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mercredi 28 juillet 2021

EL WATAN risque de disparaître "ni aumône ni faveur, mais du respect"


 Comme on le sait tous la liberté de presse en #Algérie 🇩🇿 reste quasi inexistante depuis l'affaire Benchicou avec le journal Le Matin. Mais du professionnalisme existe tout de même dans quelques journaux ou les rares si on peut citer EL Watan, qui actuellement souffre des restrictions qui lui sont imposées depuis que Gaid Salah avait pris les règnes. 

📌Voici le communiqué du Journal: A nos fidèles lecteurs : Ni aumône ni faveur, mais du respect.

Ce n’est un secret pour personne : le journal El Watan est au bord de l’asphyxie. La dernière assemblée générale des actionnaires, tenue il y a à peine une quinzaine de jours, a confirmé la situation financière intenable dans laquelle il se trouve avec, à l’appui, un bilan négatif pour la deuxième année consécutive, et un rapport de gestion des comptes qui met tous les clignotants au rouge.

Si ce bulletin de santé déclinant est donc connu du grand public, la raison essentielle qui le sous-tend n’échappe, elle aussi, à personne. La cause principale de cet étranglement programmé du journal, une mise à mort en bonne et due forme, relève directement de la décision gouvernementale de le priver unilatéralement de la recette publicitaire si vitale à ses équilibres financiers et, par conséquent, à sa survie en tant qu’organe national d’information de service public ayant conquis, par son sérieux et sa crédibilité, une place respectable dans le paysage médiatique algérien.

Journal indépendant dédiant sa ligne éditoriale à la recherche constante de la vérité et à la défense sans concessions des idéaux de justice, des libertés et des valeurs fondamentales consacrées par la Constitution, il paye aujourd’hui chèrement ses positions de principe qui dérangent. L’esprit critique d’El Watan et sa propension à ne céder à aucune forme d’instrumentalisation ou de chantage sont devenus intolérables, voire insupportables tandis que se mettent en place les mécanismes dits de «normalisation» de la société dans le cadre de la Nouvelle Algérie.

Ne demandant ni aumône ni une quelconque faveur, mais simplement du respect pour poursuivre sa mission, le journal tient à préciser à l’intention de ses fidèles lecteurs, qu’il remercie vivement au passage pour leur précieux soutien, qu’aucune entreprise de presse au monde, quelles que soient sa dimension et sa notoriété, ne peut assurer l’équilibre de sa gestion financière sans l’apport de la publicité. C’est une équation économique très simple à comprendre dans le cas d’El Watan. La vente du journal arrive à peine à couvrir le tiers de la masse salariale assurant les budgets de près de 150 familles, et de toutes les charges de fonctionnement, notamment fiscales qui ont toujours été honorées au dernier centime.

Pour maintenir la tête hors de l’eau, notre entreprise a dû, la mort dans l’âme, se séparer de précieux collaborateurs extérieurs, tout en évitant de faire des «coupes» douloureuses dans le potentiel permanent, préférant pour parer au plus pressé mettre en vente ses biens immobiliers (bureaux régionaux) dans le but d’honorer ses engagements concernant le versement des salaires.

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C’est une attitude de funambule qui a ses limites et qui confirme qu’en misant sur le cordon de la bourse, le gouvernement savait qu’à court ou moyen termes les craquements dans la trésorerie finiront bien par se manifester. Face au dispositif politique et administratif de l’Etat, la résilience d’El Watan prenait forcément l’allure du combat par trop inégal mené par le pot de terre contre le pot de fer.

Plus prosaïquement, le blackout exercé depuis des années sur le journal en matière de publicité étatique a été une politique de répression conçue et étudiée pour épurer le champ médiatique de toute velléité de recalcitrance. Pour un journal revendiquant simplement un droit d’exercer librement le métier de journaliste, et exigeant comme le stipulent les textes de loi que le marché de la publicité soit une transaction commerciale transparente et ouverte à la concurrence, l’adversité politico-économique à laquelle il est confronté prend aujourd’hui des proportions énormes.

Si on ajoute la colère syndicale intérieure sur les inquiétudes salariales qui ajoute une tension supplémentaire au défi insensé de résurrection lancé à l’entreprise, et les terribles conséquences de la pandémie de Covid-19 qui ont fait des ravages dans la distribution du journal, affectant directement ses ventes, d’aucuns se demanderaient quelle serait la solution alors pour se ressaisir tout en restant fidèle à ses convictions éthiques et professionnelles ? Tout en continuant à croire au discours officiel sur la liberté de la presse, malgré les paradoxes flagrants constatés sur le terrain, tout en estimant par ailleurs que cette liberté est parfaitement inscrite dans la Constitution et qu’il suffit d’avoir le courage politique de l’appliquer, la direction rassure ses fidèles lecteurs qu’elle reste mobilisée pour éviter coûte que coûte la disparition de leur quotidien. Dans cette optique, elle tient à informer qu’un plan de sauvetage est à l’étude pour redresser un tant soit peu la situation financière, lequel plan d’urgence fera nécessairement appel à la solidarité active des lecteurs soucieux de la survie de leur journal.

El Watan ne doit pas mourir, tel est le mot d’ordre pour contrer la féroce volonté du Pouvoir de le réduire à néant. Journal d’information et d’opinion, El Watan a un rôle prépondérant à jouer dans la construction d’une presse libre vitale pour la démocratie, et c’est en toute légitimité qu’il continue le combat pour l’indépendance médiatique en respectant les principes énoncés par la plus haute instance du pays, à savoir «oui à une liberté totale d’expression à condition qu’elle ne verse pas dans l’outrage, l’insulte et la diffamation». S’inscrivant dans la logique du pluralisme médiatique garanti par la Constitution, El Watan n’a jamais dérogé aux principes fondateurs et fondamentaux de cette règle régissant la liberté d’expression. La déontologie étant un sacerdoce pour le journal, pourquoi donc cette pression politique sur un organe qui a toujours fait honneur à un secteur pourtant en nette régression depuis quelques années ?

A. M





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