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Le plan Condor

La RĂ©daction
 Le plan Condor, ou opĂ©ration Condor, est un systĂšme d’Ă©change d’informations et de collaboration entre les polices secrĂštes des dictatures d’AmĂ©rique du Sud pour la traque, l’arrestation voire l’assassinat d’opposants politiques, notamment communistes, dans les annĂ©es 1970 et 1980. 

Ces dictatures, pour la plupart militaires, sont idĂ©ologiquement de droite et soutenues par les États-Unis. En pleine guerre froide, ceux-ci craignent, par dessus tout, que le communisme s’installe dans les AmĂ©riques, continent qu’ils considĂšrent comme relevant de leur seule sphĂšre d’influence (prĂ©tention formalisĂ©e par la « Doctrine Monroe » en 1823). Le renversement en 1959 du dictateur cubain Batista, pro-amĂ©ricain, par la guĂ©rilla de Fidel Castro (dirigeant Cuba jusqu’en 2008), qui installe un rĂ©gime pro-communiste Ă  170 km des cĂŽtes amĂ©ricaines, a Ă©tĂ© vĂ©cue comme un traumatisme par l’administration amĂ©ricaine.

Les États-Unis, sous l’influence du diplomate et secrĂ©taire d’État (ministre des Affaires Ă©trangĂšres) Henry Kissinger (nĂ© en 1923), et la CIA soutiennent ainsi le renversement de fragiles rĂ©gimes dĂ©mocratiques par des dictatures militaires, et appuient leurs systĂšmes de renseignement.

La lutte se concentre contre la « subversion», c’est-Ă -dire sur l’idĂ©ologie communiste. Plusieurs guĂ©rillas marxistes se sont dĂ©veloppĂ©es sur le continent (le Front sandiniste de libĂ©ration nationale au Nicaragua, les Forces armĂ©es rĂ©volutionnaires de Colombie, le Sentier lumineux au PĂ©rou, etc), mĂȘme si elles subissent, dans les annĂ©es 1970, un reflux.

Ainsi, le 26 novembre 1975, des reprĂ©sentants des services de sĂ©curitĂ© de l’Uruguay, de l’Argentine, du Paraguay et de la Bolivie se rĂ©unissent Ă  Santiago du Chili, Ă  l’initiative du dictateur de ce pays, le gĂ©nĂ©ral Augusto Pinochet (de 1973 Ă  1990), et du chef de la police politique chilienne, la DINA, le colonel Contreras.

Le PĂ©rou et l’Équateur rejoignent le systĂšme en 1978.

Le systĂšme Condor

Ils dĂ©cident de l’organisation d’un rĂ©seau pour le renseignement national, la coordination d’informations, la mutualisation de la traque des opposants et pour l’Ă©change de prisonniers. Une banque de donnĂ©es est mise en place, avec des archives centralisĂ©es contenant les antĂ©cĂ©dents des personnes traquĂ©es. Les polices utilisent des moyens de communication modernes, comme le tĂ©lex, la cryptologie, les tĂ©lĂ©phones avec inverseurs de voix. Un prĂ©sidence rotative est mise en place, avec un siĂšge permanent et un secrĂ©tariat.

Condor se divise en trois phases :

La phase 1 : renseignement et coordination pour la collection et l’Ă©change d’informations.

La phase 2 : opĂ©rations limitĂ©es et attaques d’opposants prĂ©sents sur le territoire des pays appartenant au systĂšme Condor.

La phase 3 : surveillance en vue de l’assassinat d’opposants prĂ©sents sur le territoire de pays Ă©trangers au plan Condor, notamment les États-Unis, la France et l’Italie.

Les polices politiques des pays du plan Condor n’hĂ©sitent pas Ă  avoir recours Ă  des mĂ©thodes terroristes : prisons clandestines (comme l’Automotores Orletti Ă  Buenos Aires), torture et assassinat, parfois collectif. Ils ont parfois recours Ă  des groupes paramilitaires et terroristes, comme l’organisation Triple-A en Argentine.

L’appui amĂ©ricain se manifeste, notamment, par l’envoi d’un Ă©missaire du FBI auprĂšs de Condor, l’attachĂ© Ă  l’ambassade de Buenos Aires, Robert Scherrer. Condor doit en outre beaucoup Ă  l’armĂ©e française, forte de son expĂ©rience de la guerre irrĂ©guliĂšre en AlgĂ©rie (voir le livre et le documentaire de Marie-Monique Robin, Escadrons de la mort, l’Ă©cole française). Les services de renseignements allemands collaborent aussi avec Condor pour aider Ă  l’espionnage des opposants.

plan condor amerique sud

Henry Kissinger, secrĂ©taire d’État des États-Unis de 1973 Ă  1977
Qu’est-ce que le plan Condor ?

Le plan Condor, ou opĂ©ration Condor, est un systĂšme d’Ă©change d’informations et de collaboration entre les polices secrĂštes des dictatures d’AmĂ©rique du Sud pour la traque, l’arrestation voire l’assassinat d’opposants politiques, notamment communistes, dans les annĂ©es 1970 et 1980.

Ces dictatures, pour la plupart militaires, sont idĂ©ologiquement de droite et soutenues par les États-Unis. En pleine guerre froide, ceux-ci craignent, par dessus tout, que le communisme s’installe dans les AmĂ©riques, continent qu’ils considĂšrent comme relevant de leur seule sphĂšre d’influence (prĂ©tention formalisĂ©e par la « Doctrine Monroe » en 1823). Le renversement en 1959 du dictateur cubain Batista, pro-amĂ©ricain, par la guĂ©rilla de Fidel Castro (dirigeant Cuba jusqu’en 2008), qui installe un rĂ©gime pro-communiste Ă  170 km des cĂŽtes amĂ©ricaines, a Ă©tĂ© vĂ©cue comme un traumatisme par l’administration amĂ©ricaine.

Les États-Unis, sous l’influence du diplomate et secrĂ©taire d’État (ministre des Affaires Ă©trangĂšres) Henry Kissinger (nĂ© en 1923), et la CIA soutiennent ainsi le renversement de fragiles rĂ©gimes dĂ©mocratiques par des dictatures militaires (voire le coup d’État de 11 septembre 1973 au Chili par exemple), et appuient leurs systĂšmes de renseignement.

La lutte se concentre contre la « subversion», c’est-Ă -dire sur l’idĂ©ologie communiste. Plusieurs guĂ©rillas marxistes se sont dĂ©veloppĂ©es sur le continent (le Front sandiniste de libĂ©ration nationale au Nicaragua, les Forces armĂ©es rĂ©volutionnaires de Colombie, le Sentier lumineux au PĂ©rou, etc), mĂȘme si elles subissent, dans les annĂ©es 1970, un reflux.

Ainsi, le 26 novembre 1975, des reprĂ©sentants des services de sĂ©curitĂ© de l’Uruguay, de l’Argentine, du Paraguay et de la Bolivie se rĂ©unissent Ă  Santiago du Chili, Ă  l’initiative du dictateur de ce pays, le gĂ©nĂ©ral Augusto Pinochet (de 1973 Ă  1990), et du chef de la police politique chilienne, la DINA, le colonel Contreras.

Le PĂ©rou et l’Équateur rejoignent le systĂšme en 1978.


Le systĂšme Condor

Ils dĂ©cident de l’organisation d’un rĂ©seau pour le renseignement national, la coordination d’informations, la mutualisation de la traque des opposants et pour l’Ă©change de prisonniers. Une banque de donnĂ©es est mise en place, avec des archives centralisĂ©es contenant les antĂ©cĂ©dents des personnes traquĂ©es. Les polices utilisent des moyens de communication modernes, comme le tĂ©lex, la cryptologie, les tĂ©lĂ©phones avec inverseurs de voix. Un prĂ©sidence rotative est mise en place, avec un siĂšge permanent et un secrĂ©tariat.

Condor se divise en trois phases :

La phase 1 : renseignement et coordination pour la collection et l’Ă©change d’informations.

La phase 2 : opĂ©rations limitĂ©es et attaques d’opposants prĂ©sents sur le territoire des pays appartenant au systĂšme Condor.

La phase 3 : surveillance en vue de l’assassinat d’opposants prĂ©sents sur le territoire de pays Ă©trangers au plan Condor, notamment les États-Unis, la France et l’Italie.

Les polices politiques des pays du plan Condor n’hĂ©sitent pas Ă  avoir recours Ă  des mĂ©thodes terroristes : prisons clandestines (comme l’Automotores Orletti Ă  Buenos Aires), torture et assassinat, parfois collectif. Ils ont parfois recours Ă  des groupes paramilitaires et terroristes, comme l’organisation Triple-A en Argentine.

L’appui amĂ©ricain se manifeste, notamment, par l’envoi d’un Ă©missaire du FBI auprĂšs de Condor, l’attachĂ© Ă  l’ambassade de Buenos Aires, Robert Scherrer. Condor doit en outre beaucoup Ă  l’armĂ©e française, forte de son expĂ©rience de la guerre irrĂ©guliĂšre en AlgĂ©rie (voir le livre et le documentaire de Marie-Monique Robin, Escadrons de la mort, l’Ă©cole française). Les services de renseignements allemands collaborent aussi avec Condor pour aider Ă  l’espionnage des opposants.

Cependant, les opĂ©rations de phase 3, qui mettaient en pĂ©ril les relations diplomatiques des pays membres du plan Condor avec les pays touchĂ©s, sont abandonnĂ©es Ă  partir de dĂ©cembre 1976. En effet, certains assassinats suscitent une Ă©motion internationale, comme celui du militaire chilien lĂ©galiste Carlos Prats le 30 septembre 1974 Ă  Buenos Aires, l’attentat ratĂ© contre l’opposant chilien Bernardo Leighton le 6 octobre 1975 Ă  Rome (avec le soutien de la CIA), ou l’explosion prĂšs de la Maison blanche de la voiture d’Orlando Letellier, ancien ambassadeur du Chili Ă  Washington, le 21 septembre 1976. Le scandale entraĂźnĂ© par ce dernier assassinat entraĂźne la dissolution de la DINA et la destitution de Contreras.

Le plan Condor aurait fait, dans le cadre de la « guerre sale», la campagne de rĂ©pression en AmĂ©rique latine des annĂ©es 1960 Ă  1980, des dizaines de milliers de morts et disparus.

Les mĂ©canismes de ce plan furent rĂ©vĂ©lĂ©s Ă  la fin de la dictature paraguayenne grĂące au travail de l’ancien dĂ©tenu politique Marin Almeda : il a dĂ©couvert l’existence Ă  AsunciĂłn de 700 000 documents, soit 4 tonnes d’archives, contenant notamment 574 dossiers sur les partis politiques, 1888 passeports et cartes d’identitĂ©s, 115 volumes de rapports de police, etc. (Les services de sĂ©curitĂ© paraguayens dans le systĂšme Condor, 1974-1982).
source: LaCultureGenerale 
Gilles Ferragu, En rouge et noir, une génération en guerre civile, dans Histoire du terrorisme
Benjamin Offroy, Les services de sĂ©curitĂ© paraguayens dans le systĂšme Condor, 1974-1982, Bulletin de l’Institut Pierre Renouvin
Isabelle Vagnoux, Washington et les régimes militaires sud-américains (1964-1989), Revue VingtiÚme siÚcle

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