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Lettre ouverte à Emmanuel Macron - Collectif Valjean-Vautrin

La Rédaction
« Tout commence par une interruption », dit le po√®te*. Et si, par un impossible dialogue, nous interrompions un moment l’ordre d√©sastreux du monde, pour le rendre √† la vraie vie ?
Depuis pr√®s de trois ans maintenant, nous vous avons beaucoup entendu, et m√™me √©cout√©. Nous ne vous avons que trop bien compris. Mais depuis plusieurs mois, nous nous exprimons aussi, tant √† l’intention de notre ministre de tutelle, Jean-Michel Blanquer, qu’√† la v√ītre. Nous demandons qu’enfin, nos id√©es, nos principes, nos arguments oppos√©s au projet de r√©forme du syst√®me des retraites, √† la r√©forme des lyc√©es, et d’une fa√ßon plus g√©n√©rale, au d√©mant√®lement consciencieux, appliqu√© et syst√©matique du service public et de l’√Čtat social, soient eux aussi entendus. Entendus vraiment, sans √™tre balay√©s d’un revers de la main. Entendus sans √™tre m√©pris√©s, jug√©s na√Įfs ou erron√©s, par les mieux-sachants que vous pensez √™tre. Entendus et pris en consid√©ration. Entendus et exauc√©s.
La justice sociale est la condition de la paix. La guerre aujourd’hui men√©e contre les gens, dans tous les domaines de leur vie, doit cesser, par l’abrogation de ces r√©formes – qu’elles ne soient encore qu’au stade du projet ou que leur application ait d√©j√† caus√© bien des d√©g√Ęts. Par souci du Bien commun, nous sommes farouchement oppos√©s √† la retraite par points, au nouveau lyc√©e, aux r√©cents d√©crets r√©visant le statut des fonctionnaires ainsi que le mode de recrutement des cadres de l’√Čtat, tout comme nous le sommes au massacre √† l’Ňďuvre de l’h√īpital public, de l’assurance-ch√īmage, et de tout ce qui prot√©geait encore un peu les plus fragiles d’entre nous.
Nous sommes en gr√®ve depuis le 5 d√©cembre, et nous ne sommes pas dupes de la farce permanente qu’est devenue le d√©bat politique, entre mensonges, grossi√®res manŇďuvres (ainsi celle de l’√Ęge d’√©quilibre, qui ne trompe personne), ordonnances et matraques. Nous voulons vivre sous le r√©gime de la v√©rit√©, comme l’exige toute id√©e de d√©mocratie. Rentrons les √©pouvantails et parlons net.
Vous intituliez votre livre programmatique R√©volution. En oubliant de pr√©ciser que c’√©tait de r√©volution conservatrice et n√©o-lib√©rale qu’il s’agissait. Une ode au vieux monde, en somme. Et l’on peut, √† cet √©gard, vous reconna√ģtre une efficacit√© toute thatch√©rienne : √† mi-mandat, la liste de vos destructions – qui n’ont rien de cr√©atrices – est longue comme les jours sans pain qui nous attendent √† l’issue de votre mandat : h√īpital, √©cole et apprentissage, universit√© et recherche, justice, services publics dans leur ensemble, dont vous organisez l’asphyxie, assurance-ch√īmage, APL, SNCF, retraites √©videmment, et tant d’autres, si bien qu’√† tenter de tout recenser, le vertige nous √©treint. Depuis longtemps vous avez fait s√©cession, et jamais au-del√† des mots de campagne, le bien commun ne vous a r√©ellement pr√©occup√©.
Vous vous en prenez, somme toute, avec acharnement, √† tout ce qui cr√©e du lien, entre les g√©n√©rations, entre les territoires, entre les milieux sociaux. √Ä tout ce qui, au fond, fait soci√©t√©. Vous r√™vez d’un monde d’individus isol√©s, seuls face √† un √Čtat devenu coquille vide, seul garant par la force d’un ordre public impos√© et non plus consenti. Un monde d’individus isol√©s o√Ļ seuls les plus arm√©s – les h√©ritiers, donc, dont vous √™tes, comme tous ceux qui vous entourent – seront √† m√™me de tracer leur voie, et o√Ļ tous les autres, appauvris par l’effet de vos politiques, subiront pr√©carit√© et vie amoindrie, dans toutes ses composantes : √©ducation, sant√©, culture…
Et bien s√Ľr, vous abandonnez toute perspective √©cologique, alors que l’urgence n’a jamais √©t√© plus criante, au nom du credo d√©j√† si obsol√®te de la sacro-sainte Croissance, quand l’√©tat de notre monde imposerait surtout de se demander comment d√©cro√ģtre tout en am√©liorant le sort des plus fragiles d’entre nous, en Afrique, en Asie et ailleurs. Votre foi est aveugle en un ruissellement qui pourtant se caract√©rise avant tout par son aridit√©, en un n√©o-lib√©ralisme dont quarante ans d’exp√©rimentation chez nos voisins britanniques ont trouv√© leur aboutissement dans un appauvrissement massif des classes populaires, le Brexit et le populisme sordide.
Mal √©lu, au terme d’un hold-up √©lectoral face √† un repoussoir √©vident, vous avez conclu que vous b√©n√©ficiez d’un blanc-seing. Mais rapport√© √† l’ensemble du corps √©lectoral, vous n’avez rassembl√© que 18 % des Fran√ßais inscrits sur les listes √©lectorales au premier tour. Et si nombre d’entre nous se sont r√©solus au deuxi√®me tour √† glisser dans l’urne le bulletin portant votre nom pour √©viter l’apparition du visage de la haine sur nos √©crans le soir venu, ne pensez pas que nous adh√©rions pour autant √† votre politique. En aucune mani√®re. Jamais. La d√©mocratie ne se r√©sume pas, contrairement √† vos fantasmes, √† une sage consultation aux choix pr√©-contraints, √† une beno√ģte procession aux urnes, tous les cinq ans, suivie d’un silence docile dans lequel un parlement aux ordres enregistre poliment les ordonnances de l’ex√©cutif.
Ainsi, vous fantasmant une l√©gitimit√©, vous menez en notre pr√©tendu nom une politique d’appauvrissement volontaire de l’√Čtat, le vendant √† la d√©coupe aux int√©r√™ts de la finance, exposant notre bien commun au risque d’un krach majeur tant la cr√©ation de bulles financi√®res est d√©sormais d√©connect√©e de la production r√©elle de richesses. Devant l’opposition toujours croissante √† ces destructions, les membres de votre gouvernement, tout comme vous, ne peuvent plus sortir de leurs minist√®res sans faire face √† des d√©monstrations de col√®re. Vous ne vous maintenez plus que par la violence, celle de vos forces aux ordres, des mains arrach√©es, des yeux crev√©s, des morts.
Ce projet de soci√©t√© que vous portez est aux antipodes des valeurs de solidarit√© interg√©n√©rationnelle et d’√©mancipation intrins√®ques √† notre m√©tier d’enseignants, qui nous engage plus fermement que tout autre sans doute aupr√®s des g√©n√©rations futures.
Nous refusons donc le projet de r√©forme du syst√®me des retraites dans sa globalit√©. Certes nous avons entendu et compris que serait pr√©serv√© le principe de la r√©partition – les actifs occup√©s finan√ßant les retraites. Mais nous ne sommes pas dupes : ce n’est bien s√Ľr qu’une fa√ßade. Par son syst√®me √† points, cette r√©forme introduit en effet une logique purement individualiste o√Ļ chacun accumulera des points qui seront fonction de son niveau de salaire. Pour une grande majorit√© de salari√©s – et plus particuli√®rement pour les femmes aux carri√®res plus souvent interrompues et aux r√©mun√©rations inf√©rieures – cela se traduira in fine par une diminution des retraites. Cette baisse annonc√©e des niveaux de retraite pr√©cipitera les plus fortun√©s dans les bras des soci√©t√©s financi√®res, d√©j√† pr√™tes gr√Ęce √† la loi PACTE √† vendre des retraites compl√©mentaires par capitalisation, soumises aux al√©as boursiers et pour lesquelles la seule logique de l’√©pargne individuelle prime. Quant aux autres, une fois de plus, tant pis pour eux. Ce syst√®me, d√©j√† mis en place en Europe du Nord, ne conduit qu’√† la paup√©risation des retrait√©s, tant et si bien qu’aujourd’hui, en Su√®de ou en Allemagne, des mesures doivent √™tre prises pour en pallier les d√©g√Ęts. Pourquoi devrions-nous nous enferrer dans cette voie ? Il n’y a pas de n√©cessit√© financi√®re absolue √† imposer cette r√©forme : d’autres sources de financement existent (suppression du CICE, retour de l’ISF, lutte accrue contre l’√©vasion fiscale…) et depuis le gouvernement Jospin, des mesures d’anticipation ont √©t√© prises. Le financement des retraites pourrait donc se faire bien autrement que sur le dos des salari√©s. Nous nous opposons √† toute tentative, ou tentation, de capitalisation de notre syst√®me de retraite, tout comme nous refusons la corruption de l’adjectif « universel », utilis√© ici contre de r√©gimes dits « sp√©ciaux », qui ne concernent que 3%  de l’ensemble des salari√©s, tous secteurs confondus, et ne font que compenser dans de nombreux secteurs publics l’absence de treizi√®me mois, de primes, les salaires inf√©rieurs √† ceux du secteur priv√©, les horaires de travail √©tendues. Nous comprenons bien √©galement que l’adjectif « universel » est utilis√© pour camoufler joliment le fait que les pensions seront toutes diminu√©es et l’√Ęge du d√©part retard√©, dans le secteur priv√© comme dans le public. Ce faisant, vous augmenterez non seulement la pauvret√© chez les personnes √Ęg√©es mais encore les in√©galit√©s et l’individualisme. Comment pouvez-vous d√©cider ainsi froidement d’appauvrir une partie de plus en plus nombreuse de la population, qui a encore le droit de vivre, et non pas seulement de survivre ? Quelle vision du travail et de la vie apr√®s l’activit√© salari√©e faut-il avoir pour oser diminuer ainsi les traitements et plonger chacun dans l’incertitude d’un point dont la valeur variera selon la conjoncture ?
Nous refusons aussi la r√©forme du lyc√©e car elle est injuste – elle aussi tragiquement motiv√©e par de discutables imp√©ratifs √©conomiques passant par la suppression de nombreux postes d’enseignants. Les pires principes qui traversent et d√©truisent les conditions de travail au sein des entreprises priv√©es s’ancrent chaque jour un peu plus au cŇďur de l’√©cole. Rentabilit√©, courte vue, concurrence, performance √† tous les niveaux, s√©lection, √©litisme, flexibilit√©, management paternaliste, m√©pris pour le travail des √©l√®ves et des enseignants, sont en effet √† l’Ňďuvre derri√®re les r√©formes, ainsi qu’une volont√© √† peine voil√©e de d√©truire √† long terme notre institution. Pourtant l’√©cole se pense, s’invente, selon des principes justes et √©mancipateurs. Elle ne se g√®re pas, elle ne peut survivre aux petits calculs. Alors que la r√©forme est aujourd’hui mise en place dans l’improvisation la plus d√©sastreuse, sans le moindre souci de la p√©dagogie et sans consid√©ration aucune pour l’opposition massive de la communaut√© √©ducative, nous sommes d√©sol√©s de constater que tout ce que nous avions pr√©dit se r√©alise. Les d√©g√Ęts caus√©s au cŇďur de la jeunesse par la r√©forme des lyc√©es et son articulation √† Parcoursup sont terribles, cr√©ant encore plus d’in√©galit√©s, entre les √©l√®ves comme entre les √©tablissements, tant et si bien que les plus fortun√©s ont d√©j√† commenc√© √† fuir vers les √©coles priv√©es, qui n’ont jamais compt√© tant d’√©l√®ves. Mais sans doute est-ce le but ultime de votre politique : la privatisation de l’√©cole.
Nous ne voulons pas d’une √©cole √† cinquante vitesses ! Nous avons pour souci la pens√©e en devenir de chaque √©l√®ve, l’invention p√©dagogique, le dialogue dialectique, le d√©ploiement de l’imagination de chacun, le temps du silence pour r√©fl√©chir. Toutes choses rendues impossibles par cette r√©forme. Nous ne pouvons plus aujourd’hui travailler correctement, consciencieusement, au sein de l’√©cole publique. Au point que parfois, nos coll√®gues s’y donnent la mort. Il faut √©couter les gens, parfois. Avant le d√©sespoir, de pr√©f√©rence. Quelle vision d’avenir pour le pays faut-il bien avoir pour brutaliser ainsi la jeunesse en formation ?
Nous refusons enfin, et plus largement, l’inf√©odation des services publics aux m√©thodes du management qui organise pressurisation et pr√©carisation des employ√©s dans le seul but de rendre gr√Ęce aux actionnaires – ou de les engraisser, si vous pr√©f√©rez. Les d√©crets du 31 d√©cembre – jour de vos vŇďux suppos√©s bienveillants √† la Nation – statuent sur le recrutement des cadres de l’√Čtat et sur la rupture conventionnelle dans la Fonction publique. Appartenant √† la m√™me logique n√©o lib√©rale que les r√©formes des retraites et de l’√©cole, ils sont pourtant « subtilement » d’un autre ordre, moins visible mais tout aussi destructeur des principes fondateurs de notre R√©publique sociale, ceux du Conseil National de la R√©sistance. Avec ces mesures, c’est l’√Čtat qui s’autod√©truit, r√©duisant en lambeaux sa dimension sociale et solidaire. On voit bien que c’est √† nouveau une fa√ßon de fragiliser, d’√©liminer des travailleurs jusqu’alors prot√©g√©s afin de mieux servir l’√Čtat, pour les remplacer par des vacataires et contractuels aux statuts plus pr√©caires et aux salaires moins co√Ľteux encore. Quelle conception du lien au cŇďur d’une entreprise, d’une administration, entre employ√©s et employeurs faut-il avoir pour imposer ainsi un tel changement dans les statuts ? Pour d√©faire sans pr√©venir (m√™me si nous ne sommes pas surpris) un contrat de travail cens√© √™tre p√©renne ? Est-ce ainsi que se construit un ordre juste ? La conception d’un √Čtat minimal √† l’Ňďuvre derri√®re ces d√©crets met √† mal le sens du bien commun, de l’int√©r√™t g√©n√©ral, de la continuit√© d√©gag√©e des imp√©ratifs de rentabilit√©, au profit d’une tyrannie qui placera chacun sous pression constante pour travailler plus (mais pas mieux, quand c’est ce dont nous aurions collectivement besoin). Chacun a pourtant le droit de vivre et de travailler en paix, √† distance des imp√©ratifs financiers des actionnaires et des banques. Fonction publique et n√©olib√©ralisme sont n√©cessairement incompatibles.
Appauvrissement volontaire des gens, de l’√©cole, de l’√Čtat : √™tes-vous en train de nous inviter √† vivre √† distance de l’√Čtat ? Peut-√™tre, mais sans doute pas dans le sens qui est le n√ītre. Non, nous ne c√©derons pas √† la machine n√©olib√©rale hostile √† la plan√®te. Non, nous ne nous adapterons pas √† cet environnement √©conomique d√©cha√ģn√© contre l’humanit√©. Non, nous ne voulons pas de la financiarisation g√©n√©ralis√©e et de la marchandisation de tous les secteurs de la vie. Non, l’argent, cette fiction d√©lirante √† laquelle vous croyez dur comme fer, ne sera pas l’unique polarit√© orientant nos existences. Oui, nous voulons que ce syst√®me c√®de, qu’il se repense, qu’il s’adapte aux √™tres humains et non l’inverse. Oui, nous sommes en qu√™te d’un horizon commun, ouverts √† un infini v√©ritablement universel. Peut-√™tre est-ce cela, de vivre √† distance de ce qui nous opprime ?
Nous sommes donc en lutte aujourd’hui, contre ce que vous incarnez, au fond. Nous voulons la fin de cette guerre sociale que vous menez. Nous voulons un pays vivable pour tous, et d’abord pour nos √©l√®ves, pour nos enfants.
Au nom de la solidarit√©, contre l’individualisme et les petits arrangements entre coquins, qui se multiplient √† mesure qu’avance votre mandat.
Au nom de la paix, aussi, √† laquelle chacun a le droit d’aspirer, dans sa vie comme dans son travail. Nous ne pouvons plus accepter que le travail – en tant qu’il est une relation sociale de subordination pour la plupart d’entre nous autant qu’une n√©cessit√© de survie puisque, contrairement √† vos amis et vous, nous ne sommes pas millionnaires – soit de plus en plus objet de souffrance, de mal-√™tre, de d√©stabilisation permanente, par la gr√Ęce d’un « new public management » pervers et culpabilisateur dont on conna√ģt d√©sormais les effets d√©sastreux (nous n’oublierons ni Christine Renon, ni tous les autres morts du travail, soignants, enseignants, tous en-saignants…). Le travail des gens, √ßa compte.
Au nom, enfin, d’un sens des mots enfin restitu√©, au nom d’une parole vraie, contre votre usage orwellien du langage, que vous videz scrupuleusement de son sens, que vous corrompez cyniquement, avec arrogance et m√©pris. Contre la barbarie, finalement, qui est ce qui reste quand la parole n’est plus possible. « Confiance », « universel », « √©quit√© », « libert√© », « r√©volution » m√™me : ces mots ont un sens, et nous y tenons, car « penser clairement est un premier pas vers la r√©g√©n√©ration politique » (George Orwell, La politique et la langue anglaise, 1946).
Vous l’aurez compris, monsieur le Pr√©sident, c’est sous l’injonction de principes universels, de l’id√©e d’un monde d√©barrass√© des int√©r√™ts particuliers, au sens revivifi√©, que nous nous adressons √† vous. En renon√ßant au projet de r√©forme de la retraite par points, en oubliant la r√©forme des lyc√©es, en cessant de d√©voyer les mots, mais aussi en pensant le travail comme une transformation collective du monde, il sera √† nouveau possible d’envisager un pays en paix.
Cette paix est tiss√©e de processus collectifs, des liens n√©cessaires se construisant par un jeu complexe d’interd√©pendances, de cheminements, entre les g√©n√©rations, entre les genres composant l’humanit√©, entre les travailleurs qui se transmettent des gestes, des techniques, un savoir-faire. Cette paix est rendue possible gr√Ęce aux contrats de travail respect√©s, aux serments d’engagement politique tenus, √† la fid√©lit√© aux d√©clarations d’amour. Car c’est bien d’amour, vraiment universel, lui, dont il s’agit au fond : amour du travail, dont les pensions de retraite doivent √™tre l’ultime marque de consid√©ration et de respect ; amour de l’autre, creuset de la solidarit√© – qui n’est pas la charit√© ; amour de l’humanit√© sans lequel aucune politique ne m√©rite ce noble nom.
Nous attendons, mais nous agissons, aussi. Et quoi qu’il arrive, quoi que vous d√©cidiez, les gens mobilis√©s depuis des mois, anim√©s par une haute id√©e de la justice sociale, sont d’ores et d√©j√† une formidable promesse de pays vivable. Ils ont entrevu un infini en eux.
Et pendant ce temps, la banquise continue de fondre.
Collectif Valjean-Vautrin,Cité scolaire internationale Honoré de Balzac (Paris)
* Paul Val√©ry, Mauvaises pens√©es et autres, 1942.

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