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mercredi 2 mai 2018

« khaliha Tsadi » (laisse-la se rouiller) :Commentaires sur une campagne qui fait le buzz

Si cette image a réussi à se frayer un chemin vers votre fil d’actualité, c’est qu’elle a de quoi captiver et intéresser le public algérien. Je dis cela car s’il y a bien un sujet qui occupe les réseaux sociaux en ce moment, c’est bien la campagne populaire « khaliha Tsadi » (laisse-la se rouiller). Donc, la première condition de réussite en publicité est atteinte : être vu. Mais est-ce suffisant ?

Pour rappel une publicité doit, pour atteindre l’efficacité, être vue, appréciée, identifiée et comprise. Ceci sans oublier la considération stratégique qui apporte une réponse à la question « pourquoi communiquer ? ». Donc pour savoir si cette campagne sera efficace ou non, il faudra se référer au résultat qu’elle obtiendra en matière de réduction du nombre d’accidents.

Mais en attendant de connaitre l’effet réel de la campagne, je me permets de faire quelques commentaires, qui d’ailleurs sont soumis à discussion :
Cette campagne témoigne d’une importante prise de conscience de la part des pouvoirs publics, non pas par rapport aux accidents de la route mais en égard aux campagnes de sensibilisation habituelles : ils ont compris qu’elles n’ont jamais servi leurs objectifs. La réalité du terrain est éloquente ;
Les communications émanant des organismes publics sont trop souvent paralysées par le « politiquement correcte », nous avons trop souvent ménagé la fameuse « sensibilité » du public, ce qui a réduit nos communications à la platitude. Or, le choc est un axe souvent efficace lorsqu’il est bien employé en sensibilisation ;
Quel est le message de cette campagne ? La vitesse tue ! Est-ce un scoop ? Est-ce que les algériens ignorent ce fait ? Evidemment que non. D’ailleurs, cela fait des années que nous voyons en permanence des images choquantes qui rappellent que nos routes sont devenues des lieux très dangereux. Mais est-ce que les accidents ont baissé pour autant ? Vous connaissez tous la réponse à cette question…
En observant les très nombreux commentaires sous les photos qui relaient cette campagne, et en discutant avec les gens autour de moi, savez-vous ce que j’ai constaté ? La concentration est dirigée vers la nouveauté et la mise en scène mais pas vers le message de fond. Autrement dit, l’attention est tellement captivée par l’aspect choquant et inédit de la campagne que les gens ne font pas forcément le cheminement espéré. Celui où on se dirait « voilà ce qui risque de m’arriver si je ne suis pas prudent ! ». C’est un scénario qui attire l’attention vers lui-même et non vers le message stratégique ;
La viralité sur les réseaux sociaux a plusieurs vertus, mais je ne suis pas sûr qu’elle soit bénéfique pour cette campagne : l’idéal pour produire l’effet psychologique souhaité, est que l’automobiliste soit surpris sur la route. Or, la plupart des algériens ont été prévenus à travers les publications qu’ils ont vues ;
Puisque l’algérien sait très bien que la mort est très présente dans nos rues, pourquoi n’abandonne-t-il pas ses comportements à risque ? C’est là où toute campagne de sensibilisation doit s’articuler. Si par exemple le conducteur est conscient des dangers de la circulation mais qu’il considère qu’il n’est pas concerné : parce qu’il est très intelligent, ou parce qu’il est un excellent conducteur, ou parce qu’il estime que ça vaut la peine de prendre des risques…c’est à ses idées là qu’il faut s’attaquer frontalement et non pas dire aux gens ce qu’ils savent déjà.

Comme je l’ai déjà mentionné, cette campagne ne peut être jugée qu’à travers les résultats qu’elle permettra. Les services de sécurité publient régulièrement les chiffres relatifs aux accidents de la route, alors donnons au concept le temps de faire ses preuves.
par cherif-amokrane/ source:cherif-amokrane.com

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