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dimanche 21 avril 2019

Le plan Condor

 Le plan Condor, ou opération Condor, est un système d’échange d’informations et de collaboration entre les polices secrètes des dictatures d’Amérique du Sud pour la traque, l’arrestation voire l’assassinat d’opposants politiques, notamment communistes, dans les années 1970 et 1980. 

Ces dictatures, pour la plupart militaires, sont idéologiquement de droite et soutenues par les États-Unis. En pleine guerre froide, ceux-ci craignent, par dessus tout, que le communisme s’installe dans les Amériques, continent qu’ils considèrent comme relevant de leur seule sphère d’influence (prétention formalisée par la « Doctrine Monroe » en 1823). Le renversement en 1959 du dictateur cubain Batista, pro-américain, par la guérilla de Fidel Castro (dirigeant Cuba jusqu’en 2008), qui installe un régime pro-communiste à 170 km des côtes américaines, a été vécue comme un traumatisme par l’administration américaine.

Les États-Unis, sous l’influence du diplomate et secrétaire d’État (ministre des Affaires étrangères) Henry Kissinger (né en 1923), et la CIA soutiennent ainsi le renversement de fragiles régimes démocratiques par des dictatures militaires, et appuient leurs systèmes de renseignement.

La lutte se concentre contre la « subversion», c’est-à-dire sur l’idéologie communiste. Plusieurs guérillas marxistes se sont développées sur le continent (le Front sandiniste de libération nationale au Nicaragua, les Forces armées révolutionnaires de Colombie, le Sentier lumineux au Pérou, etc), même si elles subissent, dans les années 1970, un reflux.

Ainsi, le 26 novembre 1975, des représentants des services de sécurité de l’Uruguay, de l’Argentine, du Paraguay et de la Bolivie se réunissent à Santiago du Chili, à l’initiative du dictateur de ce pays, le général Augusto Pinochet (de 1973 à 1990), et du chef de la police politique chilienne, la DINA, le colonel Contreras.

Le Pérou et l’Équateur rejoignent le système en 1978.

Le système Condor

Ils décident de l’organisation d’un réseau pour le renseignement national, la coordination d’informations, la mutualisation de la traque des opposants et pour l’échange de prisonniers. Une banque de données est mise en place, avec des archives centralisées contenant les antécédents des personnes traquées. Les polices utilisent des moyens de communication modernes, comme le télex, la cryptologie, les téléphones avec inverseurs de voix. Un présidence rotative est mise en place, avec un siège permanent et un secrétariat.

Condor se divise en trois phases :

La phase 1 : renseignement et coordination pour la collection et l’échange d’informations.

La phase 2 : opérations limitées et attaques d’opposants présents sur le territoire des pays appartenant au système Condor.

La phase 3 : surveillance en vue de l’assassinat d’opposants présents sur le territoire de pays étrangers au plan Condor, notamment les États-Unis, la France et l’Italie.

Les polices politiques des pays du plan Condor n’hésitent pas à avoir recours à des méthodes terroristes : prisons clandestines (comme l’Automotores Orletti à Buenos Aires), torture et assassinat, parfois collectif. Ils ont parfois recours à des groupes paramilitaires et terroristes, comme l’organisation Triple-A en Argentine.

L’appui américain se manifeste, notamment, par l’envoi d’un émissaire du FBI auprès de Condor, l’attaché à l’ambassade de Buenos Aires, Robert Scherrer. Condor doit en outre beaucoup à l’armée française, forte de son expérience de la guerre irrégulière en Algérie (voir le livre et le documentaire de Marie-Monique Robin, Escadrons de la mort, l’école française). Les services de renseignements allemands collaborent aussi avec Condor pour aider à l’espionnage des opposants.

plan condor amerique sud

Henry Kissinger, secrétaire d’État des États-Unis de 1973 à 1977
Qu’est-ce que le plan Condor ?

Le plan Condor, ou opération Condor, est un système d’échange d’informations et de collaboration entre les polices secrètes des dictatures d’Amérique du Sud pour la traque, l’arrestation voire l’assassinat d’opposants politiques, notamment communistes, dans les années 1970 et 1980.

Ces dictatures, pour la plupart militaires, sont idéologiquement de droite et soutenues par les États-Unis. En pleine guerre froide, ceux-ci craignent, par dessus tout, que le communisme s’installe dans les Amériques, continent qu’ils considèrent comme relevant de leur seule sphère d’influence (prétention formalisée par la « Doctrine Monroe » en 1823). Le renversement en 1959 du dictateur cubain Batista, pro-américain, par la guérilla de Fidel Castro (dirigeant Cuba jusqu’en 2008), qui installe un régime pro-communiste à 170 km des côtes américaines, a été vécue comme un traumatisme par l’administration américaine.

Les États-Unis, sous l’influence du diplomate et secrétaire d’État (ministre des Affaires étrangères) Henry Kissinger (né en 1923), et la CIA soutiennent ainsi le renversement de fragiles régimes démocratiques par des dictatures militaires (voire le coup d’État de 11 septembre 1973 au Chili par exemple), et appuient leurs systèmes de renseignement.

La lutte se concentre contre la « subversion», c’est-à-dire sur l’idéologie communiste. Plusieurs guérillas marxistes se sont développées sur le continent (le Front sandiniste de libération nationale au Nicaragua, les Forces armées révolutionnaires de Colombie, le Sentier lumineux au Pérou, etc), même si elles subissent, dans les années 1970, un reflux.

Ainsi, le 26 novembre 1975, des représentants des services de sécurité de l’Uruguay, de l’Argentine, du Paraguay et de la Bolivie se réunissent à Santiago du Chili, à l’initiative du dictateur de ce pays, le général Augusto Pinochet (de 1973 à 1990), et du chef de la police politique chilienne, la DINA, le colonel Contreras.

Le Pérou et l’Équateur rejoignent le système en 1978.


Le système Condor

Ils décident de l’organisation d’un réseau pour le renseignement national, la coordination d’informations, la mutualisation de la traque des opposants et pour l’échange de prisonniers. Une banque de données est mise en place, avec des archives centralisées contenant les antécédents des personnes traquées. Les polices utilisent des moyens de communication modernes, comme le télex, la cryptologie, les téléphones avec inverseurs de voix. Un présidence rotative est mise en place, avec un siège permanent et un secrétariat.

Condor se divise en trois phases :

La phase 1 : renseignement et coordination pour la collection et l’échange d’informations.

La phase 2 : opérations limitées et attaques d’opposants présents sur le territoire des pays appartenant au système Condor.

La phase 3 : surveillance en vue de l’assassinat d’opposants présents sur le territoire de pays étrangers au plan Condor, notamment les États-Unis, la France et l’Italie.

Les polices politiques des pays du plan Condor n’hésitent pas à avoir recours à des méthodes terroristes : prisons clandestines (comme l’Automotores Orletti à Buenos Aires), torture et assassinat, parfois collectif. Ils ont parfois recours à des groupes paramilitaires et terroristes, comme l’organisation Triple-A en Argentine.

L’appui américain se manifeste, notamment, par l’envoi d’un émissaire du FBI auprès de Condor, l’attaché à l’ambassade de Buenos Aires, Robert Scherrer. Condor doit en outre beaucoup à l’armée française, forte de son expérience de la guerre irrégulière en Algérie (voir le livre et le documentaire de Marie-Monique Robin, Escadrons de la mort, l’école française). Les services de renseignements allemands collaborent aussi avec Condor pour aider à l’espionnage des opposants.

Cependant, les opérations de phase 3, qui mettaient en péril les relations diplomatiques des pays membres du plan Condor avec les pays touchés, sont abandonnées à partir de décembre 1976. En effet, certains assassinats suscitent une émotion internationale, comme celui du militaire chilien légaliste Carlos Prats le 30 septembre 1974 à Buenos Aires, l’attentat raté contre l’opposant chilien Bernardo Leighton le 6 octobre 1975 à Rome (avec le soutien de la CIA), ou l’explosion près de la Maison blanche de la voiture d’Orlando Letellier, ancien ambassadeur du Chili à Washington, le 21 septembre 1976. Le scandale entraîné par ce dernier assassinat entraîne la dissolution de la DINA et la destitution de Contreras.

Le plan Condor aurait fait, dans le cadre de la « guerre sale», la campagne de répression en Amérique latine des années 1960 à 1980, des dizaines de milliers de morts et disparus.

Les mécanismes de ce plan furent révélés à la fin de la dictature paraguayenne grâce au travail de l’ancien détenu politique Marin Almeda : il a découvert l’existence à Asunción de 700 000 documents, soit 4 tonnes d’archives, contenant notamment 574 dossiers sur les partis politiques, 1888 passeports et cartes d’identités, 115 volumes de rapports de police, etc. (Les services de sécurité paraguayens dans le système Condor, 1974-1982).
source: LaCultureGenerale 
Gilles Ferragu, En rouge et noir, une génération en guerre civile, dans Histoire du terrorisme
Benjamin Offroy, Les services de sécurité paraguayens dans le système Condor, 1974-1982, Bulletin de l’Institut Pierre Renouvin
Isabelle Vagnoux, Washington et les régimes militaires sud-américains (1964-1989), Revue Vingtième siècle

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