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dimanche 23 février 2020

Le Père fondateur,et président des Etats-Unis : Thomas Jefferson

Père fondateur, Jefferson est porté au pouvoir en 1801. Une élection cruciale, qui instaure l’alternance toujours en vigueur entre les deux partis états-uniens, créés à cette occasion.
Sur le célèbre mémorial du Mount Rushmore, il est le second en partant de la gauche, juste après Washington. C’est dire si Thomas Jefferson, troisième président des États-Unis, a marqué un pays qu’il dirigea de 1801 à 1809. Outre qu’il fut avec James Madison aux sources du futur parti démocrate (le « Jefferson Day » est toujours la fête officielle du parti), Jefferson reste pour l’histoire le président qui négocia en 1803 l’achat de la Louisiane à la France et qui promulgua en 1808 la loi interdisant la traite négrière.
Comme la plupart des hommes politiques de cette génération, Jefferson était issu d’une famille de planteurs d’origine britannique, propriétaire de vastes domaines et de nombreux esclaves en Virginie. C’était aussi, et paradoxalement, un homme des Lumières, polyglotte, grand lecteur de Locke et de Rousseau, admirateur des travaux de Newton. Lors de son ambassade à Paris de 1784 à 1789, il fréquenta Condorcet, Buffon et La Fayette, et présida durant plus de 17 ans la Société américaine de philosophie, qu’avait fondée son ami Benjamin Franklin. Convaincu des vertus de la raison et de l’éducation, il défendit assez tôt les principes d’une démocratie représentative et d’une république de petits propriétaires.
C’est donc sans surprise qu’il s’engagea dans la révolution américaine. Son Aperçu sommaire des droits de l’Amérique britannique, publié en 1774, condamnait toute prétention de Londres sur les 13 colonies. Délégué au Second Congrès qui siégea à Philadelphie, il participa au comité chargé d’élaborer la Déclaration d’indépendance des États-Unis dont il fut, au vrai, le principal rédacteur. Peu doué pour les affaires militaires, il s’effaça devant Washington durant la guerre d’Indépendance, mais accepta de succéder à Franklin comme ministre plénipotentiaire auprès du gouvernement français. De 1784 à 1789, Jefferson servit avec brio les intérêts américains auprès de Louis XVI, tout en participant activement à la vie intellectuelle de la capitale. Il n’assista cependant qu’aux premiers épisodes de la Révolution, car George Washington, devenu premier président des États-Unis, lui confia en novembre 1789 le poste de secrétaire d’État.
Ce ne furent pas des années faciles. D’emblée, Jefferson entra en conflit avec le secrétaire du Trésor, Alexander Hamilton. Ils s’opposèrent sur la nature du pouvoir – Hamilton prônait le renforcement de l’État fédéral, Jefferson défendant les prérogatives des États et une démocratie de proximité –, ce qui les conduisit à fonder l’un et l’autre deux partis opposés : le parti fédéraliste pour Hamilton, le parti républicain-démocrate pour Jefferson. Ainsi inauguraient-ils le two-party system (« bipartisme »), dont on sait l’importance dans l’histoire des États-Unis. Mais Jefferson et Hamilton s’affrontèrent aussi sur la politique étrangère du pays. Francophile et francophone, Jefferson entendait rester proche de la France révolutionnaire, tandis qu’Hamilton, soutenu par Washington, préférait se rapprocher de la Grande-Bretagne. Prenant acte de ces divergences, Jefferson quitta le gouvernement en 1794 et se retira sur son domaine de Virginie. Il tenta sa chance aux élections présidentielles de 1796, mais fut battu de peu par John Adams, le candidat du parti fédéraliste, contre lequel il décida de batailler ferme. […]
Dominique Kalifa
Professeur, université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

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