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lundi 12 novembre 2018

Stan Lee,le Zeus du panthéon des super-héros, est mort

Il était l'un des pères de Spider-man, des X-Men, de Daredevil et de tant d'autres super-héros Marvel. Stan Lee, vient de s'éteindre à l'âge de 95 ans.
Stanley Martin Lieber n’est plus. Sous le nom de Stan Lee, il a révolutionné l’industrie de la bande dessinée et la culture populaire. Dans les années 1960, il a inventé des icônes qui ont marqué des générations de lecteurs: les Quatre Fantastiques, Spider-Man, X-Men, Daredevil, Hulk, Doctor Strange… Ils devront désormais vivre sans lui: Stan Lee est mort le lundi 12 novembre à l’âge de 95 ans.

figure était devenue familière. Les plus jeunes le connaissaient grâce aux productions Marvel, qui lui réservaient toujours une apparition burlesque: vendeur de hot-dogs, vieux pervers ou encore gardien de nuit, Stan Lee aura tout joué. Il était impossible de le rater avec sa fine moustache, ses lunettes fumées et son large sourire. Stan Lee a toujours eu ce grand sourire, symbole à la fois de sa roublardise en affaires et de son optimisme forcené.

Né le 28 décembre 1922 à New York, Stan Lee a toujours cru en sa bonne étoile. Ce n’est pas un hasard si le mot latin "Excelsior!", signifiant "plus haut, plus élevé", est son expression fétiche. Âgé de dix ans lors de la Grande Dépression, le jeune Stanley connaît la pauvreté. L’image de son père, au chômage, le marquera d'ailleurs à jamais et l’inspirera lorsqu'il imaginera dans les années 1960 ses super-héros "normaux".
La révolution des Quatre Fantastiques
Habile de sa plume, le jeune Stanley se lance dans le journalisme avant de décrocher en 1939 un poste chez Timely Comics. Il y rencontre deux ténors de la BD américaine: Joe Simon et Jack Kirby, co-créateurs de Captain America. Il y officie comme rédacteur en chef et écrit sous le nom de Stan Lee. Après un passage sous les drapeaux pendant la guerre, Stan Lee poursuit son travail dans l'édition et s'intéresse tout particulièrement aux histoires de monstres. Il n'a pas vraiment le choix: à la fin des années 1940 et dans les années 1950, les super-héros, trop associés à la guerre et à la propagande, commencent à se démoder et sont délaissés au profit du polar, de l’horreur et de la romance.
Les super-héros reviennent cependant en force à l’aube des années 1960, non pas sous l'impulsion de Stan Lee, mais de DC Comics qui relance en 1959 la Justice League of America avec Batman, Superman et Wonder Woman. Hasard historique: Stan Lee et Jack Kirby planchaient au même moment sur LesQuatre Fantastique, dont la première histoire sort en 1961.

Mister Fantastic, la Femme Invisible, la Torche humaine et la Chose détonnent: pour éviter une trop grande ressemblance avec la Justice League of America, Stan Lee a choisi de faire de ses personnages des héros terriblement humains, faillibles et victimes de leurs pouvoirs. C’est l’apport majeur de Stan Lee au genre. Comme le note Jean-Marc Lainé dans Stan Lee, Homère du XXe Siècle, ses héros sont "des gens normaux, sans aptitudes, ou aux connaissances encore dans les limites du raisonnable". Il ajoute: "Afin de rendre sympathique des héros à la réussite professionnelle exemplaire, Stan Lee les affuble de tares physiques dans l’optique de les fragiliser".

La "Méthode Marvel"
Les Quatre Fantastiques inaugurent une période faste pour Stan Lee et Jack Kirby. Les personnages qu'ils créent ensemble au cours de la décennie reprennent ces caractéristiques. En 1962, le dynamic duo lance Hulk, variation de Docteur Jekyll et Mr. Hyde, puis Thor. En 1963 naissent les X-Men, Iron Man et les Avengers, toujours dessinés par Kirby. Avec Steve Ditko, Stan Lee imagine Spider-Man, dont la particularité est d’être un super-héros adolescent, et Doctor Strange.
À cette époque, la maison d'édition, passée de Timely Comics à Atlas Comics, devient Marvel Comics. Le nom est choisi pour jouer avec la notion d’émerveillement que suscite chaque parution de la maison. Le succès venant, Stan Lee élabore la fameuse "Méthode Marvel". Le système est simple: le scénariste discute avec le dessinateur des temps forts de l’histoire. Le dessinateur met alors en scène l’histoire et Lee intervient une fois la planche terminée pour ajouter les dialogues.

Si le nom de Stan Lee est alors omniprésent dans les comics Marvel, il ne faut pas s'y tromper: il s’implique pleinement dans certaines séries comme Spider-Man et se contente de superviser d’autres titres comme Daredevil. Cette situation n’est pas sans risque et créer des frictions entre Stan Lee et ses dessinateurs. Ditko se brouillera avec lui, ne supportant pas le choix, qu'il juge trop mélodramatique, de faire de Norman Osborne le Bouffon vert. Quant à Kirby, il n’acceptera pas que la série sur le Surfeur d’argent, personnage qu’il a créé, soit confié à un autre dessinateur, John Buscema.

Des projets au cinéma avec Alain Resnais et Spider-Man
Dans les années 1960, les médias s’intéressent de plus en plus à Stan Lee, qui vit avec gourmandise ce succès. Il donne des conférences. Il se lance des défis et se propose de trouver le succès avec un personnage sans pouvoir et au nom étrange: c’est ainsi qu'est né le Sgt Fury, incarné au cinéma par Samuel L. Jackson. Dans la presse, Stan Lee est présenté comme l’unique artisan du succès de Marvel. Ces articles sont mal vécus par les dessinateurs de Marvel, dont Jack Kirby.

Dans les années 1970, Stan Lee passe de scénariste à éditeur. Véritable gardien du temple, il est en charge des grandes décisions éditoriales et doit assurer le rapprochement de Marvel avec le cinéma et la télévision. A cette époque, Stan Lee travaille sans succès sur plusieurs projets, dont une adaptation de Spider-Man, avec le réalisateur français Alain Resnais. Le rapprochement avec Hollywood aboutira par la suite à quelques productions kitchs dont une série Hulk (1977-1982) avec le culturiste Lou Ferrigno.
Des ennuis judiciaires et une image écornée
Stan Lee n’oublie pas pour autant les comics. Il écrit en 1978 pour Jack Kirby une réécriture de la première histoire du Surfer d’argent. Malgré la réussite éclatante de ce récit, les relations entre Lee et Kirby ne cesseront de se dégrader. Si Kirby continue de dessiner, pour des éditeurs indépendants, avant de prendre sa retraite au milieu des années 1980, Stan Lee poursuit ses activités chez Marvel en tant que "Chairman emeritus", titre qui lui confère tout pouvoir sur le catalogue.

Plusieurs procédures judiciaires dans les années 1990 et 2000 viennent cependant entacher son image de génial créateur. Stan Lee commence alors à être perçu comme un scénariste malin qui a su tirer à son avantage le talent des dessinateurs qu’il employait. En 2002, Lee poursuit en justice Marvel. Il reproche à la major de ne pas lui avoir versé son pourcentage des bénéfices de Spider-Man de Sam Raimi. Un accord sera trouvé.
Dessin de Aghiles AZZOUG www.bdcomics.art
A la fin des années 1990, Stan Lee perd aussi le contrat d’exclusivité qui le liait à Marvel lors des troubles financiers que traverse la maison. Désormais libre de proposer de nouveaux projets à d’autres maisons d’édition, il décroche également un crédit de producteur exécutif au générique des productions Marvel. Depuis Iron Man (2008), l’incroyable succès rencontré par les films du studio a redoré le blason des super-héros, tout en permettant à Stan Lee de redevenir le véritable pape de Marvel.

Par Jérôme Lachasse

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