Les Ouïghours, turcophones du Xinjiang, connaissent une situation de répression sans précédent. Arrestations arbitraires, tortures, viols, stérilisations forcées et camps de rééducation, Pékin ne recule devant rien pour les soumettre.
La population Ouïghour est localisée dans la région de l’actuelle Xinjiang en Chine. Elle est turcophone et pratique un islam sunnite. Entre environ 750 et 1100 les Ouïghours disposent d’un royaume indépendant.
Multiples annexions
Progressivement, ils vont être assujettis par plusieurs. Du XIIème au XVIème siècle les Mongols contrôlent le territoire puis à partir du XVIème siècle c’est la Chine, qui en prend le contrôle (de manière parfois un peu faible).
Soulèvements
L’histoire de la région est également marquée par de nombreux soulèvements, que cela soit armés pour la création d’un territoire indépendant ou pour protester contre la politique de Pékin dans la région qui tend à accroître son emprise.
Vagues d’attentats
2009 est un premier tournant avec d’importantes émeutes interethniques. Pékin va renforcer le contrôle policier sur l’ensemble de la population ce qui accroît les tensions. A partir de 2013 la Chine est secouée par des vagues d’attentats.
Peines de mort
La réponse de Pékin sera immédiate. Les arrestations se multiplient et des peines de mort sont prononcées pour afficher la détermination de la Chine de reprendre la main. Les procès seront expéditifs.
Répression de Pékin
Suite à cela, l’oeil de Pékin se braque sur le Xinjiang et la répression est alors totale. Des quotas d’arrestations ont été appliqués amenant à des rafles aveugles envers la population. L’objectif : briser & soumettre cette population.
Surveillance de masse
La population Ouïghour est soumise à une surveillance de masse. Le contenu des téléphones est scanné pour vérifier les applications téléchargées & les messages envoyés. Avoir des images du Coran est considéré comme un comportement suspect.
Contrôle de la natalité
De multiples témoignages mettent également en avant la volonté politique de Pékin de réduire la natalité des Ouïghours. Ainsi, dans certains cas, les femmes sont stérilisées de force via la ligature des trompes ou l’imposition de stérilets.
Les camps d’Ouïghours
Entre 2017 et 2021, environ 1 million d’Ouïghours ont été arrêtés et transférés dans des « camps de rééducation ». Ces zones sont interdites aux touristes ce qui réduit drastiquement la possibilité de réaliser des enquêtes de terrain.
Multiplication des camps
Il y a environ 380 centres de détention qui sont soit des prisons, des « camps de rééducation » ou des sites permettant le travail forcé de la minorité. Ceci souligne la politique systématique & massive d’internement aveugle des Ouïghours.
Esclavagisme
En plus de subir des sévices et un endoctrinement forcé au sein de ces multiples camps, les Ouïghours sont exploités par ces mêmes centres afin de récolter du coton ou produire des pièces industrielles dans un modèle économique d’esclavagisme moderne.
Menaces
En plus de la main d’œuvre gratuite des centres de rééducation, Pékin déplace par la force des populations pour les intégrer à son tissu industriel. Si elles refusent, alors la sanction est l’emprisonnement dans ces centres de rétention.
Colonisation & influenceurs
Depuis quelques années, une nouvelle technique est déployée par Pékin pour pousser à l’immigration vers le Xinjiang et rendre minoritaire les Ouïghour : les influenceurs.
Propagande par les réseaux
Ces influenceurs, payés par Pékin, donnent des conseils sur comment déménager ou travailler dans la région. Ils mettent en avant la douceur de vivre dans la région pour mieux occulter les crimes réalisés dans la région.
Redorer son image
En parallèle, Pékin finance des influenceurs étrangers qui ont pour objectif de donner une image positive de la Chine à l’international, de démentir les enquêtes sur le travail forcé infligé aux Ouïghours ainsi que sur les témoignages de torture.
Pékin applique une politique brutale et aveugle avec un système répressif qui vise à briser & soumettre les Ouïghours. Le contrôle forcé de la natalité accompagné de politiques migratoires permettent de remplacer la population.
Passages à tabac, humiliations, tortures & viols, rien n’est épargné à cette population qui doit courber l’échine devant l’œil de Pékin. Pour la Chine, contrôler la région du Xinjiang est stratégique notamment vis-à-vis des ressources naturelles du territoire.
En bref, le Xinjiang est une prison à ciel ouvert que Pékin, via des influenceurs, essaye de dissimuler. Les critiques se multiplient à l’international, mais s’attaquer frontalement et dénoncer la Chine, grande puissance du XXIème siècle reste chose délicate.
Sources : Cartes du monde via Twitter