Ce que deviennent vraiment vos dons : un influenceur piège la Croix-Rouge avec un AirTag
Vous avez déjà déposé de vieux vêtements dans un conteneur en pensant qu’ils iraient à des personnes dans le besoin ? Un influenceur allemand, Moe.Haa, a voulu en avoir le cœur net. Il a dissimulé un AirTag dans une vieille paire de baskets donnée à la Croix-Rouge allemande… et ce qu’il a découvert est pour le moins dérangeant.
L'expérience : un AirTag pour suivre une paire de baskets
L’idée était simple : glisser un traqueur Apple dans des chaussures données à la Croix-Rouge via un conteneur à Starnberg, en Allemagne, pour suivre leur parcours. Grâce à l’application « Localiser », Moe a pu suivre leur voyage en temps réel.
Spoiler : elles ont parcouru plus de 800 km, traversant l’Autriche, la Slovénie et la Croatie pour finalement atterrir… en Bosnie-Herzégovine.
La surprise : les chaussures en vente sur un marché
Leur trace s’arrête dans un petit marché de vêtements d’occasion à Visoko. Curieux, Moe s’y rend. Et là, surprise : ses propres baskets sont en vente, étiquetées à 10 euros. Des chaussures données à une organisation caritative, revendues dans un autre pays. Pas données à des personnes démunies. Vendues.
Il les rachète, discute avec la vendeuse, qui affirme vaguement que les vêtements viennent « d’Allemagne »… mais nie catégoriquement qu’ils proviennent de dons.
La réponse de la Croix-Rouge
Face au buzz de la vidéo, la Croix-Rouge allemande a réagi. Elle admet que certains vêtements donnés sont revendus, souvent à des entreprises étrangères. Les bénéfices, selon elle, servent à financer d'autres projets humanitaires. Une manière de recycler les dons qui ne seraient pas « utilisables localement ».
Mais cela soulève une vraie question de transparence : quand on donne, on pense aider directement. Pas alimenter un circuit commercial opaque. Rien d’illégal, certes. Mais moralement ? La frontière est floue.
Le fond du problème : où vont vraiment nos dons ?
Ce n’est pas la première fois qu’un AirTag est utilisé pour révéler des pratiques douteuses. En 2024, une Américaine avait découvert que ses déchets « recyclables » finissaient dans une décharge. Le responsable local avait dû démissionner.
Ces histoires montrent qu’on a besoin de plus de clarté : pas seulement sur ce qu’on achète, mais aussi sur ce qu’on donne. Car au final, même les bonnes intentions peuvent nourrir de mauvaises pratiques.