Le remboursement de l’homĂ©opathie pourrait ĂȘtre remis en cause par le gouvernement français, qui a demandĂ© Ă la Haute AutoritĂ© de santĂ© de statuer sur la question. Pour comprendre le succĂšs des mĂ©decines non fondĂ©es sur des preuves, il convient de mettre en lumiĂšre les effets de contexte dont elles savent tirer profit, quand la mĂ©decine savante est souvent contrainte de les subir.
Une publication scientifique de premier plan rapportait en 2007 la mĂ©saventure d’un homme de 26 ans victime d’une trĂšs sĂ©vĂšre chute de tension, admis aux urgences en sueur et tremblotant. Le patient explique que, aprĂšs une dispute avec sa petite amie, il vient d’avaler vingt-neuf comprimĂ©s d’antidĂ©presseurs. Ces mĂ©dicaments lui ont Ă©tĂ© fournis dans le cadre d’un essai clinique de nouvelles molĂ©cules devant durer deux mois. AprĂšs l’injection de six litres de solution saline, son Ă©tat reste inquiĂ©tant. On lui rĂ©vĂšle alors qu’il vient de faire une « overdose de placebo », la substance qu’il a ingĂ©rĂ©e Ă©tant tout Ă fait neutre. En moins d’un quart d’heure, il retrouve ses esprits et une pression sanguine normale...
Si tous les effets contextuels ne sont pas aussi spectaculaires, ils accompagnent nombre de rĂ©tablissements. Ainsi, un quart des patients souffrant de troubles de l’Ă©rection rapportent une nette amĂ©lioration de leurs symptĂŽmes lorsqu’ils absorbent une substance neutre en pensant qu’il s’agit de Viagra. Dans certains cas de gonarthrose du genou, une chirurgie classique ou un placebo de chirurgie amĂšnent Ă la mĂȘme rĂ©duction de la douleur. La qualitĂ© de vie de patients souffrant de la maladie de Parkinson a Ă©tĂ© amĂ©liorĂ©e par une greffe cĂ©rĂ©brale de cellules fĆtales... factice. MĂȘme les nourrissons sont sensibles aux stimulations placebos, ainsi que la plupart des animaux domestiques et d’Ă©levage.
Ă l’inverse, le contexte de l’administration d’une substance peut avoir des consĂ©quences nĂ©gatives : l’effet nocebo, dont fut un temps victime le jeune homme qui tentait de se suicider. En 1983, par exemple, le British Stomach Cancer Group a proposĂ© Ă 411 patients un nouveau traitement de chimiothĂ©rapie, en prĂ©cisant que des nausĂ©es et une perte des cheveux Ă©taient probables. Plus de 30 % d’entre eux ont effectivement perdu leurs cheveux, et 56 % ont rapportĂ© des vomissements... alors que le traitement n’avait pas commencĂ©. Seul un placebo avait Ă©tĂ© administrĂ©.
Paradoxes de l’effet placebo
La Rédaction
