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lundi 6 mai 2019

Internet et le monde non-inclus

L’apparition de cette nouvelle maladie qu’est la nomophobie et l’addiction aux technologies plaide en leur faveur. On voit même fleurir des « stages de detox numérique » pour aider les plus dépendants à décrocher. Portraits de ceux qui vivent sans technologie.

Les « malgré-eux » : les déconnectés de force

Si beaucoup de citoyen dans le monde sont aujourd’hui déconnectés de toute technologie, ce n’est pas nécessairement par choix puisque leur problème c’est qu’ils n’y ont même pas accès.

Mis à part quelques pays d’Asie et d’Amérique Latine, la situation des pays en voie de développement ne s’est guère améliorée au cours de ces 40 dernières années ; un ensemble de pays qui constitue pourtant 80 % de la population mondiale et qui sur le plan économique représentent toujours moins de 20 % des échanges commerciaux.

L’accessibilité aux moyens de communication est aussi très inégalitaire puisque les « connectés » dans les pays en voie de développement ne représentent qu’environ 5 % des utilisateurs mondiaux : moins de 5 téléphones pour 100 habitants en moyenne - moins de 1 pour 1 000 dans les zones rurales ; la situation est encore plus criante pour l’internet : 3 accès pour 1 000 habitants !

Dans le contexte actuel de mondialisation de l’économie et de globalisation des échanges, les pays industrialisés entrent, avec quelques soubresauts il est vrai, dans une ère nouvelle qui sera essentiellement basée sur l’information et le savoir ; se pose alors la question de savoir comment les pays en voie de développement, compte tenu des carences en moyens de communication évoqués, pourront y trouver leur place. Dans une nouvelle économie plus immatérielle, le défi du développement se traduit alors, dans une certaine mesure au moins, par la capacité des différents acteurs à partager et à organiser la circulation d’une information « globalisée ».

La diffusion à grande échelle dans les pays en voie de développement des nouvelles technologies de l’information et de la communication, et de l’internet en particulier, apparaissent donc tout naturellement dans ce nouveau contexte comme un défi incontournable qui se doit d’être relevé. En effet, si le « fossé numérique » actuellement constaté devait persister, les pays en voie de développement se verraient encore plus isolés des circuits économiques et ainsi marginalisés à l’excès, leur chance de décollage seraient une fois de plus lourdement hypothéquées.

Mais, n’est-il pas quelque peu cynique de penser connexion à l’internet pour des populations dont le revenu moyen ne dépasse pas 2$ par jour ? A quoi pourra bien servir l’internet pour ces 3 milliards d’individus dont les soucis quotidiens prioritaires sont l’eau, la nourriture, la santé, l’école, etc. ?

De nombreux signes encourageants nous conduisent cependant à poursuivre nos investigations et à rechercher des solutions dans cette direction : qu’il s’agissent de l’engouement des jeunes pour l’outil internet, rendu accessible grâce à l’ouverture de nombreux cybercafés qui prolifèrent dans les pays en voie de développement, et pas seulement dans les grandes villes ; qu’ils s’agissent aussi des nombreux acteurs locaux qui s’engagent dans des expériences pilotes visant à définir de nouveaux services ou créent des sites web avec du contenu local ou encore de l’adéquation flagrante qui apparaît entre les modes de vie de type communautaire des populations des pays en voie de développement et les possibilités de mise en réseau offertes par l’internet.

Plus ouverts, mais pas totalement. Internet n’est pas l’espace des idées nouvelle ?

La sociologue Dominique Pasquier dans son livre, L’internet des familles modestes en s’intéressant aux transformations des univers populaires par le prisme des usages et des pratiques d’internet. répond à la question :" Si internet permet de s’informer et de se former (via les tutoriels, très consommés pour progresser notamment dans ses passions), le public de mon enquête ne s’intéresse pas du tout à l’actualité. Il ne consulte pas la presse nationale. L’actualité demeure celle que propose la presse locale et la télévision. Ce manque d’ouverture est certainement lié aux territoires d’enquêtes. Pour les ruraux, l’information nationale ou internationale semble très loin. Dans ce domaine, la possibilité qu’ouvre l’internet n’est pas saisie. La consommation télévisuelle reste très forte. L’ouverture passe par la télévision, c’est de là qu’arrive la nouveauté, via la télé-réalité, les émissions de décoration et de cuisine. La « moyennisation » des styles de vie est concrète : elle se voit dans les maisons. La télévision a diffusé un dépouillement du décor mobilier par exemple comme on le voit dans les émissions de décoration. Dans ses enquêtes sur le monde ouvrier des années 80, le sociologue Olivier Schwartz montrait que les familles de mineurs qui réussissaient achetaient des salles à manger en bois. Elles ont disparu ! "

Les géants du high-tech éloignent leurs enfants des technologies

Après tout, cet éloignement des technologies, n’est-ce pas une décision raisonnable ? Être connecté est une chose mais être dépendant en est une autre. Les géants du high-tech, les grands hommes qui ont transformé le monde en tout numérique connaissaient bien évidemment les dérives d’un tel système.

Eux, ils préservent leurs enfants, et les éloignent des technologies le plus longtemps possible pour qu’ils apprennent à les appréhender à bon escient. Steve Jobs par exemple ne laissait pas ses enfants s’approcher de ses iPad.

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