Think-Tank pour vous 😁 Jeune Presse irresponsable, participative avec un regard décalé sur l'actu et l'histoire -depuis 2013🙈🙉🙊

résumé

jeudi 17 octobre 2019

Le poème d'un moine du IXe siècle adressé à son chat bien-aimé


Le Pangur Ban a des origines bien étranges : pour certains, il aurait été découvert dans un manuscrit que détenait le monastère de Saint Paul, en Carinthie (Autriche). Pour d’autres, il avait été rédigé sur une copie des épîtres de Saint Paul. Ou plus simplement, au verso d’une page qu’un moine recopiait. Ce qui est certain, c’est que ce poème est une jolie déclaration d’amour aux chats.

Rédigé dans tous les cas par un moine inconnu du IXe siècle, le Pangur Ban n’en demeure pas moins un texte d’homme chaleureux qui aimait son matou. Il est vrai que les félins cohabitaient avec les moines copistes pour le pire — comme celui qui urina sur son travail — ou le meilleur, pour ce qu’ils parvenaient à chasser les souris. Certaines ayant même fini en marque-pages de manuscrit…

Le moine à l’origine de ce poème serait de toute évidence irlandais, qui se serait, dans le cas de l’hypothèse autrichienne, retrouvé contraint de fuir à Reichenau, sur le lac de Constance. Une migration due aux raids vikings qui sévissaient, et obligeait alors les moines à s’exiler. C’est en tout cas au sein de l’abbaye bénédictine de Saint Paul, dans la ville de Lavanttal, que l’on a retrouvé le manuscrit (en illustration ci-dessous), qui comprend le texte.

Pangur Ban désignerait donc un Chat blanc, qui partage manifestement le lieu de vie et l’espace de travail du moine : le premier prend plaisir à chasser les souris, le second dans la chasse aux mots toute la nuit. On en retrouvera plusieurs traductions, depuis le gaélique, à cette adresse, jusqu’à inspirer un certain JRR Tolkien.

En voici une traduction toute personnelle de la première strophe :

Moi et Pangur, un chat et un sage
Nous faisons notre devoir
Je cours après mes pages aimées
Lui, après les souris.

Plus que de renommée j’aime être
Entouré de mes livres et étudier,
Pangur ne m’en garde pas rancune
Content qu’il est de son propre mérite.

Un couple qui ne manquera pas de rappeler celui de Baudelaire et de ses chats, moins travailleurs et plus contemplatifs :

Ils prennent en songeant les nobles attitudes
Des grands sphinx allongés au fond des solitudes,
Qui semblent s’endormir dans un rêve sans fin ;

La ronronthéraopie a de bien belles années encore devant elle...

Par Victor De Sepausy, le 18.07.2019

Aucun commentaire:

Publier un commentaire

© Copyright EL-MESMAR 2013-2018 "Tous droits réservés" -Design: Aghiles AZZOUG-CREAGHI STUDIO. Fourni par Blogger.