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Je pense, donc je suis !

La RĂ©daction
On emploie souvent le substantif « cogito » pour parler de l’Ă©noncĂ© « je pense, donc je suis ». « Cogito » est un verbe conjuguĂ© en latin qui signifie « je pense ».

« Je pense donc je suis » – Extrait du texte du Discours de la mĂ©thode
« Je ne sais si je dois vous entretenir des premiĂšres mĂ©ditations que j’y ai faites; car elles sont si mĂ©taphysiques et si peu communes, qu’elles ne seront peut-ĂȘtre pas au goĂ»t de tout le monde. Et toutefois, afin qu’on puisse juger si les fondements que j’ai pris sont assez fermes, je me trouve en quelque façon contraint d’en parler.
J’avais dĂšs longtemps remarquĂ© que, pour les mƓurs, il est besoin quelquefois de suivre des opinions qu’on sait fort incertaines, tout de mĂȘme que si elles Ă©taient indubitables, ainsi qu’il a Ă©tĂ© dit ci-dessus ; mais, parce qu’alors je dĂ©sirais vaquer seulement Ă  la recherche de la vĂ©ritĂ©, je pensai qu’il fallait que je fisse tout le contraire, et que je rejetasse, comme absolument faux, tout ce en quoi je pourrais imaginer le moindre doute afin de voir s’il ne resterait point, aprĂšs cela, quelque chose en ma crĂ©ance, qui fĂ»t entiĂšrement indubitable. Ainsi, Ă  cause que nos sens nous trompent quelquefois, je voulus supposer qu’il n’y avait aucune chose qui fĂ»t telle qu’ils nous la font imaginer.
Et parce qu’il y a des hommes qui se mĂ©prennent en raisonnant, mĂȘme touchant les plus simples matiĂšres de gĂ©omĂ©trie, et y font des paralogismes, jugeant que j’Ă©tais sujet Ă  faillir, autant qu’aucun autre, je rejetai comme fausses toutes les raisons que j’avais prises auparavant pour dĂ©monstrations.
Et enfin, considĂ©rant que toutes les mĂȘmes pensĂ©es, que nous avons Ă©tant Ă©veillĂ©s, nous peuvent aussi venir, quand nous dormons, sans qu’il y en ait aucune, pour lors, qui soit vraie, je me rĂ©solus de feindre que toutes les choses qui m’Ă©taient jamais entrĂ©es en l’esprit n’Ă©taient non plus vraies que les illusions de mes songes. Mais, aussitĂŽt aprĂšs, je pris garde que, pendant que je voulais ainsi penser que tout Ă©tait faux, il fallait nĂ©cessairement que moi, qui le pensais, fusse quelque chose. Et remarquant que cette vĂ©ritĂ© : je pense, donc je suis, Ă©tait si ferme et si assurĂ©e, que toutes les plus extravagantes suppositions des sceptiques n’Ă©taient pas capables de l’Ă©branler, je jugeai que je pouvais la recevoir, sans scrupule, pour le premier principe de la philosophie que je cherchais.
Puis, examinant avec attention ce que j’Ă©tais, et voyant que je pouvais feindre que je n’avais aucun corps, et qu’il n’y avait aucun monde, ni aucun lieu oĂč je fusse; mais que je ne pouvais pas feindre, pour cela, que je n’Ă©tais point ; et qu’au contraire, de cela mĂȘme que je pensais Ă  douter de la vĂ©ritĂ© des autres choses, il suivait trĂšs Ă©videmment et trĂšs certainement que j’Ă©tais ; au lieu que, si j’eusse seulement cessĂ© de penser, encore que tout le reste de ce que j’avais jamais imaginĂ© eĂ»t Ă©tĂ© vrai, je n’avais aucune raison de croire que j’eusse Ă©tĂ© : je connus de lĂ  que j’Ă©tais une substance dont toute l’essence ou la nature n’est que de penser, et qui, pour ĂȘtre, n’a besoin d’aucun lieu, ni ne dĂ©pend d’aucune chose matĂ©rielle. En sorte que ce moi, c’est-Ă -dire l’Ăąme par laquelle je suis ce que je suis, est entiĂšrement distincte du corps, et mĂȘme qu’elle est plus aisĂ©e Ă  connaĂźtre que lui, et qu’encore qu’il ne fĂ»t point, elle ne laisserait pas d’ĂȘtre tout ce qu’elle est.
AprĂšs cela, je considĂ©rai en gĂ©nĂ©ral ce qui est requis Ă  une proposition pour ĂȘtre vraie et certaine; car, puisque je venais d’en trouver une que je savais ĂȘtre telle, je pensai que je devais aussi savoir en quoi consiste cette certitude. Et ayant remarquĂ© qu’il n’y a rien du tout en ceci : je pense, donc je suis, qui m’assure que je dis la vĂ©ritĂ©, sinon que je vois trĂšs clairement que, pour penser, il faut ĂȘtre : je jugeai que je pouvais prendre pour rĂšgle gĂ©nĂ©rale, que les choses que nous concevons fort clairement et fort distinctement sont toutes vraies ; mais qu’il y a seulement quelque difficultĂ© Ă  bien remarquer quelles sont celles que nous concevons distinctement. »
René Descartes, Discours de la méthode, 1637

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