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AKTION T4, Quand le Régime nazi euthanasiait des handicapés

La RĂ©daction


 Aktion T4 dĂ©signe la campagne d'extermination par assassinat des adultes handicapĂ©s, physiques et mentaux, allemands et autrichiens, menĂ©e par le rĂ©gime nazi de 1939 Ă  aoĂ»t 1941, qui a fait de 70 000 Ă  80 000 victimes. 

Source [geo.fr] DĂšs 1939, le IIIe Reich mĂšne une vaste entreprise d’euthanasie envers les handicapĂ©s, qui prĂ©figure l’extermination systĂ©matique des juifs trois ans plus tard.

Membres atrophiĂ©s, buste tordu et visage inexpressif… Un homme lourdement handicapĂ© est assis sur une chaise, maintenu par la main d’un infirmier posĂ©e sur son Ă©paule. A cĂŽtĂ©, un message : «Soixante mille Reichsmarks [ndlr : le salaire moyen mensuel d’un ouvrier est alors de 165 RM par mois], c’est ce que cette personne souffrant d’un mal hĂ©rĂ©ditaire coĂ»te Ă  la communautĂ© du peuple pendant sa vie. Citoyens, c’est aussi votre argent.» Cette affiche, publiĂ©e en 1938, est brutale, mais elle n’est qu’une goutte d’eau dans le flot de photographies et de films exhibant, depuis cinq ans, enfants malformĂ©s et adultes impotents. Car, pour le Reich, il est urgent d’agir : malades hĂ©rĂ©ditaires et incurables doivent bĂ©nĂ©ficier de la mort misĂ©ricordieuse (Gnadentod) qui dĂ©livrerait de leur poids leur famille et, plus gĂ©nĂ©ralement, la communautĂ© du peuple. Selon Hitler, l’accomplissement de son ambition suprĂȘme, la «rĂ©gĂ©nĂ©ration du peuple allemand», passe donc par la sĂ©lection des forts et l’Ă©limination des faibles.

«A l’Ă©poque, cette logique n’est propre ni Ă  l’extrĂȘme droite, ni Ă  l’Allemagne, prĂ©cise Christian Ingrao, historien du nazisme et chercheur au CNRS. Des milliers de mĂ©decins en Europe se passionnent pour l’eugĂ©nisme.» FascinĂ©, Hitler annonçait dĂ©jĂ  dans Mein Kampf (1925) que «celui qui n’est pas sain de corps et d’esprit ne doit pas perpĂ©tuer son infortune dans le corps de son enfant ». Et c’est tout naturellement que la thĂ©orie est mise en pratique dĂšs son arrivĂ©e au pouvoir, en 1933, avec les lois dites de «prĂ©vention des dĂ©sastres hĂ©rĂ©ditaires », qui conduiront Ă  la stĂ©rilisation de 40 000 handicapĂ©s. Mais que faire de ceux dĂ©jĂ  nĂ©s ? La rĂ©ponse du Führer est sans ambiguĂŻtĂ©, tout du moins en privĂ©. Lors du congrĂšs du parti nazi en 1935, il confie Ă  Gerhard Wagner, chef des mĂ©decins du Reich, que «dans l’Ă©ventualitĂ© d’une guerre, il apporterait une solution radicale au problĂšme des asiles d’aliĂ©nĂ©s». Ce contexte exceptionnel permettrait de surmonter les derniers freins qui entravent son projet. Car le Führer a conscience que, si la logique de prĂ©vention est relativement acceptĂ©e, l’euthanasie, elle, reste un tabou absolu. Un tabou entretenu aux yeux des nazis par l’Eglise, coupable d’inculquer «une compassion chrĂ©tienne excessive pour les faibles», comme l’Ă©crit Michael Tregenza dans Aktion T4 : le secret d’Etat des nazis (Ă©d. Calmann-LĂ©vy, 2011).

Cinq mille enfants handicapés sont assassinés en deux ans

Pour enfreindre le cinquiĂšme commandement, «Tu ne tueras point», «il faut donc attendre la guerre, explique Christian Ingrao, cette grande Ă©preuve raciale oĂč pĂ©rissent les meilleurs, et qui justifie aux yeux du Führer des procĂ©dures d’urgence pour maintenir, voire amĂ©liorer, la puretĂ© aryenne». Le 1er octobre 1939, Hitler signe un acte d’habilitation confidentiel stipulant que «le dirigeant du Reich Bouhler et le docteur Brandt sont chargĂ©s d’Ă©tendre les pouvoirs des mĂ©decins (…) Ă  accorder une mort misĂ©ricordieuse aux malades qui, selon les critĂšres humains, auront Ă©tĂ© dĂ©clarĂ©s incurables». Le document, antidatĂ© au 1er septembre pour coĂŻncider avec le dĂ©but du conflit, lĂ©gitime a posteriori les mesures prises depuis le printemps. En mai, Karl Brandt et Philipp Bouhler ont en effet formĂ© un «ComitĂ© du Reich» pour recenser les enfants de 0 Ă  3 ans Ă  Ă©liminer : ils seront 5 000 en deux ans. Leonardo Conti, secrĂ©taire d’Etat Ă  la SantĂ©, a, lui, planifiĂ© l’extermination des adultes. Au mois d’aoĂ»t, les services dĂ©diĂ©s se sont installĂ©s Ă  Berlin, sur la Potsdamer Platz, avant de dĂ©mĂ©nager au 4, Tiergarten strasse, adresse qui donne Ă  l’opĂ©ration son nom : «Aktion T4». Viktor Brack, Ă  sa tĂȘte, estime que 20 % des lits d’hĂŽpitaux doivent ĂȘtre libĂ©rĂ©s dans le pays, soit 70 000 patients euthanasiĂ©s. En septembre, 200 000 questionnaires sont envoyĂ©s aux institutions psychiatriques qui doivent dĂ©clarer les patients incapables de travailler. Les Ă©quipes du T4 ont fait Ă©vacuer les chĂąteaux d’Hartheim et de Grafeneck, deux structures mĂ©dicales isolĂ©es en Autriche et dans le Bade-Wurtemberg, choisies pour procĂ©der discrĂštement aux mises Ă  mort



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