Avant que Beth Harmon ne devienne une icône mondiale grâce à La Reine des Échecs, il existait une femme dont l’histoire est encore plus incroyable — et bien réelle.
Son nom : Nona Gaprindashvili.
Son héritage : révolutionnaire.
Une pionnière née dans l'ombre du rideau de fer
Née en Géorgie soviétique, Nona a grandi dans un monde d’hommes, dans un sport qui n’attendait rien des femmes. Et pourtant, elle a brisé toutes les règles.
En 1962, elle devient la première femme de l’histoire à recevoir le titre de Grand Maître international, un exploit jusqu’alors réservé à l’élite masculine.
Mais elle ne s’est pas contentée d'exister dans cet univers : elle l’a conquis.
Elle les a tous battus
Lors d’une série de matchs simultanés, elle affronte 59 hommes — et les bat, dont 28 Grands Maîtres. Une performance légendaire.
Elle remporte ensuite cinq championnats du monde féminins consécutifs, un record encore inégalé.
Et pourtant, malgré ces exploits, son nom est resté absent des récits populaires.
Jusqu’à ce qu’une fiction tente d'effacer sa réalité.
Quand Netflix réécrit l’histoire
Dans la série The Queen’s Gambit (Le Jeu de la dame), un personnage affirme que l’héroïne fictive Beth Harmon « n’a jamais affronté d’hommes » — et Nona non plus.
Un mensonge. Une injustice. Une insulte.
Alors, à 80 ans, Nona Gaprindashvili décide de ne pas laisser passer. Elle attaque Netflix en justice pour diffamation, réclamant 5 millions de dollars.
En 2022, elle gagne.
Netflix reconnaît son erreur, s’excuse et règle discrètement l’affaire à l’amiable.
Mais cette fois, la vérité fait les gros titres.
Et Nona retrouve la lumière qu’on lui devait.
Une vie d’engagement et de combats
L’histoire de Nona ne se résume pas à ses victoires sur l’échiquier.
C’est aussi celle d’une femme à qui on a refusé le droit de concourir au titre mondial, car les autorités soviétiques refusaient qu’elle voyage avec son jeune fils.
Une femme qui s’est battue, sur tous les fronts. Et qui, à 79 ans, remporte encore l’or aux championnats du monde par équipes seniors.
Une légende bien réelle
Contrairement à Beth Harmon, Nona Gaprindashvili n’a pas eu besoin de fiction pour briller.
Elle n’a pas demandé l’autorisation pour devenir une légende. Elle l’est devenue.
Alors la prochaine fois que vous regarderez Le Jeu de la Dame, souvenez-vous :
Beth Harmon était brillante.
Mais Nona Gaprindashvili, elle, l’a vraiment fait.
Et elle a fait échec et mat au système.