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dimanche 14 avril 2019

Paradoxes de l’effet placebo

 Le remboursement de l’homéopathie pourrait être remis en cause par le gouvernement français, qui a demandé à la Haute Autorité de santé de statuer sur la question. Pour comprendre le succès des médecines non fondées sur des preuves, il convient de mettre en lumière les effets de contexte dont elles savent tirer profit, quand la médecine savante est souvent contrainte de les subir.

Une publication scientifique de premier plan rapportait en 2007 la mésaventure d’un homme de 26 ans victime d’une très sévère chute de tension, admis aux urgences en sueur et tremblotant. Le patient explique que, après une dispute avec sa petite amie, il vient d’avaler vingt-neuf comprimés d’antidépresseurs. Ces médicaments lui ont été fournis dans le cadre d’un essai clinique de nouvelles molécules devant durer deux mois. Après l’injection de six litres de solution saline, son état reste inquiétant. On lui révèle alors qu’il vient de faire une « overdose de placebo », la substance qu’il a ingérée étant tout à fait neutre. En moins d’un quart d’heure, il retrouve ses esprits et une pression sanguine normale...

Si tous les effets contextuels ne sont pas aussi spectaculaires, ils accompagnent nombre de rétablissements. Ainsi, un quart des patients souffrant de troubles de l’érection rapportent une nette amélioration de leurs symptômes lorsqu’ils absorbent une substance neutre en pensant qu’il s’agit de Viagra. Dans certains cas de gonarthrose du genou, une chirurgie classique ou un placebo de chirurgie amènent à la même réduction de la douleur. La qualité de vie de patients souffrant de la maladie de Parkinson a été améliorée par une greffe cérébrale de cellules fœtales... factice. Même les nourrissons sont sensibles aux stimulations placebos, ainsi que la plupart des animaux domestiques et d’élevage.

À l’inverse, le contexte de l’administration d’une substance peut avoir des conséquences négatives : l’effet nocebo, dont fut un temps victime le jeune homme qui tentait de se suicider. En 1983, par exemple, le British Stomach Cancer Group a proposé à 411 patients un nouveau traitement de chimiothérapie, en précisant que des nausées et une perte des cheveux étaient probables. Plus de 30 % d’entre eux ont effectivement perdu leurs cheveux, et 56 % ont rapporté des vomissements... alors que le traitement n’avait pas commencé. Seul un placebo avait été administré.

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