Le documentaire israélien NAZA, réalisé par Yuval Abraham et Rachel Szor, a attiré 40 000 spectateurs en une seule journée dans les salles françaises 🇫🇷, lundi 12 octobre, prenant la tête du box-office.
Diffusé exceptionnellement pendant deux jours dans 500 séances avant sa mise en ligne gratuite en novembre, le film donne la parole à 24 militaires et membres des services de renseignement israéliens anonymes, qui témoignent de pratiques de l’armée à Gaza et l’accusent de tuer délibérément de nombreux civils.
Le documentaire dénonce également la déshumanisation des Palestiniens et les mécanismes utilisés pour justifier les pertes civiles. À la sortie des séances, plusieurs spectateurs ont fait part de leur émotion. « J’ai entendu pas mal de gens pleurer », témoigne une étudiante.
L’armée israélienne, elle, a rejeté « catégoriquement » les accusations contenues dans le film, exprimant des doutes sur la fiabilité des intervenants anonymes. Elle a en outre assuré faire des efforts importants pour préserver les civils lors des frappes à Gaza.
Estimant que le documentaire avait « fissuré l’écran de l’indifférence » en Israël malgré un « coût personnel élevé », Yuval Abraham a indiqué que Rachel Szor et lui rentreraient au pays pour « continuer à se battre », malgré les menaces de poursuites judiciaires. Il n’a pas dit quand ils rentreraient en Israël, ni où ils se trouvaient actuellement.
Présenté et primé à la Mostra de Venise (il a été accueilli par une ovation historique de 25 minutes), le film a immédiatement provoqué une déflagration dans la société israélienne et suscité l’ire du gouvernement de Benjamin Netanyahu, qui cherche désormais à identifier ceux qui ont osé prendre la parole pour les traduire en justice.
