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Le Coran et moi !

La RĂ©daction
Chronique de Amine Zaoui 
En tant que romancier hantĂ© par le phĂ©nomĂšne du sacrĂ© et du profane, de ce fait, de temps Ă  autre, j’aime relire le Coran. Et avec, et de temps Ă  autre aussi, je relis le controversĂ© livre Sahih al Bukhari (810-870). Et afin d’avoir plus de clartĂ©, plus de questions, je relis d’autres textes sacrĂ©s Ă  l’image de la Bible et de la Thora. Et parallĂšlement, je lis les mythes universels sur la genĂšse de l’univers, sur la langue et sur l’errance de l’homme. 
Autour du Coran, et de Sahih al Bukhari, beaucoup de valeurs sont nĂ©es, d’autres sont disparues, dans la terre d’islam. Des fantasmes sont nĂ©s. Du sang a Ă©tĂ© versĂ© et de l’encre aussi. Des tonnes de manuscrits et de livres ont Ă©tĂ© Ă©crits, mais dont la plupart ne sont que des rĂ©pĂ©titions. Ils sont sans grand effort intellectuel, et pour user de l’expression moderne : “ils sont : du copiĂ©-collĂ©”. Le Coran fait partie de notre culture, de notre mĂ©moire collective et individuelle. Il est l’image de la peur. L’image du pĂšre. L’image de l’enfance. La mort de mon grand-pĂšre. Le cercueil. La circoncision. L’image de la torture infernale. L’image de la soumission. L’image de la dĂ©livrance. L’image de la tristesse. Le respect. La guerre. Mais il est aussi l’image de l’Ă©garĂ©! Il est l’image de l’errance et le chemin en mĂȘme temps. C’est Ă©tonnant, cela dure depuis douze siĂšcles, que les musulmans, les croyants, les fouqaha, les politiques islamistes et les prĂ©dicateurs cherchent la religion dans Sahih Al Bukhari et non pas dans le texte original le Coran. Le livre Sahih d’al Bukhari, petit Ă  petit, a fini par faire taire le Coran ou presque. Dans le meilleur des cas, il l’a repoussĂ© Ă  la deuxiĂšme position, dans la vie intellectuelle et religieuse musulmanes. Quinze siĂšcles se sont Ă©coulĂ©s, depuis l’avenue de l’islam. Des philosophes sont passĂ©s par le dĂ©sert de l’Arabie. Des poĂštes. Des fouqaha. Des historiens. Mais durant ces quinze siĂšcles, les musulmans, toutes tendances confondues, se sont contentĂ©s, vis-Ă -vis de leur Livre, de la rĂ©citation de leur Livre. Se contenter de le chanter. De le psalmodier. Quinze siĂšcles durant, les musulmans ont chantĂ©, ont rĂ©citĂ©, ont psalmodiĂ©, ont respectĂ©, ont adorĂ© leur Livre mais ils ne l’ont jamais lu. Il est restĂ© sacrĂ© loin de toute lecture. De toute question philosophique ou historique approfondie. Si la rĂ©vĂ©lation est divine, Le Livre en tant que produit-matĂ©riel al moshaf est humain. Le livre al moshaf que nous avons entre les mains, publiĂ©, arrangĂ©, agencĂ©, n’a pas Ă©tĂ© rĂ©alisĂ© par le ProphĂšte. Il est le travail d’une autre personne, un homme politique : Othman Ibn Affane (574-656). Et ce Othman Ibn Affane, qui a matĂ©rialisĂ©, par la transcription finale unifiĂ©e, Le Livre le plus cher aux musulmans, ce mĂȘme Othmane, le troisiĂšme calife de l’islam, a Ă©tĂ© assassinĂ© par les musulmans eux-mĂȘmes ? Parce que nous n’avons jamais lu le Coran, les politiques L’ont utilisĂ©, L’ont manipulĂ© pour en faire leur pouvoir, leur force mensongĂšre. Au moment oĂč Le Coran est psalmodiĂ© par les croyants, Sahih d’Al Bukhari est utilisĂ©, au nom du Coran, par les politiques politiciens et les charlatans. Le Coran n’a jamais Ă©tĂ© lu par les philosophes et les historiens, Ă  l’exception de l’expĂ©rience intellectuelle du courant des Moutazilites. Afin de libĂ©rer le Coran de ses excitateurs-perroquets, afin de Le libĂ©rer de ses agresseurs politiques, nous avons besoin aujourd’hui de replacer le texte coranique dans son contexte historique. Et afin de continuer le travail sĂ©rieux et audacieux rĂ©alisĂ© par les Moutazilites, nous avons besoin de mettre le Coran dans une perspective historico-comparative.
Il faut lire le Coran Ă  la lumiĂšre de l’anthropologie, de l’Histoire des civilisations, de l’Histoire des langues, de l’Histoire des mythes.
Il faut Le lire en comparaison avec les autres religions monothĂ©istes, religions paĂŻennes et mythes, le judaĂŻsme, Gilgamesh, le christianisme, le bouddhisme… Une nouvelle lecture du Coran signifie la libĂ©ration des croyants sĂ©questrĂ©s par la mosquĂ©e colonisĂ©e par des prĂȘtres-musulmans, des prĂ©dicateurs des fatwas, les vendeurs des tickets d’entrĂ©e au paradis. Notre mosquĂ©e d’aujourd’hui, n’est que l’image de l’Ă©glise d’avant le dix-septiĂšme siĂšcle. Il est temps de libĂ©rer le Coran de Sahih Al Bukhari. Il est temps de libĂ©rer le Coran de l’air du chant psalmodique par l’appel Ă  une lecture, au pluriel, crĂ©ative.
par Amine Zaoui

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