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lundi 1 avril 2019

Rihla N01: Yemen un joyau qui fait face au péril

 État d'Asie occidentale, le Yémen occupe la pointe sud-ouest de la péninsule d'Arabie ; le pays possède une longue façade maritime au sud (golfe d'Aden) et à l'ouest (mer Rouge) ; il est limité par l'Arabie saoudite au nord et Oman à l'est.
Le Yémen se compose de quatre ensembles principaux :
– le massif granitique du Nord et du Centre et les hauts plateaux, abrités des pluies d'été et subdésertiques,la vallée de l'Hadramaout, au sud-est , enfin de d'une plaine côtière, la Tihama, qui longe la mer Rouge.
La population, musulmane et organisée en confédérations tribales, se concentre dans l'ouest du pays, notamment à Sanaa, la capitale, et dans le sud du pays, où se trouve Aden, la deuxième ville du pays. Dans l'est du pays, aride et désertique, seule les oasis de l'Hadramaout sont occupées.

La richesse agricole et industrielle du pays :
La culture du café régresse aujourd'hui, en partie à cause de la concurrence des cafés d'Afrique et d'Amérique latine, mais surtout parce que la culture du qat est beaucoup plus rentable pour les cultivateurs yéménites. Plante euphorisante assimilée à une drogue, le qat est un arbuste qui nécessite les mêmes conditions climatiques que le caféier. La consommation de ses feuilles est un rite social central dans la vie yéménite, et, selon différentes estimations, la culture du qat représente près du quart du revenu national du Yémen.
Depuis 3 000 ans, le Yémen est connu dans tout l'Orient pour les caravanes qui en partaient chargées d'encens, de myrrhe et d'épices. Le Yémen moderne demeure un pays fondamentalement agricole, dont la population est aux trois quarts rurale : près de 55 % de la population active est employée dans le secteur agricole.
Il y a aussi la culture du sorgho et du millet ainsi que des fruits et légumes. Dans la Tihama, le climat tropical favorise la culture du coton, du tabac et des dattes. Si l'importante pluviométrie favorise l'irrigation des hauts plateaux, tel n'est pas le cas dans la Tihama, où des projets, partiellement financés par l'Union européenne et les Nations unies, sont en cours de réalisation pour développer l'irrigation de la plaine. Avec l'aide financière d'Abu Dhabi, le gouvernement du Yémen du Nord a fait construire, au milieu des années 1980, un barrage à Marib sur le site de l'ancien barrage édifié en 500 avant J.-C. et détruit vers l'an 570 de notre ère et destiné à faciliter la culture du blé et du sorgho. La première phase, achevée en 1986, permet une irrigation permanente de 6 000 hectares et, intermittente, de 5 000 hectares supplémentaires. La seconde phase, en cours de réalisation, devrait permettre l'irrigation de 7 000 autres hectares.

Les pêcheries sont l'une des principales ressources du Yémen. Elles sont, pour l'essentiel, situées sur la mer d'Arabie, dans l'ancien Yémen du Sud, qui était en revanche défavorisé sur le plan agricole.

Depuis le milieu des années 1980, c'est le pétrole qui constitue la richesse du pays. Il représente 11 % du produit intérieur brut, 90 % des exportations et 73 % des recettes de l'État. Les réserves sont cependant en voie d'épuisement.

Le pays dispose aussi d'importantes réserves de gaz naturel et l'énorme potentiel en ressources minières (or, zinc) que recèle son sous-sol n'est pour le moment pas mis en valeur.
Les industries du Yémen comptent pour 40 % du produit intérieur brut.
Le défit économique
Le Yémen est d'ailleurs traditionnellement un pays d'émigration : trop nombreux pour une terre qui ne parvenait pas à les nourrir, beaucoup de Yéménites ont préféré émigrer en Afrique orientale, en Asie du Sud et même en Europe. Cependant, une part importante de l'émigration yéménite est, depuis le boom pétrolier des années 1970, concentrée dans la péninsule arabique. En 1990, lors de l'unification, tandis que le Yémen du Sud (2,5 millions d'habitants environ) et le Yémen du Nord (10 à 11 millions) formaient un ensemble de 12 à 14 millions d'habitants, on estimait à 2,5 millions le nombre des Yéménites vivant à l'étranger, pour la plupart en Arabie saoudite. Les transferts des émigrés représentaient près de 40 % du P.I.B. dans les années 1980. C'est pourquoi l'expulsion brutale de près de 900 000 Yéménites par l'Arabie saoudite, lors de la guerre du Golfe, a été un rude choc pour l'économie du pays : non seulement ces émigrés n'avaient plus d'argent à envoyer à leur famille, mais, revenant sans emploi, ils risquaient d'être un fardeau supplémentaire pour la nation. En réalité, de retour au Yémen, ils ont investi leurs économies et ont souvent créé leur entreprise, ce qui a considérablement amorti le choc anticipé.

Breve Histoire et Politique
La création de la République du Yémen, en 1990, fait suite à l'unification de deux États. Indépendante depuis 1967, la République démocratique et populaire du Yémen (Sud) a adopté un modèle de développement marxiste - nationalisations, réforme agraire, etc. La République arabe du Yémen, proclamée en 1962, a pour sa part été déchirée par une guerre civile entre républicains et royalistes au cours des années 60. Des conflits entre les deux, suivis de pourparlers, aboutissent finalement en 1990 avec leur unification politique au sein de la République du Yémen. Malgré l'adoption de compromis politiques visant à satisfaire les parties impliquées, des différents subsistent. La sécession du Sud, en 1994, est à l'origine d'une guerre civile qui se termine rapidement. En dépit des efforts de redressement, les controverses politiques et l'instabilité économique continuent de hanter du Yémen, un État dont la population vit dans une grande pauvreté. À partir de 2004, le gouvernement doit faire face à la rébellion de musulmans dans le gouvernorat de Sadah. Des protestations, organisées dans la foulée du printemps arabe, en 2011, entraînent la démission du président Ali Abdallah Saleh l'année suivante. 
Ce jeune pays a adopté une orientation marxiste, entretient des liens étroits avec les pays du bloc communiste, notamment l'Union des républiques socialistes soviétiques (URSS), puis la Chine. Plus proche de l'Occident, la République arabe du Yémen (Nord) est pour sa part déchirée au cours des années 1960 par une guerre civile pendant laquelle les factions opposées, les républicains et les royalistes, reçoivent respectivement le support de l'Égypte et de l'Arabie saoudite. Les deux États yéménites s'affrontent eux-mêmes lors de conflits de courte durée (1972, 1979), avant qu'ils ne s'unifient en 1990. La décision des dirigeants de la République du Yémen d'appuyer l'Irak de Saddam Hussein lors de la guerre de 1991 ajoute à l'antagonisme territorial de longue date qui persiste avec l'Arabie saoudite. Ce différend, ainsi qu'un autre avec l'Érythrée, suscitent des tensions qui s'apaiseront graduellement. Un traité de paix est même signé avec l'Arabie saoudite en 2000.  

 




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