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samedi 22 juin 2019

Le mont Rushmore

 Le mont Rushmore, situé aux États-Unis dans l’état de Dakota du Sud, à 40 km environ de la ville de Rapid City, au sein de la chaîne montagneuse des Black Hills (Montagnes noires), est un mémorial national américain (Mount Rushmore National Memorial).
Une des faces de ce mont granitique a été travaillée du 4 octobre 1927 au 31 octobre 1941 (pour six ans et demi de travail effectif), par dynamitage (pour 90% du travail) puis taillage, par 400 ouvriers sous la direction du sculpteur américain d’origine danoise Gutzon Borglum (1867 – 1941) avec le soutien de son fils, Lincoln Borglum (1912 – 1986), pour représenter les visages de quatre présidents des États-Unis d’Amérique (de gauche à droite) : Georges Washington (1732 – 1799), 1er président des États-Unis, de 1789 à 1797 ; Thomas Jefferson (1743 – 1826), 3e président, de 1801 à 1809 ; Theodor Roosevelt (1858 – 1919), 26e président, de 1901 à 1909 ; Abraham Lincoln (1861 – 1865), 16e président, de 1861 à 1865.
Ces visages mesurent 18 mètres de haut.
Le mont Rushmore s’élève quant à lui à 1745 m au dessus du niveau de la mer.
Précédé par une « avenue des drapeaux » (Avenue of Flags), passage monumental où sont suspendus les drapeaux de 56 territoires américains, puis d’un sentier, le Presidential Trail, qui mène au pied de la montagne, le mémorial attire chaque année plus de 2 millions de personnes (2 437 800 en 2017).
Le coût total de construction s’est élevé à 989 992,32 dollars. Elle a surtout été financée par le gouvernement américain, principal soutien du projet. Le mont lui-même doit son nom à Charles E. Rushmore (1857 – 1931), un avocat ayant mené plus expéditions dans les Black Hills. Le mont Rushmore, un édifice monumental voulu comme un lieu de mémoire L’idée de cette construction revient d’abord à Doane Robinson (1856 – 1946), l’historien de l’état de Dakota du Sud qui cherchait à attirer des touristes dans cette région peu peuplée des Grands Plaines. Borglum, chargé de réaliser cette attraction, transforme ce projet en une entreprise mémorielle plus ambitieuse, qu’il résume ainsi : Nous croyons que le mémorial national doit, comme Washington, Jefferson, Lincoln et Roosevelt, avoir la sérénité, la noblesse et le pouvoir qui reflète les dieux qui les ont inspirés et les dieux qu’ils sont devenus.
Laissez-nous installer ici, sculpté au sommet, aussi près du paradis que nous pouvons, les mots de nos quatre leaders, leurs visages, pour montrer à la postérité quel genre d’hommes ils étaient […] Les sculptures du mont Rushmore constituent donc un sanctuaire patriotique qui doit susciter, dans le cœur du spectateur, une foi quasi religieuse dans le destin des États-Unis, et une admiration pour l’œuvre de ses grands hommes.
Célébrés comme dieux, ces grands hommes sont de nouveaux Prométhées, dont chaque mandat représente une étape décisive, aux yeux de Borglum, dans la formation des États-Unis.
Le mont Rushmore veut condenser, en un lieu, l’histoire américaine. Washington représente bien sûr la fondation du pays. Jefferson, un des rédacteurs de la Déclaration d’indépendance des États-Unis (1776), est célébré par Borglum comme celui qui a acheté en 1803 la Louisiane à la France, un territoire colonial gigantesque allant de l’actuel état du Montana à la Nouvelle-Orléans, comprenant notamment le Dakota du Sud. C’est pour le sculpteur le président le plus important, puisqu’il a permis aux États-Unis de réaliser leur « Destinée manifeste » (Manifest Destiny), croyance selon laquelle le pays a pour mission divine d’occuper les terres de « l’Ouest ». Jefferson est ainsi célébré comme celui qui a permis la colonisation américaine du Texas, l’expédition de Lewis et Clark (1804 – 1806) et l’expansion vers le Pacifique. Son buste est d’ailleurs tourné vers l’Ouest.
Roosevelt représente, pour Borglum, le président qui a parachevé le développement du pays (un président du Gilded Age), mais aussi, et surtout, l’homme qui a terminé le canal de Panama, réalisant ainsi le rêve de Christophe Colomb de trouver une route occidentale pour les Indes.
Lincoln, président pendant la guerre de Sécession (1861 – 1865), symbolise la préservation du pays.
Borglum imite par son œuvre cette geste prométhéenne : il usurpe la créativité des dieux pour recréer la nature, ici un mont, à sa propre image.
Le gigantisme de l’ouvrage le transforme en bannière marquant l’appropriation par la nation américaine de la nature, et le triomphe de la civilisation moderne sur celle-ci.
Les Black Hills où se trouvent le mont Rushmore sont d’ailleurs situées dans la Frontier, ligne mouvante de l’Ouest, frontière occidentale indéterminée des États-Unis, en progrès ou en reflux, où se déroule le processus de colonisation.
L’historien de l’art Albert Boime (1933 – 2008) a dénoncé le mont Rushmore comme une œuvre kitsch, faite par un homme dont la seule vision artistique était le changement d’échelle. Borglum, esprit partisan de l’autorité et aux tendances racistes et antisémites, admirait Benito Mussolini (1883 – 1945), le dictateur de l’Italie fasciste, et plus généralement « les hommes au capables de déplacer les montagnes » (Albert Boime).
Le mont Rushmore : triomphe anglo-saxon sur les Amérindiens Le mont Rushmore symbolise le triomphe américain sur les premiers occupants du territoire. Les Black Hills sont, pour les Sioux, une ethnie amérindienne, les Paha Sapa, des montagnes sacrées où se déroulaient des cérémonies religieuses. La possession de ces terres leur a été garantie par une convention, le traité de Fort Laramie en 1868, aussitôt violé par les États-Unis, motivés par la découverte d’or dans les Black Hills.
Une série de conflits entre Amérindiens et Américains en a résulté, la guerre des Black Hills (dont la bataille de Little Bighorn du 26 juin 1876, victoire de Sitting Bull sur le général Custer, est un moment fameux), remportée par les seconds.
Héritage de cette période, le mont Rushmore est aujourd’hui entouré de la Harney National Forest (de William S. Harney, officier américain qui a servi pendant les guerres indiennes) et du Custer State Park (du général Custer, tué à Little Bighorn). C’est au reste près du mont Rushmore que s’est déroulé le massacre de Wounded Knee, le 29 décembre 1890, au cours duquel des troupes américaines ont tué plusieurs centaines de Sioux désarmés.
Aujourd’hui, le mont Rushmore fait l’objet d’une bataille mémorielle.
 Le mont Rushmore est revendiqué comme faisant partie de la réserve Sioux (ou même de la république Lakotah indépendante proposée en 2007) par des militants amérindiens.
Les membres de l’American Indian Movement ont par exemple, le 4 juillet 1971, occupé le mont Rushmore. La construction d’un Crazy Horse Memorial, en l’honneur du chef amérindien Crazy Horse (vers 1840 – 1877) a été lancée pour concurrencer le mont Rushmore, mais le projet fait l’objet de controverses sur son bien-fondé. Le mont Rushmore dans la culture populaire Le mont Rushmore est, avec la statue de la Liberté de New York, un emblème des États-Unis, un cliché éculé, comme peut l’être la tour Eiffel pour la France, Big Ben pour l’Angleterre, le Taj Mahal pour l’Inde, etc.
Scène de cinéma (La Mort aux trousses d’Alfred Hitchcock, Mars Attacks! de Tim Burton, mais aussi dans l’animation, comme dans Les Simpson), il fait l’objet de nombreux détournements (par le groupe Deep Purple pour la couverture de son album In Rock, pour moquer Donald Trump , etc.).
source: laculturegenerale.com

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