L’assassinat du Président rwandais Juvenal Habyarimana le 6 avril 1994 est le fait déclencheur du génocide des tutsi au Rwanda.
Les hutu et les tutsi sont deux groupes du Rwanda qui partagent plusieurs aspects mais que la colonisation a divisé. La colonisation les a transformés en groupes “ethniques” très différents et pas amis du tout.
En effet, en remontant dans l’histoire, en 1924, la Belgique récupère l’administration du Rwanda des mains de l'Allemagne par l'entremise de la Société des nations.
S’appuyant sur des critères racistes et erronés, l’administration coloniale considère les tutsi comme la race supérieure au détriment des autres à l’image des hutu. La discrimination est établie.
Dans les années 1930, cette affaire va plus loin avec l’émission d’une carte d’identité mentionnant l’ethnie de la personne.
Cela divise la société rwandaise. Les tutsi deviennent “privilégiés”.
En 1962, l’indépendance est établie. Mais le Président de la République Grégoire Kayibanda sera de l’ethnie hutu. Le gouvernement hutu enclenchera une tuerie massive en 1963 après avoir essuyé une tentative de renversement par des dissidents tutsi. Il y aura environ 20 000 tutsi assassinés et 300 000 en exil
En 1988, depuis l'Ouganda, des réfugiés tutsi créent le Front patriotique rwandais. Il commence par une offensive militaire sur Kigali dès 1990. C’est la guerre civile. Des milices hutu sont créées par le parti du président hutu Juvénal Habyarimana : les Interahamwe.
La guerre civile prendra “fin” avec les accords d’Arusha en 1993. Mais ces accords rendent la situation délétère. Les hutu sont mécontents et qualifient les accords de trahison. La propagande des principaux leaders hutu est enclenché. Ils appellent à la persécution et au massacre des tutsi. Les chefs de village vont jusqu’à distribuer des armes blanches aux populations hutu pour tuer les tutsi. Une véritable préparation en vue de l' extermination des tutsi est en cours.
Voilà que nous revenons en avril 1994.
A partir du 7 avril 1994 et durant 100 jours environ, 800 000 individus sont massacrés. Environ 250 000 femmes sont violées dans des conditions atroces. Le viol est une arme de génocide.
Les hutu regroupaient les tutsi dans des écoles et autres lieux publics avant de les massacrer à coups de machette ou de planches à clous.
Enfants, blessés, malades, personne n’est épargné parmi les tutsi.
Des outils de propagande contre les tutsi seront mis en œuvre : radio des milles collines par exemple et l'organisation du Hutu power.
Pendant le génocide des tutsi au Rawanda, la radio appelée milles collines avait à sa disposition des listes de personnes (généralement des tutsis influents ou riches) qu’elle lisait par la voix de ses membres.
Par la radio mille collines, tout le monde pouvait avoir les informations nécessaires sur les tutsi à débusquer et assassiner sans impunité. La radio multipliait les émissions radiophoniques incitant au massacre des tutsi.
Le génocide connaitra un arret avec la victoire du front patriotique rwandais sur l’armée hutu. Cette dernière se réfugie dans la zone sécuritaire établie par la France. Kigali est pris par le FPR le 4 juillet 1994.
Il faut savoir que pendant que les tutsi restés au Rwanda subissaient le génocide, le Front patriotique rwandais était en marche vers Kigali et contre l’armée hutu. Paul Kagame, l’actuel Pr du Rwanda, était à la tête du FPR.
Les semaines qui suivent voient environ 2 millions de hutu fuire vers la Tanzanie et la RDC. Un gouvernement multiethnique est créé.
Le tribunal pénal international pour le Rwanda est créé en novembre 1994. IL condamne 61 personnes pour participation au génocide. Des milliers d’autres personnes seront envoyées en prison dans les années qui suivent.
Voilà une triste page de l’histoire africaine et qui est liée à la colonisation.
Aujourd’hui, le Rwanda a tourné la page et a appris de ses erreurs.
✍️@ Leumine
🔴Sources consultées :
museeholocauste.ca/fr/ressources-…
pagerwanda.ca/les-moments-du…
enseignants.lumni.fr/fiche-media/00…
un.org/fr/preventgeno…
