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Chronique NewYorkaise de l'Ă©crivaine Katherine Pancol

La RĂ©daction


Oh la la…Hier ! Quelle journĂ©e ! Je me suis levĂ©e tĂŽt. Suis partie dans le Park avec Lucy. Les chiens ont le droit de s'y promener en libertĂ© le matin avant neuf heures et le soir, aprĂšs 21 heures. J'ai fait gicler la laisse et hop ! rodĂ©o pour Lucy qui rebondit partout. Je la glisserais bien dans mon sac, cette petite chienne aux longues oreilles et aux yeux polyglottes. Je me demande ce qu'en dirait Boy. C'est un vieux garçon maintenant (bientĂŽt 9 ans !). Il a ses habitudes, ses coussins rĂ©servĂ©s, ses heures de promenade et de pĂątĂ©e. N'aime pas ĂȘtre dĂ©rangĂ© et entend bien rĂ©gner. Parfois je l'appelle Charles III.

Et puis… je vous Ă©cris (rituel du matin), accueille GrĂące, hello-ĂŽ… how are you today ?, file sous la douche, brosse dents, brosse cheveux, poudre nez, pose rouge sur bouche, enfile jean, Ă©charpe orange ou jaune, baskets fusĂ©es aux pieds, et je pars dans la ville.

… Je venais juste de me poser dans le bus direction Central Park West (j'habite Ă  l'Est), je tourne la tĂȘte et lĂ , sur la banquette, ma copine Nora. Une chance sur 1 123 765 que je la trouve lĂ . On s'esbaudit, on se frictionne, "oĂč vas-tu donc ?", "je vais voir John, un homme trĂšs vieux, trĂšs doux qui joue du saxo comme Mozart du piano", "Au square, derriĂšre la station de mĂ©tro, sur 72 et Broadway ?", "Oui", "Je le connais", "Tu le connais ???". Une chance sur 1 123 766 ! Nora l'apprĂ©cie, glisse de gros billets verts dans son Ă©tui Ă  saxo, lui apporte des soupes chaudes en hiver et des gaspacho en Ă©tĂ©. Je suis rassurĂ©e. John sera Ă  l'abri quand la bise viendra.

John n'Ă©tait pas lĂ . On s'est posĂ©es dans un cafĂ©. On a mangĂ© un cookie pour se consoler. Puis un autre… Allez donc traĂźner du cĂŽtĂ© de ce square, John s'y trouvera peut-ĂȘtre ou d'autres musiciens. C'est un lieu de rendez-vous pour jazzmen oubliĂ©s.

Je re-traverse le parc. À pied cette fois. Dans mes oreilles : Antoine Drye (le trompettiste de l'autre soir, chez Smoke, vous vous rappelez ?). On le trouve sur Deezer ou autre. Un rĂ©gal en marchant dans le Parc. Le cƓur se dilate, la trompette dĂ©chire, pas envie de partir. 

Devant le Met Museum, deux filles sont installées derriÚre de vieilles machines à écrire. Elles improvisent des poÚmes sous vos yeux et les vendent. J'avise celle derriÚre une Remington rose et lui en demande un. Clic-clic-clic, les doigts d'Hannah s'agitent et elle me tend une fiche qui parle d'automne, de soleil qui tombe, des dents de l'hiver et d'une écharpe orange. 20 dollars "ou plus si vous le désirez" elle dit avec un grand sourire. Elle est étudiante à la Juilliard School et gagne ainsi son petit pain quotidien.

Un petit tour sur Madison et 87st chez Morton Williams pour aller dire au revoir Ă  Albert. Il n'est pas lĂ . DĂ©cidĂ©ment… Est-ce que ça veut dire que je ne dois pas partir ? Ou revenir trĂšs vite ? Toss the dice !

Le soir, je descends tout en bas de la ville, Ă  l'inauguration d'une expo de peinture. Deborah Roberts. Une femme peintre au firmament. Grands tableaux qui explosent de couleurs et de noir. Beautiful people dans l'assistance et lĂ -bas, tout au fond, je le reconnais. TassĂ© sous sa casquette. Des yeux qui brillent, un sourire de brave homme qui ne se pousse pas du col, un air d'intelligence en Ă©charpe : Steven Spielberg. Mon doigt fait "maison". Je m'approche, prononce deux mots magiques, "cinĂ©ma, Truffaut". Il m'attrape le coude et nous voilĂ , assis dans un coin, un verre de champagne Ă  la main, Ă  parler de narration, de plans, de coupes, de lumiĂšre, de sons… et "surtout, surtout, il dit, les personnages et raconter une histoire. Tout est lĂ  !". Je lui parle de mes cours Ă  Columbia, de mes profs. Il les connaĂźt. On glisse sur Paris, "j'adore Paris, c'est ma seconde ville prĂ©fĂ©rĂ©e, je crois bien que Cathe (sa femme) et moi, on finira par aller y vivre un de ces jours…". Une chance sur 1 123 767 que je finisse mon sĂ©jour Ă  New York Ă  parler boutique avec Steven Spielberg ! Elle n'est pas belle, la vie, non ?

✍đŸ» Katherine Pancol

www.elmesmar.fr



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