OpenAI aurait promis 300 milliards de dollars à Oracle, spécialiste des bases de données – une somme astronomique que le géant de l’IA ne possède même pas – pour une infrastructure qu’Oracle n’a jamais construite. Le contrat reste privé, et son contenu exact est inconnu, mais sur le principe, cela paraît tout simplement absurde.
La première grande illusion de l’IA aujourd’hui ? Croire que nous pourrons construire, dans les prochaines années, le réseau électrique et la capacité de production nécessaires. OpenAI aurait besoin de 20 % de la capacité électrique américaine actuelle, soit l’équivalent de 250 centrales nucléaires, pour un coût estimé à 10 000 milliards de dollars. Il faut compter entre cinq et huit ans pour raccorder un nouveau centre de données au réseau. Pendant ce temps, la Chine dispose déjà de plus du double de la capacité énergétique américaine, pour la moitié du prix.
La deuxième illusion : la création d’emplois. Un centre de données emploie en moyenne autant de personnes que deux restaurants Applebee’s, ce qui relativise fortement l’impact économique sur l’emploi.
Financièrement, les engagements d’OpenAI sont tout aussi vertigineux. Avec 1 400 milliards de dollars, la dette cumulée dépasse celle de pays comme l’Argentine. Pour mettre cela en perspective, cela équivaut à une augmentation de 180 milliards de dollars sur la même période que le chiffre d’affaires cumulé de Disney, Fox, le New York Times, Paramount et WBD.
Pendant ce temps, la concurrence mondiale s’intensifie. La Chine propose des modèles comparables à des prix bien inférieurs. Anthropic s’impose comme leader auprès des entreprises. Et, comme prévu, Alphabet riposte avec Gemini, dont les performances s’améliorent rapidement, et en concentrant probablement le plus grand vivier de talents en IA.
80 % des startups utilisant l'IA utilisent des modèles chinois open source. Même constat chez Airbnb. La Chine affiche des performances similaires, voire supérieures, à celles des leaders américains du secteur, mais avec des investissements bien moindres. Inonder le marché de modèles d'IA compétitifs et moins coûteux mettra à rude épreuve les marges et le pouvoir de fixation des prix.
À ce rythme, OpenAI pourrait devenir le Netscape de notre époque : un acteur disruptif au succès fulgurant… mais potentiellement éclipsé par un leader du marché mieux armé pour durer.

