©mergents – la Chine, l’Inde, le Br√©sil notamment – comme une menace g√©opolitique et √©conomique de grande ampleur.
L’Union europ√©enne fait pourtant figure de bonne √©l√®ve dans la lutte contre le r√©chauffement climatique mais cela est en partie due √† une d√©sindustrialisation qui a par ailleurs un impact social s√©v√®re dans de nombreux √Čtats-membres. D√®s lors, la transition √©nerg√©tique se r√©v√®le difficile dans plusieurs de ces pays.
En Allemagne, par exemple, la d√©cision d’abandonner l’√©nergie nucl√©aire apr√®s l’incident de Fukushima en 2011 entra√ģne un regain d’int√©r√™t pour le charbon, combustible fossile nocif pour la sant√© et contribuant de mani√®re importante an r√©chauffement climatique. La France pollue certes moins que l’Allemagne (en 2015, 500 millions de tonnes de CO² contre 960 millions de tonnes outre-Rhin), mais cela est d√Ľ d’une part √† la plus faible industrialisation de ce pays, d’autre part √† la forte part de l’√©nergie nucl√©aire dans le « mix √©nerg√©tique » fran√ßais, qui suscite un d√©bat assez vif concernant la s√©curit√© de ce type d’√©nergie.
Quant aux √Čtats-Unis, leur r√©ticence √† engager un effort de protection de l’environnement reste importante, d’autant que la concurrence croissante de la Chine inqui√®te fortement de nombreux industriels et hommes politiques Am√©ricains.

Quel avenir pour le d√©veloppement durable ?

La COP 21 : un grand espoir pour le développement durable
En d√©cembre 2015, la COP 21 de Paris para√ģt enfin relancer les efforts de luttes contre la d√©gradation de l’environnement. Au cours de cette conf√©rence internationale, les diff√©rents √Čtats de la plan√®te pr√©sentent leur engagement pour limiter le r√©chauffement climatique au cours du XXIe si√®cle. La Suisse s’engage ainsi la premi√®re √† r√©duire de 50% ses √©missions de gaz √† effet de serre (√† partir du chiffre de 1990) avant 2030.
Pour les √Čtats de l’UE pris ensemble, l’engagement monte m√™me √† 40% de r√©duction de ces √©missions en 2030, l√† encore par rapport √† leur niveau en 1990. Les pays √©mergents ne sont pas en reste. Fait significatif, la Chine elle-m√™me se fixe des objectifs ambitieux avec une r√©duction de 60 √† 65%  de son intensit√© carbone par unit√© de PIB  par rapport aux chiffres de 2005 en 2025.
La COP 21 soul√®ve alors un grand espoir dans les milieux scientifiques et √©cologistes, m√™me si un certain scepticisme demeure quant √† la volont√© r√©elle des √Čtats de prot√©ger l’environnement.
L’avenir incertain du d√©veloppement durable
De fait, l’√©lection am√©ricaine de 2016, qui porte au pouvoir Donald Trump, proche des milieux climato-sceptiques, constitue un revers indiscutable pour les tenants du d√©veloppement durable. Lorsqu’en 2017, celui-ci annonce le retrait de son pays de l’accord de Paris de 2015, cette d√©cision est largement per√ßue comme une catastrophe pour la lutte contre le r√©chauffement climatique.
Par la suite, de nombreux √Čtats, au premier rang desquels la France, r√©affirment leur engagement √©cologique. De nombreux scientifiques, mais aussi des membres de la soci√©t√© civile am√©ricaine, font de m√™me. De plus en plus s’impose l’id√©e que le d√©veloppement durable sera le grand combat du XXIe si√®cle et que celui-ci ne doit pas uniquement √™tre men√© par les √Čtats. Il reste que ceux-ci, par leur pouvoir de r√©gulation et l’impact de leurs politiques √©conomiques, demeurent des acteurs incontournables de la protection de l’environnement. Or, les politiques √† caract√®re √©cologique peuvent entrer en contradiction avec d’autres objectifs de ces √Čtats.
D√®s lors, la mise en Ňďuvre du d√©veloppement durable demeure incertaine √† l’avenir et, en tout √©tat de cause, elle devra s’appuyer sur de r√©els progr√®s techniques afin de ne plus appara√ģtre comme un effort co√Ľteux mais, au contraire, comme une opportunit√© √©conomique.

par Adrien :source laculturegenerale.com

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