[SERIE] L’histoire du renseignement militaire nous rappelle combien le renseignement est un mĂ©tier vieux comme la guerre, et comment il lui est intrinsĂšquement liĂ©. Cette histoire, dont la Direction du renseignement militaire (DRM) est aujourd’hui l’hĂ©ritiĂšre, peut ĂȘtre retracĂ©e en sept Ă©pisodes. Le dernier nous plonge dans les dĂ©fis qui attendent la DRM.
En septembre 2022, la DRM a modifiĂ© son organisation avec la crĂ©ation de plusieurs plateaux en charge de thĂ©matiques ou de zones gĂ©ographiques prĂ©cises. Ces plateaux, qui rassemblent des spĂ©cialistes de la recherche, de l’exploitation du renseignement et de la donnĂ©e, sont le lieu de convergence et d’animation du cycle du renseignement, en coordination avec la chaĂźne des opĂ©rations. Ils mĂšnent leur propre politique partenariale.
Objectif : ĂȘtre plus rĂ©actif, plus efficace aussi. En un mot, amĂ©liorer la production du Renseignement d’intĂ©rĂȘt militaire (RIM). Aujourd’hui, chaque plateau est une petite DRM. Il s’appuie au quotidien sur le savoir-faire de nos centres en renseignements image, Ă©lectromagnĂ©tique, cyber et humain. Chaque plateau oriente les unitĂ©s de la Fonction interarmĂ©es du renseignement (FIR)* dans leur pĂ©rimĂštre de compĂ©tence.
Le défi du traitement de la donnée
Les donnĂ©es issues de nos capteurs sont en hausse exponentielle. Il convient donc de trouver l’Ă©quilibre entre le volume de donnĂ©es recueillies et notre capacitĂ© Ă les exploiter. Car recueillir des informations, c’est bien, mais les analyser prĂ©cisĂ©ment, c’est mieux ! C’est toute l’ambition du programme Artemis qui fait appel Ă l’Intelligence artificielle (IA). Sa livraison dĂ©bute Ă l’Ă©tĂ© 2023. Cette plateforme nous permettra d’accroĂźtre notre interopĂ©rabilitĂ© avec nos partenaires au sein de la FIR. (voir vidĂ©o en bas de l'article).
L’autre dĂ©fi : professionnaliser davantage la ressource humaine
Avec l’Ă©largissement des menaces, ainsi que les nouveaux mĂ©tiers (analyste data, ingĂ©nieur data…) liĂ©s au programme Artemis et l’organisation en mode plateaux, la DRM verra ses effectifs augmenter. L’accĂ©lĂ©ration des innovations technologiques et du cadre lĂ©gal impose une rĂ©flexion profonde sur les mĂ©tiers du renseignement. L’appui de l’IA modifie dĂ©jĂ en profondeur les procĂ©dures d’analyse existantes. Mais l’humain restera au cĆur du renseignement. La DRM devra toujours se renseigner sur des entitĂ©s humaines (individus, armĂ©es, organisations et groupes divers…) ayant chacune leur environnement culturel et leur part d’irrationnel.
En consĂ©quence, une nĂ©cessitĂ© apparaĂźt : professionnaliser davantage les filiĂšres du renseignement au sein de chacune des armĂ©es. Le renseignement d’aujourd’hui est en effet beaucoup plus technique qu’hier. Son appropriation prend nĂ©cessairement plus de temps. Il faut donc allonger la durĂ©e des affectations, et instaurer des parcours croisĂ©s entre la DRM, la FIR et les services de renseignement du premier cercle. Une politique RH ambitieuse, c’est aussi permettre Ă davantage de civils d’accĂ©der Ă des postes Ă responsabilitĂ©s. Ă la DRM, des civils de la dĂ©fense sont devenus chefs de bureau. A l’Ă©tĂ© 2023, l’un d’eux est devenu chef de plateau. Cet Ă©tĂ©, une autre deviendra cheffe de division.
*La Fonction interarmĂ©es du renseignement rassemble, sous la coordination de la DRM, les centres de renseignement d’armĂ©e (armĂ©e de Terre, armĂ©e de l'Air et de l'Espace, Marine nationale), les unitĂ©s spĂ©cialisĂ©es dans le recueil du renseignement – 13e rĂ©giment de dragons parachutistes, 2e rĂ©giment de hussards, 44e et 54e rĂ©giments de transmissions, navire de collecte de renseignements Dupuy de LĂŽme… ainsi que toutes les entitĂ©s organiques ou opĂ©rationnelles concourant au recueil et Ă l’analyse du renseignement dans l’ensemble des armĂ©es – J2 opĂ©ratifs, officiers renseignement, capteurs non spĂ©cialisĂ©s, d’opportunitĂ©…
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