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mardi 20 juillet 2021

Histoire de Constantine, Cirta (de numido-berbère à l'occupation française)

En raison de son caractère privilégié pour sa défense, le site a connu une occupation permanente depuis les temps les plus reculés. 
La composition de ses habitants, c'est d'abord le vieux socle berbère, parce qu'on n'est pas loin de la région des Chaouias, c'est à dire des Berbères de l'Est algérien. Beaucoup plus en arrière, il y a l'histoire avec la communauté juive et les Ottomans. 
  • La découverte en 1945 de sphéroïdiques à facettes sur le plateau du Mansourah permet d'estimer à un million d'années l'occupation du rocher par les australopithèques dont on aurait retrouvé les outils. 
  •  C'est beaucoup plus tard, au paléolithique (-45.000 ans avant notre ère) que furent aménagées par l'Homme de Neandertal des habitations permanentes dans les grottes, notamment celles du Mouflon et de l'Ours au pied du versant Nord de Sidi M'Cid. 
  •  A l'époque Capsienne (environ -14.000 à - 9.000 ans avant notre ère) la grotte des Pigeons (située sous le boulevard de l'Abîme près de l'ascenseur) aura certainement servie de point de repli aux habitants des grottes de l'Ours et du Mouflon. 
  •  Du néolithique (environ - 10.000 à - 2.000 ans avant notre ère) ont été retrouvés différents outils. 
  • La civilisation mégalithique y a laissé de nombreuses traces : dolmens, monuments.
  •  De l'âge des métaux ont été retrouvés en particulier un poinçon de bronze et une massette de fer. 
  •  Puis, huit civilisations ont occupé le site : numido-berbère, phénicienne, romaine, byzantine, arabe, turque, française et arabo-berbère (avec entre temps le passage en 429 des vandales).  
Source : "De Cirta à Constantine : La permanence d'une cité antique" par Abdelkrim BADJADJA 
Dans  "Constantine, la Jérusalem du Maghreb" : Conférence donnée par Benjamin Stora le 14 mars 2010 on y trouve :
 
Antiquité. Chasseurs puis pasteurs et cultivateurs, les Berbères s’organisèrent en tribus et en confédérations, que les Grecs distinguaient sous les noms de libyques, numides et maures. 
Le langage berbère s'appelle "tamazight", et n'a rien avoir avec l'arabe, l'hébreu ou le punique, On n'a trouvé aucune langue, ni écriture s'en rapprochant. 
Cette écriture possède des caractères très proches du grec.
 Les berbères descendraient, selon une légende, du peuple atlante. Ceux-ci seraient arrivés en Afrique du nord par les îles Canaries. 
Les premiers Hébreux vinrent, sans doute, mêlés aux Phéniciens, peut-être un millénaire avant J.-C. ; mais ce sont les persécutions en Orient, avant et durant l'époque romaine, qui déterminèrent les principales migrations vers l'Afrique du Nord où de nombreuses tribus berbères furent judaïsées et apparaissent dans l'histoire au Ve siècle avant J.C. D'abord nommée Sarim Batim par les Cathaginois, Constantine est déjà connue sous l'antiquité, depuis le IVe siècle avant J.C., sous le nom romain de Cirta. Cirta est la dénomination romaine du nom punique Kirtha qui signifie ville dans la langue des Cartaginois .

 
Constantine s'appelait Cirta, nom punique francisé,  dans le sens qu'ecrit en caractères latins mais prononcés à la française. 
 Je m'explique : en latin, la lettre c se prononce k ou q quelque soit la voyelle qui la suit ; ci se prononce ki ou qi en latin. Le nom de Constantine était donc Qirta.
 Dans la transcription des noms puniques, Amazighs, Hébraïques ou Celtes, rencontrés en Afrique, les Romains utilisaient la lettre c , pour transcrire une lettre non latine equivalente du qaf des langues semitiques. 
Un autre exemple proche est Calama aujourd'hui Guelma. Le gaf est une variante qu qaf notamment dans l'Est algérien. La transcription en français etait conforme au lation, lorsque le la lettre c etait suivie des lettres a ou o ; Qolo se transcrit Collo et Qala devient La Calle. Néanmoins, la prononciation française est maintenant consacrée puisque de nos jours les historiens algériens transcrivent en arabe Cirta en utilisant la prononciation française (Sirta), alors que Qirta, la punique, est d'origine cananéenne, proche des langues parlées au Proche Orient. 
Le mot qirta signifiait cité (importante). Carthage, la capitale punique, est une contraction de Qirta haditha (ou Qirt hadash d'après les premiers archéologues du site de Carthage) signifiant ville ou cité nouvelle. Cherchell, ancienne capitale de Juba II qu'il rebaptisa Caesarea, s'appelait jusqu'alors, Eol (Iol ou Jol) simplification de Qirta Iol (uyul) : Cité des Dieux. 
Source: Rachid Benbahmed Constantinois de souche et de coeur .
Buste représentant le roi Massinissa

Il est certain que des juifs y vivaient 3 siècles auparavant. Les berbères nomades de Constantine ont adopté le culte de Ball-Tanit déesse carthaginoise de la fécondité dont le haut lieu des cérémonies paraît avoir été la colline d'El Hofra (actuel Hôtel Transatlantique).
Déesse anit


On trouve également trace de nombreux vestiges de la civilisation punique. Un millénaire de vie antique. 
Cirta existait donc bien avant l'arrivée des Romains et de Massinissa, son nom berbère ne nous est pas parvenu. Massinissa, alors roi de Numidie, en avait fait sa capitale... Refusant le partage de la Numidie en trois royaumes, Jugurtha parvint à isoler Adherbal et il entreprit alors le siège de Cirta (actuellement Constantine), où s'était réfugié son adversaire soutenu par Rome. 
Gravure représentant Jugurtha 

En 112 av. J.C.  le siège de Cirta, dont les fortifications avaient été pourtant bien renforcées, devait duré cinq mois.
 Cette victoire permit à Jugurtha de gouverner sans partage la Numidie et d'éviter ainsi que le royaume légué par Massinissa n'éclate en fiefs insignifiants.
 L'histoire de Constantine dans l’antiquité couvre un millénaire si on l’étend jusqu’aux invasions arabes. On peut distinguer trois grandes périodes : 
  • Les trois siècles avant notre ère où l’influence punique est prépondérante.
  • Les trois premiers siècles après Jésus-Christ qui sont ceux de l’Empire romain païen. En 311 après J.-C. elle se révolte contre Rome, au prix de sa destruction par l'empereur Maxence. Elle est reconstruite en 313 par l'empereur Constantin qui lui donne son nom. C'est durant cette période qu'est édifié le "castella" de Tiddis (Castellum Tidditanorum) situé à quelques kilomètres de Cirta. 
  • Les quatre siècles allant de Constantin à l’apparition de l’Islam, où l’Empire chrétien, ébranlé par les Vandales de Genséric et prolongé par les Byzantins, a imprimé sa marque. 

Quatre langues ont été parlées durant ce millénaire : le libyque, le punique, le grec et le latin. Les qualités morales des Cirtéens les préparaient à bien accueillir le message chrétien. De fait, le christianisme comptait déjà beaucoup de fidèles à Cirta au milieu du IIIe siècle lorsqu’une persécution s’abattît sur la communauté naissante. 
La paix de l’Église (en 313 par "l'Édit de Milan", l'empereur Constantin accorda toute liberté de culte à l'Église), permit aux Chrétiens de célébrer publiquement leur religion. 335 - Construction de l'ancien pont romain (Pont d'El Kantara) Un millénaire sous le signe de l'Islam.
L'Édit de Milan
 C'est un grand millénaire puisqu'en réalité il faut compter douze siècles. Pour mettre un premier ordre dans une suite d'événements extrêmement complexes, nous partagerons ce long espace de temps en quatre périodes de trois siècles chacune:
  • -La première période, comprenant les VIIe, VIIIe et IXe siècles, est pour Constantine une période de quasi autonomie, ce qui n'empêche pas la ville de subir le contrecoup des invasions arabes. 
  • -La deuxième période, embrassant les Xe, XIe et XIIe siècles, fait dépendre Constantine principalement de la Petite Kabylie et de Bougie, donc du Nord-Ouest. 
  • -La troisième période, qui s'étend sur les XIIIe XIVe et XVe siècles, place Constantine dans la mouvance de Tunis, sous la dynastie des Hafsides.
  • -La quatrième période est celle de la domination turque qui couvre les XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles. Constantine passe alors sous la tutelle d'Alger. Le principal événement qui a entraîné l'arabisation de Constantine est lié au destin des Fatimides. 

C'est en Petite Kabylie que les Fatimides, au début du Xe siècle, ont recruté leur armée dont les Ketama qui habitaient les montagnes au Nord de Mila, et en formèrent le corps principal. Quand cette armée descendit du djebel, elle eut besoin de bases et elle les trouva à Mua, à Constantine et dans les anciens castella parmi lesquels Tiddis. 
 
Au commencement du XVIe siècle, Constantine comptait huit mille feux, ce qui peut représenter environ quarante mille habitants. Il faut comprendre dans ce chiffre, à côté d'une petite communauté chrétienne, les membres d'une communauté juive nombreuse.
 
On n'a pas de renseignements précis sur la communauté chrétienne. Seule est signalée la présence de Génois au cours du XVe siècle. 
 
Les colonies de marchands n'étaient jamais nombreuses. Les marchands logeaient dans des bâtiments appelés fondouks, dont la construction et les grosses réparations incombaient en général à l'administration sultanienne. Ils avaient le droit d'y posséder une chapelle. On est mieux renseigné sur la communauté juive. 
Il semble d'ailleurs que Constantine n'a jamais cessé d'avoir ses Juifs aux mœurs fortement berbérisées. Sous les Hafsides, les Israélites semblent avoir vécu en groupes disséminés parmi les Musulmans. Leur regroupement dans un seul quartier ne date que de la fin du XVIIIe siècle. Quant à la population musulmane, il semble qu'elle ait été partagée par quartiers en factions inféodées aux chefs des familles les plus influentes. 
 
On trouvait à Constantine une vieille bourgeoisie de grandes familles jalouses entre elles de leur prestige séculaire. 
 Fin XVe siècle Il est difficile de déterminer l'époque du premier établissement des Turcs à Constantine. 
 
[…] L'autorité des Turcs ne s'est pas établie facilement. Les partisans des Hafsides, au début de 1568, massacrèrent les Turcs et expulsèrent leurs séides. Le pacha Mohammed dut, pour ramener l'ordre, conduire en personne une expédition contre Constantine. La ville n'osa pas résister et ouvrit ses portes sans combat. Les Abd el-Moumène, chefs du parti Hafside à Constantine, furent définitivement vaincus et les Ouled Saoula écartés. 
Constantine fut choisie au XVIe siècle pour être la capitale du Beylik de l'Est. A propos de l'occupation turque et du Beylik de Constantine un site très beau et surtout très documenté : Le beylik de Qacentina 1771-1792 Ce fut Salah-Bey qui rendit à Constantine son cachet de capitale et la dota d'édifices tels que la mosquée et la medersa (école) de Sidi El-Kettani (actuellement place Négrier) plus connu sous le nom de Djamaa El Kettani ou El Kettania, qui existe toujours et qui n'a jamais fermée ses portes ; de nombreux arabisants de Constantine y ont fait un passage... ; et la belle medersa de Sidi-L.Akhdar où se fait actuellement le cours supérieur d'arabe, sans parler de constructions particulières telles que son habitation d'El-Blate. Il cantonna les Juifs, jusqu'alors répandus un peu partout, gênés et gênants, dans le quartier de Charra (rue Grand), qui devint leur Ghetto. Reconstruction du pont d'El Kantara par Salah Bey. 
 1830 La prise d'Alger par les Français en 1830 posa à Constantine un cas de conscience. Les principaux habitants se réunirent chez le Cheikh el-Bled. Après bien des avis divers, il fut décidé de ne pas reconnaître la domination française et de continuer à obéir à El-Hadj Ahmed. 
El-Hadj Ahmed bey
 C'est à Ahmed Bey que l'on doit le fameux Palais du Bey. 21 novembre 1836 Ahmed Bey combattit avec succès l'expédition française de Clauzel en repoussant par deux fois les assauts français contre la porte d'El Kantara.       
Le siège de l'armée française à Constantine

 13 octobre 1837 Dernière grande ville d'Algérie à résister aux français, Constantine tombe. Le 12 octobre une canonnade redoublée ouvre la brèche. Le 13 au matin, trois colonnes fortes d'un millier d'hommes donnent l'assaut sous le commandement du lieutenant-colonel Lamoricière. La colonne Lamoricière - les Zouaves - entre la première et plante le drapeau sur le mur d'enceinte. Se déroule alors un combat rue par rue, maison par maison. Redoutant les représailles des vainqueurs. la population tentera de fuir par les gorges, on dénombrera de ce fait plusieurs victimes. Le colonel Combes sera tué dans la bataille. Ben Aïssa, le lieutenant du Bey s'échappera par les gorges à l'aide de cordes. 
Définitivement défait le Bey Ahmed prit la fuite et se réfugia dans les tribus du Sud poursuivi par le Cheik El Arab aux ordres du général Valée. lequel recevait le 12 novembre le bâton de maréchal de France, qui sera gouverneur de 1837 à 1840.
La prise de la ville Constantine 


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