Aujourd’hui encore, on m’a balancĂ© : « Tu nettoies des fesses ».
Ce n’est ni la premiĂšre fois, ni la derniĂšre… mais cette fois, j’ai dĂ©cidĂ© de rĂ©pondre.
Oui, je nettoie des fesses.
Mais je fais bien plus que ça : je coupe des ongles, je lave des corps, je nourris, j’habille, je rĂ©conforte, j’Ă©coute, j’accompagne des ĂȘtres humains qui, pour certains, n’ont plus la force de faire tout cela eux-mĂȘmes.
Je rends possible ce que d’autres prĂ©fĂšrent ne pas voir.
Ces gestes sont des actes de soin, de respect et de dignité.
Et les rĂ©duire Ă une simple phrase mĂ©prisante, c’est insulter tout ce qu’il y a de profondĂ©ment humain dans ce mĂ©tier.
Parce que, soyons clairs :
Je ne pourrais pas faire un travail oĂč il faut manipuler ou mentir pour exister.
Et pourtant, ce sont souvent ces mĂ©tiers-lĂ qu’on glorifie, pendant que le nĂŽtre est regardĂ© de haut.
La rĂ©alitĂ©, c’est que ceux qui rabaissent ce que nous faisons n’ont, pour l’instant, jamais eu besoin d’aide pour aller aux toilettes ou se laver.
Mais ce jour viendra peut-ĂȘtre. Et quand il viendra, il y aura, malgrĂ© tout, quelqu’un comme moi pour les aider avec respect et bienveillance.
Notre travail est invisible, mais essentiel.
Il demande du cĆur, de la force, du courage.
Il mérite le respect. Le vrai.
Alors la prochaine fois que vous parlez de « nettoyer des fesses », faites-le avec reconnaissance. Parce qu’un jour, peut-ĂȘtre… ce sera les vĂŽtres.